Auteur/autrice : AdminWp

  • La mission, le prophetisme et les jeunes

    Tel était le thème de l’Assemblée Régionale de la Conférence des Religieux du Brésil qui a eu lieu à São Paulo le 8 Août 2015.
    Carmem Lucia, une laïque, a abordé le sujet. En tant que laïque, elle nous a donné un point de vue extérieur par rapport à la vie religieuse. Carmen est enseignante de sociologie. Elle a commencé par dire que la vocation est un choix, une décision, et qu’il n’y a pas de prophétisme sans mysticisme ni mysticisme sans prophétisme.
    Prenant l’encyclique (Laudato si), du Pape François « Sur le soin de notre maison commune», elle a souligné que la mission est la tâche de tout le monde et non seulement l’affaire de quelques personnes ou d’un groupe spécifique. Toutes les religieuses doivent former un groupe avec un plan d’action pour la Pastorale des Vocations. Elles doivent repenser la vie de la communauté ainsi que la formation. Les jeunes sont à la recherche de quelque chose qui peut donner un sens à leur vie.
    Avant de continuer son discours, Carmen nous a montré une vidéo sur la situation socio-politique et économique. De cette manière elle a aidé l’assemblée à comprendre les différences entre les classes sociales où la richesse est centralisée entre les mains de quelques-uns tandis que la grande majorité de la population n’a rien. Les jeunes gens appartiennent à la deuxième catégorie.
    Nous devons identifier les «frontières» où la Vie Religieuse est appelée à rendre un service de transformation. Très souvent, la pastorale des vocations est plus préoccupée de trouver des vocations pour un Institut que de coopérer à la transformation de la société. La transformation nous oblige à aller de l’avant, à sortir vers les marginalisés de la société où se trouvent les jeunes. Cela suppose que nous perdions notre peur des jeunes et « laissions l’unité de thérapie intensive ».
    Comment pouvons-nous être proches des jeunes? En utilisant nos idées préconçues et nos mentalités structurées ? Ou bien en regardant les choses du point de vue des jeunes et de leurs besoins ? Est-ce que notre travail pour les vocations vise à la transformation de la société ou seulement à la recherche de vocations afin de maintenir nos institutions ? Est-ce que nous voyons les jeunes à la lumière de ce qu’en disent les medias ou à la lumière de l’Evangile ? Il y a des opinions qui ne changent jamais. Où avons-nous entendu des choses semblables ?
    « Les adolescents d’aujourd’hui aiment le luxe. Ils sont mal éduqués, n’ont aucun respect pour l’autorité et passent leur temps dans les rues. Ils offensent souvent leurs parents et monopolisent la conversation quand ils sont avec les personnes âgées. Ils engloutissent leur nourriture et tyrannisent leurs enseignants. » (Socrate, 500 avant J.-C.)
    « Je ne vois pas d’espoir pour notre peuple si nous dépendons des jeunes frivoles d’aujourd’hui et tous les jeunes d’aujourd’hui sont certainement frivoles … Quand j’étais enfant, on nous apprenait à être calme et à respecter nos aînés. Mais les jeunes d’aujourd’hui savent tout et ne tolèrent pas des contraintes. » (Hésiode, 800 avant J.-C.)
    Augmenter le nombre des vocations est un processus lent, qui prend de trois à cinq ans. Il exige la continuité et l’accompagnement des jeunes. Nous avons besoin de connaître le monde dans lequel nous vivons et comment nous pouvons être au service de ce monde. Nous devons revoir nos structures. Voilà ce que Jésus a fait.
    Nous vivons dans un monde « adulte-centrique ». Parfois nous avons peur des questions des jeunes parce que quand ils posent des questions, ils veulent savoir ce qui est mieux pour eux-mêmes. Si nous voulons transformer et former les jeunes, nous devons changer notre état d’esprit, sortir de nos cadres, voir les choses de leur point de vue, surmonter la peur et les idées préconçues et avoir un plan d’action.
    Sr. Vanda, Réseau Latino-Américain

  • Joyeux anniversaire!

    « Les choses extérieures exercent une grande influence sur nos sens extérieurs. » (P.B.Noailles, 25 Janvier 1837)
     
    Un jardin
    Aire de rencontre de la créature et de son Dieu,
    Espace où s’entremêlent la nature et la main de l’homme
    Pour devenir beauté, harmonie, fraîcheur.
     
     
    Atmosphère qui s’ouvre
    à l’espace de silence,
    au murmure de vent,
     à l’éclat de la musique,
     à la prière.
     
    Célébration de rythme des jours et des saisons,
               De l’ombre et de la lumière.
              En harmonie avec tes racines,
              Avec la terre,
              l’air et la lumière,
              Crée cet espace,
                                                             
    Ce jardin dans ton travail,
    ans ta ville,
    dans ton cœur.
     
    Ton regard demeurera attentif,
    Ton souffle respirera le large,
    Ton cœur rythmera l’infini….
    Et tu percevras Dieu qui se promène
    Même s’il demeure caché.

  • UNE FAMILLE EN MISSION

    ETANT CONVAINCUES QUE LA COMMUNION EST POSSIBLE
    Nous avons organisé une série de rencontres de la Famille Spirituelle de Pierre Bienvenu Noailles dans notre Maison Généralice à Rome, du 18 au 26 Septembre.
    Le Conseil de la Famille, 18-21 Septembre
    La Leadership de l’Association de la Sainte Famille de Bordeaux réside dans le Conseil de la Famille. Il garantit l’unité d’esprit de la Famille et est le seul organisme qui peut parler et décider pour l’ensemble de la Famille. Il est composé de trois Conseils Générales de la Vie Consacrée (Apostolique, Contemplative et  Laïque), le Comité Intercontinentale des Associés Laïcs et une Représentation des Prêtres Associés. Le Conseil se réunit pour examiner les questions liées à la Famille, à maintenir et renforcer notre charisme et de promouvoir la communion parmi les diverses vocations afin que nous puissions continuer à offrir notre don au monde de manière renouvelée. Il rend compte de l’état de chaque vocation et tente d’évaluer sa vie et son influence. Il favorise réunions à différents niveaux, en encourageant les initiatives conjointes pour la mission commune.
    Le propos principal de la réunion de cette année a été de:
    Examiner l’impact du 4e Congrès de la Famille qui a eu lieu en 2012, et de voir comment l’orientation émanant du Congrès pourrait être renforcée et rendue plus concrète
    Avancer dans la compréhension de notre identité en tant que Famille
    Réfléchir sur la façon de célébrer le bicentenaire de l’Association de la Sainte Famille en 2020
    Regarder le progrès de la cause de béatification de notre Fondateur
    Les Trois Conseils de Vie Consacrée, 23-24 septembre
    Dans la Sainte Famille, nous sommes bénis d’avoir les trois formes de vie consacrée dans l’Église – Apostolique, Contemplative et Laïque. Il y a des éléments communs à tous les états de vie consacrée ; tels que les vœux. Il existe des moyens spécifiques de vivre ces éléments dans les différentes formes de vie consacrée.
    Pour les femmes consacrées de la Sainte Famille  il y a aussi l’appel à vivre cette vie comme membres d’une même famille spirituelle, en communion avec l’autre et avec les autres vocations.
    Le Conseil de l’Institut Séculier, 25 -26 septembre
    Les membres de l’Institut Séculier Sainte Famille habitent 16 pays en Afrique, en Asie, dans les Amériques et en Europe.
    Lors de leur réunion, les membres du Conseil Général ont examiné la situation de l’Institut dans chaque pays. Ils ont commencé également les préparatifs de leur Assemblée Générale qui doit se tenir en Juin 2016.

  • Discours du pape François devant le Congrès des États-Unis

    Le pape a été interrompu par 38 applaudissements. Mais il a touché des thèmes qui fâchent : défense de la vie, donc abolition de la peine de mort, immigration, arrêter le trafic d’armes, faire aux autres ce qu’on veut qu’il nous soit fait. Le pape a cité Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day et Thomas Merton et il a plaidé pour les jeunes.
    Il a aussi brossé le portrait robot du responsable politique selon l’Evangile : « Une société politique perdure, si elle cherche, comme vocation, à satisfaire les besoins communs en stimulant la croissance de tous ses membres, spécialement ceux qui sont en situation de plus grande vulnérabilité ou de risque. L’activité législative est toujours fondée sur la protection du peuple. »
    « La politique est, en effet, une expression de notre impérieux besoin de vivre unis, en vue de bâtir comme un tout le plus grand bien commun : celui de la communauté qui sacrifie les intérêts particuliers afin de partager, dans la justice et dans la paix, ses biens, ses intérêts, sa vie sociale. Je ne sous-estime pas la difficulté que cela implique, mais je vous encourage dans cet effort », a-t-il déclaré.
    Voilà le bon leader politique : « Un bon dirigeant politique est quelqu’un qui, ayant à l’esprit les intérêts de tous, saisit le moment dans un esprit d’ouverture et de pragmatisme. Un bon dirigeant politique choisit toujours d’initier des processus plutôt que d’occuper des espaces (cf. Evangelii gaudium, n. 222-223). Etre au service du dialogue et de la paix signifie aussi être vraiment déterminé à réduire et, sur le long terme, à mettre fin aux nombreux conflits armés dans le monde. »
    Discours du pape François
    Monsieur le Vice-Président,
    Monsieur le Président,
    Honorables Membres du Congrès,
    Chers amis,
    Je suis très reconnaissant pour votre invitation à m’adresser à cette Session conjointe du Congrès dans « le pays des hommes libres et dans la maison des hommes courageux ». Je crois que la raison de cette invitation est que, moi aussi, je suis fils de ce grand continent, dont nous avons tous tant reçu et vis-à-vis duquel nous partageons une responsabilité commune.
    Chaque fils ou fille d’un pays a une mission, une responsabilité personnelle et sociale. Votre responsabilité en tant que membres du Congrès est de permettre à ce pays, à travers votre activité législative, de prospérer en tant que nation. Vous êtes le visage de ce peuple, ses représentants.
    Vous êtes appelés à défendre et à préserver la dignité de vos concitoyens dans la recherche inlassable et exigeante du bien commun, car c’est le principal objectif de toute politique. Une société politique perdure, si elle cherche, comme vocation, à satisfaire les besoins communs en stimulant la croissance de tous ses membres, spécialement ceux qui sont en situation de plus grande vulnérabilité ou de risque. L’activité législative est toujours fondée sur la protection du peuple.
    C’est à cela que vous avez été invités, appelés et convoqués par ceux qui vous ont élus.
    Votre tâche est un travail qui m’inspire une double réflexion sur la figure de Moïse. D’une part, le patriarche et législateur du peuple d’Israël symbolise le besoin des peuples de maintenir vivant leur sens d’unité au moyen d’une juste législation. D’autre part, la figure de Moïse nous conduit directement à Dieu et ainsi à la dignité transcendante de l’être humain. Moïse nous donne une bonne synthèse de votre travail : vous êtes chargés de protéger, à travers la loi, l’image et la ressemblance de Dieu façonnées en chaque visage humain.
    Aujourd’hui, je ne voudrais pas seulement m’adresser à vous, mais à travers vous, au peuple des États-Unis tout entier. Ici, avec ses représentants, je voudrais saisir cette occasion pour dialoguer avec les milliers d’hommes et de femmes qui s’efforcent chaque jour d’accomplir un honnête travail, pour apporter à la maison le pain quotidien, pour épargner de l’argent et – étape par étape – bâtir une vie meilleure pour leurs familles. Ce sont des hommes et des femmes qui ne sont pas concernés simplement par le paiement de leurs impôts, mais qui, individuellement, de façon discrète, soutiennent la vie de la société. Ils génèrent la solidarité par leurs actions, et ils créent des organisations qui tendent une main secourable à ceux qui sont le plus dans le besoin.
    Je voudrais aussi entrer en dialogue avec les nombreuses personnes âgées qui sont un dépôt de sagesse forgée par l’expérience, et qui cherchent de diverses façons, spécialement à travers le travail bénévole, à partager leurs histoires et leurs visions. Je sais que beaucoup d’entre elles, bien qu’étant à la retraite, sont encore actives ; elles continuent de travailler pour construire ce pays. Je voudrais aussi dialoguer avec tous les jeunes qui travaillent pour réaliser leurs grandes et nobles aspirations, et qui ne se laissent pas séduire par la facilité. Ces jeunes affrontent des situations difficiles, résultant souvent de l’immaturité de beaucoup d’adultes. Je voudrais dialoguer avec vous tous, et je voudrais le faire à travers la mémoire historique de votre peuple.
    Ma visite a lieu à un moment où des hommes et des femmes de bonne volonté célèbrent les anniversaires de plusieurs illustres Américains. Malgré les complexités de l’histoire et la réalité de la faiblesse humaine, ces hommes et ces femmes, au-delà de leurs nombreuses différences et limites, ont été capables grâce à l’effort et au sacrifice – certains au prix de leur vie – de bâtir un avenir meilleur. Ils ont forgé des valeurs fondamentales qui vont perdurer dans l’esprit du peuple américain. Un peuple doté de cet esprit peut traverser beaucoup de crises, des tensions et des conflits, tout en trouvant toujours des ressources pour avancer, et pour le faire dans la dignité. Ces hommes et ces femmes nous offrent une façon de voir et d’interpréter la réalité. En honorant leur mémoire, nous sommes inspirés, même au milieu de conflits, et dans l’ici et le maintenant de chaque jour, à puiser dans nos réserves culturelles les plus profondes.
    Je voudrais mentionner quatre de ces Américains : Abraham Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day et Thomas Merton.
    Cette année marque le 150e anniversaire de l’assassinat du Président Abraham Lincoln, le gardien de la liberté, qui a travaillé sans relâche en sorte que « cette nation, sous Dieu, [puisse] avoir une nouvelle naissance de liberté ». Bâtir un avenir de liberté demande l’amour du bien commun et la coopération dans un esprit de subsidiarité et de solidarité.
    Nous sommes tous conscients de l’inquiétante situation sociale et politique du monde aujourd’hui, et nous en sommes préoccupés. Notre monde devient de plus en plus un lieu de violent conflit, de haine et d’atrocités brutales, perpétrées même au nom de Dieu et de la religion. Nous savons qu’aucune religion n’est exempte de formes d’illusion individuelle ou d’extrémisme idéologique. Cela signifie que nous devons faire spécialement attention à tout type de fondamentalisme, qu’il soit religieux ou de n’importe quel autre genre. Un équilibre délicat est nécessaire pour combattre la violence perpétrée au nom d’une religion, d’une idéologie ou d’un système économique, tout en sauvegardant aussi la liberté religieuse, la liberté intellectuelle et les libertés individuelles. Mais il y a une autre tentation dont nous devons spécialement nous prémunir : le réductionnisme simpliste qui voit seulement le bien ou le mal ; ou, si vous voulez, les justes et les pécheurs. Le monde contemporain, avec ses blessures ouvertes qui affectent tant de nos frères et sœurs, exige que nous affrontions toute forme de polarisation qui le diviserait en deux camps. Nous savons qu’en nous efforçant de nous libérer de l’ennemi extérieur, nous pouvons être tentés de nourrir l’ennemi intérieur. Imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est la meilleure façon de prendre leur place. C’est quelque chose qu’en tant que peuple vous rejetez.
    Notre réponse doit au contraire être une réponse d’espérance et de guérison, de paix et de justice. Nous sommes appelés à unir le courage et l’intelligence pour résoudre les nombreuses crises géopolitiques et économiques actuelles. Même dans le monde développé, les effets de structures et d’actions injustes sont trop visibles. Nos efforts doivent viser à restaurer l’espérance, à corriger ce qui va mal, à maintenir les engagements, et ainsi promouvoir le bien-être des individus et des peuples. Nous devons aller de l’avant ensemble, unis, dans un esprit renouvelé de fraternité et de solidarité, en coopérant généreusement pour le bien commun.
    Les défis qui nous attendent aujourd’hui appellent un renouvellement de cet esprit de coopération, qui a accompli tant de bien tout au long de l’histoire des États-Unis. La complexité, la gravité et l’urgence de ces défis exigent que nous mettions en commun nos ressources ainsi que nos talents et que nous essayions de nous soutenir les uns les autres, dans le respect de nos différences et de nos convictions dictées par la conscience.
    Dans ce pays, les diverses dénominations religieuses ont énormément contribué à construire et à renforcer la société. Il est important que aujourd’hui, comme par le passé, la voix de la foi continue d’être entendue, car c’est une voix de fraternité et d’amour, qui essaie d’exprimer le meilleur dans chaque personne et dans chaque société. Une telle coopération est une ressource puissante dans le combat pour éliminer les nouvelles formes d’esclavage, nées de graves injustices qui peuvent être vaincues seulement grâce à de nouvelles politiques et de nouvelles formes de consensus social.
    (Texte en italique non lu, discours courté par le pape) 
    Ici, je pense à l’histoire politique des États-Unis, où la démocratie est profondément enracinée dans l’esprit du peuple américain. Toute activité politique doit servir et promouvoir le bien de la personne humaine et être fondée sur le respect de sa dignité. « Nous tenons pour évidentes ces vérités, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de droits inaliénables, que parmi ceux-ci, figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur » (Déclaration de l’Indépendance, 4 juillet 1776). Si la politique doit vraiment être au service de la personne humaine, il en découle qu’elle ne peut être asservie à l’économie et aux finances.
    La politique est, en effet, une expression de notre impérieux besoin de vivre unis, en vue de bâtir comme un tout le plus grand bien commun : celui de la communauté qui sacrifie les intérêts particuliers afin de partager, dans la justice et dans la paix, ses biens, ses intérêts, sa vie sociale. Je ne sous-estime pas la difficulté que cela implique, mais je vous encourage dans cet effort.
    Ici, je pense aussi à la marche que Martin Luther King a conduite de Selma à Montgomery, il y a cinquante ans, dans le cadre de la campagne pour réaliser son « rêve » de pleins droits civils et politiques pour les Afro-américains. Ce rêve continue de nous inspirer tous. Je suis heureux que l’Amérique continue d’être, pour beaucoup, un pays de « rêves ». Des rêves qui conduisent à l’action, à la participation, à l’engagement. Des rêves qui réveillent ce qu’il y a de plus profond et de plus vrai dans la vie d’un peuple.
    Au cours des derniers siècles, des millions de gens sont venus dans ce pays pour poursuivre leur rêve de bâtir un avenir de liberté. Nous, le peuple de ce continent, nous n’avons pas peur des étrangers, parce que la plupart d’entre nous était autrefois des étrangers. Je vous le dis en tant que fils d’immigrés, sachant que beaucoup d’entre vous sont aussi des descendants d’immigrés.
    Tragiquement, les droits de ceux qui étaient ici longtemps avant nous n’ont pas été toujours respectés. À ces peuples et à leurs nations, du cœur de la démocratie américaine, je souhaite réaffirmer ma plus haute estime et mon appréciation. Ces premiers contacts ont été souvent mouvementés et violents, mais il est difficile de juger le passé avec les critères du présent.
    Cependant, quand l’étranger parmi nous nous sollicite, nous ne devons pas répéter les péchés et les erreurs du passé. Nous devons nous résoudre à présent à vivre de manière aussi noble et aussi juste que possible, alors que nous éduquons les nouvelles générations à ne pas tourner le dos à nos « voisins », ni à rien autour de nous. Bâtir une nation nous demande de reconnaître que nous devons constamment nous mettre en relation avec les autres, en rejetant l’esprit d’hostilité en vue d’adopter un esprit de subsidiarité réciproque, dans un constant effort pour faire de notre mieux. Je suis confiant que nous pouvons le faire.
    Notre monde est confronté à une crise de réfugiés d’une ampleur inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette crise nous place devant de grands défis et de nombreuses décisions difficiles. Dans ce continent aussi, des milliers de personnes sont portées à voyager vers le Nord à la recherche d’une vie meilleure pour elles-mêmes et pour leurs proches, à la recherche de plus grandes opportunités. N’est-ce pas ce que nous voulons pour nos propres enfants ? Nous ne devons pas reculer devant leur nombre, mais plutôt les voir comme des personnes, en les regardant en face et en écoutant leurs histoires, en essayant de répondre le mieux possible à leur situation, de répondre d’une manière toujours humaine, juste et fraternelle. Nous avons besoin d’éviter une tentation fréquente de nos jours : écarter tout ce qui s’avère difficile. Souvenons-nous de la Règle d’Or : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour les autres aussi » (Mt 7, 12).
    Cette règle nous indique une direction claire. Traitons les autres avec la même passion et compassion avec lesquelles nous voulons être traités. Cherchons pour les autres les mêmes possibilités que nous cherchons pour nous-mêmes. Aidons les autres à prospérer, comme nous aimerions être aidés nous-mêmes. En un mot, si nous voulons la sécurité, donnons la sécurité ; si nous voulons la vie, donnons la vie ; si nous voulons des opportunités, offrons des opportunités. La mesure que nous utilisons pour les autres sera la mesure que le temps utilisera pour nous. La Règle d’Or nous rappelle aussi notre responsabilité de protéger et de défendre la vie humaine à chaque étape de son développement.
    Cette conviction m’a conduit, depuis le début de mon ministère, à défendre, à différents niveaux, la cause de l’abolition mondiale de la peine de mort. Je suis convaincu que ce chemin est le meilleur, puisque chaque vie est sacrée, chaque personne humaine est dotée d’une dignité inaliénable, et la société ne peut que bénéficier de la réhabilitation de ceux qui sont reconnus coupables de crimes. Récemment, mes frères Evêques, ici aux États-Unis, ont renouvelé leur appel pour l’abolition de la peine de mort. Non seulement je les soutiens, mais aussi j’apporte mes encouragements à tous ceux qui sont convaincus qu’une juste et nécessaire punition ne doit jamais exclure la dimension de l’espérance et l’objectif de la réhabilitation.
    En ces temps où des préoccupations sociales sont si importantes, je ne peux pas ne pas mentionner la Servante de Dieu Dorothy Day, qui a fondé le Mouvement des Travailleurs Catholiques. Son activisme social, sa passion pour la justice et pour la cause des opprimés étaient inspirés par l’Evangile, par sa foi et par l’exemple des saints.
    Que de progrès ont été réalisés dans ce domaine dans de nombreuses parties du monde ! Que de choses accomplies durant ces premières années du troisième millénaire pour sortir les peuples de l’extrême pauvreté ! Je sais que vous partagez ma conviction que beaucoup reste encore à faire, et qu’en temps de crise et de difficultés économiques, l’esprit de solidarité mondiale ne doit pas se perdre. En même temps, je voudrais vous encourager à vous souvenir de tous ces peuples autour de nous, enlisés dans le cycle de la pauvreté. Ils ont besoin eux aussi qu’on leur donne l’espérance. La lutte contre la pauvreté et la faim doit être menée constamment et sur plusieurs fronts, spécialement en prenant en considération leurs causes. Je sais qu’aujourd’hui beaucoup d’Américains, comme par le passé, travaillent pour résoudre ce problème.
    Il va de soi qu’une part de ce grand effort est la création et la distribution de la richesse. La juste utilisation des ressources naturelles, la convenable application de la technologie et l’exploitation de l’esprit d’entreprise sont des éléments essentiels d’une économie qui vise à être moderne, inclusive et durable. « L’activité d’entreprise, qui est une vocation noble orientée à produire de la richesse et à améliorer le monde pour tous, peut être une manière très féconde de promouvoir la région où elle installe ses projets ; surtout si on comprend que la création de postes de travail est une partie incontournable de son service du bien commun » (Laudato si’, n. 129). Ce bien commun inclut aussi la terre, un thème central de l’encyclique que j’ai écrite récemment afin « d’entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune » (ibid., n. 3). « Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous » (ibid., n. 14).
    Dans Laudato si’, j’ai invité à un effort courageux et responsable pour « repréciser le cap »(ibid., n. 61), et pour inverser les effets les plus graves de la détérioration environnementale causée par l’activité humaine. Je suis certain que nous pouvons faire la différence et je n’ai aucun doute que les États-Unis – et ce Congrès – ont un rôle important à jouer. C’est le moment d’actions et de stratégies courageuses, visant à mettre en œuvre une « culture de protection » (ibid., n. 231) et « une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature » (ibid., n. 139). « La liberté humaine est capable de limiter la technique, de l’orienter » (ibid., n. 112) ; cela « interpelle notre intelligence [à] reconnaître comment nous devrions (…) cultiver et limiter notre pouvoir » (ibid., n. 78) ; et à mettre la technologie « au service d’un autre type de progrès, plus sain, plus humain, plus social, plus intégral » (ibid., n. 112). A ce sujet, je suis confiant que les remarquables institutions académiques et de recherche américaines peuvent apporter une contribution vitale dans les années à venir.
    Il y a un siècle, au début de la Grande Guerre, que le pape Benoît XV a qualifiée de « massacre inutile », naissait un autre illustre Américain : le moine cistercien Thomas Merton. Il  demeure la source d’une inspiration spirituelle et un guide pour beaucoup de personnes. Dans son autobiographie, il a écrit : « Je suis venu dans le monde. Libre par nature, à l’image de Dieu, j’ai été cependant prisonnier de ma propre violence et de mon propre égoïsme, à l’image du monde dans lequel je suis né. Ce monde était l’image de l’Enfer, plein d’hommes comme moi, aimant Dieu et le haïssant néanmoins ; né pour l’aimer, vivant toutefois dans la peur de faims contradictoires désespérées. » Merton était avant tout un homme de prière, un penseur qui a défié les certitudes de son temps et ouvert de nouveaux horizons pour les âmes et pour l’Église. Il était aussi un homme de dialogue, un promoteur de paix entre les peuples et les religions.
    Dans cette perspective de dialogue, je voudrais reconnaître les efforts réalisés au cours des derniers mois pour aider à surmonter les différences historiques liées à de déplorables épisodes du passé. C’est mon devoir de bâtir des ponts et d’aider tous les hommes et toutes les femmes, de toutes les manières possibles, à faire de même. Lorsque des pays qui avaient été en désaccord reprennent le chemin du dialogue – un dialogue qui aurait pu avoir été interrompu pour des raisons les plus légitimes – de nouvelles opportunités s’offrent pour tous. Cela a demandé, et demande, courage et hardiesse, qui ne sont pas synonymes d’irresponsabilité. Un bon dirigeant politique est quelqu’un qui, ayant à l’esprit les intérêts de tous, saisit le moment dans un esprit d’ouverture et de pragmatisme. Un bon dirigeant politique choisit toujours d’initier des processus plutôt que d’occuper des espaces (cf.Evangelii gaudium, n. 222-223).
    Etre au service du dialogue et de la paix signifie aussi être vraiment déterminé à réduire et, sur le long terme, à mettre fin aux nombreux conflits armés dans le monde. Ici, nous devons nous demander : pourquoi des armes meurtrières sont-elles vendues à ceux qui planifient d’infliger des souffrances inqualifiables à des individus et à des sociétés ? Malheureusement, la réponse, comme nous le savons, est simple : pour de l’argent ; l’argent qui est trempé dans du sang, souvent du sang innocent. Face à ce honteux et coupable silence, il est de notre devoir d’affronter le problème et de mettre fin au commerce des armes.
    Trois fils et une fille de ce pays, quatre individus et quatre rêves : Lincoln, la liberté ; Martin Luther King, la liberté dans la pluralité et la non-exclusion ; Dorothée Day, la justice sociale et les droits des personnes ; et Thomas Merton, la capacité au dialogue et l’ouverture à Dieu.
    Quatre représentants du peuple américain.
    Je terminerai ma visite dans votre pays à Philadelphie, où je prendrai part à la Rencontre mondiale des familles. Je souhaite qu’à travers ma visite la famille puisse être un thème récurrent.
    Que la famille a été importante pour la construction de ce pays ! Et combien elle demeure digne de notre soutien et de notre encouragement ! Cependant, je ne peux cacher ma préoccupation pour la famille, qui est menacée, peut-être comme jamais auparavant, de l’intérieur comme de l’extérieur.
    Les relations fondamentales sont en train d’être remises en cause, comme l’est la base même du mariage et de la famille. Je peux seulement rappeler l’importance et, par-dessus tout, la richesse et la beauté de la vie familiale.
    En particulier, je voudrais attirer l’attention sur ces membres les plus vulnérables des familles : les jeunes. Devant beaucoup d’entre eux s’ouvre un avenir plein d’innombrables possibilités, cependant beaucoup d’autres semblent désorientés et sans but, piégés dans les dédales désespérants de la violence, des abus et du désespoir. Leurs problèmes sont nos problèmes. Nous ne pouvons pas les éviter. Il nous faut les affronter ensemble, échanger à ce sujet et chercher des solutions efficaces au lieu de nous enliser dans des discussions. Au risque de simplifier à l’extrême, nous pourrions dire que nous vivons dans une culture qui pousse les jeunes à ne pas fonder une famille, parce qu’il n’y a pas de perspectives d’avenir. Par ailleurs, la même culture offre à d’autres tant d’options qu’ils sont aussi dissuadés de créer une famille.
    Une nation peut être considérée comme grande quand elle défend la liberté comme Lincoln l’a fait, quand elle promeut une culture qui permet aux personnes de « rêver » de droits pléniers pour tous leurs frères et sœurs, comme Martin Luther King a cherché à le faire ; quand elle consent des efforts pour la justice et la cause des opprimés, comme Dorothée Day l’a fait par son travail inlassable, fruit d’une foi devenue dialogue et semence de paix dans le style contemplatif de Thomas Merton.
    A travers ces réflexions, j’ai cherché à présenter quelques-unes des richesses de votre héritage culturel, de l’esprit du peuple américain. Je souhaite que cet esprit continue de se développer et de croître, en sorte que le plus de jeunes possible puissent en hériter et le perpétuer dans un pays qui a inspiré le rêve de tant de personnes.
    Que Dieu bénisse l’Amérique !
    Rome, 24 septembre 2015 (ZENIT.org) 

  • Une Église selon l’Évangile est accueillante, ouverte, pas un « musée ».

    Dans sa catéchèse en italien, lors de l’Audience Générale, le pape souligne « l’alliance cruciale » entre les familles et les paroisses. 
    « Une Église vraiment selon l’Évangile ne peut qu’avoir la forme d’une maison accueillante, les portes ouvertes, toujours. Les églises, les paroisses, les institutions avec des portes fermées ne doivent pas s’appeler des églises, elles doivent s’appeler des musées ! », explique le pape François.
    Le pape a centré sa catéchèse en italien de mercredi 9 septembre, place Saint-Pierre, en présence de dizaines de milliers de personnes, sur le thème de la famille et les paroisses, la « communauté chrétienne ».
    Chers frères et sœurs, bonjour !
    Je voudrais aujourd’hui attirer notre attention sur le lien entre la famille et la communauté chrétienne. C’est un lien, pour ainsi dire, « naturel », parce que l’Église est une famille spirituelle et la famille est une petite Église (cf. Lumen Gentium, 9).
    La communauté chrétienne est la maison de ceux qui croient en Jésus, source de la fraternité entre tous les hommes. L’Église chemine au milieu des peuples, dans l’histoire des hommes et des femmes, des pères et des mères, des fils et des filles : c’est cette histoire qui compte pour le Seigneur. Les grands événements des puissances mondaines s’écrivent dans les livres d’histoire, et ils y restent. Mais l’histoire des affections humaines s’écrit directement dans le cœur de Dieu ; et c’est l’histoire qui demeure pour l’éternité. C’est là le lieu de la vie et de la foi. La famille est le lieu de notre initiation – irremplaçable, indélébile – à cette histoire. À cette histoire de vie pleine, qui finira dans la contemplation de Dieu pour toute l’éternité dans le Ciel, mais qui commence dans la famille ! Et la famille est très importante pour cette raison.
    Le Fils de Dieu a appris l’histoire humaine par cette voie, et il l’a parcourue jusqu’au bout (cf.He 2,18 ; 5,8). C’est beau de retourner contempler Jésus et les signes de ce lien ! Il est né dans une famille et c’est là qu’il a « appris le monde » : une boutique, quatre maisons, un petit village de rien du tout. Et pourtant, en vivant pendant trente ans cette expérience, Jésus a assimilé la condition humaine, en l’accueillant dans sa communion avec le Père et dans sa propre mission apostolique. Puis, quand il a quitté Nazareth et commencé sa vie publique, Jésus a formé autour de lui une communauté, une « assemblée », c’est-à-dire une convocation de personnes. C’est cela, la signification du mot « Église ».
    Dans les Évangiles, l’assemblée de Jésus a la forme d’une famille et d’une famille accueillante, non pas d’une secte exclusive, fermée : nous y trouvons Pierre et Jean, mais aussi celui qui a faim et celui qui a soif, l’étranger et celui qui est persécuté, la pécheresse et le publicain, les pharisiens et les foules. Et Jésus ne cesse d’accueillir et de parler avec tous, même avec celui qui n’espère plus rencontrer Dieu dans sa vie. C’est une leçon forte pour l’Église ! Les disciples eux-mêmes sont choisis pour prendre soin de cette assemblée, de cette famille des hôtes de Dieu.
    Pour que cette réalité de l’assemblée de Jésus soit vivante aujourd’hui, il est indispensable de raviver l’alliance entre la famille et la communauté chrétienne. Nous pourrions dire que la famille et la paroisse sont les deux lieux où se réalise cette communion d’amour qui trouve sa source ultime en Dieu. Une Église vraiment selon l’Évangile ne peut qu’avoir la forme d’une maison accueillante, les portes ouvertes, toujours. Les églises, les paroisses, les institutions avec des portes fermées ne doivent pas s’appeler des églises, elles doivent s’appeler des musées !
    Et aujourd’hui, c’est une alliance cruciale. « Contre les “centres de pouvoir” idéologiques, financiers et politiques, plaçons nos espérances dans ces centres de l’amour, évangélisateurs, riches de chaleur humaine, basés sur la solidarité et la participation » (Conseil pontifical pour la famille, Les enseignements de J. M. Bergoglio – Pape François sur la famille et sur la vie, 1999-2014, LEV, 2014, p. 189) et aussi sur le pardon entre nous.
    Il est aujourd’hui indispensable et urgent de renforcer le lien entre la famille et la communauté chrétienne. Certes, il faut une foi généreuse pour retrouver l’intelligence et le courage de renouveler cette alliance. Les familles parfois se défilent en disant qu’elles ne sont pas à la hauteur : « Père, nous sommes une pauvre famille, un peu branlante aussi », « nous n’en sommes pas capables », « nous avons déjà tellement de problèmes à la maison », « nous n’avons pas les forces ». C’est vrai. Mais personne n’est digne, personne n’est à la hauteur, personne n’a les forces ! Sans la grâce de Dieu, nous ne pourrions rien faire. Tout nous est donné, donné gratuitement ! Et le Seigneur n’arrive jamais dans une nouvelle famille sans faire quelque miracle. Souvenons-nous de ce qu’il a fait aux noces de Cana ! Oui, le Seigneur, si nous nous mettons dans ses mains, nous fait accomplir des miracles – mais ces miracles de tous les jours ! – quand le Seigneur est là, dans cette famille.
    Naturellement, la communauté chrétienne aussi doit prendre sa part. Par exemple, chercher à dépasser des comportements trop directifs et trop fonctionnels, favoriser le dialogue interpersonnel et la connaissance et l’estime réciproque. Que les familles prennent l’initiative et sentent la responsabilité d’apporter leurs dons précieux pour la communauté. Nous devons tous être conscients que la foi chrétienne se joue sur le terrain ouvert de la vie partagée avec tous, la famille et la paroisse doivent accomplir le miracle d’une vie plus communautaire pour la société tout entière.
    À Cana, il y avait la mère de Jésus, la « mère du bon conseil ». Écoutons nous aussi ses paroles : « Faites ce qu’il vous dira » (cf. Jn 2,5). Chères familles, chères communautés paroissiales, laissons-nous inspirer par cette mère, faisons tout ce que Jésus nous dira et nous nous trouverons devant le miracle, le miracle de tous les jours ! Merci.
    © Traduction de Zenit, Constance Roques
    Rome, 9 septembre 2015 (ZENIT.org)

  • Discours d’ouverture – Rencontre Vocationnelle Europe Martillac, 15 – 19 juillet, 2015

    Mes premiers mots sont de bienvenue et de remerciement à chacun et chacune pour avoir accepté l’appel et être ici pour participer à cette rencontre. Nous voulons vivre, pendant ces jours-ci une expérience de Famille, et raviver ensemble le Don que nous avons reçu. Nous le faisons ici, dans cet endroit géographique de nos origines et sous le regard de Notre Damme de Toutes Grâces, du Fondateur et des premiers membres de notre Famille. Le contexte lui-même est en notre faveur.
    Nous avons quelques objectifs pour ces jours-ci:
    – Évaluer le chemin que nous avons parcouru depuis 2013 
    – Disposer d’un espace de réflexion sur notre expérience du Don (Charisme)
    – Prendre conscience de notre responsabilité en tant que membres de la Famille.
    – Nous sensibiliser et nous encourager à l’urgence de transmettre notre Charisme. 
    Je voudrais commenter ce dernier objectif, «Nous sensibiliser et nous encourager à l’urgence de transmettre notre Charisme ».
    Je pense que cette sensibilisation et l’animation doivent venir de l’intérieur de chacun de nous vers l’extérieur, autrement nous pouvons rester, même pendant cette rencontre, comme des «consommateurs» ou «spectateurs» de ce que nous offre l’Équipe qui l’a préparé. Si nous pouvons passer d’être des spectateurs à «participants actifs» cela va tout changer. Lorsque ce qui est en jeu nous touche directement quand il touche notre histoire, les désirs profonds, les valeurs qui donnent un sens à la vie, à l’avenir… alors la façon de le vivre et d’y participer sera très différente.
    Je peux me demander, déjà au début à l’égard de Charisme Sainte-Famille, est-ce que je me sens personnellement « touché » par le Charisme? Est-ce que je me considère responsable de ce Don?
    Je pense que nous tous, nous avons fait l’expérience, dans certaines circonstances, d’avoir passé d’être des spectateurs à devenir protagonistes. Lorsque nous avons fait ce saut, tout est changé. Nous sommes allés de théoriser sur… à nous sentir concernés parce que cela nous touche directement.
    Avec le Charisme peut arriver quelque chose comme cela. Je peux garder une distance prudente où je ne suis pas à l’extérieur mais non plus profondément à l’intérieur. Assumer les propositions sans aller à fond. Choisir ce que je trouve intéressant, stimulant ou pratique… Cette position ne suffit pas et ne nous satisfait pas parce que le Charisme, est notre manière spécifique de vivre l’Évangile, c’est une Bonne Nouvelle qui change nos vies, transforme et donne un sens à notre Mission dans le monde en nous situant d’une manière concrète en tant que personnes et en tant que Famille.
    À ce point, nous pouvons nous demander si notre Charisme – notre vocation – est une chose plus parmi les nombreuses sujets qui occupent déjà notre quotidien ou si, de diverses manières, il colore tout, articule tout.
    La Sainte-Famille est né pour donner de nouvelles réponses à une société en mutation, pour ouvrir une nouvelle voie, pour répondre rapidement à des besoins qui ne pouvaient pas attendre. La promptitude du Fondateur et des premiers membres de la Famille pour répondre aux besoins de l’époque est remarquable. Sentons-nous la même urgence de répondre, là où nous sommes, pour les besoins de la société? Avons-nous aujourd’hui le même zèle apostolique, la même disponibilité, la même implication qu’ils avaient alors? Comment est notre désir de partager le Don du Charisme dont nous ne sommes pas propriétaires exclusifs? Nous devons toujours nous rappeler que le Charisme est un Don à partager avec les autres.
    Cela ne signifie pas que nous devons faire du prosélytisme. Ceux qui par la grâce nous sommes appelés à vivre cette Don et à le partager, nous devrons le faire surtout par «contagion» pour notre qualité de vie, la présence et façon de faire, là où nous sommes. Nous devons être comme des « braises », que encore sous les cendres, donnent  feu et chaleur dans leur environnement. Nous savons ce quel est le contexte social dans lequel nous vivons. Voilà où nous sommes appelés à être des « braises ». 
    Il n’est pas une question de chiffres, mais que ceux qui nous sommes et ceux qui viendront, nous soyons le plus cohérents possible avec ce que nous disons être, c’est-à-dire, avec les valeurs évangéliques qui inspirent notre spiritualité en contemplant la Sainte-Famille – douce image de la Trinité – et les premières communautés chrétiennes. «Être et faire Famille», comme nous l’entendons aujourd’hui – embrassant toute la création – est une dimension inéludable lorsque nous assumons la Mission reçue et nous écoutons les cris de l’humanité et de la Planète.
    La revitalisation vient de l’appartenance, de l’appropriation personnelle et collective du Don, de l’appel commun à être UNE «Famille» qui embrasse toute la création. La vitalité viendra également de partager le Don avec d’autres qui se sentent appelés.
    Est-ce que je découvre en moi la passion pour ce que je vis et je partage avec les autres membres de la Famille de PBN? Est-ce que je me sens engagé, impliqué dans le projet commun? Est-ce que j’ai des attentes, des rêves, des propositions pour cette Famille?
    Si nous vivons avec passion ce que nous sommes, nous serons en mesure de faire ce «contagion» et de transmettre le Don reçu.
    Notre tâche n’est pas créer la Famille de Dieu, de cela Dieu s’en charge, nôtre tâche est de la rendre visible déjà aujourd’hui.
    Ana Maria Alcalde

  • La Neuvième Assemblée Plénière de la Fédération Internationale Biblique Catholique – Nemi, Italie

    Je suis heureuse d’avoir participé à la Neuvième Assemblée Plénière de la Fédération Internationale Biblique Catholique (CBF) au Centre Ad Gentes (géré par la Société du Verbe Divin) à Nemi (Italie). Cette Assemblée a eu lieu du 18 au 23 juin 2015.
    L’Assemblée Plénière est l’organe suprême de la Fédération. Ce fut une réunion des délégués choisis pour représenter les membres et les membres associés de cette Fédération. On se réunit normalement tous les six ans pour traiter des questions administratives et approfondir un thème spécifique.
    Cette fois, le thème était: Les Écritures – source de l’évangélisation « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons» (1 Jn 1,3)
    Ce passage de la première lettre de saint Jean fournit le cadre de la réflexion sur les Écritures comme une source de l’évangélisation, pendant que nous soulignions le cinquantième anniversaire de la promulgation de la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, Dei Verbum.
    Nous étions 136 délégués, représentant nos Institutions respectives: hommes et femmes, (laïcs et religieux, prêtres et évêques) des cinq continents avec le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille (Philippines), l’actuel président de la CBF. La pluralité des participants a ajouté un teint coloré et une richesse de vie ainsi que d’expérience qui nous a aidés à célébrer notre unité dans la diversité.
    Le rapport présenté par chaque région nous a permis de connaître le travail qui se fait autour de la Parole de Dieu dans les différentes parties du monde, et de devenir plus conscients des réalités douloureuses (guerre, condamnation, interdictions …) dans certains pays.
    L’événement remarquable vécu pendant cette rencontre était l’audience que nous avons eue vendredi 19 Juin avec le Pape François. Il nous a accueillis dans la matinée dans la Salle du Consistoire.
    Cette Assemblée s’est passée dans une atmosphère amicale et informelle. Ceci a été important en vue de l’effort à fournir pour que la Bible reste une source de vie et d’évangélisation.

    Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir participé à cette Assemblée, en tant que représentante de la Conférence des religieux et religieuses de l’Argentine (CONFAR). 
    Sœur Zulema

  • Le Pape met en garde les religieux boliviens contre « la spiritualité du zapping »

    Dans un discours ponctué par des images très concrètes de la vie d’un religieux et des anecdotes personnelles, le Saint-Père s’est appuyé sur l’épisode de Bartimée dans l’Évangile de Marc. Aveugle et mendiant, Bartimée était au bord du chemin quand Jésus et ses disciples sont passés devant lui. Quand il entendit Jésus, il cria pour se faire entendre. Face à l’attitude de ce marginal, de cet exclu de la société, il y a trois types de réactions, que le Pape a listées : « passer, dire « tais-toi » ou « courage, lève-toi »».
    Attention aux cœurs blindés et bloqués
    « Passer, c’est l’écho de l’indifférence » a affirmé François. Cette « spiritualité du zapping », c’est « la tentation de voir la douleur comme quelque chose de naturel, de s’habituer à l’injustice. Nous nous disons : c’est normal, il en a été toujours ainsi. C’est l’écho qui naît dans un cœur blindé, fermé, qui a perdu la capacité d’étonnement et, par conséquent, la possibilité de changement » a mis en garde le Saint-Père. François a appelé chacun à prendre conscience de cette tentation de renier Dieu, comme l’a fait le premier Pape, Pierre. « Je crois que c’est le plus difficile de la spiritualité chrétienne » a reconnu le Souverain pontife. L’important est de ne pas se couper du peuple de Dieu : «passer sans écouter la douleur de nos gens, sans nous enraciner dans leurs vies, dans leur terre, c’est comme écouter la parole de Dieu, sans permettre qu’elle prenne racine en nous et soit féconde. Une plante, une histoire sans racines, c’est une vie sèche » pour François.
    Deuxième attitude possible face à Bartimée : celle qui lui demande de se taire, de ne pas déranger, comme ces prêtres qui reprennent systématiquement et sermonnent constamment, ces « Papes du doigt qui punit ». Cette réaction de « ronchons », c’est « le drame de la conscience isolée » pour le Saint-Père, «ils écoutent mais n’entendent pas, ils voient mais ne regardent pas. La nécessité de se différencier leur a bloqué le cœur. (…) Ils ont fait de l’identité une question de supériorité » et pensent que la religion est une croyance pour « autorisés ».
    La compassion, ce n’est pas du zapping
    Plutôt que de passer indifféremment ou de réprimander, le Pape conseille donc de s’arrêter devant le cri de Bartimée, comme Jésus l’a fait. « Loin de lui ordonner de se taire, il lui demande : « que puis-je faire pour toi ? » Il n’a pas besoin de se différencier, de se séparer, il ne le classe pas pour voir s’il est autorisé ou non à parler. Il lui pose seulement une question, l’identifie en voulant faire partie de la vie de cet homme (…) Ainsi il lui restitue peu à la peu la dignité qu’il avait perdue, il l’inclut. Il n’existe pas de compassion qui ne s’arrête pas, n’écoute pas et ne se solidarise pas avec l’autre a affirmé François. La compassion n’est pas du zapping, ce n’est pas d’étouffer la douleur, au contraire, c’est la logique même de l’amour. (…) C’est la logique qui naît du fait de ne pas avoir peur de s’approcher de la douleur de nos gens» a insisté le Pape. Comme Jésus qui a appelé chacun des présents à aller vers leur propre vocation, le Pape a rappelé que tous sont « témoins de l’amour purificateur et miséricordieux de Jésus ». Et pour s’en souvenir, comme il l’avait demandé aux religieux équatoriens, il a conseillé à chacun de demander à Dieu « la grâce de la mémoire » pour ne pas oublier ses racines, ni renier sa langue natale, ses origines. (Source : Radio Vatican)

  • Nos premiers jours à Gatineau

    Doreen Philippiah, Malinie Jayamanne et Iresha Fernando –  toutes Sri-lankaises, se trouvent au Canada depuis quelques mois en se préparant pour ouvrir une nouvelle communauté dans une paroisse « anglophone » à Gatineau. Elles s’y sont installées le 3 juillet en compagnie de Violette Bouffard, la Supérieure Provinciale du Canada. Elles partagent ici avec nous l’expérience des premiers moments dans leur nouvelle maison.
    Une belle aventure est commencée ! Au matin du 3 juillet, nous avions rendez-vous avec le soleil qui n’en finissait pas de faire ses promesses pour que la route soit à son plus beau. Une autre Lumière brillait en nous, nous avions fait le ‘’ plein ‘’ une fois de plus en partageant la Célébration à la paroisse avec nos sœurs de la Maison provinciale.
    Malinie, Doreen et Violette partions toutes trois en compagnie de Yolanta qui nous a conduites à destination en toute sécurité. Nous avions pris la décision de prendre le repas en route tout juste avant d’arriver à la maison. Là fut notre première surprise. En entrant dans ce petit restaurant tout simple, paraissant une entreprise de famille, la dame un peu excentrique et volubile nous dit à nous toutes : ‘’vous sentez la paix, êtes-vous religieuses ? ’’ Nous nous sommes dit par après, il n’y a que de bons moments pour le Seigneur….Il passe quand il veut et se sert de qui Il veut. Un appel fort pour notre nouvelle Mission, vous ne trouvez-pas ?
    Monsieur Dezainde, administrateur diocésain, était là pour nous accueillir. Un moment important pour nous : sur la table de la salle à diner une carte de bienvenue de la part de Monseigneur Durocher avec un joli sac bien présenté  contenant toutes sortes de douceurs pour nos petits déjeuners. Et cela avec les clés de la maison !
    Et la vie sérieuse commence ! C’est le choix de nos chambres et la montée des bagages dans nos appartements. Nous allons au plus urgent bien sûr !  À 5 heures déjà, il nous faut penser à trouver une épicerie pour nos besoins de base d’abord. Nous partons toutes les 4 et nous optons pour ‘’ Metro ‘’. Un gros marché à la fin, au moins tranquilles jusqu’à lundi ! Le souper fut léger, il nous tardait de retrouver nos chambres pour la plus rudimentaire installation et…dormir en remerciant le Seigneur pour cette belle journée à la fois de joie et d’appréhension. Pas besoin de vous dire que l’apprentissage du français se continue à vive allure.
    Nous avons des gens formidables autour de nous pour répondre à toutes nos questions et petits services. Surtout des messieurs….c’est rassurant pour les problèmes d’entretien de la maison et du terrain, d’électricité, des cèdres à tailler, et tant de petits détails à découvrir. Nous pouvons dire que nos premières 72 heures ont été bien occupées.
    Samedi soir à la messe de 16h30 et dimanche à celle de 10h30, ce fut l’accueil très chaleureux par l’un des prêtres responsables de la paroisse et par les  paroissiens. Après la Célébration samedi, les gens sont restés pour faire connaissance et prendre une petite collation avec nous. Nous sommes reparties avec des fleurs et un grand gâteau et deux peintures offertes par une paroissienne. Cela nous a beaucoup touchées. Doreen et Malinie ont découvert une ambiance très sympathique et des personnes engagées; elles ont rencontré aussi une madame très originale qui les a bien fait rire. Cette dame avait un chien qu’elle adorait et qui malheureusement est mort. Elle l’a fait incinéré et garde les cendres dans une petite boîte dans son salon et cela bien discrètement car son mari n’est  pas toujours  d’accord avec ses excentricités.
    Aujourd’hui dimanche, nous voulons oublier nos boîtes et nos rangements. Cet après-midi : repos complet. Nous avons quand même eu quelques visites, c’est  bon signe. Les gens sont touchés de voir des personnes venir de si loin pour les soutenir dans leur foi, qu’ils disent.
    Spontanément ce soir, nous avons pris un bon moment pour voir un peu ce qui nous arrivait. Il y a beaucoup d’inconnu bien sûr, mais la confiance et le désir d’avancer est présent et cela dans la joie.
    Demain, le Père Gosselin va venir célébrer la première messe dans notre chapelle et nous aurons désormais la Présence en continue dans notre maison.
    Nous vous remercions toutes pour vos mots d’encouragement et votre prière. Si vous allez en vacances, passez du bon temps. Sinon, reposez-vous un peu plus chez vous et essayez de manger des fraises et des framboises, ces bons petits plaisirs du Bon Dieu !
    Nous vous reviendrons, et cette fois ça sera en anglais et avec quelques photos! Nous souhaitons de tout cœur qu’Iresha soit des nôtres très prochainement.
    Un bon baiser de nous toutes.

  • LES SONS ET LES VOIX DE FLORIDA DE LIÉBANA

    Florida de Liébana, Salamanca, è la fondation la plus récente établie par la Province de l’Espagne dans un milieu rural. Les Sœurs se trouvent ici depuis quelques mois seulement. Elles partagent avec nous leurs premières impressions.
    Pendant ces premiers mois de notre vie ici nous avons entendu de différents sons – quelques-uns provenant de dehors, quelques-autres de dedans.  
     
    Au sommet du clocher il y a un grand nid qu’une cigogne a construit   brindille par brindille. On nous a dit que depuis deux ans les cigognes ne migrent plus à cause du changement climatique. Quand la femelle fait éclore les œufs, elle émet des cliquètements caractéristiques qui signifient qu’elle veut que le mâle lui apporte de la nourriture. En ce moment il y a deux oisillons dans le nid. C’est merveilleux de regarder quand ils sont nourris par les parents.
     
    Nous entendons le vent, souvent fort, qui crée des ondes jaunes dans les champs de blé et de colza. Les autres cultures – pois chiche et maïs – n’arrivent encore qu’à quelques centimètres d’hauteur. 
     
    Matin et soir nous entendons les oiseaux avec leur jacassement joyeux. Quelques-uns ont construit leurs nids sur notre toit.
     
    Nous avons entendu parler de l’injustice des projets économiques, agricoles et commerciaux dont les seuls bénéficiaires sont les multinationales. Les multinationales utilisent des biens qui appartiennent à toute l’humanité. Ce qui devrait donner la vie souvent provoque la mort. Nous sommes conscientes de l’existence des mouvements de résistance locaux et globaux qui défendent la terre et les droits égaux à travers des manifestations, campagnes d’information et pressions sur les organismes internationaux. 
     
    Nous entendons les voix des femmes. Pendant la Journée de la Femme Rurale, nous avons appris comment, historiquement, les femmes ont promu la vie dans tous les villages. Dans notre village, en particulier, nous avons découvert l’artisanat féminin (fabrication de chaises, tissage, obstétrique, battage, abattage de porcs) qui a soutenu la vie ici pendant des siècles.
    Nous avons visité des bourgs presque abandonnés, avec les rues désertes et maisons inhabitées. Nous avons senti la solitude des habitants âgés. Quand nous avons parlé avec eux, nous avons vu comment les histoires du passé, la famille, les amis, les photos, les souvenirs heureux et malheureux  donnent un sens à leur vie. Parfois les enfants qui habitent loin ne visitent pas leurs parents âgés assez souvent.
     
    Nous avons pu constater qu’un village est comme une famille. Les voisins se tiennent compagnie, ils partagent les peines et les joies et s’aident mutuellement. Ils discutent des affaires locales et partagent leurs opinions sur ce qui se passe dans le monde. Leur conversation est toujours animée.
     
    Pendant une session de consolidation du réseau des femmes productrices et consommatrices, nous avons regardé un documentaire intitulé « La Sagesse de la Terre, Femmes Agricultrices ». Vous pouvez le visionner en cliquant sur le lien : https://www.youtube.com/watch?v=3e5Ns3IsaIA Nous avons découvert le processus de responsabilisation et aussi les méthodes de production.   
    Nous cherchons à comprendre comment établir une nouvelle relation entre le monde rural et le monde urbain. Ce lien existe déjà dans certaines places. Quelque part il y a une histoire réelle même si tellement cachée qu’elle n’apparaît pas dans les médias. Nous devons retrouver cette histoire pour découvrir ce qui bloque la vie, comme nous l’avons exposé à l’Assemblée de l’Unité. Dans d’autres vidéos tels que « Les agricultrices en Andalousie » et « Femmes de la campagne, semeuses de changement » de l’Amérique Centrale, nous pouvons voir et apprécier des changements au niveau local qui promeuvent un style de vie alternatif.
     
    L’Eglise de Salamanca ha un projet de trois ans – l’Assemblé Diocésaine. Dans notre village nous avons commencé la première étape qui a comme but le renouvellement spirituel. Nous espérons que cela portera vers le renouvellement pastoral et structurel où les voix des femmes seront entendues.
    Il y a quelques ans, nous avons dit que notre priorité était d’aller de l’avant vers une nouvelle vision du monde, de réveiller nos sens endormis. La terre parle et, en notre position privilégiée dans le monde rural, nous pouvons l’écouter. En réponse à l’appel de vivre en un état d’exode, nous explorons les nouvelles possibilités de promouvoir des initiatives qui donnent la vie, comme expression de notre charisme de communion.
     
    25 Mai 2015
    La Communauté de  Florida de Liébana