Auteur/autrice : AdminWp

  • Carême – Une expérience de sortie missionnaire des jeunes de la Sainte-Famille

    En la fête de Saint-Joseph, le 19 mars 2022, les jeunes de la Sainte-Famille de Bordeaux à Montréal, au Canada, sont allés à la rencontre de nos frères et sœurs itinérants, sans abris.
    Avant tout, nous nous sommes rassemblés dans l’église et nous avons préparé des sacs contenant des denrées alimentaires, ainsi que des Nécessaires pour le soin de santé et du thé chaud dans les gourdes. Le prêtre de notre paroisse, le père Andrew, a fait une belle prière, soulignant la valeur de saint Joseph, gardien de la Sainte Famille de Nazareth, et son amour fraternel pour l’humanité. Avec des valises et des chariots, nous sommes partis vers les stations de métro, à la recherche des frères et sœurs itinérants – pour parler avec eux et répondre à leurs besoins. Et surtout, pour leur montrer que nous nous soucions d’eux et que nous les aimons.  Nous étions huit. C’est une expérience spirituelle extraordinaire, nous avons approuvé beaucoup de plaisir de la faire. Voir leurs visages rayonnants nous a apporté une paix et une satisfaction intérieures. –       Sr. Doreen Philippiah
    Les expériences des participantes
    Mary Jancy Amalathas : Je suis reconnaissante d’avoir participé à cette action caritative car j’ai eu l’occasion de faire quelque chose que je n’avais jamais fait avant. Je me suis sentie heureuse et excitée de parler à de personnes inconnues et répondre à leurs besoins. Le moment le plus touchant a été celui où ils nous ont bénis. Leurs paroles aimables nous donnent l’envie de continuer à rendre de tels services. Dans l’ensemble, j’ai vraiment apprécié cette journée et j’ai vécu une expérience formidable. Je suis vraiment heureuse de faire partie avec mes amis de la Jeunesse Sainte-Famille de l’Église Notre-Dame  de la Délivrance, Tamil Mission’’.
    Mystica Jeyathasan : Bonjour, j’ai vécu une belle expérience avec les plus pauvres en échangeant avec eux. Plutôt que de les éviter, nous donnant pour eux,  comme nous le ferions avec n’importe quel autre membre de notre communauté. Tout le monde est humain. Un sourire, un mot gentil peuvent améliorer la journée de quelqu’un. Cette expérience nous encourage à faire plus de pareilles sorties afin d’aider plusieurs autres personnes qui sont dans le besoin. Nous avons tous acheté quelque chose, et nous sommes partis à 3 différentes stations de métro. Nous avons trouvé énormément de pauvres, grâce à Dieu, ils étaient tous d’un cœur ouvert, et certains nous ont raconté ce qu’ils ont vécu dans leur vie. J’aimerais bien pouvoir faire d’autres sorties comme celles-là pour avoir plus d’expériences.
    Jennifer Selathurai : Aider les sans-abris a renforcé mon bonheur et ma satisfaction. Cela m’a fait réaliser à quel point je suis bénie par Dieu. Je crois vraiment que le seul sens de la vie est de servir l’humanité ainsi que Dieu. Et grâce à cette opportunité, j’ai pu en faire l’expérience. Cet acte de charité m’a également permis de me rapprocher des autres jeunes. Comme nous vivions ensemble les mêmes émotions et convictions, nous avons pu les partager ouvertement les uns avec les autres. Le fait de voir un sourire sur le visage de nombreux sans-abris nous a donné de la joie et de l’énergie positive pour continuer à faire ce bon travail. Je serais prête à refaire cette action de charité, et je remercierai toujours Dieu pour toutes les bénédictions qu’il m’a accordées.
    Sophia Jeyarajah: Aider les autres me rend heureuse. Il n’y a pas de meilleur sentiment au monde que de mettre un sourire sur le visage de quelqu’un dans le besoin. J’ai eu la chance d’avoir cette expérience que j’ai vraiment adorée, le 19 Mars qui était également la fête de Saint-Joseph. J’espère que j’aurai d’autres occasions pour refaire ce genre d’expérience.
    Abarna Athiruban : Quand je réfléchis à l’activité caritative que nous avons menée tous ensemble en tant que jeunes de la Sainte-Famille, ce fut vraiment intéressant. Au début, cela semblait un peu difficile pour moi.  Mais lorsque nous avons commencé à rencontrer les personnes dans le besoin, dans les stations de métro, je me suis sentie vraiment bénie.  Aider les pauvres dans leurs besoins m’a donné une grande satisfaction. De plus, voir un grand sourire sur leur visage me rendait encore plus heureuse. Cette expérience particulière m’a permise d’apprendre une bonne chose, comme le dit Jésus : ‘’Donne à quiconque te le demande, quelle que soit l’apparence de la personne”. À la fin de la journée, j’avais une grande paix dans mon cœur, car j’avais aidé quelqu’un et je l’avais rendu heureux. Pour conclure, cette expérience a été quelque chose de nouveau pour moi, et je pense certainement à refaire ce genre d’action caritative à l’avenir.
     

     
     

  • Prière pour la remise des croix aux nouvelles conseillères.

    Le nouveau départ fait partie de l’évolution de l’histoire de notre Sainte-Famille, où nous savons que chaque fin est en même temps un nouveau départ. C’est d’un cœur reconnaissant que la communauté du Généralat s’est réunie pour une prière spéciale marquant la fin du processus de « passage » d’un conseil à l’autre.  Les nouveaux membres du Conseil ont reçu chacun une des croix bénies par le Pape Pie IX,  apportées de Rome par notre fondateur et présentées à nos premières mères, lesquelles sont transmises de génération en génération. Ces croix évoquent le souvenir de ces premières sœurs, et de toutes celles qui nous ont précédées, donnant leur vie pour la mission commune au service de l’animation et du leadership. Nous félicitons notre chère Sœur Ana Maria Alcalde, la Supérieure Générale, Sœur Malini Joseph, la Vicaire pour les Contemplatives, Sœurs : Geni Dos Santos, Georgine Mufogoto, Christa Mariathas et Jesmin Fernando, conseillères apostoliques, pour leur « Oui » à la volonté de Dieu et pour la mission commune. La nomination de l’économe générale n’a pas encore eu lieu.
    Nous remercions chaleureusement les membres du conseil sortant pour le service désintéressé qu’elles ont rendu à notre Famille, menant à bien la mission de communion.

  • VASE D’ARGILE … QUEL EST TON TRESOR ?

    L’humanité craint de mourir. La peur de la mort est ancestrale, mais la crise sanitaire mondiale due à la pandémie du coronavirus donne à nos contemporains une conscience très vive de la fragilité humaine, de la radicalité et de la remise en question générale.
    Il est bien évident que « le virus de la covid-19 a totalement changé notre façon de vivre en communauté, nos relations interpersonnelles et même nos pratiques spirituelles »
    La Lumière inspiratrice provient essentiellement de l’espérance dans la foi. «Tout ne s’écroule pas»
    Notre Fondateur, Pierre Bienvenu Noailles nous a appris à discerner la présence de Dieu à travers les événements quotidiens dans la joie ou dans la peine.
    La crise sanitaire mondiale sonne ainsi l’appel à la conversion pour un nouveau style de vie, dans la conscience de la fragilité humaine.
    L’épreuve douloureuse comme celle de la pandémie Covid-19 peut déclencher en nous un charisme spécifique que Dieu nous offre pour le salut de l’humanité.
    La pandémie nous fait prendre conscience de la fragilité humaine.

    Le Pape François nous dit que nous ne devons jamais oublier que nous sommes comme des « vases d’argile » dans lesquels chérir le trésor que Dieu nous a donné : la révélation du mystère de l’Incarnation. Lorsque nous l’oublions, nous nous trompons en pensant que nous sommes autre chose que de l’argile ; alors cela nous   tourne la tête et nous pensons que nous sommes plus grands que ce que nous sommes.                                                  
    Nous sommes comme des vases d’argile qui contiennent un immense trésor.
    L’apôtre Paul, un homme simple, fragile et physiquement éprouvé, renonçait aux grandes phrases suggérées par la sagesse humaine. C’est pourtant à lui que, sur la route de Damas, Jésus s’était pleinement révélé, en l’invitant à faire connaître sa lumière à tous les hommes. Paul était bien le premier à se rendre compte de l’écart entre la grandeur de sa mission et la faiblesse de sa propre personne : un trésor placé dans un pauvre vase de terre cuite.
    Bien souvent, nous faisons le même constat : notre pauvreté, notre insuffisance, notre impuissance devant des situations qui nous dépassent. Nous percevons notre tendance au mal, et la difficulté à y résister à cause de la faiblesse de notre volonté. Comme Paul, nous nous sentons des vases d’argile.
    Nous avons partagé notre expérience personnelle durant ce temps d’épidémie.
    En général nous l’avons vécu difficilement. Certes, il faut obéir aux règles imposées par le gouvernement pour nous protéger et pour protéger les autres. Déjà porter les masques dans la maison et au dehors est un combat : on l’oublie ou on le porte mal…  la contrainte d’être en isolement avant, pendant et après la contamination…se   rappeler que l’on vit en collectivité…être privées de  la messe de rencontres communautaires, d’activité apostoliques  (comme porter la communion à domicile, etc.)  Tout cela peut parfois créer des tensions.
    Mais en même temps, il y a la prise de conscience que ce temps nous appelle à vivre en communion avec les souffrances des peuples du monde entier. Il nous appelle à reconnaitre l’amour de Dieu et sa bénédiction sur nous, à vivre dans l’action de grâce. 
    A cause du coronavirus, les sœurs de la communauté de Marino ont traversé une période difficile avec des temps successifs d’isolement, de quarantaine, de transferts en d’autres structures plus adaptées.
    Le 4 avril 2021, la fête de Pâques est vécue dans la joie du Ressuscité, mais dans la souffrance de ne pouvoir      participer à aucune liturgie, de ne pas recevoir l’Eucharistie, de ne pas vivre en fraternité. Mais les salutations, les contacts, transmis par téléphone interne ou par le personnel de service ne manquaient pas.
    Nous pouvons dire que la communauté a souffert beaucoup du covid spécialement à cause de ces temps d’isolement répétés. Ce qui a été dur à vivre ce sont les décès de nos trois sœurs dans l’intervalle de 20 jours.
    Nous avons célébré nos 4 jubilaires : Daniela PALLOTA, 60 ans de vie religieuse, Giovanna PAPA, 60 ans, Gertie PEIRIS, 50 ans, Jacqueline IMBUNGU, 25 ans. Le 25 septembre 2021, toutes les sœurs de la province d’Italie avec Ana Maria, le Conseil    Général, et la communauté    locale de la Maison Générale, nous nous sommes réunies pour rendre grâces avec elles et les entourer de notre affection et de notre prière, avec la présence de nos sœurs aînées qui sont précieuses dans notre Institut.
    Nous rendons grâces aussi, au Seigneur, de nous avoir permis de vivre cette célébration ensemble, malgré cette pandémie et après tant de mois d’absence. C’était une grande joie pour toutes.
    À regarder les vases d’argile que nous sommes, nous pourrions perdre courage. Mais ce qui a de la valeur – et sur quoi nous voulons porter toute notre attention – c’est le trésor que nous portons en nous!
    Saint Paul, lui, savait que son vase d’argile était habité par la lumière du Christ, ce qui lui donnait l’audace de tout oser pour la diffusion du Royaume.
    Comme sœurs de la Sainte Famille, nous portons, nous aussi un trésor infini: La Sainte Trinité.
    En regardant en nous, nous pouvons découvrir une immensité, un soleil divin au fond de nous, autour de nous.
    Au-delà du « vase d’argile » qui nous saute aux yeux chez les autres, découvrons aussi le trésor qui est en eux. Allons   ainsi au-delà de l’apparence.

    Sr. Maristella Arokiam – ITALIE

  • Le partage du pere. T. E. T. Rajan (Prêtres Associés )

     
    Une fois tous les trois mois, chacun de nous prépare à tour de rôle la rencontre et planifie la journée avec des thèmes de discussion, tels que la fascinante Nouvelle Histoire de l’Univers et d’autres thèmes. J’ai été ravi lorsque Sr. Áine m’a demandé de rédiger un article pour notre bulletin de l’Unité “Family Links”. Pendant mes longues années à    Londres,  sans autres prêtres associés de la Sainte Famille, c’étaient les Sœurs, surtout celles de Woodford Green, qui m’ont aidé à garder mon identité de Prêtre Associé. Ce sont elles qui m’ont fait me sentir chez moi dans l’esprit du Bon Père et qui m’ont tenu au courant des nouvelles idées et des tendances émergentes qui rendraient        l’apostolat significatif et pertinent. Je suis donc, d’une certaine manière, tenu de « rendre compte » de la façon dont je me porte maintenant, ici, dans mon diocèse d’origine.
    Cela fait trois ans que je suis revenu à Jaffna. J’ai été nommé dans la même paroisse où j’avais servi avant de partir à Londres il y a trois décennies. Les paroissiens eux-mêmes ont été expulsés de leurs maisons d’origine en 1990 par les forces de     sécurité alors que le conflit ethnique s’intensifiait, et ont été autorisés à se réinstaller vingt-huit ans après leur expulsion et neuf ans après la fin de la guerre.
    Accueillir :
    Lorsque j’ai pris en charge ma nouvelle mission, j’ai eu une agréable surprise de la part des Prêtres Associés du diocèse. Ils se sont réunis au pied levé pour me donner la bienvenue. Ils étaient quatorze.
    Ils sont venus avec un camion chargé de plantes pour commencer une campagne de plantation   d’arbres dans le cadre d’un de leurs projets. J’étais heureux de faire à nouveau partie d’un groupe. Avant la pandémie, nous avions l’habitude de nous réunir autour des questions d’actualité liées à notre ministère.
    Au niveau national, nous sommes une cinquantaine de Prêtres Associés et nous organisons des sessions une fois par an. Ces sessions permettent d’approfondir la compréhension de notre charisme et de notre spiritualité à la lumière de la vocation que nous avons reçue et de revoir notre vie et notre mission afin de la rendre plus fructueuse et significative. Nous provenons des deux grands groupes ethniques qui sont en guerre depuis si longtemps et pourtant l’atmosphère amicale et   l’esprit familial qui règne pendant nos rencontres est vraiment digne de la Sainte Famille. À notre manière, nous propageons la paix et la réconciliation et nous sommes un exemple, surtout pour les prêtres et les religieux qui ont du mal à être      ouverts et compréhensifs les uns envers les autres.
    Il est triste de constater que l’attitude de certains évêques diocésains du pays à l’égard de   l’Association est au mieux « tolérante ». Ils   semblent penser que la spiritualité des prêtres   diocésains est suffisamment bonne pour notre sainteté et notre ministère et qu’il n’y a pas besoin d’une autre association qui, à leur avis, constitue une distraction.
    La question a été abordée lors d’une de nos  réunions et l’animateur du jour a souligné à juste titre ce que le pape Jean-Paul II avait à dire sur cette question.
    « À la marche vers la perfection peuvent aider   aussi des inspirations ou des références à d’autres traditions de vie spirituelle, capables d’enrichir la vie sacerdotale des personnes et d’animer le     presbyterium par de précieux dons spirituels. C’est le cas de beaucoup d’associations ecclésiales   anciennes et nouvelles qui accueillent aussi des prêtres dans leurs rangs…» (Pastores dabo vobis 1992 no.31).
    Mon ministère paroissial
    En ce qui concerne mon ministère paroissial, j’ai dû faire face à deux problèmes majeurs. Le  premier est d’accompagner la réinstallation de mes paroissiens et le second est de les aider à faire face aux verrouillages et à leur impact sur tous les aspects de leur vie.
    Au cours de la guerre et des multiples déplacements, ces personnes ont perdu l’accès à tous leurs biens. La douloureuse réalité est qu’en     retournant dans ce qui était leur terre d’origine, elles se sentent toujours « déplacées » parce qu’il n’y a plus de repères pour identifier leurs  habitations d’origine. Leurs maisons, leurs églises, leurs écoles, leurs couvents et même leurs  cimetières ont été rasés au bulldozer pour des   raisons connues des seules forces de sécurité.
    Les grands projets de logement et les centres de formation professionnelle ne peuvent à eux seuls apporter des solutions aux personnes qui ont été victimes de violences brutales et de déplacements. Il faut une approche beaucoup plus globale et une stratégie réfléchie pour reconstruire une  communauté meurtrie par la guerre. Il faut une stratégie qui tienne compte du lien intime entre la vie d’un peuple, sa terre et ses moyens de subsistance, et qui tienne compte de ses réalités actuelles. Pourtant mes paroissiens ont dû et    continuent de supporter un processus de  réinstallation plutôt désordonné, en ne comptant que sur leur résilience.
    Avec les expériences douloureuses qu’ils ont vécues au cours des années de guerre et de  déplacements multiples, ils avaient perdu tout   sentiment d’appartenance à une communauté.  Cela continue à être un sérieux inconvénient qui doit être traité comme une question de la plus haute importance par des pasteurs comme moi engagés dans leur cause.
    L’impact de la Covid-19
    Les restrictions imposées pour prévenir ou  minimiser le risque du coronavirus ont aggravé davantage la situation de ma communauté. Privés de la possibilité de gagner un revenu pendant les verrouillages, les gens sont incapables de se nourrir et de nourrir leurs familles. Cela pourrait exacerber la sous-nutrition et les carences en   micronutriments chez les plus pauvres et les plus vulnérables de la société.
    Je dois m’occuper de six communautés villageoises – environ 450 familles – qui luttent toutes pour s’installer et maintenant pour survivre à cause des restrictions imposées par la pandémie. La tâche est lourde et multiforme.
    Les gens en sont venus à dépendre de leur prêtre pour défendre leur cause auprès des autorités en matière de logement et de réinstallation, de leur droit à la vie et à la sécurité, de facilités pour l’éducation et du bien-être de leurs enfants. Et maintenant, pendant la pandémie, ils dépendent de nous pour demander une aide d’urgence à l’État, aux ONG et aux bienfaiteurs.
    Ma petite maison paroissiale est devenue un refuge pour les gens, indépendamment de leur caste et de leur croyance, où ils sentent que leurs malheurs sont écoutés et, si possible, traités avec un dévouement sincère.
     
     

  • Une semaine d’éveil !

    En réponse à l’appel du Chapitre à travailler sur nos relations dans la communauté, nous, la communauté d’Overport, avons décidé de passer une semaine ensemble dans les montagnes du Drakensberg, ce qui nous a donné le temps de réfléchir et de partager sur les questions de la vie communautaire tout en passant du temps de qualité pour se détendre et profiter de la beauté des lieux !
    Alors que nous, Tshidi, Marion, Colette et Cathy, étions en train de bénéficier de nos vacances bien méritées, nous avons appris qu’il y avait une vague de pillages et un chaos général chez nous ; à Durban (et Pietermaritzburg) et dans le Gauteng en particulier.

    Il semblait que la folie avait pris le dessus dans deux de nos régions, à savoir le KwaZulu Natal et certaines parties du Gauteng. Des reportages télévisés ont montré des scènes de policiers dépassés en nombre par les pillards et incapables de contenir la situation. Nous avons assisté, horrifiées et impuissantes, à l’anarchie qui a régné pendant quelques jours, alors que personne ne semblait capable d’arrêter la foule qui pillait, détruisait et brûlait les magasins, les pharmacies et à peu près tous les bâtiments qui stockaient ou vendaient des marchandises.
    Les Sud-Africains ordinaires ont eu peur de sortir de chez eux en voyant les rues prises d’assaut par des foules de gens en colère.
    Il s’agissait d’un effort concerté et planifié pour déstabiliser le pays. Les personnes à l’origine de cette action étaient des partisans de l’ancien président du pays, qui a été emprisonné pour outrage à magistrat. Il a refusé de répondre aux questions concernant les accusations de corruption portées contre lui par le juge présidant l’enquête sur la capture de l’État.
    Il semblait que le rêve de Nelson Mandela, le premier président démocratiquement élu de notre Nation Arc-en-ciel s’envolait rapidement en fumée alors que des bâtiments dépouillés de leurs biens étaient incendiés, en particulier les magasins ! La majorité des Sud-Africains ont assisté, horrifiés et effrayés, au cauchemar qui s’est déroulé pendant la semaine du 11 au 16 juillet.
    C’était un Kairos pour l’Afrique du Sud ! Alors que nous sommes encore relativement jeunes en tant que démocratie (27 ans), cette semaine nous a appris que nous avons un très long chemin à parcourir pour construire une nation arc-en-ciel vraiment démocratique où la dignité de chaque personne est défendue et respectée.
    En tant que nation, nous étions endormis et cette semaine a été un réveil brutal ! Oui, nous sommes attristés par la corruption au sein du gouvernement et des politiciens, la violence permanente contre les femmes, la mauvaise prestation des services, la pauvreté croissante, etc. Cherchons-nous à faire face à ces défis ou continuons-nous à faire l’autruche en espérant que cela ne se reproduira plus ?
        
    Le chômage s’élève à 34,4 % et le chômage des jeunes à 64,4 %. Dans ces conditions, nous disposons d’une population jeune massive, prête à être manipulée à n’importe quelle fin lorsqu’on lui promet une alternative à sa situation actuelle. Si notre pays ne prend pas de mesures actives pour changer cette triste réalité, en particulier pour les jeunes sans emploi, les émeutes peuvent éclater à tout moment.
    L’Afrique du Sud est une terre de contraste ! Après le choc initial, les communautés ont commencé à s’organiser en se regroupant pour se soutenir et s’entraider. La nourriture, en particulier le pain et le lait, est distribuée gratuitement à chaque famille, quels que soient ses besoins. L’horreur de la semaine a été atténuée par la générosité des gens, en particulier de nos sœurs et frères musulmans. L’organisation Gift of the Givers, fondée par Imtiaz Sooliman, est toujours prête à se rendre là où les besoins sont les plus grands. Elle a organisé des colis alimentaires pouvant nourrir une famille pendant un mois et les a distribués dans un certain nombre de villes touchées, notamment dans les communautés rurales.
    Dans certaines communautés, les gens ont formé des chaînes humaines pour protéger les magasins appartenant à des résidents étrangers. Vers la fin de la semaine, il était réconfortant de voir la nation arc-en-ciel à l’œuvre : personnes handicapées, personnes âgées et membres de toutes les communautés se sont réunis pour aider à nettoyer les rues et à reconstruire ce qui avait été détruit ! Partout, les gens ont chanté l’hymne national et se sont rassemblés pour prouver que l’union fait la force. Malheureusement, un certain nombre de petits magasins n’avaient pas d’assurance ou les moyens de reconstruire !
    Les catastrophes, les périodes sombres, ont le don de faire ressortir le meilleur de l’humanité ! L’une des organisations avec lesquelles nous sommes très impliqués, le Denis Hurley Centre (DHC), où Cathy exerce son ministère, a connu depuis le début de la pandémie un grand élan de générosité de la part de personnes de tous les groupes confessionnels ; musulmanes, hindoues, juives, chrétiennes et de personnes qui veulent simplement faire la différence.
    Le DHC travaille avec les sans-abri du centre-ville en leur fournissant repas, douches, service de blanchisserie, services médicales, conseils, orientation vers un centre de désintoxication financé par le gouvernement, projets d’autonomisation et services pour les réfugiés et les demandeurs d’asile. Dimanche soir, après la semaine d’émeutes, un camion de 4 tonnes est arrivé au DHC avec une variété de produits alimentaires : fruits et légumes, pain et gâteaux. Lundi, la nourriture a été donnée à divers groupes ; foyers pour enfants, foyers pour personnes âgées et handicapées, programmes alimentaires communautaires, familles de réfugiés, etc.
    Là où la souffrance est grande, la compassion est encore plus grande !
    Notre prière pour notre pays et pour le monde est que nous puissions être ces bougies d’espoir qui brillent au milieu de ce qui semble être l’obscurité, que nous puissions voir l’étincelle de divinité dans chaque créature, que nous voyions la bonté de Dieu partout !
    Marion, Colette, Tshidi, Cathy
    Communauté d’Overport, Afrique du Sud
     
             
     
     
     

  • 12 novembre – en formation pour le Chapitre !

    Dans ton Esprit, rassemble-nous,
    Dans ton Esprit, ouvre nos cœurs,
    Dans ton Esprit, ô Dieu,
    Guide et dirige notre chemin
    Telle était notre prière lorsque les capitulantes, conduites par le facilitateur du Chapitre, Matthieu Daum, ont entamé une réunion Zoom le 12 novembre.  « Les souvenirs nous relient » était une phrase de la prière – puis le texte du Chapitre 2014 qui a inspiré notre « Exode », notre désir de partir ensemble, pour atteindre l’autre rive :  Avec ta ceinture autour de la taille, tes sandales aux pieds… ton bâton à la main….
    Midi en Europe, et dans certains pays d’Afrique, 6h au Pérou, 19h aux Philippines… C’est le spectre horaire que nous vivions aujourd’hui – et que nous conserverons tout au long du Chapitre. 
    La réunion était en quelque sorte une répétition, un entraînement, qui nous a permis de nous familiariser davantage avec les procédures et les compétences techniques de Zoom, afin que nous puissions tous changer nos noms d’écran, lever nos mains virtuelles pour voter ou prendre la parole, et apprendre à utiliser la plate-forme de vote officielle qui sera opérationnelle dans deux semaines à peine !   
    Matthieu, faisant référence au fait que ce Chapitre « télématique » est une expérience totalement nouvelle pour nous toutes, dans laquelle beaucoup d’entre nous resteront dans leurs propres communautés, a souligné la nécessité d’une stricte confidentialité, et nous a rappelé que l’horaire prévoit quatre heures de travail en commun, laissant amplement le reste de la journée pour la prière, la réflexion profonde et le discernement qui devraient caractériser chaque Chapitre.
    À l’unanimité, nous avons approuvé le Directoire du Chapitre et le programme du Chapitre, et nous avons voté pour que l’équipe de facilitation qui a travaillé pendant le Processus de février-mars 2021 continue à  » guider et à orienter notre chemin  » tout au long du Chapitre.
    Nous avons examiné certaines des questions qui nécessiteront une attention immédiate dès le début du Chapitre, afin de nous préparer aux votes nécessaires, et enfin nous avons confirmé que nos réflexions personnelles sur chacun des « documents de travail » des Groupes préparatoires seront le tremplin à partir duquel notre dialogue et les décisions du Chapitre émergeront.
    Que l’Esprit de Sagesse de Dieu soit avec nous tous alors que nous nous lançons dans les profondeurs !
     

  • Notre cheminement vers une communauté transformatrice

    Dans l’après-midi du mardi 21 septembre 2021, la communauté de Pietermartzburg a célébré la plantation de rosiers dans le cadre de notre cheminement vers une communauté transformatrice et pour répondre à l’invitation à célébrer la Saison de la Création du 1er septembre au 4 octobre. C’était un après-midi très froid, ce qui n’est pas normal puisque c’est le printemps dans le sud.
    Nous nous sommes toutes réunies dans le jardin et nous avons chanté l’hymne Toutes les créatures de notre Dieu et Roi suivi de la prière du Psaume 104. Une fois cette prière terminée, Theresa et Violet, chargées de la plantation, ont commencé à mettre le rosier dans un trou bien préparé par Violet. Pendant qu’elles plantaient, nous avons chanté à nouveau l’hymne, dit la prière de bénédiction du sol et ensuite nous sommes rentrées dans la maison en chantant Conduis- nous ô Seigneur.
    Ce fut une belle expérience pour nous d’être là et de prier ensemble dans notre jardin. En raison de l’enfermement dû au corona virus, nous n’avions pas pu passer du temps à l’extérieur en tant que communauté entière. Nous remercions et louons Dieu pour cette belle expérience.
    Communauté de Pietermartzburg
    Afrique du Sud
     
     
     

  • Notre sincère gratitude pour les bénédictions de Dieu

    Notre sincère gratitude pour les bénédictions de Dieu
    Seigneur, il est bon de te rendre grâce.
    C’est avec joie et gratitude que nous avons célébré, le 14 juillet 2021, les 25 ans de vie et de ministère de la Sainte Famille dans la communauté de Matatag à Manille et de notre présence à Barangay Pinyahan. C’était un jour de commémoration pour rendre grâce au Seigneur pour ses généreuses bénédictions que nous avons reçues pour notre vie et notre mission.
    Comme le dit notre Bon Père, « que chaque communauté reflète la maison de Nazareth ». Nous croyons et témoignons que ces mots ont été vécus et se réalisent dans notre Communauté. Depuis le début jusqu’à maintenant, cette maison ressemble et reflète la simple et humble maison de Nazareth. Tous ceux qui sont entrés dans cette maison ont expérimenté la chaleur de l’accueil et de l’hospitalité et l’esprit de simplicité de la Sainte Famille. Cette maison est devenue un foyer et un abri pour tant de personnes au niveau local et international. Les visiteurs, nos propres membres de la Sainte Famille et les sœurs étudiantes ; tous ont fait l’expérience de l’esprit de famille, de l’amour, de l’attention et de la simplicité, et surtout de la présence de Dieu dans une atmosphère silencieuse et tranquille. De plus, notre présence dans cette communauté a rayonné à travers nos ministères parmi les pauvres, les jeunes et les enfants, qui ont reçu notre amour, nos soins et notre soutien. Les pauvres et les marginalisés sont notre premier choix. Par notre simple présence, en étant unies entre nous et avec eux, nous témoignons de l’amour et de la communion de Dieu.
    Le 14 juillet 2021, nous nous sommes réunies en tant que Communauté avec quelques Associés Laïcs pour célébrer le 25ème anniversaire de la fondation de la Communauté. A 10h00, nous nous sommes tous rassemblés autour de la Table du Seigneur pour célébrer la Sainte Eucharistie et nous avons rendu grâce à  Dieu pour sa présence continue et ses bénédictions que nous avons expérimentées au cours des 25 dernières années. L’Eucharistie d’action de grâce a été célébrée par notre curé, le père Adlai S. Barre et concélébrée par le Père Maxi, un de nos amis prêtres du Sri Lanka. Nous étions très heureuses que, même pendant la pandémie, nous ayons pu nous rassembler pour remercier Dieu et célébrer cet anniversaire, en respectant les protocoles. La célébration de la messe d’action de grâce a été transmise en direct sur Internet pour que la famille PBN des Philippines puisse se joindre à nous pour rendre grâce au Seigneur. C’était une célébration familiale pleine de joie, simple mais significative.
             
     
    Au cours de la célébration eucharistique, nous nous sommes aussi souvenues des nombreuses bénédictions qui nous ont été accordées à travers tant de personnes qui ont fait partie intégrante de cette communauté, depuis sa fondation. Nous avons rendu grâce à Dieu pour leur dévouement et les ministères entrepris pour le succès de notre mission. En particulier, nous avons remercié pour toutes les sœurs qui avaient fait partie de cette communauté et en particulier, pour les trois premières Sœurs :
    Eithne Hughes,
    Catherine Coonghe
    Bernadette De Silva
    qui ont formé la Communauté en 1996. Elles ont mis toute leur énergie, leur amour et leur travail en commun pour construire cette communauté et la transformer en maison. Avec gratitude et respect, nous avons remercié pour le don de Sœur Catherine Coonghe et pour le service inlassable qu’elle a offert à la communauté et aux gens. Que Dieu la récompense dans son Royaume et qu’elle repose en paix. Nous étions heureuses d’avoir Sœur Bernie De Silva parmi nous pour cette célébration.
    Avec joie, nous avons remercié notre communauté paroissiale pour son amour et son acceptation et pour sa présence dans nos ministères. Les paroissiens font partie de notre vie et sont toujours là pour nous soutenir en tout. Un merci spécial à nos Associés Laïcs pour leur présence continue, leur soutien et surtout pour avoir été des collaborateurs dans notre mission de Communion. Alors que nous poursuivons notre vie et notre mission dans cette Communauté, nous demandons à Dieu de continuer à être notre guide et de nous accorder sa bénédiction pour vivre notre vie avec zèle et dévouement et pour témoigner de notre mission de Communion, en suivant les pas de la Sainte Famille de Nazareth.
            
     
    Le 15 juillet 2021 nous avons continué à célébrer l’anniversaire d’argent de notre Communauté. Nous avions prévu de dédier cette journée aux pauvres de notre région. Nous avons décidé à l’unanimité de partager la nourriture avec les jeunes de notre entourage qui sont au chômage en cette période de pandémie et qui font des petits boulots ici et là. Nous avons choisi un groupe de jeunes qui travaillent temporairement, pendant quelques heures par jour, dans une station de lavage de voitures, pour être les bénéficiaires de notre fête. Nous avons préparé 50 paquets de nourriture de choix – bien sûr du menu philippin – et le 15 juillet à 10h30, nous étions prêtes pour la distribution. Un de nos paroissiens nous a rejointes avec un tricycle pour nous aider. C’était une grande surprise pour les jeunes ; un don de bienvenue qu’ils ont reçu avec des sourires sur leurs visages et avec un cœur reconnaissant. Nous avons été heureuses de constater que la pandémie ne doit pas toujours être perçue de manière négative. Elle a le pouvoir stimulant de nous faire penser et agir différemment.
    Nous prions pour que notre petite Communauté reste toujours une maison de Nazareth, rayonnant l’esprit de la Sainte Famille et créant pour nous des opportunités d’être avec et pour les pauvres.
     
    Gloire à Dieu Seul !
    Communauté Matatag, Philippines.

  • Témoignage de Sœur Martine Pottelet à l’occasion des 50 ans de la présence des Sœurs de la Sainte Famille de Bordeaux à Bois l’Abbé

    Ma vie de retraitée à Bois l’Abbé
    Je suis arrivée en octobre 2012 à Champigny, après 11 ans passés hors de France… 8 ans à Rome et 3 ans à Montréal, au Canada ; 11ans en milieu très international, je ne me suis donc pas sentie complètement dépaysée, en arrivant à Bois l’Abbé ! Le nombre de familles issues de tant de pays, m’a invitée à rejoindre la Sainte Famille lors de son exil en Égypte. Les enfants me rapprochent de ce que fut la vie de Jésus à Nazareth, élevé avec tant d’amour par Marie et Joseph.
    Je n’étais pas encore retraitée, cela n’est venu qu’en 2014. Il m’a tout d’abord fallu un temps de réadaptation à la France, simplement à des événements que je n’avais pas vécus, pour lesquels j’ai parfois demandé des éclaircissements, ou à de nouvelles expressions de la langue française comme : « ça va pas le faire ? » (J’ai même dû demander la traduction à Jeanne !).
    Je n’avais pas d’apostolat précis, rien à voir avec ce que j’avais laissé en quittant la France en 2001… Créer des relations, c’est saluer le gardien des immeubles, la personne qui fait le ménage des entrées d’immeubles, les éboueurs…
    Je suis très vite allée voir ce qu’il se passait à la Maison pour Tous, et j’ai choisi de rencontrer les femmes du quartier, au cours du p’tit-déj, le jeudi matin. J’ai choisi, pour créer d’autres relations, de pratiquer de la gymnastique, toujours à la Maison pour Tous, nous avons vécu des temps très sympas, malheureusement interrompus par le Covid ! Nous allons pouvoir reprendre les cours la semaine prochaine, quelle chance de revoir les uns et les autres avant la coupure de l’été !
    J’ai pris contact avec les Femmes relais, j’ai été heureuse de découvrir, entre autres, leur rôle auprès de femmes en situations difficiles, occasion de prier pour elles et toutes les femmes dans des situations semblables.
    Il m’a ensuite été demandé de travailler au service social, auprès de mes sœurs de France, je suis devenue secrétaire de la section de notre Mutuelle. Je vais une fois par semaine, travailler à la maison provinciale à St Mandé, et le reste du temps, je travaille ici, à la communauté (en télétravail). Cela occupe largement un mi-temps selon les semaines. C’est une occasion de me sentir en lien avec mes soeurs, de contribuer à prendre soin de leur santé et de prier pour elles, leur entourage, la plupart étant en Ehpad. Je confie plus spécialement au Seigneur celles pour lesquelles je remplis un dossier, fais une démarche… ou dont la santé connaît des passages difficiles.
    Je prie également pour les personnes malades, isolées de ce quartier. Je prie beaucoup pour les jeunes, spécialement à la suite des récents événements qui ont touché nos quartiers, pour les quatre familles, si durement éprouvées. Je rends grâce pour tous les jeunes, qui ont posé des gestes de solidarité.
    Lorsque je me lève la nuit, je regarde les immeubles autour et prie pour les personnes qui y habitent. Chaque fenêtre allumée me donne de rejoindre plus particulièrement, celui ou celle qui ne dort pas pour diverses raisons, par choix, à cause du travail, de la maladie, etc. …
    J’assurais, déjà avant d’arriver, un travail de traductions par écrit (à partir de la langue anglaise) pour la Sainte-Famille (télétravail !). Je continue ce type de travail, pour lequel il me faut rester disponible, car cela exige beaucoup de temps. Cela renforce les liens créés lors de mon séjour à Rome et me laisse en lien avec les membres de la Sainte-Famille dans différents pays.
    Les informations suivies sur les médias me donnent la possibilité de prier pour les situations difficiles dans différents pays : guerres, problèmes économiques graves, zones de conflit, situations des femmes, des jeunes…
    Je vis également depuis mon arrivée, une présence auprès de ma mère, en EHPAD, dans l’Ardèche, près de Valence. Je vais lui rendre visite, à peu près tous les deux mois, sans compter tous les temps de dialogue au téléphone…
    Il y a également, les services dans la communauté : courses, cuisine, lessive, ménage : prendre soin d’une famille ou prendre soin de ses sœurs en communauté, quelque part, cela se rejoint, n’est-ce pas ? Partage aussi des temps de prière…, de réflexion… sans compter une formation pour devenir aidante, pour certaines maladies demandant un accompagnement spécifique.
    La vie communautaire ne va pas toujours de soi, bien qu’elle fasse partie de notre vocation ; elle est accueil de l’autre dans ce qu’elle est, avec ses dons et ses limites, ce qu’elle vit… elle demande souplesse et adaptation, et parfois cela rabote… Elle est expérience du pardon reçu du Père et donné, même si les blessures demeurent.
    Un évangile me parle spécialement : la fin de celui des pèlerins d’Emmaüs. Ils font l’expérience de la déception, du désarroi, même de la fuite, puis ils rencontrent le Ressuscité et repartent tout joyeux vers Jérusalem. Faire l’expérience de moments difficiles dans un lieu donné, ne pas partir, mais reconnaître que Jésus est là, qu’il redonne confiance pour continuer la route, avec les difficultés et les souffrances.
    Tout ceci nourrit ma prière, elle est particulièrement habitée par toutes les personnes avec lesquelles je suis en lien, même si je ne les rencontre pas directement. Le confinement m’a poussée à être encore plus présente auprès de certain/e/s et par téléphone, de prendre des nouvelles et d’en partager quelques-unes avec la communauté. J’ai beaucoup prié pour les malades, les familles dont des membres étaient atteints par le Covid ; pour tous ceux qui sont décédés sans personne auprès d’eux, sans personne pour les célébrations d’obsèques. Je prie aussi pour ceux qui sont encore plus atteints par le chômage et l’insécurité dans leur travail.
    Curieusement, juste avant de savoir que je viendrai à Bois l’Abbé, j’avais lu différents écrits des moines de Thibirine, qui donnaient le sens de leur insertion en Algérie… c’était prémonitoire, et c’est, pour moi, riche de suivre les temps de prière de la mosquée, assez proches du rythme de nos monastères. Je me suis sentie renouvelée dans ma prière, et heureuse de nous sentir priantes avec d’autres priants, et de constater combien dans ce quartier, nous vivons la fraternité, spécialement avec nos voisins, fraternité voulue par notre Dieu, qui voudrait rassembler dans l’unité ses enfants dispersés.
    Martine Pottelet
      
     

  • 50 ans de la présence des Soeurs de la Sainte Famille de Bordeaux au Bois l’Abbé Champigny et Chennevières

    Témoignage de Soeur Jeanne Meunier 
    En Septembre 1971, à 25 ans je débarque de mon Anjou natal, avec une malle, ma mobylette qu’il m’a été conseillé d’apporter, et tous mes rêves de faire partie de la Sainte Famille de Bordeaux. 
    Je découvre la cité, j’y suis venue une première fois rencontrer mon accompagnatrice et la communauté pour connaître leur vie en cité. Cette communauté a été fondée pour accueillir les novices, et apporter une présence d’église dans ce lieu qui se construit peu à peu. 
    Je suis déracinée parmi les autres habitants eux-mêmes déracinés : les immigrés qui construisent ces nouvelles cités, ceux des quartiers rénovés de Paris, et tous ceux qui arrivent des 4 coins de la planète souvent comme réfugiés économiques ou politiques. 
    José un de nos 1ers voisins ne peut retourner au Portugal, avec Maria, ils sont isolés, nous fêterons ensemble leur mariage et la naissance de leur 1er enfant, à la communauté. 
    Nouvelle forme de noviciat, je recherche un travail salarié, j’ai quitté le précédent en Juillet à Angers. 
    Assez vite je suis embauchée comme aide-comptable et à l’accueil à la clinique Juliette de Wils. Mes collègues de travail sont surtout d’origine portugaise et quelques françaises. Le 25 Avril 1974, révolution des oeillets au Portugal c’est la fête à la pose de midi avec toutes, les langues se délient et elles osent revendiquer leurs droits ; dans les années suivantes la clinique est en difficulté, les salaires non versés, il faut se battre, nous obtiendrons de les faire verser au plus vite, cela soude l’équipe des secrétaires aux  femmes de service. 
    En Janvier 1975, je pars pour un temps de formation religieuse à l’Arbresle, durant 3 mois, puis sur Angers et Paris suivre diverses sessions. 
    Au retour à Champigny il me faut retrouver du travail. J’effectue un remplacement à la poste de Coeuilly durant tout l’été. Là, les collègues me disent : « passe le concours ! » nous discernons avec la communauté et les responsables, et je m’inscris au concours. Entre-temps, je travaille dans une école privée à Noisy le Grand (tenue par des soeurs Italiennes) 
    En Septembre 1975, je célèbre mon 1er engagement dans la Sainte Famille, quelques ex collègues de la clinique participent, et surtout la paroisse, mon équipe d’ACO, les mouvements de la mission ouvrière et des soeurs de la Sainte famille des autres communautés. 
    Reçue au concours de la poste je suis affectée dans le service du tri postal, une année à Trappes, 2 années au centre de tri de Créteil, en service de nuit. Dormir le jour dans la cité, je vis à l’envers des autres, « ne pas sonner bébé dort » ont-elles affiché à la porte de l’appartement. L’humour aide bien à vivre ce décalage. En service de nuit : 20hres 6hrs, nous sommes 3 femmes parmi 100 Hommes. Une équipe de personnes qui arrivent des 4 coins de la province, des DOM-TOM etc… d’où chacune chacun cherche à créer la solidarité pour vivre cet éloignement parfois dur à vivre, logés pour la plupart en foyer, loin de chez eux. 
    Les luttes pour les conditions de travail, les manifs, je rejoins la CFDT, cela aide à me situer et être en solidarité avec tous. Avec un copain de la Réunion nous ferons tout pour qu’il supporte la séparation d’avec sa femme qui attend un enfant, elle viendra durant ces congés le rejoindre et nous fêterons ensemble la naissance d’Emerelyne. Mais au retour au pays pour la maman et la petite, Marcel sera dépressif et l’amitié le tiendra jusqu’à sa mutation au pays. Nous sommes toujours en lien depuis la Réunion malgré les années : « pourquoi ne viens-tu pas nous voir ici ? ». 
    Puis, enfin la mutation pour le bureau de Champigny-Coeuilly arrive. Durant 12 ans j’y travaillerai au guichet, recevant ainsi les personnes de la cité, mes voisins. Faire ces courses alors devient parfois animé : « Madame la poste, j’ai une question ? » prendre le temps d’écouter, accueillir l’interpellation, répondre avec humour et parfois aider à trou-ver la réponse. Un temps fort vécu, quand une collègue toujours auxiliaire malgré les années de présence est menacée d’être licenciée, nous avons besoin de sa présence, de son poste pour assurer un meilleur service pour les usagers. Avec le syndicat nous faisons circuler une pétition pour réclamer son maintien à Coeuilly. Avec les associations nous faisons traduire cette pétition en Portugais, en arabe, les usagers la signe en nombre, une délégation est reçue à la Direction à Noisy le Grand. Pour les collègues c’est une 1ère fois, l’un d’elle en sortant est révoltée par l’accueil reçu : « ils nous traitent pour moins que rien ! je n’aurai jamais imaginé cela ! ». Finalement la collègue sera maintenue à son poste et nous l’aiderons à passer le concours qui lui est proposé. Ouf ! et quelle joie partagée avec tous. 
    Tout au long de ces années j’ai accompagné des jeunes en JOC, les voir grandir dans leur vie, prendre des responsabilités, inviter les autres, être missionnaires, c’est une joie mais aussi parfois des déceptions. Sans cesse accompagner, soutenir, marcher simplement avec eux, et accepter les échecs. Les aider pour participer aux rassemblements organisés par la JOC, localement et nationalement. 
    L’équipe ACO (Houdenot, Roblin, Bert) que j’ai rejoins me permets de faire révision de vie, Philippe Raimbault nous accompagne. Elsie Hipolyte nous rejoindra quelques années plus tard. C’est un lieu de partage, d’accueil de nos engagements différents dans le travail, les syndicats, les associations, la CNL, la CLCV. Je participe aussi à une équipe de révision de vie avec d’autres religieuses en Mission ouvrière. C’est le lieu où nous nous interrogeons sur le sens de notre vie apostolique, éclairées par l’intuition de nos différentes congrégations et nos engagements divers. Des partages parfois très animés, qui bousculent, font bouger, oser inventer, rester passionnées pour l’annonce de l’évangile. 
    La CNL (amicale des locataires) est bien vivante dans ces années : 100 personnes participent aux rencontres malgré le local si petit, et dans la cantine de l’école prêtée par la Mairie pour les AG. Nous entreprenons de faire le contrôle des charges, aidés par un comptable bénévolement, chacun donnant des heures pour effectuer ce travail ; nous obtiendrons ainsi une remise sur les charges importantes, des compteurs individuels pour l’eau. Au fil des années les forces s’amenuisent, dommage. Sur la réalité difficile de rejoindre Créteil préfecture, nous ferons du co-voiturage entre la cité et la gare de Villiers sur marne, pour démontrer l’utilité d’un bus qui ferait gagner du temps à tous. Ainsi le Bus 308 est crée et facilite les liaisons inter-banlieues. 
    La vie en communauté est riche, vivante, les changements successifs des personnes demandent un réajustement. Dans les 1ères années, chaque année voyait un départ, une arrivée, le projet de vie communautaire évoluait pour être réajusté à la réalité des engagements de chacune. Nous étions 6 présentes, un peu serrées quand les horaires ne sont pas les mêmes. Nos rencontres communautaires soudent la vie ensemble et donnent souffle. La vie paroissiale, en secteur à chaque rentrée une rencontre entre Prêtres, Laïcs, Religieuses insufflait la dynamique pour l’année. 
    Une vie bien pleine, travail à temps complet, accompagnement de la Joc, réunions le soir et les week- ends avec les mouvements, formation, réunions dans la Sainte famille au niveau national et international, heureusement l’accompagnement spirituel m’aide à faire le point et reprendre souffle, ne pas perdre le sens de la mission ici à Bois l’Abbé : présence au milieu et avec les personnes, et vivre l’évangile au quotidien. Le 12 Avril 1980, je célèbre mon engagement définitif à Jean XXIII. C’est la fête préparée aussi avec les collègues de la Poste, l’équipe d’Aco, et la communauté et les responsables de la Sainte Famille, et ma famille venue de l’ANJOU. 
    Au moment de la 1ère guerre du Golfe, une rencontre inter-religieuse est organisée, prise de parole des uns et des autres, cela évitera que la cité s’enflamme, et le vivre ensemble est ainsi favorisé. … 
    Cela fait 20 ans que je suis à Bois l’Abbé, les responsables pensent qu’il serait bon que j’aille voir un peu ailleurs… En Octobre 1991, je pars d’abord en session internationale à Martillac pendant 6 mois. Richesse de ce temps vécu avec d’autres soeurs des autres continents. Et maturation du projet de changer de travail professionnel. Au retour, je suis mutée à Paris Montmartre, et je suis la formation de travailleuse familiale. Cette formation en alternance me fera découvrir l’autre visage de Paris. Derrière les beaux bâtiments, les taudis dans lesquels s’entassent les familles. Ex : un matin, j’arrive dans une famille, le plafond de la cuisine s’est effondré dans la nuit, peur, angoisse pour tous surtout les enfants, avec les autres voisines, les poussettes, nous investissons la mairie d’arrondissement pour réclamer un relogement d’urgence. Mais c’est aussi l’accompagnement des familles en grande difficultés sociales et médicales. Ainsi je vais être amenée à accompagner dans la tenue de leur maison de 2 mamans atteintes du cancer, 2 familles bousculées par cette maladie, les enfants déboussolés. Ce fut rude à vivre, l’une d’elle est décédée très vite, l’autre a pu se remettre, je les porte toujours dans la prière. Autre expérience, accompagner une famille dont la petite dernière de 3 ans est atteinte de leucémie foudroyante, la garder, l’amuser, l’accompagner à l’hôpital, aider les frères et soeurs et ses parents à vivre. Ce petit bout’ chou qui supporte de tels traitements avec courage, parfois beaucoup de larmes puis la joie reprend, combien de fois ai-je jouer au loup dans sa chambre pour la distraire. Son sourire me donnait la force de continuer. En parlant avec le Père, j’ai réussi à lui faire prendre conscience que plonger dans l’alcool ne réglait rien et que d’autres pouvait l’aider, peu à peu il a repris pied et avec sa femme ils ont pu réagir ensemble face à la maladie. Cet accompagnement m’a servi de base pour le rapport de stage que je devais fournir à la fin de la formation. La mamy qui a pu arriver de Madagascar prend le relais, je quitte donc la famille. Ce métier est là aussi un lieu où s’apprend le lâcher prise, le recul pour mieux aider les autres à se relever. 
    Partant à Angoulême en Septembre 1997, je retrouve une fraternité en HLM à Basseau et j’y ai vécu là aussi l’accompagnement comme TF et dans les mouvements JOC et ACO dont une équipe portugaise. Dans mon exercice professionnel je suis amenée à intervenir auprès de Dany atteinte d’un cancer de la face. Courageuse elle fait elle-même la plupart de ses soins étant aide-soignante ; je suis là pour assurer la tenue de la maison, et peu à peu nous échangeons, elle accueille ses collègues et c’est elle qui les soutient et les rassure. Un témoignage de confiance incroyable, elle pense pouvoir vaincre ce cancer qui la ronge ; pourtant non, hospitalisée en soins palliatifs je la visite en dehors des heures de travail, les liens tissés sont forts, son mari ne réalise pas que tout se termine. Quand la mort survient sa fille de 17 ans est révoltée, je passe ce soir là un long temps avec elle, et le service me permettra d’assister aux obsèques. Soutenir la famille, mais aussi savoir ne plus intervenir une fois les évènements passés. L’amitié seule peut continuer dans certains cas. 
    Accompagner une équipe ACO Portugaise, pas toujours simple : « Jeanne, cela on ne peut l’exprimer que dans notre langue, on ne sait pas le dire en français. » au départ que des femmes, puis les maris, un peu craintifs, se sont peu à peu incrustés et se sont mis aussi à parler de leur vie de travail dans le bâtiment, et ainsi l’équipe s’est élargie. Au moment du Jubilé de l’an 2000, nous avons vécu un temps de pardon au cours d’une de nos révisions de vie, ce fut un moment fort, moment de réconciliation pour 2 couples, Yves (ancien po). était présent ce jour là et a donné le sacrement à tous. Nous avons bien sûr fêté cela ensemble comme il se doit autour d’un repas festif. 
    Dans l’équipe JOC, Dimitri a choisi de suivre la formation en couture, seul gars de sa classe, dans l’équipe les autres sont un peu en recul face à ce choix, il a du mal à trouver sa place, mais est fier de réaliser pour sa mère des corsages et autres vêtements. Il espère devenir « couturier » à son compte. Devant ce qu’il réussit, peu à peu il ose aussi prendre des responsabilités en JOC et devenir responsable d’équipe. De voir grandir ce jeune, ces jeunes dans leur profession, leur vie de relations, leur vie d’équipe, cela donne du tonus et me fait voir l’ESPRIT à l’oeuvre dans leur vie, dans nos vies. 
    La date de la retraite professionnelle arrive, les responsables de la Sainte Famille me demandent de venir aider à l’économat à St Mandé. Je quitte donc Angoulême et viens rejoindre la communauté de la maison provinciale. Arrivée là, je demande à pouvoir rejoindre la mission ouvrière à Fontenay sous Bois, et continuer les révisions de vie en équipe de religieuses en Mission Ouvrière. C’est ma bouffée d’oxygène qui me fait demeurer reliée à mon peuple. A St Mandé je m’engage aussi à accompagner des adultes vers la confirmation, ces jeunes de milieu populaire font un véritable chemin de foi malgré les embuches et les difficultés de leur vie professionnelle et familiale. 
    Puis en Septembre 2009 ma mutation à la communauté de Champigny est acceptée. Je retrouve le Bois l’Abbé. 
    La cité a beaucoup changé, à la paroisse la JOC a disparu, c’est le choc ; où sont les jeunes ? avec Maria nous lançons l’appel à venir accompagner les jeunes : une petite voix derrière moi dit « j’ai fait de la JOC à Paris », Marie-Christine nous rejoint et nous redémarrons une équipe. Je participe à l’accompagnement des jeunes confirmands. Le travail à mi-temps à l’économat me permet de vivre cette mission. Dans la cité je participe aux rencontres organisées par la mairie autour du plan de rénovation urbaine. J’y invite nos voisins, un couple participe et s’y exprime, quelle joie de les voir prendre la parole devant tous. Je participe aussi à la commission du « vivre ensemble » à la maison pour tous. Cette « maison pour tous » qui a mis 20 ans à se construire, elle offre tant de possibilités. 
    Aujourd’hui, devenue économe provinciale, le temps disponible est plus rare, j’ai dû abandonner quelques engagements certes, mais je m’informe et m’engage dans la vie de la cité et de la paroisse dès que je le peux. Une maison d’évangile par internet me relie à d’autres et est aussi source de force pour poursuivre le chemin dans la fidélité au 1er engagement dans la Sainte Famille de Bordeaux. 
    Notre vie communautaire, nous sommes 3 maintenant depuis le départ et le décès de Gaby. Nous continuons d’être présence d’Eglise avec nos voisins, nos amis, nos familles, ceux et celles que nous rencontrons chaque jour. Notre prière ensemble nous réunit, nous portons toute cette vie devant Dieu, lui confiant chacune et chacun et le monde qui nous entoure. Par les infos reçues de notre famille religieuse nous sommes reliées à beaucoup de pays. Cela élargit notre regard, notre prière. Malgré nos fragilités la route se poursuit dans la confiance, sûres de la fidélité de Dieu. 
    Sur ce chemin d’Emmaüs Seigneur tu me conduis jour après jour, les pierres de la route, les difficultés quotidiennes, les joies, les peines, la mort des êtres aimés, rien ne peut arrêter cette course à ta suite, car Toi tu es présent même quand je m’éloigne de Toi. 
    Tu me relèves et me dis: « Suis-moi ! je te montrerai la route à suivre avec les frères et soeurs qui attendent l’annonce de la Bonne nouvelle, ils sont nombreux, ne les vois-tu pas ? Ose avancer malgré l’incertitude du lendemain, tu trouveras la paix et la joie. »