Auteur/autrice : AdminWp

  • Jour International de la Poésie – 21 mars

     

    1
    La dernière hirondelle
    A quitté le manoir.
    Je vais partir comme elle,
    Avec un doux espoir.
    Une Mère chérie
    M’a dit : ne tarde pas
    Je m’appelle Marie
    Je guiderai tes pas.
     

    2
    Une main paternelle
    A béni le départ
    Mon œil sur la tourelle
    Jette un dernier regard.
    Mon âme est attendrie
    Mais ne chancelle pas,
    J’obéis à Marie
    Qui dirige mes pas.

    3
    Sur la terre étrangère
    S’offrent mille dangers.
    Mais celle en qui j’espère
    Garde les passagers.
    Cette mère chérie
    De l’ange des combats
    M’éloigne ; avec Marie
    On ne s’égare pas.

    4
    À l’ombre de ma Mère
    Je ne redoute rien.
    Que craindre sur la terre
    Avec un tel soutien ?
    Près d’elle, je défie
    La douleur, le trépas.
    La fille de Marie
    Aime et ne tremble pas.

     
    Mère Rita Bonnat
     
     
     
     

  • SAINT JOSEPH, PROTECTEUR DE LA SAINTE-FAMILLE, MODÈLE DE L’ÉGLISE

     
    L’Equipe d’Information/Communication de Rome, m’a demandé d’écrire un article sur Saint Joseph dont la fête est célébrée le 19 mars.
    J’ai commencé par me demander où  je pourrais trouver une information suffisante pour faire cet article, mais lorsque je me suis mise au travail, j’ai été surprise en voyant la quantité de références que j’avais à son sujet.
    Il m’est venu à l’esprit ce que j’ai vécu pendant mon enfance concernant  la dévotion de ma famille à Saint Joseph comme protecteur du foyer et patron de la bonne mort.
    Dans ma famille, la dévotion à Saint Joseph a commencé vers les années 60. À cette époque, nous avons fait une neuvaine à Saint Joseph, lui demandant de nous accorder une maison en meilleur état, proche du travail et de nos écoles. C’était l’époque où, dans le Nord de l’Irlande, par suite  de la discrimination à l’égard des familles catholiques, il n’était pas facile de trouver une maison adaptée aux besoins de la famille, mais ces difficultés n’ont pas découragé ma mère, ni le reste de la famille, et,   ensemble,  nous avons commencé une  neuvaine à St Joseph, le 10 mars 1960. La neuvaine n’était pas finie que nous avions obtenu ce que nous demandions ! Nous étions vraiment reconnaissants à Saint Joseph !
    Dans le monde catholique, et tout spécialement dans notre Sainte-Famille, nous connaissons la figure de Joseph, époux de Marie,  père adoptif de Jésus, et appartenant   à la famille de David. Il a protégé la Sainte Famille lors de la fuite en Égypte et  il a travaillé pour procurer le nécessaire à Marie et à l’Enfant , il  a appris le métier de charpentier à Jésus.  St Joseph est mort certainement  avant  le commencement de la vie publique de Jésus. Nous lisons dans un libre du Père Nicholas Schofield : « L’Écriture  dit peu sur sa vie et cependant Saint Joseph est l’un des plus grands saints et des plus populaires, à cause, sans doute, de son humilité et de son union à Jésus ». Pie IX l’a nommé Patron de l’Église universelle et Jean XXIII a ajouté son nom au canon romain.
    Christopher O’Donnell, religieux carme, dans une conférence sur : « Saint Joseph, un saint pour notre temps », souligne l’importance et le rôle de Saint Joseph tout au long des siècles. Je cite ici quelques idées marquantes de cet exposé : « Dans l’Église, l’image de Saint Joseph a changé d’un siècle à l’autre. Les différentes théologies sont le reflet de l’époque où elles sont nées, et les modèles de la dévotion se créent  à partir des situations historiques et culturelles des différentes époques. Le Nouveau Testament nous décrit Joseph comme un homme ordinaire, on le nomme  simplement : Joseph, l’époux de Marie. Il n’est nommé que 15 fois dans les Évangiles. Dans le texte de Jean, Jésus est “le fils de Joseph” (Jn. 1, 45; 6, 42). Les autres références se trouvent uniquement dans les Évangiles de l’Enfance, en Luc et Matthieu. L’accent mis par ces deux évangélistes sur la figure de Joseph est bien différent. Luc nous relate l’histoire des origines de Jésus en partant de la perspective de Marie, tandis que Matthieu expose les origines de Joseph. Ils ont en commun certains points importants comme la conception virginale de Jésus, la naissance à Bethléem- parce que Jésus appartenait par Joseph, à la Maison de David, –  et  la Maison de Nazareth.
    Au long des siècles, la dévotion à Saint Joseph a changé et beaucoup de saints et de fondateurs d’Ordres religieux l’ont invoqué avec grande ferveur.
    Une nouvelle étape  s’ouvre dans  l’Église lorsque Léon XIII, en 1889, écrit une encyclique sur Saint Joseph et  invite  les catholiques à prier Joseph et Marie pour les besoins de l’Église. Il propose Joseph comme modèle des pères, des époux, des vierges, comme modèle pour les riches et pour  la noblesse, mais surtout il le présente comme le modèle des travailleurs et des pauvres. Il souligne surtout l’engagement de Joseph dans  le travail manuel. C’est dans cette encyclique que Léon XIII consacre le mois de mars à Saint Joseph.
    Au XXème siècle, Jean Paul II nous présente Joseph comme “gardien du Rédempteur” et souligne la personne et la mission de Saint Joseph dans la vie du Christ et de l’Église.
    Dans la Liturgie, aux  fêtes de Saint Joseph on met en relief sa puissante intercession . Il est appelé ‘l’époux de la Mère de Dieu’. Depuis  le Concile, nous lisons dans la Préface des messes de Saint Joseph : « … Père Saint, Dieu Tout-puissant et éternel, nous te louons, te bénissons et proclamons ta gloire en cette fête de Saint Joseph, car il fut  l’homme juste que tu as donné pour époux à la Vierge Marie, Mère de Dieu, le serviteur fidèle et prudent à qui tu confias la sainte Famille, il veilla comme un père sur ton Fils unique  conçu par la puissance  du Saint-Esprit… »
    Il importe de rappeler que Jean XXIII a ajouté le nom de Saint Joseph au Canon Romain (actuellement 1ère prière eucharistique) avant les noms des apôtres.
    Dans la liturgie,  Joseph est invoqué comme époux de Marie et gardien de la Sainte Famille, Père adoptif de Jésus et modèle de l’Église. Souvent, ces trois titres sont unis dans la prière d’intercession.
    « Jusqu’à présent, l’enseignement le plus important sur Saint Joseph demeure  l’Exhortation Apostolique de Jean Paul II, ‘Redemptoris custos’ publiée à l’occasion  du centenaire de la première encyclique de Léon XIII sur Saint Joseph, parue en 1889. Cette exhortation apostolique rapporte de nombreux points traditionnellement mentionnés dans les écrits sur Saint Joseph, reprend les enseignements des Papes sur ce thème au cours des dernières années, et affirme  que Saint Joseph est le plus grand des saints, après la Vierge Marie… (Christopher O’Donell, O. Carm.)
    Même si les enseignements des  Papes, nous ont beaucoup parlé de l’importance de Saint Joseph, nous trouvons toujours la possibilité d’approfondir notre réflexion  sur ce grand saint  fidèle et obéissant à Dieu – dans les récits, par exemple, où  l’ange lui parle en songe. Je fais ici  allusion au « Pèlerinage de la Sainte Famille », actualisé en 2012 par l’équipe de spiritualité de Grande-Bretagne-Irlande,-  et qui reflète fidèlement  l’esprit du Vénérable Pierre-Bienvenu Noailles – , on  y évoque particulièrement   Saint Joseph, par exemple,  la « 2ème  station »,  nous fait méditer sur le doute de Saint Joseph et la manière dont il  réagit après que l’ange lui eut parlé en songe : « Une fois réveillé, Joseph fit comme l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt 1, 24). Il en est de même dans les  3ème  6ème, 7ème et 12ème stations. Certes, en indiquant les stations qui nous parlent de Saint Joseph, je ne cherche pas à supprimer l’importance des autres stations du pèlerinage.
    Ainsi, lorsque la fête de Saint Joseph arrivera le 19 mars, unissons-nous tous et toutes dans la prière afin de chercher en ce grand Saint les lumières et la force dans nos décisions, dans les difficultés de la vie, toujours conscients de sa protection.
    Anne Connolly, 
    Présidente des Associés laïcs de Grande Bretagne
     
     

  • La femme de Patu

     

    La femme de Patu ( La Maman Muyombe)   
    Il y a seulement  un mois que nous sommes à Patu, cependant notre vie  auprès des femmes  nous a aidées  à découvrir  ceci :
    La vie des femmes à Patu se résume à deux  engagements : le spirituel et la prise en charge de sa famille. À Patu, on parle le kiyombe c’est pourquoi on les appelle muyombe.

    Du point de vue spirituel
    La Muyombe est bien enracinée dans sa foi, courageuse et très engagée dans les activités paroissiales. Du lundi au dimanche elle chante à la chorale, elle dirige la chorale, joue au djembé c’est-à-dire au tam-tam et offre avec joie au Seigneur, une partie des fruits de son champ pour la nourriture des prêtres mais surtout en signe de reconnaissance en ce Dieu qui lui donne la force d’aller travailler au champ. La prière occupe la première place dans sa vie. Elle commence sa journée par la messe et après la célébration eucharistique, elle se dirige à la grotte pour la prière à la Vierge Marie. Après ses offices, elle se rend chez elle pour vaquer à ses multiples occupations.   
    La prise en charge de sa famille
    La maman Muyombe parcourt plus ou moins 16 km par jour pour le travail de son champ. Elle cultive les différentes sortes de bananes, maniocs, arachides, maïs…
    Le soir elle revient tard, fatiguée avec  son panier au dos chargé  de bananes, de feuilles de manioc, de tubercules de manioc, de noix de palmes, de bois de chauffages.  Dès qu’elle arrive, elle doit aller chercher l’eau,  dans le puits foré du quartier, pour la cuisson. C’est la femme qui nourrit toute sa famille du lundi au  samedi. C’est pourquoi, lorsqu’elle va aux champs, elle ramène chaque jour la nourriture pour le souper de la famille. Elle prépare les feuilles de manioc, les bananes non mûres, le manioc doux, bouilli avec la sauce appelée  « mwamba ». Ce sont des choses faciles à trouver et cela ne coûte presque rien en argent car c’est le fruit de leur champ. Mais le repas du dimanche est différent des autres jours de la semaine, il est à la charge de l’homme, le mari doit donner à sa femme l’argent pour le repas du dimanche, c’est la fête. Le dimanche, la femme doit préparer, le riz, les haricots, les feuilles de manioc et le poisson salé qui est une sorte de  morue. Si l’homme ne donne pas l’argent pour la fête du dimanche, c’est le début des problèmes dans le foyer, qui à la longue peuvent conduire  même jusqu’au divorce.
    Une partie des produits de son champ  est vendu ; le marché a lieu le mardi et le vendredi. De cet argent, ensemble avec son mari, ils font le budget  de la famille. Le marché du vendredi est spécial par rapport à celui de mardi parce que le vendredi, la maman Muyombe achète les provisions  pour la fête du dimanche. 
    Pour clore nous pouvons dire que  la vie à Patu est entre les mains de la femme. Si la femme n’est pas courageuse, ses enfants ne vont pas bien évoluer.

    Les jeunes filles de Patu
    La jeune fille de Patu est très engagée à la paroisse et dans les travaux des champs à l’exemple de sa maman. Elle est gaie, pleine  d’ambition apparemment car dans la réalité ce n’est pas le cas parce qu’elle se bute aux  difficultés du milieu, aussi  la plupart de ses filles à l’âge de 14, 16 ans deviennent mères. Mais quelques-unes, bien que filles-mères retournent à l’école parce que les parents acceptent de leur payer les frais scolaires. Mais celles dont les parents sont dans l’impossibilité de payer, rejoignent leurs mamans. Très peu sont celles qui étudient sans avoir eu d’enfants. Certaines jeunes, même sans  enfants, abandonnent l’école, faute d’argent pour payer les frais.
    Vous trouverez en pièces jointes quelques photos  des femmes à la chorale, à la grotte, celles qui reviennent de champs et celles qui font le marché pour préparer la fête du dimanche.  
    Communauté de Patu

     
     

  • FRATERNITÉ ET TRAFIC HUMAIN

     
    Au moment du Carême, l’Église du Brésil lance chaque année la « Campagne de la Fraternité ». En 2014, le thème de réflexion-conversion-action choisi a été : « La Fraternité et le trafic des êtres humains ». Le slogan ou devise sera : « Le Christ nous a libérés pour que nous soyons libres » (Cfr. Ga 5, 1)
    Le choix de ce thème a surgi des propositions faites par différents groupes qui lutent contre le trafic des personnes et le travail d’esclaves, en collaboration avec la Conférence des Évêques du Brésil (CNBB).
    La situation du trafic des êtres humains dans le pays et dans le monde est alarmante : l’Organisation Internationale du Travail (OIT) affirme que le nombre des victimes du travail propre des esclaves et de l’exploitation sexuelle, augmente chaque jour.
    D’après l’Organisation des Nations Unies (ONU), au Brésil, chaque année, 2,5 millions de personnes sont des victimes de ces pratiques, y compris des hommes, des femmes et des enfants. Et ces victimes sont principalement des gens vulnérables, des pauvres.
    Ce thème de la  Campagne de la fraternité tombe justement en l’année où la « Coupe du Monde 2014 » aura lieu dans ce pays ; ce sera une occasion d’accueillir grand nombre de visiteurs, ce qui pourra favoriser l’action des trafiquants. La Campagne sera intensifiée par un travail de sensibilisation afin de minimiser cette pratique criminelle.
    L’ONU affirme que le trafic des êtres humains est assez lucratif, et brasse annuellement 32 billions de dollars dans le monde. Sur cette quantité, le 85% vient de l’exploitation sexuelle. Ces personnes ont comme destination principalement : l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la France, la Hollande, l’Autriche et la Suisse.
    Nous voyons sur ces victimes, les visages des nouveaux pauvres, conséquence funeste de la globalisation, où le système de marché, toujours en expansion, privilégie le bénéfice en préjudice de la dignité humaine et de la vie dans toutes ses formes.
    En célébrant le mystère de la Mort et de la Résurrection de Jésus, nous sommes invités à nous engager, par la solidarité, à l’attention et la lutte en faveur des victimes de cette injustice qui viole les Droits Humains.
    Source: Manuel de la Campagne de la Fraternité 2014
     
     
     

  • Message du Pape, pour le Carême 2014

     
    Carême 2014 : Il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté
    (cf 2 Cor 8,9)
    Chers frères et sœurs,
    Je voudrais vous offrir, à l’occasion du Carême, quelques réflexions qui puissent vous aider dans un chemin personnel et communautaire de conversion. Je m’inspirerai de la formule de Saint Paul : « Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co 8,9). L’Apôtre s’adresse aux chrétiens de Corinthe pour les encourager à être généreux vis-à-vis des fidèles de Jérusalem qui étaient dans le besoin. Que nous disent-elles, ces paroles de Saint Paul, à nous chrétiens d’aujourd’hui ? Que signifie, pour nous aujourd’hui, cette exhortation à la pauvreté, à une vie pauvre dans un sens évangélique ?
    1. La grâce du Christ
    Ces paroles nous disent avant tout quel est le style de Dieu. Dieu ne se révèle pas par les moyens de la puissance et de la richesse du monde, mais par ceux de la faiblesse et la pauvreté : « Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous … ». Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, « vidé », pour nous devenir semblable en tout (cf. Ph 2,7 ; He 4,15). Quel grand mystère que celui de l’Incarnation de Dieu ! C’est l’amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d’être proche et qui n’hésite pas à se donner, à se sacrifier pour ses créatures bien-aimées. La charité, l’amour, signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous. Jésus en effet, « a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché » (ConC. OECum. Vat. II,Const. past. Gaudium et Spes, n. 22 § 2).
    La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, – dit Saint Paul – [pour que] « … vous deveniez riches par sa pauvreté ». Il ne s’agit pas d’un jeu de mots, ni d’une figure de style ! Il s’agit au contraire d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix. Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés, non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. Pourtant Saint Paul connaît bien « la richesse insondable du Christ » (Ep 3,8) « établi héritier de toutes choses » (He 1,2).
    Alors quelle est-elle cette pauvreté, grâce à laquelle Jésus nous délivre et nous rend riches ? C’est justement sa manière de nous aimer, de se faire proche de nous, tel le Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le bord de la route (cf. Lc 10,25ss). Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut, le vrai bonheur, c’est son amour de compassion, de tendresse et de partage. La pauvreté du Christ qui nous enrichit, c’est le fait qu’il ait pris chair, qu’il ait assumé nos faiblesses, nos péchés, en nous communiquant la miséricorde infinie de Dieu. La pauvreté du Christ est la plus grande richesse : Jésus est riche de sa confiance sans limite envers le Père, de pouvoir compter sur Lui à tout moment, en cherchant toujours et seulement la volonté et la gloire du Père. Il est riche comme est riche un enfant qui se sent aimé et qui aime ses parents et ne doute pas un seul instant de leur amour et de leur tendresse. La richesse de Jésus, c’est d’être le Fils ; sa relation unique avec le Père est la prérogative souveraine de ce Messie pauvre. Lorsque Jésus nous invite à porter son « joug qui est doux », il nous invite à nous enrichir de cette « riche pauvreté » et de cette « pauvre richesse » qui sont les siennes, à partager avec lui son Esprit filial et fraternel, à devenir des fils dans le Fils, des frères dans le Frère Premier-né (cf. Rm 8,29).
    On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est celle de ne pas être des saints (L. Bloy) ; nous pourrions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ.
    2. Notre témoignage
    Nous pourrions penser que cette « voie » de la pauvreté s’est limitée à Jésus, et que nous, qui venons après Lui, pouvons sauver le monde avec des moyens humains plus adéquats. Il n’en est rien. A chaque époque et dans chaque lieu, Dieu continue à sauver les hommes et le monde grâce à la pauvreté du Christ, qui s’est fait pauvre dans les Sacrements, dans la Parole, et dans son Église, qui est un peuple de pauvres. La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ.
    À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Eglise offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l’exigence d’une distribution équitable des richesses. C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et au partage.
    La misère morale n’est pas moins préoccupante. Elle consiste à se rendre esclave du vice et du péché. Combien de familles sont dans l’angoisse parce que quelques-uns de leurs membres – souvent des jeunes – sont dépendants de l’alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie ! Combien de personnes ont perdu le sens de la vie, sont sans perspectives pour l’avenir et ont perdu toute espérance ! Et combien de personnes sont obligées de vivre dans cette misère à cause de conditions sociales injustes, du manque de travail qui les prive de la dignité de ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité dans les droits à l’éducation et à la santé. Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi cause de ruine économique, se rattache toujours à la misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous estimons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment.
    L’Evangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle :le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de soeurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine.
    Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Eglise disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.
    Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous « [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6,10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puisse parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.
    Du Vatican, le 26 décembre 2013
    Fête de Saint Étienne, diacre et protomartyr
    Pape François
     
     

  • Journée mondiale de la justice sociale

     
    « Alors que nous cherchons à construire le monde que nous voulons, redoublons d’efforts pour parvenir à un développement durable plus équitable, qui ne fasse pas de laissés-pour-compte et qui repose sur le dialogue, la transparence et la justice sociale. »
    Message de M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU
     

    L’Assembée générale a proclamé le 20 février, Journée mondiale de la justice sociale
    La justice sociale est une condition fondamentale de la coexistence pacifique et prospère des hommes au sein des nations et entre les nations elles-mêmes. Nous servons la justice sociale lorsque nous défendons l’égalité des sexes ou les droits des peuples autochtones et des migrants. Nous faisons progresser la justice sociale lorsque nous abattons les obstacles liés au sexe, à l’âge, à la race, à l’appartenance ethnique, à la religion, à la culture ou au handicap.
    Elle implique également la pose des fondements nécessaires pour assurer la dignité, la stabilité et des perspectives au profit de tous les citoyens. En nous attelant à la tâche pour opérer cette transformation, nous devons intégrer l’inclusion sociale dans nos politiques et dans toutes les actions que nous mènerons.
     
     
     

  • NOUVELLE COMMUNAUTÉ DE PATU EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

    La préoccupation qui a été exprimée est celle de trouver les bons moyens pour aider les gens à recueillir l’eau de pluie. Il semble également urgent de travailler avec et auprès des mamans et des jeunes filles du village. Notre apport dans le milieu dépend des besoins des gens et de notre collaboration.
    Concernant le problème de l’eau, notre objectif est d’obtenir un accès permanent à l’eau potable pour tous, afin d’améliorer les conditions de vie et la santé des habitants de Patu, et aussi, pour libérer les enfants et leur permettre d’aller à l’école et aux femmes de pouvoir occuper leur temps à d’autres activités que celle de la corvée d’eau qui prend, parfois, plusieurs heures.
    Vu ce manque, nous avons organisé une rencontre avec les mamans, pour les   sensibiliser à faire des potagers en vue de varier leur alimentation. Maintenant, notre souci est d’obtenir un terrain pour travailler avec elles.
    À Patu, la langue locale est le Kiyombé qu’il faudra rapidement apprendre pour pouvoir communiquer facilement avec les gens.
    Nous voulons vivre avec le peuple en nous insérant dans les différents groupes de la paroisse et chercher à analyser avec eux comment faire pour le mieux. Nous désirons être proche d’eux, vivre avec eux et partir de leurs besoins pour avancer ensemble.

     
     

  • LA BENEDICTION MIRACULEUSE

    LA SIGNIFICATION DE LA BENEDICTION MIRACULEUSE DU 03 FEVRIER
    1822 DANS MA VIE (témoignage de vie)
     

    Que signifie cette date pour la
    Famille de Pierre Bienvenu Noailles ?
    En ce  jour nous nous souvenons …
    nous remercions … pour un don très spécial ! 
    Le 3 février 1822, dans la pauvre chapelle de
    Lorette se trouvait le germe de ce qu’est devenu aujourd’hui un grand arbre … des
     sœurs, des jeunes orphelines en danger
    accueillies en ce lieu, quelques laïcs …
    C’était l’heure de la bénédiction du Saint
    Sacrement. Ce petit groupe vivait une situation difficile de pauvreté et
    d’incertitude face à la grandeur de son projet et à la pénurie de moyens pour
    le réaliser … et  en était  arrivé à se demander : « … Est-ce
    le désir de Dieu ? … ou un rêve irréalisable ? »
    La réponse a été claire, simple, communautaire. Jésus
    s’est rendu visible et a béni  pendant 20
    minutes  ce groupe naissant qui nourrissait
    un si vaste dessein. Tous  virent ou  sentirent sa présence.
    Cette Bénédiction a été une réponse lumineuse qui
    continue à donner aujourd’hui une impulsion à la  Mission qui  commença pauvre et humble mais avec le dynamisme et la
    force  offerts  par  cette Bénédiction Miraculeuse.                                         
    M.Carmen Leach
     
    LA SIGNIFICATION DE LA BENEDICTION MIRACULEUSE
     
    Pour moi, la commémoration de la bénédiction miraculeuse du 03 février est
    un signe de la présence du Christ dans ma vie. Elle m’encourage de travailler
    en communion et en collaboration avec les autres vocations.
    Chaque fois que je participe à l’Eucharistie, je sens cette nécessité
    de travailler pour l’unité, l’amour et la charité. Sous l’impulsion de l’Esprit-Saint,
    j’essaie de vivre cette communion dans ma famille, de travailler au service de
    ceux qui souffrent, des marginaux, et l’encadrement des jeunes qui me sont
    confié. 
    Cette bénédiction est une grâce pour moi associé laïc de la
    Sainte-Famille de devenir apôtre du Christ dans les différents milieux de vie
    pour étendre et fortifier la foi des autres…
    Délégation de la République Démocratique
    du Congo
    Léonard MBEMBE, associé laïc
     
    TÉMOIGNAGE DE
    JUANITA – APOSTOLIQUE
     
    Le Miracle Eucharistique est pour moi quelque chose de très profond, la
    confirmation d’une présence, celle de Jésus, qui se prolonge parmi nous. Pour
    percevoir cette présence silencieuse, une condition est nécessaire  nous devons croire, c’est à dire, il nous faut
    avoir la foi… et si vraiment, nous entrons dans le silence, il se communique à
    nous.
    Cet évènement a marqué ma vie et me soutient dans les moments difficiles
    que j’ai vécus. La Bénédiction reçue par nos premières Sœurs, se prolonge dans
    le temps et nous atteint toutes comme des membres de la Sainte-Famille.
    Je fais l’expérience de cette bénédiction et c’est cela qui me soutient. Cette
    même expérience m’a poussée à chercher ma vocation dans la vie contemplative,
    mais j’ai compris que dans la vie apostolique l’on peut vivre la même
    dimension.
    Certainement, je suis en dette envers Jésus par le fait de n’avoir pas
    promu davantage cette dévotion, surtout en ce momento où nous allons commencer
    à célébrer les 50 ans de présence de la Sainte-Famille au Paraguay.
     
     TÉMOIGNAGE … 
     
    En
    premier, je dirais que la Bénédiction Miraculeuse est  partie intrinsèque de ma vie, de ma vocation
    comme contemplative dans la Sainte-Famille. Dans ce sens, en le disant
    autrement, cette Bénédiction configure toute ma vie et il est la réponse à ces
    paroles du Fondateur : « Le Divin Maître a béni miraculeusement
    notre Association dès sa naissance, or nous lui devons tout à la fois  de perpétuelles actions de grâces pour une
    telle faveur  et de continuelles
    supplications  pour en faire découler
    tous les secours spirituels dont nos 
    différentes Œuvres ont besoin. Il était donc naturel que quelques unes
    de nos Associées, bénies en la personne de nos fondatrices,  représentent 
    toute la Famille dans l’accomplissement de ce double devoir, et c’est la
    mission confiée aux Contemplatives. »
    Comme Contemplatives  nous prolongeons la mémoire de cette
    Bénédiction  par l’Adoration devant le
    Saint Sacrement exposé,  à laquelle  les fidèles sont fortement attirés.
     
     SŒURS CONTEMPLATIVE
     
    LA BÉNÉDICTION MIRACULEUSE  
     
    Les miracles de Jésus ont pour finalité  d’affirmer et de faire croître la foi du
    peuple. De même, les miracles eucharistiques qui ont eu lieu partout dans le
    monde, ont  beaucoup  aidé la foi des chrétiens. Les apparitions
    répétées de Jésus à ses disciples après la Résurrection sont des
    signes clairs qui démontrent le manque de foi des disciples. Mais, lorsqu’ils
    eurent foi en Lui, alors ils sont 
    devenus témoins jusqu’au sacrifice de leur vie. La transfiguration de
    Jésus est une anticipation de la gloire 
    qui deviendra réalité après sa passion, sa mort et sa résurrection.
    La curiosité et le désir de voir un miracle sont ancrés
    dans notre nature humaine. Jésus exige la foi avant de faire un miracle. Chaque
    miracle est un appel à une foi plus profonde.
    Pour moi, le miracle eucharistique  a lieu tous les jours. Du pain devient le
    Corps du Christ ! Chaque Messe que je célèbre augmente ma foi. Peut-être
    considérons-nous que cela est normal et nous avons la tentation de demander à
    Jésus des miracles extraordinaires pour croire en Lui ! Le signe de Jonas
    mentionné par Jésus nous dit clairement que nous avons  à « mourir » pour nous  donner en partage aux autres, comme Jésus le
    fait  dans l’Eucharistie. L’Eucharistie
    nous appelle à souffrir et à mourir pour les autres pour témoigner de notre
    foi. L’Eucharistie nous appelle à une vie de communion avec la souffrance  et avec les pauvres. L’Eucharistie nous
    appelle à une vie de sacrifice.  
    La Bénédiction miraculeuse est le rappel que nous
    sommes  signes de la vie du Christ caché,
    enseveli,  dans la culture globalisé de
    notre monde actuel.
    Père Jacob Nicholas  Prêtre Associé 

     TÉMOIGNAGE … 
    Je
    le vis comme un acte de foi.
    Cela
    me ratifie d’une manière positive et satisfaisante, la réalisation de la
    volonté de Dieu dans l’œuvre de notre Fondateur.
    Bénir
    signifie ‘dire bien’. En partant de cette prémisse, cela veut dire, parler bien
    de quelque chose, de quelqu’un… On parle bien des bonnes choses et surtout ce
    que qu’on AIME.
    Dieu nous bénit. La bénédiction est pour moi le reflet de
    son AMOUR. Qu’est-ce que cela signifie dans ma vie ? C’est de constater
    chaque jour son AMOUR, sa présence amoureuse, de savoir qu’Il me bénit,
    que,  malgré toutes mes erreurs, il
    continue de me bénir parce qu’il m’aime sans conditions.
    Cela
    m’aide à m’affirmer dans mon option vocationnelle Sainte-en voyant que le
    Christ s’est manifesté dans ses débuts, en signe d’approbation de l’œuvre
    entreprise par le Fondateur. Je remercie Dieu et fais un acte de foi en la
    présence du Christ dans l’Eucharistie,
    SÉCULIÈRES
     

  • Paix… non pas violence!

    Comment utilisons-nous le pouvoir du langage pour éviter des conflitset parvenir à des solutions pacifiques?
     
    Lorsqu’il existe un conflit, qu’il soit émotionnel ou social, cela change la
    manière de nous communiquer. Nous n’écoutons plus l’autre, nous refusons
    d’assumer n’importe quelle responsabilité dans l’affaire, nous disons que c’est
    bien ou que c’est mal, et nous nous  laissons entraîner par les sentiments…
     
    Nous pouvons être sincères avec nos sentiments, sans offenser les autres,
    nous pouvons le faire  par empathie, mais
     plus profondément encore par une compassion
    qui exprime notre capacité d’écouter les sentiments des autres et notre
    capacité d’exprimer les nôtres sans causer le moindre mal.
    (Pris de
    l’introduction au livre de Marshall B. Rosenberg « Communication
    non-violente »)
     
    Au cours de la journée de la
    paix et de la non-violence, nous vous offrons cette anecdote qui confirme ce
    que nous venons de dire et nous aide à réfléchir.
     
    Lorsque Gandhi  étudiait à la Faculté de Droit de
    l’Université de Londres, un professeur nommé Peters avait une grande aversion à
    l’égard de lui, mais celui-ci jamais ne se courba devant alors que  leurs rencontres étaient assez
    fréquentes :
    Un jour, le professeur Peters prenait son lunch dans le restaurant de
    l’Université ; Gandhi arrive avec  son plateau, et s’assied à côté du professeur.
    Celui-ci, arrogant, l’interpelle : « Monsieur Gandhi, vous ne
    comprenez rien …un porc et un oiseau ne mangent pas à la même table ». Et
    Gandhi de répondre ; « Soyez tranquille, professeur… je m’envole »,
    et il changea de table.
    Monsieur Peters, vert de rage, 
    décide de prendre sa vengeance lors du prochain examen, mais l’élève
    répond brillamment à toutes les questions. Alors, il lui adresse la question
    suivante : « Monsieur Gandhi, vous êtes dans la rue et vous trouvez un
    sac avec à l’intérieur la sagesse et une grande quantité d’argent. Laquelle de
    ces  deux choses
    prendriez-vous ? »  Sans douter un instant, Gandhi répond :
    « L’argents, bien entendu, professeur ! »  Le Professeur Peters souriant lui dit : « Eh
    bien, moi, à votre place, j’aurais pris la sagesse, ne le pensez-vous
    pas ? » « Chacun prend ce qu’il n’a pas », répond l’élève.
    Le Professeur Peters, hors de lui, écrit sur la feuille d’examen :
    « Imbécile ! » et la rend au jeune Gandhi. Au bout de quelques
    minutes, l’élève revient auprès du professeur et lui dit : « Monsieur
    Peters, vous avez signé la feuille, mais vous n’avez pas mis  votre appréciation. ». 
    Manière pacifique, intelligente
    et sincère de répondre.

     

  • JOURNÉE MONDIALE DE L’ÉMIGRANT ET DU REFUGIÉ

    JOURNÉE MONDIALE DE L’ÉMIGRANT ET
    DU REFUGIÉ
     
    D’près le dernier rapport officiel de l’UNHCR
    (Agence de l’ONU pour les Refugiés – Acnur) plus de 45 millions de personnes dans le monde vivent comme des
    refugiés ou ont eu à quitter leur foyer obligatoirement. Ce chiffre dramatique
    loin de diminuer augmente chaque jour et se situe au plus haut niveau dès le
    commencement du siècle. Ces refugiés viennent surtout de la Syrie, du Mali, du
    Soudan et de la République Démocratique du Congo. La raison principale du déplacementest toujours la guerre.
     
    « À chaque fois que tu clignes de l’oeil, une personne dans le monde
    est encore obligée de fuire, de quitter son foyer, ce qui s’exprime par 23.000
    nouveaux déplacements par jour », a dit le haut mandataire pour les réfugiés, Antonio
    Guterres, au cours de l’une de ses apparitions à Genève.
     

    Pour cette 100ème Journée Mondiale, le Pape a écrit
    le message suivant :
     
    MESSAGE DU PAPE FRANÇOISPOUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MIGRANTS ET DES RÉFUGIÉS (2014)
     
    «Migrants et réfugiés : vers
    un monde meilleur»
     
    Chers frères et sœurs
    !
     
    Nos sociétés font l’expérience,
    comme cela n’est jamais arrivé auparavant dans l’histoire, de processus
    d’interdépendance mutuelle et d’interaction au niveau mondial, qui, s’ils
    comprennent aussi des éléments problématiques ou négatifs, ont pour objectif d’améliorer
    les conditions de vie de la famille humaine, non seulement dans ses aspects
    économiques, mais aussi dans ses aspects politiques et culturels. Du reste,
    chaque personne appartient à l’humanité et partage l’espérance d’un avenir
    meilleur avec toute la famille des peuples. De cette constatation est né le
    thème que j’ai choisi pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié de
    cette année: « Migrants et réfugiés : vers un monde meilleur ».
     
    Parmi les résultats des mutations
    modernes, le phénomène croissant de la mobilité humaine émerge comme un « signe
    des temps » ; ainsi l’a défini le Pape Benoît XVI (cf. Message pour la Journée Mondiale
    du Migrant et du Réfugié 2006). Si d’une part, en
    effet, les migrations trahissent souvent des carences et des lacunes des États
    et de la Communauté internationale, de l’autre elles révèlent aussi
    l’aspiration de l’humanité à vivre l’unité dans le respect des différences,
    l’accueil et l’hospitalité qui permettent le partage équitable des biens de la
    terre, la sauvegarde et la promotion de la dignité et de la centralité de tout
    être humain.
     
    Du point de vue chrétien, aussi
    bien dans les phénomènes migratoires, que dans d’autres réalités humaines, se
    vérifie la tension entre la beauté de la création, marquée par la Grâce et la
    Rédemption, et le mystère du péché. À la solidarité et à l’accueil, aux gestes
    fraternels et de compréhension, s’opposent le refus, la discrimination, les
    trafics de l’exploitation, de la souffrance et de la mort. Ce sont surtout les
    situations où la migration n’est pas seulement forcée, mais même réalisée à
    travers diverses modalités de traite des personnes et de réduction en esclavage
    qui causent préoccupation. Le « travail d’esclave » est aujourd’hui monnaie
    courante ! Toutefois, malgré les problèmes, les risques et les difficultés à
    affronter, ce qui anime de nombreux migrants et réfugiés c’est le binôme confiance
    et espérance ; ils portent dans leur cœur le désir d’un avenir meilleur non
    seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles et pour les personnes
    qui leur sont chères.
     
    Que comporte la création d’un «
    monde meilleur » ? Cette expression ne fait pas allusion naïvement à des
    conceptions abstraites ou à des réalités hors d’atteinte, mais oriente plutôt à
    la recherche d’un développement authentique et intégral, à travailler pour
    qu’il y ait des conditions de vie dignes pour tous, pour que les exigences des
    personnes et des familles trouvent de justes réponses, pour que la création que
    Dieu nous a donnée soit respectée, gardée et cultivée. Le Vénérable Paul VI décrivait avec ces mots les aspirations des hommes d’aujourd’hui : « être
    affranchis de la misère, trouver plus sûrement leur subsistance, la santé, un
    emploi stable ; participer davantage aux responsabilités, hors de toute
    oppression, à l’abri des situations qui offensent leur dignité d’hommes ; être
    plus instruits ; en un mot, faire, connaître, et avoir plus, pour être plus »
    (Lett. enc. Populorum progressio, 26 mars 1967, n. 6).
     
    Notre cœur désire un « plus » qui
    n’est pas seulement un connaître plus ou un avoir plus, mais qui est surtout un
    être plus. Le développement ne peut être réduit à la simple croissance
    économique, obtenue, souvent sans regarder aux personnes plus faibles et sans
    défense. Le monde peut progresser seulement si l’attention première est dirigée
    vers la personne ; si la promotion de la personne est intégrale, dans toutes
    ses dimensions, incluse la dimension spirituelle ; si personne n’est délaissé,
    y compris les pauvres, les malades, les prisonniers, les nécessiteux, les
    étrangers (cf. Mt 25, 31-46); si on est capable de passer d’une culture
    du rejet à une culture de la rencontre et de l’accueil.
     
    Migrants et réfugiés ne sont pas
    des pions sur l’échiquier de l’humanité. Il s’agit d’enfants, de femmes et
    d’hommes qui abandonnent ou sont contraints d’abandonner leurs maisons pour
    diverses raisons, et qui partagent le même désir légitime de connaître, d’avoir
    mais surtout d’être plus. Le nombre de personnes qui émigrent d’un continent à
    l’autre, de même que celui de ceux qui se déplacent à l’intérieur de leurs
    propres pays et de leurs propres aires géographiques, est impressionnant. Les
    flux migratoires contemporains constituent le plus vaste mouvement de
    personnes, sinon de peuples, de tous les temps. En marche avec les migrants et
    les réfugiés, l’Église s’engage à comprendre les causes qui sont aux origines
    des migrations, mais aussi à travailler pour dépasser les effets négatifs et à
    valoriser les retombées positives sur les communautés d’origine, de transit et
    de destination des mouvements migratoires.
     
    Malheureusement, alors que nous
    encourageons le développement vers un monde meilleur, nous ne pouvons pas taire
    le scandale de la pauvreté dans ses diverses dimensions. Violence,
    exploitation, discrimination, marginalisation, approches restrictives aux
    libertés fondamentales, aussi bien des individus que des collectivités, sont
    quelques-uns des principaux éléments de la pauvreté à vaincre. Bien des fois
    justement ces aspects caractérisent les déplacements migratoires, liant
    migrations et pauvreté. Fuyant des situations de misère ou de persécution vers
    des perspectives meilleures, ou pour avoir la vie sauve, des millions de
    personnes entreprennent le voyage migratoire et, alors qu’elles espèrent
    trouver la réalisation de leurs attentes, elles rencontrent souvent méfiance,
    fermeture et exclusion et sont frappées par d’autres malheurs, souvent encore
    plus graves et qui blessent leur dignité humaine.
     
    La réalité des migrations, avec
    les dimensions qu’elle présente en notre époque de la mondialisation, demande à
    être affrontée et gérée d’une manière nouvelle, équitable et efficace, qui
    exige avant tout une coopération internationale et un esprit de profonde
    solidarité et de compassion. La collaboration aux différents niveaux est
    importante, avec l’adoption, par tous, des instruments normatifs qui protègent
    et promeuvent la personne humaine. Le Pape Benoît XVI en a tracé les lignes en affirmant qu’« une telle
    politique doit être développée en partant d’une étroite collaboration entre les
    pays d’origine des migrants et les pays où ils se rendent ; elle doit
    s’accompagner de normes internationales adéquates, capables d’harmoniser les
    divers ordres législatifs, dans le but de sauvegarder les exigences et les
    droits des personnes et des familles émigrées et, en même temps, ceux des
    sociétés où arrivent ces mêmes émigrés » (Lett. enc. Caritas in veritate, 29 juin 2009, n. 62). Travailler ensemble pour un
    monde meilleur réclame une aide réciproque entre pays, avec disponibilité et
    confiance, sans élever de barrières insurmontables. Une bonne synergie peut
    encourager les gouvernants pour affronter les déséquilibres socioéconomiques et
    une mondialisation sans règles, qui font partie des causes des migrations dans
    lesquelles les personnes sont plus victimes que protagonistes. Aucun pays ne
    peut affronter seul les difficultés liées à ce phénomène, qui est si vaste
    qu’il concerne désormais tous les continents dans le double mouvement
    d’immigration et d’émigration.
     
    Il est important, ensuite, de
    souligner comment cette collaboration commence déjà par l’effort que chaque
    pays devrait faire pour créer de meilleures conditions économiques et sociales
    chez lui, de sorte que l’émigration ne soit pas l’unique option pour celui qui
    cherche paix, justice, sécurité, et plein respect de la dignité humaine. Créer
    des possibilités d’embauche dans les économies locales, évitera en outre la
    séparation des familles, et garantira les conditions de stabilité et de
    sérénité, à chacun et aux collectivités.
     
    Enfin, regardant la réalité des
    migrants et des réfugiés, il y a un troisième élément que je voudrais mettre en
    évidence sur le chemin de la construction d’un monde meilleur ; c’est celui du
    dépassement des préjugés et des incompréhensions dans la manière dont on
    considère les migrations. Souvent, en effet, l’arrivée de migrants, de
    personnes déplacées, de demandeurs d’asile et de réfugiés suscite chez les
    populations locales suspicion et hostilité. La peur nait qu’il se produise des
    bouleversements dans la sécurité de la société, que soit couru le risque de
    perdre l’identité et la culture, que s’alimente la concurrence sur le marché du
    travail, ou même, que soient introduits de nouveaux facteurs de criminalité.
    Les moyens de communication sociale, en ce domaine ont une grande
    responsabilité : il leur revient, en effet, de démasquer les stéréotypes et
    d’offrir des informations correctes où il arrivera de dénoncer l’erreur de
    certains, mais aussi de décrire l’honnêteté, la rectitude et la grandeur d’âme
    du plus grand nombre. En cela, un changement d’attitude envers les migrants et
    les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de
    défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de
    compte, correspond à la « culture du rejet » – à une attitude qui ait comme
    base la « culture de la rencontre », seule capable de construire un monde plus
    juste et fraternel, un monde meilleur. Les moyens de communication, eux aussi,
    sont appelés à entrer dans cette « conversion des attitudes » et à favoriser ce
    changement de comportement envers les migrants et les réfugiés.
     
    Je pense aussi à la manière dont
    la Sainte Famille de Nazareth a vécu l’expérience du refus au début de sa route
    : Marie « mit au monde son fils premier né ; elle l’emmaillota et le coucha
    dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle
    commune » (Lc 2,7). Plus encore, Jésus, Marie et Joseph ont fait
    l’expérience de ce que signifie laisser sa propre terre et être migrants :
    menacés par la soif de pouvoir d’Hérode, ils ont été contraints de fuir et de
    se réfugier en Égypte (cf. Mt 2, 13-14). Mais le cœur maternel de Marie
    et le cœur prévenant de Joseph, Gardien de la Sainte Famille, ont toujours
    gardé la confiance que Dieu ne les abandonnerait jamais. Par leur intercession,
    que cette même certitude soit toujours ferme, dans le cœur du migrant et du
    réfugié.
     
    En répondant au mandat du Christ
    « Allez, et de toutes les nations faites des disciples », l’Église est appelée
    à être le Peuple de Dieu qui embrasse tous les peuples, et qui porte à tous les
    peuples l’annonce de l’Évangile, puisque, sur le visage de toute personne est
    imprimé le visage du Christ ! Là se trouve la racine la plus profonde de la
    dignité de l’être humain, qui est toujours à respecter et à protéger. Ce ne
    sont pas tant les critères d’efficacité, de productivité, de classe sociale,
    d’appartenance ethnique ou religieuse qui fondent la dignité de la personne,
    mais le fait d’être créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27), et plus encore le fait d’être enfants de Dieu ; tout être humain est
    enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui ! Il s’agit alors de
    voir, nous d’abord et d’aider ensuite les autres à voir dans le migrant et dans
    le réfugié, non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une
    sœur à accueillir, à respecter et à aimer, une occasion que la Providence nous
    offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste, une
    démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et
    une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’Évangile. Les migrations
    peuvent faire naître la possibilité d’une nouvelle évangélisation, ouvrir des
    espaces à la croissance d’une nouvelle humanité, annoncée par avance dans le
    mystère pascal : une humanité pour laquelle toute terre étrangère est une
    patrie et toute patrie est une terre étrangère.
     
    Chers migrants et réfugiés ! Ne
    perdez pas l’espérance qu’à vous aussi est réservé un avenir plus assuré, que
    sur vos sentiers vous pourrez trouver une main tendue, qu’il vous sera donné de
    faire l’expérience de la solidarité fraternelle et la chaleur de l’amitié ! À
    vous tous et à ceux qui consacrent leur vie et leurs énergies à vos côtés, je
    vous assure de ma prière et je vous donne de tout cœur la Bénédiction
    apostolique.
     
    Du Vatican, le 5 août
    2013.
     

    FRANÇOIS