Auteur/autrice : AdminWp

  • LA JOURNÉE MONDIALE DES MIGRANTS ET DES RÉFUGIÉS (2014)

     
    – MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
    « Migrants et réfugiés: vers un monde meilleur »

    Chers frères et sœurs !
    Nos sociétés font l’expérience, comme cela n’est jamais arrivé auparavant dans l’histoire, de processus d’interdépendance mutuelle et d’interaction au niveau mondial, qui, s’ils comprennent aussi des éléments problématiques ou négatifs, ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie de la famille humaine, non seulement dans ses aspects économiques, mais aussi dans ses aspects politiques et culturels. Du reste, chaque personne appartient à l’humanité et partage l’espérance d’un avenir meilleur avec toute la famille des peuples. De cette constatation est né le thème que j’ai choisi pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié de cette année: « Migrants et réfugiés : vers un monde meilleur ».
    Du point de vue chrétien, aussi bien dans les phénomènes migratoires, que dans d’autres réalités humaines, se vérifie la tension entre la beauté de la création, marquée par la Grâce et la Rédemption, et le mystère du péché. À la solidarité et à l’accueil, aux gestes fraternels et de compréhension, s’opposent le refus, la discrimination, les trafics de l’exploitation, de la souffrance et de la mort. Ce sont surtout les situations où la migration n’est pas seulement forcée, mais même réalisée à travers diverses modalités de traite des personnes et de réduction en esclavage qui causent préoccupation. Le « travail d’esclave » est aujourd’hui monnaie courante ! Toutefois, malgré les problèmes, les risques et les difficultés à affronter, ce qui anime de nombreux migrants et réfugiés c’est le binôme confiance et espérance ; ils portent dans leur cœur le désir d’un avenir meilleur non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles et pour les personnes qui leur sont chères.
    Que comporte la création d’un « monde meilleur » ? Cette expression ne fait pas allusion naïvement à des conceptions abstraites ou à des réalités hors d’atteinte, mais oriente plutôt à la recherche d’un développement authentique et intégral, à travailler pour qu’il y ait des conditions de vie dignes pour tous, pour que les exigences des personnes et des familles trouvent de justes réponses, pour que la création que Dieu nous a donnée soit respectée, gardée et cultivée.
    Il est important, ensuite, de souligner comment cette collaboration commence déjà par l’effort que chaque pays devrait faire pour créer de meilleures conditions économiques et sociales chez lui, de sorte que l’émigration ne soit pas l’unique option pour celui qui cherche paix, justice, sécurité, et plein respect de la dignité humaine. Créer des possibilités d’embauche dans les économies locales, évitera en outre la séparation des familles, et garantira les conditions de stabilité et de sérénité, à chacun et aux collectivités.
    Il y a un troisième élément que je voudrais mettre en évidence sur le chemin de la construction d’un monde meilleur ; c’est celui du dépassement des préjugés et des incompréhensions dans la manière dont on considère les migrations. Souvent, en effet, l’arrivée de migrants, de personnes déplacées, de demandeurs d’asile et de réfugiés suscite chez les populations locales suspicion et hostilité. La peur nait qu’il se produise des bouleversements dans la sécurité de la société, que soit couru le risque de perdre l’identité et la culture, que s’alimente la concurrence sur le marché du travail, ou même, que soient introduits de nouveaux facteurs de criminalité. Les moyens de communication sociale, en ce domaine ont une grande responsabilité : il leur revient, en effet, de démasquer les stéréotypes et d’offrir des informations correctes où il arrivera de dénoncer l’erreur de certains, mais aussi de décrire l’honnêteté, la rectitude et la grandeur d’âme du plus grand nombre. En cela, un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de compte, correspond à la « culture du rejet » – à une attitude qui ait comme base la « culture de la rencontre », seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur. Les moyens de communication, eux aussi, sont appelés à entrer dans cette « conversion des attitudes » et à favoriser ce changement de comportement envers les migrants et les réfugiés.
    Je pense aussi à la manière dont la Sainte Famille de Nazareth a vécu l’expérience du refus au début de sa route : Marie « mit au monde son fils premier né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (Lc 2,7). Plus encore, Jésus, Marie et Joseph ont fait l’expérience de ce que signifie laisser sa propre terre et être migrants : menacés par la soif de pouvoir d’Hérode, ils ont été contraints de fuir et de se réfugier en Égypte (cf. Mt 2, 13-14). Mais le cœur maternel de Marie et le cœur prévenant de Joseph, Gardien de la Sainte Famille, ont toujours gardé la confiance que Dieu ne les abandonnerait jamais. Par leur intercession, que cette même certitude soit toujours ferme, dans le cœur du migrant et du réfugié.
    En répondant au mandat du Christ « Allez, et de toutes les nations faites des disciples », l’Église est appelée à être le Peuple de Dieu qui embrasse tous les peuples, et qui porte à tous les peuples l’annonce de l’Évangile, puisque, sur le visage de toute personne est imprimé le visage du Christ ! Là se trouve la racine la plus profonde de la dignité de l’être humain, qui est toujours à respecter et à protéger. Ce ne sont pas tant les critères d’efficacité, de productivité, de classe sociale, d’appartenance ethnique ou religieuse qui fondent la dignité de la personne, mais le fait d’être créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27), et plus encore le fait d’être enfants de Dieu ; tout être humain est enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui ! Il s’agit alors de voir, nous d’abord et d’aider ensuite les autres à voir dans le migrant et dans le réfugié, non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à respecter et à aimer, une occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste, une démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’Évangile. Les migrations peuvent faire naître la possibilité d’une nouvelle évangélisation, ouvrir des espaces à la croissance d’une nouvelle humanité, annoncée par avance dans le mystère pascal : une humanité pour laquelle toute terre étrangère est une patrie et toute patrie est une terre étrangère.
    Chers migrants et réfugiés ! Ne perdez pas l’espérance qu’à vous aussi est réservé un avenir plus assuré, que sur vos sentiers vous pourrez trouver une main tendue, qu’il vous sera donné de faire l’expérience de la solidarité fraternelle et la chaleur de l’amitié ! 
     

  • NOTRE DAME DE TOUTES GRÂCES

    Aujourd’hui, notre Famille est unie dans la célébration de la fête de Notre Dame de Toutes Grâces. Marie a joué un rôle important dans la vocation de Pierre Bienvenu Noailles et dans son travail de fondateur – il nous a invitées à l’honorer sous le vocable de Notre-Dame de Toutes Grâces. En un sens, c’est elle qui nous attire dans la Sainte-Famille et nous incite à vivre notre appel à être Famille avec foi et engagement dans la mission de Jésus, la mission de communion. Nous nous souvenons des paroles de Jésus : « écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique.» (Luc 11, 28) est pour nous, comme pour Marie, un signe de notre appartenance.
     (Rf. Circulaire n. 317)
     

  • MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA XLVIIIe JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES

    La communication au service d’une authentique culture de la rencontre
    [Dimanche 1er juin 2014]

    Chers frères et sœurs,
    Aujourd’hui nous vivons dans un monde qui devient de plus en plus « petit » et où il semblerait alors facile de se faire proches les uns des autres. Le développement des transports et des technologies de communication nous rapprochent, nous connectant toujours plus, et la mondialisation nous rend interdépendants. Cependant, au sein de l’humanité persistent des divisions, parfois très marquées. Au niveau mondial, nous voyons l’écart scandaleux entre le luxe des plus riches et la misère des plus pauvres. Souvent il suffit d’aller dans les rues d’une ville pour voir le contraste entre les personnes vivant sur les trottoirs et les lumières étincelantes des boutiques. Nous y sommes tellement habitués que cela ne nous frappe plus. Le monde souffre de nombreuses formes d’exclusion, de marginalisation et de pauvreté ; ainsi que de conflits où se mélangent les causes économiques, politiques, idéologiques et, malheureusement, même religieuses.
    Dans ce monde, les médias peuvent contribuer à nous faire sentir plus proches les uns des autres ; à nous faire percevoir un sens renouvelé de l’unité de la famille humaine, qui pousse à la solidarité et à l’engagement sérieux pour une vie plus digne. Bien communiquer nous aide à nous rapprocher et à mieux nous connaître les uns les autres, à être plus unis. Les murs qui nous divisent ne peuvent être surmontés que si nous sommes prêts à nous écouter et à apprendre les uns des autres. Nous avons besoin de régler les différences à travers des formes de dialogue qui nous permettent de grandir dans la compréhension et le respect. La culture de la rencontre exige que nous soyons disposés non seulement à donner, mais aussi à recevoir des autres. Les médias peuvent nous aider dans ce domaine, surtout aujourd’hui, alors que les réseaux de communication humaine ont atteint une évolution extraordinaire. En particulier, Internet peut offrir plus de possibilités de rencontre et de solidarité entre tous, et c’est une bonne chose, c’est un don de Dieu.
    Il y a cependant des aspects problématiques : la vitesse de l’information dépasse notre capacité de réflexion et de jugement et ne permet pas une expression de soi mesurée et correcte. La variété des opinions exprimées peut être perçue comme une richesse, mais il est également possible de s’enfermer dans une sphère d’informations qui correspondent seulement à nos attentes et à nos idées, ou même à des intérêts politiques et économiques déterminés. L’environnement communicatif peut nous aider à grandir ou, au contraire, à nous désorienter. Le désir de connexion numérique peut finir par nous isoler de notre prochain, de nos plus proches voisins. Sans oublier ceux qui, pour diverses raisons, n’ont pas accès aux médias sociaux, et risquent d’être exclus.
    Ces limites sont réelles, pourtant elles ne sauraient justifier un rejet des médias sociaux ; elles nous rappellent plutôt que la communication est, en définitive, une conquête plus humaine que technologique. Par conséquent, qu’est-ce qui nous aide dans l’environnement numérique à grandir en humanité et dans la compréhension mutuelle ? Par exemple, nous devons retrouver un certain sens de la lenteur et du calme. Ce qui demande du temps et la capacité de faire silence pour écouter. Nous avons également besoin d’être patients si nous voulons comprendre celui qui est différent de nous : la personne s’exprime pleinement non pas quand elle est simplement tolérée, mais lorsqu’elle se sait vraiment accueillie. Si nous désirons vraiment écouter les autres, alors nous apprendrons à regarder le monde avec des yeux différents, et à apprécier l’expérience humaine comme elle se manifeste dans différentes cultures et traditions. Mais nous saurons également mieux apprécier les grandes valeurs inspirées par le christianisme, comme la vision de l’homme en tant que personne, le mariage et la famille, la distinction entre la sphère religieuse et la sphère politique, les principes de solidarité et de subsidiarité et bien d’autres.
    Alors, comment la communication peut-elle être au service d’une authentique culture de la rencontre ? Et pour nous, les disciples du Seigneur, que signifie rencontrer une personne selon l’Évangile ? Comment est-il possible, malgré toutes nos limites et nos péchés, d’être vraiment proches les uns des autres ? Ces questions se résument à celle qu’un jour, un scribe c’est-à-dire un communicateur, posa à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » (Lc 10, 29). Cette question nous permet de comprendre la communication en termes de proximité. Nous pourrions la traduire ainsi : comment se manifeste la « proximité » dans l’utilisation des moyens de communication et dans le nouvel environnement créé par les technologies numériques ? Je trouve une réponse dans la parabole du bon Samaritain, qui est aussi une parabole du communicateur. Celui qui communique, en effet, se fait proche. Et le bon Samaritain non seulement se fait proche, mais il prend en charge cet homme qu’il voit à moitié mort sur le bord de la route. Jésus renverse la perspective : il ne s’agit pas de reconnaître l’autre comme mon semblable, mais de ma capacité de me faire semblable à l’autre. Communiquer signifie alors prendre conscience d’être humains, enfants de Dieu. J’aime définir ce pouvoir de la communication comme « proximité ».
    Lorsque la communication est destinée avant tout à pousser à la consommation ou à la manipulation des personnes, nous sommes confrontés à une agression violente comme celle subie par l’homme blessé par les brigands et abandonné au bord de la route, comme nous le lisons dans la parabole. En lui le lévite et le prêtre ne considèrent pas leur prochain, mais un étranger dont il valait mieux se tenir à distance. À ce moment, ce qui les conditionnait, c’étaient les règles de pureté rituelle. Aujourd’hui, nous courons le risque que certains médias nous conditionnent au point de nous faire ignorer notre véritable prochain.
    Il ne suffit pas de passer le long des « routes » numériques, c’est-à-dire simplement d’être connecté : il est nécessaire que la connexion s’accompagne d’une rencontre vraie. Nous ne pouvons pas vivre seuls, renfermés sur nous-mêmes. Nous avons besoin d’aimer et d’être aimés. Nous avons besoin de tendresse. Ce ne sont pas les stratégies de communication qui en garantissent la beauté, la bonté et la vérité. D’ailleurs le monde des médias ne peut être étranger au souci pour l’humanité, et il a vocation à exprimer la tendresse. Le réseau numérique peut être un lieu plein d’humanité, pas seulement un réseau de fils, mais de personnes humaines. La neutralité des médias n’est qu’apparente : seul celui qui communique en se mettant soi-même en jeu peut représenter un point de référence. L’implication personnelle est la racine même de la fiabilité d’un communicateur. Pour cette raison, le témoignage chrétien, grâce au réseau, peut atteindre les périphéries existentielles.

    Je le répète souvent : entre une Église accidentée qui sort dans la rue, et une Église malade d’autoréférentialité, je n’ai pas de doutes : je préfère la première. Et les routes sont celles du monde où les gens vivent, où l’on peut les rejoindre effectivement et affectivement. Parmi ces routes, il y a aussi les routes numériques, bondées d’humanité, souvent blessée : hommes et femmes qui cherchent un salut ou une espérance. Aussi grâce au réseau, le message chrétien peut voyager « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Ouvrir les portes des églises signifie aussi les ouvrir dans l’environnement numérique, soit pour que les gens entrent, quelles que soient les conditions de vie où ils se trouvent, soit pour que l’Évangile puisse franchir le seuil du temple et sortir à la rencontre de tous. Nous sommes appelés à témoigner d’une Église qui soit la maison de tous. Sommes-nous en mesure de communiquer le visage d’une telle Église ? La communication contribue à façonner la vocation missionnaire de l’Église tout entière, et les réseaux sociaux sont aujourd’hui l’un des endroits pour vivre cet appel à redécouvrir la beauté de la foi, la beauté de la rencontre avec le Christ. Même dans le contexte de la communication il faut une Église qui réussisse à apporter de la chaleur, à embraser le cœur.
    Le témoignage chrétien ne se réalise pas avec le bombardement de messages religieux, mais avec la volonté de se donner soi-même aux autres « à travers la disponibilité à s’impliquer avec patience et respect dans leurs questions et leurs doutes, sur le chemin de la recherche de la vérité et du sens de l’existence humaine. » (Benoît XVI, Message pour la 47ème Journée mondiale des communications sociales, 2013). Pensons à l’épisode des disciples d’Emmaüs. Il faut savoir entrer en dialogue avec les hommes et les femmes d’aujourd’hui, pour en comprendre les attentes, les doutes, les espoirs, et leur proposer l’Évangile, c’est-à-dire Jésus Christ, Dieu fait homme, mort et ressuscité pour nous libérer du péché et de la mort. Le défi nécessite profondeur, attention à la vie, sensibilité spirituelle. Dialoguer signifie être convaincu que l’autre a quelque chose de bon à dire, faire de la place à son point de vue, à ses propositions. Dialoguer ne signifie pas renoncer à ses propres idées et traditions, mais à la prétention qu’elles soient uniques et absolues.
    Que l’icône du bon Samaritain, qui soigne les blessures de l’homme blessé en y versant de l’huile et du vin, soit notre guide. Que notre communication soit une huile parfumée pour la douleur et le bon vin pour l’allégresse. Notre rayonnement ne provient pas de trucages ou d’effets spéciaux, mais de notre capacité de nous faire proche de toute personne blessée que nous rencontrons le long de la route, avec amour, avec tendresse. N’ayez pas peur de devenir les citoyens du territoire numérique. L’attention et la présence de l’Église sont importantes dans le monde de la communication, pour dialoguer avec l’homme d’aujourd’hui et l’amener à rencontrer le Christ : une Église qui accompagne le chemin, sait se mettre en marche avec tous. Dans ce contexte, la révolution des moyens de communication et de l’information est un grand et passionnant défi, qui requiert des énergies fraîches et une nouvelle imagination pour transmettre aux autres la beauté de Dieu.
    Du Vatican, le 24 janvier 2014, mémoire de Saint François de Sales
    FRANÇOIS

  • LE RÉSEAU N’EST PAS UN INSTRUMENT D’ÉVANGÉLISATION

     
    « Le réseau n’est pas un instrument d’évangélisation,
    c’est une ambiance pour y habiter »
    Interview de la revue « Vida Nueva » au Père Antonio SPADARO, SJ
    Prêtre jésuite, blogger, écrivai    n, twitier, professeur, consultant de deux Conseils Pontificaux… Il est encore connu par sa condition de directeur de la Civiltà Cattolica… Mais cependant, l’une des plus grandes contributions de ce studieux est ce que l’on appelle la ciberthéologie, définie par lui-même comme « penser la foi en temps du Réseau ». Sur ce thème, il vient de publier un livre en espagnol et a parlé le 5 avril dernier au cours du « 1er Congrès et Mission », où il a lancé des affirmations qui provoquent la réflexion : « Le réseau n’est pas un instrument ‘évangélisation » ; « c’est inutile de faire des profils de Facebook avec des photos de petits anges » ou « la logique de la chaire ne marche plus ».
    Quel est le rôle de l’Église dans le Réseau ?
    l’Évangile concerne l’homme actuel, de telle façon que l’Église est appelée à être là où il habite. Aujourd’hui l’homme est aussi dans le réseau et l’Église est donc appelée à habiter ans lr réseau, non pas parce qu’il faut se metre nà jour, mais parce qu’elle doit se rendre présente là où sont les hommes.
    Il ne s’agit donc pas d’un instrument d’évangélisation, mais d’une ambiance…
    C’est une idée qui émerge maintenant. Il suffit de lire le dernier message du Pape Benoît XVI à l’occasion de la Journée Mondiale des Communications Sociales : l’Église n’utilise plus le mot ‘instrument’, mais ‘ambiance’. Le réseau n’est plus simplement un instrument, c’est une ambiance où nous créons des rapports et nous connaissons. C’est pourquoi, nous sommes aussi appelés à vivre en Internet.
    Y a-t-il des résistances dans l’Église ?
    Il y en a, car on perçoit Internet comme la radio ou la télévision. J’ai constaté que même chez des évêques il y a d’abord des résistances qui se transforment ensuite en enthousiasme. Promouvoir cette manière de comprendre le réseau est un défi intéressant et passionnant, parce que nous ne parlons pas d’utiliser un instrument ; nous, parlons d’incarner la vie chrétienne dans une nouvelle ambiance.
    On peut objecter que l’Église s’expose un peu trop en étant sur le Réseau
    L’Église doit être sur le réseau parce que les hommes sont là. Je peux comprendre l’objection : elle s’expose trop, mais il vaut mieux toujours garder une présence à travers laquelle on puisse contrôler l’opinion des autres, que de ne pas l’avoir.
    Encore une thèse que vous soutenez est que le Réseau doit susciter des questions plutôt que d’offrir des réponses.
    C’est encore un grand défi. Pour le moment, il n’y a que des réponses ; par exemple, la publicité est une réponse à des questions que parfois nous n’avons pas même formulées. Et l’évangélisation a cédé aussi à cette logique, car nous sommes habitués à considérer l’Évangile comme une réponse à toutes les questions des hommes ; une logique qui transforme le message évangélique en une réponse comme tant d’autres. Aujourd’hui, le grand défi est de montrer à l’homme de quelle façon l’Évangile contient les grandes questions qui le concernent. Ceci peut permettre de rencontrer le Christ.
    Est-ce qu’il existe le danger de tomber en une espèce de marketing ecclésial ?
    C’est un risque. C’est pourquoi j’insiste en ce qu’il ne faut seulement pas donner des réponses, mais aussi susciter des questions. Il faut éviter la logique de la publicité, d’essayer de vendre le meilleur produit.
    Même dans le continent digital il y a des exclus, n’est-ce pas ?
    Ces derniers temps a grandi la conscience de ce que le Réseau doit être reconnu comme un droit, par exemple, pour accéder à l’information. L’accès à Internet est fondamental et pour cela même on met en marche des projets pour que dans les endroits sans recours l’on puisse compter sur une technologie appropriée. Dans ce sens, je tiens encore à dire qu’il est très important que la communication soit l’écho des besoins des plus pauvres. Ceux qui ont les moyens ont la responsabilité éthique de donner la voix à ceux qui n’en ont pas.
    Est-ce que le Pape est un modèle de communication ?
    C’est vraiment remarquable qu’une personne de 77 ans et sans expérience technologique, puisse communiquer de manière adéquate avec le monde actuel. De fait, il s’agit d’un Pape facilement twitable et qui a de très bons rapports avec les moyens de communication car il fait que son message parvienne très facilement. Ceci qui est surprenant découle de sa capacité pastorale et de ses rapports avec les gens.
    (Source : Revue VN. Nº 2890 – avril 2014)

  • LE RÊVE D’UN ASSOCIÉ

     

    C’était une soirée d’hiver comme tant d’autres; le temps était plutôt sombre, je n’avais pas d’engagements et je me suis allongé un moment sur le sofa, pour une détente d’un quart d’heure. Au bout de quelques minutes, le sommeil m’a envahi et je me suis retrouvé dans une menuiserie… S’agitait-il vraiment d’un rêve ? Je n’étais pas habillé comme je le suis d’habitude, mais je portais des vêtements comme si j’étais un citoyen de la Palestine d’il y a 2.000 ans.
    Tout d’un coup, un personnage que je connaissais apparaît : c’est Saint Joseph. Je ne parvenais pas à comprendre ce qui m’arrivait. Il posa par terre ses outils de travail, s’approcha de moi et se mit à me parler en toute confiance de ce qu’il avait souffert lorsqu’il se rendit compte que Marie attendait un enfant et que cet enfant n’était pas à lui. Non, il ne doutait pas de sa fiancée, mais il était vraiment confus. â ce moment-là, je perçus ses limites, sa nature humaine, l’effort immense qu’il avait dû faire pour comprendre un si grand mystère. Et ces limites m’ont aidé à me trouver très près de lui, de sa manière d’être et de penser.
    Un ange était lors apparu lui disant qu’il devait accepter le Fils de Dieu. Lui, l’humble charpentier, devait ‘administrer’ le salut du monde, dans la simplicité de la vie de chaque jour.
    Il m’a dit aussi qu’il se sentait près de moi, de mes inquiétudes, de ma crainte de ne pas arriver à payer les impôts et de maintenir le foyer, de la souffrance qui accompagne le travail et la relation familiale… de bien d’autres choses encore. Me regardant dans les yeux, il m’a ensuite conseillé de toujours communiquer à Marie – qui, par le meilleur des hasards, s’appelle comme son épouse – tous mes problèmes et, avec elle, de tout mettre entre les mains du Père.
    Avec beaucoup d’assurance dans sa voix, il m’a conseillé de vivre toujours dans la joie, tout en pensant à la souffrance qu’ils avaient vécu à Nazareth, car ils avaient appris à être heureux avec les petites choses qu’une famille pauvre peut s’accorder, en faisant de la volonté du Père toute sa richesse.
    Lorsque je me suis réveillé, j’ai perçu clairement l’exhortation que le Fondateur m’a faite lors de mon entrée dans la Sainte Famille de Bordeaux quand je me suis mis entre les mains de Jésus, Marie et Joseph : « … de sentir la force de la Famille, l’union dans la prière et dans l’action, d’étendre la foi par l’exemple… »
    À ce moment-là, lorsque quelqu’un m’a dit : « … il faudra que tu sois comme Saint Joseph… », j’ai été consterné, mais aujourd’hui, je suis dans la joie, depuis 20 ans j’aspire à devenir comme lui, en essayant de pratiquer les vertus dont il nous a donné l’exemple avec humilité : mon espoir est que la lumière divine éclaire toujours mes pas en les adressant ers l’essentiel, sobrement, humblement, et toujours au service des frères et soeurs qui en auront besoin.
    Enzo
    Associé laïc de la Sainte-Famille de Bordeaux. italie
     

  • CHRIST EST RESSUSCITÉ

     

    Le sens  biblique de la Résurrection n’est pas seulement un simple retour à la vie, ni la réanimation d’un corps mort. Ce n’est pas non plus la continuation de l’existence d’une âme immortelle.  La résurrection est une nouvelle vie au-delà du temps et de l’espace, mais qui se vit  comme « personne », comme  nous le voyons en Jésus. C’est aussi le symbole de la transformation des disciples qui expérimentent  une nouvelle vie qui jaillit de la présence de Dieu dans le Christ Ressuscité.  Paul, de persécuteur se convertit en apôtre ; les disciples se transforment en hommes et femmes imprégnés de l’Esprit de Jésus et disposés à partager son message  et sa mission.
    Jésus vit les prémices d’une résurrection promise à tous ceux qui lui appartiennent. La vie nouvelle est, dès maintenant, une réalité pour les croyants. Comme le dit St Paul dans la Première lettre aux Corinthiens, chapitre 15, versets 12 à19), il y aune relation directe entre la résurrection de Jésus et notre résurrection.
    Dans un Univers qui émerge, la résurrection de Jésus est la présence de Dieu qui se déploie à l’intérieur de Jésus et lui transmet une nouvelle profondeur de vie avec Dieu. La résurrection c’est l’amour extravagant de Dieu qui transforme non seulement la personne individuelle de Jésus de Nazareth  mais aussi la  nôtre  avec une profondeur de conscience plus grande. La résurrection est la présence de Dieu qui se déploie individuellement dans chaque personne et c’est aussi  une nouvelle relation intérieure avec Dieu.
    La résurrection est un symbole révélateur dans le sens que nous expérimentons une nouvelle dimension de la présence de Dieu en nous. La résurrection est aussi rédemptrice  dans la mesure où nous expérimentons une nouvelle profondeur de vie qui se manifeste  dans la réconciliation, la guérison et la libération de toute la communauté terrestre. La résurrection produit un réseau de relations profondes, aimant davantage tendrement toute la communauté humaine, parce que nous retournons à la vie et entrons dans sa plénitude.
    (Cletus Wessels  –  “Jesus in  the  new universe story” –  p.109)
     
     

  • PASSAGES DU MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA XXIXe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 2014

     
    « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3)

    Bien chers jeunes,
    L’extraordinaire rencontre que nous avons vécue à Rio de Janeiro, lors de la XXVIIIème  Journée Mondiale de la Jeunesse, est encore imprimée dans ma mémoire : une grande fête de la foi et de la fraternité !… Au bord de la mer, Jésus a renouvelé son appel pour que chacun de nous devienne son disciple-missionnaire, qu’il le découvre comme le trésor le plus précieux de sa vie et partage cette richesse avec les autres, proches et lointains, jusqu’aux extrêmes périphéries géographiques et existentielles de notre temps.
    Pour rythmer notre marche, j’aimerais, durant les trois années qui viennent, réfléchir avec vous sur les Béatitudes évangéliques que nous pouvons lire dans l’Évangile selon saint Matthieu (5, 1-12). Cette année nous commencerons par méditer la première : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3).
     
    1. La force révolutionnaire des Béatitudes
    … Cela fait toujours du bien de lire et de méditer les Béatitudes ! Jésus les a proclamées au cours de sa première grande prédication, au bord du lac de Galilée. Il y avait une grande foule et il est monté sur la colline, pour instruire ses disciples, c’est pourquoi cette prédication est appelée “le discours sur la montagne”. Dans la Bible, la montagne est perçue comme le lieu où Dieu se révèle, et Jésus en prêchant sur la colline se présente comme le maître divin, comme le nouveau Moïse. Et que révèle-t-il ? Jésus révèle le chemin de la vie, ce chemin qu’il parcourt lui-même, plus encore, qu’il est lui-même, et il le propose comme le chemin du vrai bonheur. Pendant toute sa vie, de sa naissance dans la grotte de Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection, Jésus a incarné les Béatitudes. Toutes les promesses du Royaume de Dieu se sont accomplies en lui.
     
    En proclamant les Béatitudes Jésus nous invite à le suivre, à parcourir avec lui la voie de l’amour, la seule qui conduise à la vie éternelle. Ce n’est pas une route facile, mais le Seigneur nous assure de sa grâce et il ne nous laisse jamais seuls. La pauvreté, les afflictions, les humiliations, les luttes pour la justice, les fatigues de la conversion quotidienne, les combats pour vivre l’appel à la sainteté, les persécutions et bien d’autres défis sont présents dans notre vie. Mais si nous ouvrons la porte au Christ, si nous le laissons entrer dans notre histoire, si nous partageons avec lui nos joies et nos souffrances, nous ferons l’expérience d’une paix et d’une joie que seul Dieu, amour infini, peut nous donner.
     
    Les Béatitudes de Jésus sont porteuses d’une nouveauté révolutionnaire, d’un modèle de bonheur contraire à celui qui nous est communiqué habituellement par les médias, par la pensée dominante. Pour la mentalité du monde, c’est un scandale que Dieu soit venu se faire l’un d’entre nous, qu’il soit mort sur une croix ! Dans cette logique mondaine, ceux que Jésus proclame bienheureux sont considérés comme “perdants”, faibles. Au contraire le succès à tout prix, le bien être, l’arrogance du pouvoir, l’affirmation de soi au dépens des autres, sont exaltés.
    Jésus nous interpelle, chers jeunes, pour que nous répondions à son offre de vie, pour que nous décidions quelle voie nous voulons parcourir pour arriver à la vraie joie. Il s’agit d’un grand défi pour la foi… Si vous aussi savez dire “oui” à Jésus, votre vie de jeune se remplira de sens, et ainsi, elle sera féconde.
    2. Le courage du bonheur
    Mais que signifie au juste le mot “bienheureux” (en grec makarioi) ? Cela veut dire vraiment heureux. Alors, dites-moi : aspirez-vous vraiment au bonheur ? À une époque où l’on est attiré par tant d’apparences de bonheurs, on risque de se contenter de peu, ou d’avoir une idée de la vie “en miniature”. Au contraire, aspirez à de grandes choses ! Élargissez vos cœurs !
     
    Si vraiment vous laissez émerger les aspirations les plus profondes de votre cœur, vous vous rendrez compte qu’il y a une soif inextinguible de bonheur en vous, et c’est cela qui vous permettra de distinguer et de refuser les nombreuses offres “à bon prix” que vous rencontrez autour de vous. Quand nous recherchons le succès, le plaisir, la possession égoïste et que nous en faisons des idoles, nous pouvons, certes, expérimenter des moments d’ivresse, une fausse impression de satisfaction ; mais à la fin nous devenons esclaves, nous ne sommes jamais satisfaits, nous sommes poussés à vouloir toujours plus. Et c’est vraiment triste de voir une jeunesse “repue”, mais molle.
     
    Saint Jean écrivait aux jeunes en leur disant : « vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous et vous avez vaincu le Mauvais » (1 Jn 2, 14). Les jeunes qui choisissent le Christ sont forts, ils se nourrissent de sa Parole et ils ne “se goinfrent” pas d’autres choses ! Ayez le courage d’aller à contre-courant. Ayez le courage du vrai bonheur ! Dites non à la culture du provisoire, de la superficialité et du rejet, qui ne vous estime pas capables d’assumer des responsabilités et d’affronter les grands défis de la vie !
    3. Heureux les pauvres de cœur…
    Essayons d’abord de comprendre ce que signifie “pauvres de cœur”. Quand le Fils de Dieu s’est fait homme, il a choisi la voie de la pauvreté, du dépouillement Jésus est Dieu qui se dépouille de sa gloire. Nous voyons ici le choix de la pauvreté de Dieu : de riche qu’il était, il s’est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté… dans son Incarnation Jésus se présente comme un mendiant, un nécessiteux en quête d’amour. Le Catéchisme de l’Église Catholique parle de l’homme comme d’un “mendiant de Dieu” (n. 2559) et il nous dit que la prière est la rencontre de la soif de Dieu avec notre soif (n. 2560).
    Vous pourrez donc me demander : comme pouvons-nous concrètement  transformer cette pauvreté de cœur en un style de vie qui influence réellement notre existence ? Je vous réponds en trois points.
    Essayez avant tout d’être libres en face des choses. Le Seigneur nous appelle à un style de vie évangélique caractérisé par la sobriété, à ne pas céder à la culture de la consommation. Il faut rechercher ce qui est essentiel, apprendre à se dépouiller des mille choses superflues et inutiles qui nous étouffent. Détachons-nous du désir de posséder ; ne faisons pas de l’argent une idole, pour ensuite le gaspiller. Mettons Jésus à la première place. Lui peut nous libérer de l’idolâtrie qui nous rend esclaves. Chers jeunes, ayez confiance en Dieu ! Il nous connaît, il nous aime et ne nous oublie jamais. De même qu’il prend soin du lys des champs (cf. Mt 6, 28), il ne nous laissera manquer de rien ! Pour vaincre la crise économique, il faut aussi être prêt à changer de style de vie, et à éviter les nombreux gaspillages. De même qu’il est nécessaire d’avoir le courage du bonheur, il faut avoir aussi le courage de la sobriété.
    Deuxièmement, pour vivre cette Béatitude nous avons tous besoin d’une conversion en ce qui concerne les pauvres. Nous devons prendre soin d’eux, être sensibles envers leurs nécessités spirituelles et matérielles. À vous les jeunes, je confie d’une façon particulière la tâche de remettre la solidarité au centre de la culture humaine. Face aux anciennes et aux nouvelles formes de pauvreté – le chômage, l’émigration, les dépendances en tout genre –, nous avons le devoir d’être attentifs et vigilants, et de vaincre la tentation de l’indifférence. Pensons aussi à ceux qui ne se sentent pas aimés, qui n’ont pas d’espoir pour l’avenir, qui renoncent à s’engager dans la vie parce qu’ils sont découragés, déçus, craintifs. Nous devons apprendre à rester avec les pauvres. N’ayons pas la bouche pleine de belles paroles sur les pauvres ! Rencontrons-les, regardons-les dans les yeux, écoutons-les. Les pauvres sont pour nous une occasion concrète de rencontrer le Christ lui-même, de toucher sa chair souffrante.
    Mais – et voici le troisième point – les pauvres ne sont pas seulement des personnes à qui nous pouvons donner quelque chose. Eux aussi ont beaucoup à nous offrir et à nous apprendre. Nous avons tant à apprendre de la sagesse des pauvres !.. D’une certaine façon, les pauvres sont comme des maîtres pour nous. Ils nous montrent qu’une personne ne vaut pas tant par ce qu’elle possède ou par ce qu’elle a sur son compte en banque. Un pauvre, une personne privée de biens matériels, conserve toujours sa dignité.
    4. … parce que le Royaume des Cieux est à eux
    Le thème central de l’Évangile de Jésus est le Royaume de Dieu. Jésus est le Royaume de Dieu en personne, il est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. C’est dans le cœur de l’homme que s’installe le Royaume de Dieu et que son règne avance. Le Royaume est à la fois un don et une promesse. Il nous est déjà donné en Jésus, mais il doit encore s’accomplir en plénitude. C’est pourquoi nous prions le Père chaque jour : « Que ton règne vienne ».
    Le Seigneur désire une Église pauvre et qui évangélise les pauvres. Quand il envoya les Douze en mission, Jésus leur dit : « Ne vous procurez ni or, ni argent, ni menue monnaie pour vos ceintures, ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton : car l’ouvrier mérite sa nourriture » (Mt 10, 9-10). La pauvreté évangélique est la condition fondamentale pour que le Royaume de Dieu s’étende. Les joies les plus belles et spontanées que j’ai vues au cours de ma vie sont celles de personnes pauvres et qui ont peu de choses à quoi tenir. L’évangélisation de notre temps sera possible seulement à travers la contagion de la joie.
    Comme nous l’avons vu, la Béatitude des pauvres de cœur oriente notre rapport avec Dieu, avec les biens matériels et avec les pauvres. Face à l’exemple et aux paroles de Jésus, nous sentons combien notre conversion est nécessaire, afin que la logique de l’être plus l’emporte sur celle de l’avoir plus ! Les saints peuvent vraiment nous aider à comprendre le sens profond des Béatitudes. La canonisation de Jean-Paul II le deuxième dimanche de Pâques, est en ce sens un événement qui remplit notre cœur de joie. Ce sera lui le grand patron des JMJ, dont il a été l’initiateur et le leader. Et il restera pour vous tous, dans la communion des saints, un père et un ami.
    Chers jeunes, le Magnificat, le cantique de Marie, pauvre de cœur, est aussi le chant de quiconque vit les Béatitudes. La joie de l’Évangile jaillit d’un cœur pauvre, qui sait exulter et s’émerveiller pour les œuvres de Dieu, comme le cœur de la Vierge, que toutes les générations appellent “bienheureuse” (cf. Lc 1, 48). Mère des pauvres, Étoile de la nouvelle évangélisation, qu’Elle nous aide à vivre l’Évangile, à incarner les Béatitudes dans notre vie, et à avoir le courage du bonheur.
    Du Vatican, le 21 janvier 2014, mémoire de sainte Agnès, vierge et martyre.
    FRANCISCO
     
     

  • SYRIE – AIDE AU QUARTIER DE BOUSTAN DE QUASER

     
    UNHCR – Haut Commissariat des Nations -Unies  pour les Réfugiés.
    Je vous écris pour vous dire que nous avons reçu votre aide. Nous sommes vraiment très reconnaissants ! Vous savez combien ces ressources sont précieuses pour notre travail en cette période tellement difficile  à cause des nombreuses crises humanitaires auxquelles nous devons faire face  et le peu de fonds disponibles dont nous disposons.
    Je profite de cette occasion pour partager avec vous  un événement qui nous a procuré beaucoup de joie : hier, (le 9 avril)  pour la première fois depuis l’été 2013, nos collègues ont pu pénétrer dans le quartier de Boustan de Qaser, à l’est d’Alep,  en état de siège  depuis ces années.
    Les marchandises furent transportées à cette communauté à l’aide de 54  camions à remorque  et de 75  travailleurs ; il a fallu effectuer 270 voyages  pour les entreposer  dans un magasin  de la Croix Rouge Syrienne  afin de les distribuer à la population en grande nécessité  dès que possible.
    Le personnel de l’UNHCR a découvert une situation humanitaire horrible, avec  un manque grave d’aliments, d’eau, de médicaments et de produits de base … Si nous pouvons  joindre des lieux comme ceux-ci c’est aussi grâce à votre aide !
    Un grand Merci !
    Giovanna Li Perni

  • TRAITE DES PERSONNES

     
    Pour fêter le 5ème anniversaire de la fondation du Service contre la Traite des Personnes une Conférence a eu lieu au Centre du Bon Pasteur. Le but principal de cette rencontre était de nous mettre au courant sur cette réalité et de  planifier la route à suivre. La Conférence a permis aux participants de partager sur ce qui a été fait dans la lutte contre la traite des personnes.
    La traite des personnes est considérée comme la troisième affaire la plus lucrative du monde, l’Afrique subsaharienne comme la région qui compte le plus grand nombre de victimes de ce fléau dans  la société actuelle et l’Afrique du Sud la principale destination parmi les pays de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe)[i]. Ces personnes sont utilisées pour la prostitution, le service domestique, le travail agricole et autres. Les femmes et les enfants, surtout, servent à des fins à caractère sexuel. Des victimes de l’Asie orientale se trouvent maintenant en Afrique du Sud. Les participants à la Conférence ont dit que souvent les plus pauvres vendent leurs enfants aux trafiquants parce qu’ils croient qu’ils seront élevés et soignés.
    La Conférence a inclus la campagne des « ROUTIERS CONTRE LA TRAITE DES PERSONNES ». Un énorme camion ainsi que son chauffeur ont été bénis pendant la cérémonie. Les camionneurs peuvent jouer un rôle important dans la campagne de sauvegarde des éventuelles victimes et dans la  dénonciation des délinquants.
    Le rôle de l’Église est  de porter une assistance pastorale aux chauffeurs des camions qui affrontent de longs et dangereux voyages. Notre Église doit être considérée comme Église en mouvement avec les camionneurs.
    Sr. Rob Riedlinger de Mariannhill avec un journaliste et les 15 unités de la Police, à la frontière du Cap du Nord sont très appréciés comme une source de force dans notre lutte contre la traite des personnes. Des représentants de différents pays africains, du cabinet du procureur, du Réseau National de la Liberté et de l’Ambassade des EE.UU. et d’autres services sont fondamentaux pour une réussite dans la lutte contre ce mal de notre temps.    
    Sr. Melanie O’Connor.
     
    UN LIVRE  REVU PAR Mary  DOYLE
    Lorsque Mélanie m’a demandé si je voulais lire son livre et en faire un commentaire, je dois avouer que j’étais un peu réticente. Parfois, je ne peux  pas faire face aux choses horribles que font des êtres humains, mais je ne pouvais pas refuser. À présent,  je suis contente de sa proposition.
    L’ÉGLISE ET LE TRAFIC HUMAIN.
    Ce livre fait partie d’une série, mais il est bien plus que cela ! Mélanie a écrit avec une grande sincérité de sa lutte comme leader de la campagne de la SACBC (Conférence Épiscopale d’Afrique du Sud) contre la traite des personnes.
    La traite des personnes est « une affaire lucrative et cachée, parfaitement organisée et dont les tentacules arrivent jusque  dans les coins les plus reculés  du monde ».
    À travers des histoires de la vie réelle, Mélanie nous fait prendre conscience de ce que cela implique. Elle nous montre la situation difficile d’un nombre incalculable de personnes, qui ont été  apparemment recrutées, contraintes  ou séquestrées, et retenues contre leur volonté en des conditions d’esclavage et d’exploitation.
    Elle décrit et analyse les éléments qui jouent dans la société pour provoquer ce commerce atroce. Elle suggère des actions ultérieures à tous les niveaux de la société et de l’Église.
    Un regard rapide  au contenu, au résumé de ses nombreuses notes, et ce livre vous donne une exposition ample et profonde de ce qu’est, au fond, ce trafic.  
    Pour moi, le cœur et le noyau du live c’est l’appel que nous lance Mélanie. « S’engager dans   la réalité du trafic des personnes, oblige à suivre Jésus dans les recoins les plus sombres de la terre pour racheter ses enfants perdus et dispersés. Il nous faut devenir conscients de cela pour collaborer avec Celui dont l’immense Amour pour les pauvres est plus fort que le mal où ils ont été entrainés  ».
    À mon avis, ce livre mérite une place définitive dans  les listes des lectures obligatoires pour  les prêtres, les religieux et religieuses et pour tous les chrétiens engagés.
    J’aimerais qu’il  reçoive un prix que je pourrais nommer ainsi : « Bon travail, Mélanie ! »
     
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    [1]  La Communauté de Développement de l’Afrique Australe (en anglais Southern African Development Community, SADC) appelée auparavant Comité  pour le développement de l’Afrique Australe, est un organisme international créé en 1979, au cours d’une conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de plusieurs pays d’Afrique, à Arusha (Tanzanie). Le traité en vigueur a été signé le 17 août 1992.
    Actuellement, il intègre :  Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Îles Maurice, Mozambique, Namibie, République Démocratique du Congo, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Zambie,et Zimbawe ; le siège officiel est à Gaborone, Botswana.

     

     
     

  • Jour International de l’eau – 22 mars

     

    L’eau pour la vie et la joie
    Barrage de Mokolo qui recueille l’eau des montagnes.
    Nous sommes insérés dans deux réalités :
    Celle du sud du Cameroun qui connait 2 saisons  pluvieuses par an ;
     Celle du Nord Cameroun et le Tchad qui connaissent une saison pluvieuse qui va de juin à Septembre  avec quelques rares pluies en Octobre et Novembre.
    La saison de pluies est attendue avec impatience car elle permet aux populations de cultiver, de mieux s’occuper  de leur bétail, et c’est la période où tout vit et respire ;
    La saison sèche au nord du Cameroun et au Tchad laisse voir tout sec, les bétails manquent du pâturage, les familles qui vivent dans les villages où il n’y a pas l’eau de la SNEC (Société  Nationale des Eaux du Cameroun) doivent aller très loin pour chercher de l’eau. L’eau devient donc un bien précieux et source d’interrogations. Pendant cette période, les puits, les forages, les lieux de vente de l’eau sont envahis et il faut attendre longtemps pour que notre tour arrive de puiser  ou d’acheter l’eau. Beaucoup de gens souffrent  par manque d’eau. Surtout ceux qui vivent dans les zones rurales. Ils doivent effectuer un voyage pour  acheter de l’eau, car il est même difficile de trouver la nappe d’eau pour creuser soit un puits, soit un forage.
    Dans les centres urbains, il peut aussi arriver qu’il y ait coupure d’eau pendant plusieurs jours ; les gens doivent aller dans les quartiers voisins pour y acheter de l’eau.
    Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, l’eau  c’est la vie : elle fait vivre, elle réunit les gens, elle fait poser des interrogations afin de pouvoir trouver l’issu pour la saison sèche pour le Tchad et le Nord du Cameroun. Elle est expression d’accueil et signe d’amitié. Elle est symbole de pureté et d’innocence mais aussi elle est un lieu qui abrite les mauvais esprits.
    « L’eau, c’est toi qui fait vivre mon peuple ;
    Sans toi, rien ne peut se faire…
    Ni la cuisine, ni la lessive, ni rien d’autres.
    C’est aussi toi qui fais vivre nos bétails
    Par la verdure qui couvre notre sol,
    Produisant ainsi  la nourriture pour humains, animaux, oiseaux…
     
    C’est toi qui remplis nos rivières qui nous fournissent poissons…
    Notre sœur eau, quand tu te retires, nous avons le beau sable pour embellir nos maisons, nos terrains…
    Tu es ce que nous avons de meilleur,
    Car c’est toi que nous offrons à nos hôtes de leur arrivée,
    Tu nous permets d’accueillir et d’ouvrir nos maisons aux passants
    L’inconnu devient ami quand il s’arrête pour demander à boire ;
     
    Quelques fois, tu nous mets dans des situations du désespoir :
    Quand tu provoques les inondations qui nous  dépossèdent de tout,
    Quand tu fais tomber nos maisons par ton excès ;
    Quand tu dévastes nos cultures… oh ne sois pas aussi cruelle notre chère eau.
     
    Oh l’eau, source de vie, source de joie
    Toi qui es notre compagne de marche
    Fais-toi trouver
    Fais-toi visible
    Fais-toi calme, douce, et aimable !