Auteur/autrice : AdminWp

  • Mes 25 ans aux Philippines

    Le temps passe si vite! C’est comme si j’étais partie hier seulement ! ‘Tempus fugit’- c’est tellement vrai! Les Sœurs se ma Province pensaient que je voulais m’enfuir. Elles cherchaient de deviner les raisons de ma décision. Toutes leurs opinions sur ce sujet étaient erronées.
     
    Je n’ai jamais songé à partir en mission quand j’étais une jeune sœur. J’ai vécu avec les missionnaires, j’apprenais d’eux,  j’appréciais leurs personnalités, leur profond engagement en faveur de nos communautés autochtones. A la fin des années 70 les sœurs des deux Provinces sri-lankaises sont parties pour le Pakistan comme missionnaires. Je réfléchissais sur leur choix mais je n’ai jamais pensé d’être comme elles.
     
    En 1987, pendant un mois entier, j’ai participé à une session sur P.B. Noailles conduite par la Conseillère Générale Sœur Pushpam Gnanapragasam. Je n’étais pas très intéressée mais j’ai décidé de participer quand même. Pendant un mois je me suis livré complètement à l’étude et à la méditation des « Sources » et à l’écoute des Sœurs. Pendant une des sessions on nous a demandé de choisir une caractéristique de notre Fondateur que nous a particulièrement touché. J’ai choisi son « détachement ». Je me suis rendu compte qu’il était tellement attaché à Dieu qu’il a pu se détacher de tout ce que son cœur chérissait. Cela m’a fait penser à tous mes attachements grands et petits au devoir, aux personnes, à la réputation. J’ai éprouvé une sensation très forte que je devais faire quelque chose d’héroïque pour prouver à Dieu mon amour et ma prédilection pour Lui.  « Laisse tout et mets-toi en route » était la petite voix intérieure qui m’exhortait sans cesse. Ma question était pourtant où aller et comment ? J’ai prié beaucoup et finalement j’ai choisi les missions. Ma demande a été refusée la première fois, mais la seconde fois j’ai obtenu la permission. C’était le début de mon long voyage. Notre Supérieure Générale, Sœur Mary Slaven, pendant une de ses visites m’a demandé si j’étais prête pour aller aux Philippines. En mon for intérieur, j’optais pour un pays africain mais j’ai pensé « Pourquoi choisir » ? Je suis donc partie pour les Philippines en Octobre 1989.
     
    Il n’était pas facile pour moi de laisser tout ce que je chérissais. J’étais résolue à partir mais j’ai eu peur de laisser tout et d’aller vers l’inconnu. Cependant, j’avais l’espoir que le même Seigneur qui m’a conduite jusqu’ici aurait continué à voyager avec moi.
    Le processus de mon intégration a été choquant. J’étais abasourdie par la diversité des personnes, par la langue. Les gens me parlaient en Taglog, la langue locale, même s’ils savaient que j’étais nouvelle dans la mission. Cela m’a fait sentir étrangère et humble. J’avais l’impression que mon monde s’écroulait. Une grande consolation pour moi était la compagnie des Sœurs ! Finalement, je me suis rendu compte qu’il était nécessaire d’avoir beaucoup de patience avec moi-même et avec les autres.
     
    Bulan a été ma première communauté aux Philippines. J’habitais avec Eithne et Vivian, les deux pionnières. D’abord nous habitions dans une maison louée mais après un an environ nous sommes déménagées dans une autre maison, construite sur un ex-cimetière. Le terrain de l’ancien cimetière avait été alloué aux squatteurs avec qui nous partagions notre vie. Dans ce milieu, il était facile de former des relations humaines et de connaitre nos voisins, leurs croyances, valeurs et tout le reste. Nous avions plein de temps à disposition mais nous ne savions pas comment l’employer. C’était une expérience très frustrante pendant un peu de temps. Heureusement, Père Anghel De qui était le prêtre de notre paroisse nous a dit explicitement de joindre le groupe des modérateurs pastoraux. Nous avons donc commencé à participer aux activités du groupe et graduellement nous sommes devenues responsables de l’enseignement du catéchisme et de la formation des 180 catéchistes. Je me souviens des jours où nous allions de porte en porte pour demander de l’argent et du riz pour nourrir les catéchistes pendant leurs séminaires mensuels. J’ai travaillé comme enseignante et formatrice dans toutes les 4 communautés où j’étais assignée.
     
    J’ai été très intéressée à l’étude de la langue mais j’avais beaucoup de difficultés à parler. J’hésitais à ouvrir ma bouche avant d’avoir la phrase que j’allais prononcer bien formulée dans ma tête tandis que certaines de mes compagnes se prononçaient librement sans avoir peur de commettre des erreurs. Il nous arrivait de faire des erreurs terrifiantes qui nous faisaient beaucoup rire après. Une fois une sœur m’a demandé le nom d’une enseignante et au lieu de dire Mrs. Hermoso, j’ai dit Mrs Tsismis ce qui signifie « ragots ». Nous avions toutes l’occasion d’apprendre la langue officielle largement parlée aux Philippines. Pourtant, après avoir étudié, avec tout l’enthousiasme, un dialecte local voilà il fallait partir pour une autre région où les gens parlaient un autre dialecte. C’était vraiment frustrant ! Patience ! Patience!
     
    J’aimais beaucoup les rencontres pendant les séminaires, célébrations, funérailles et noces. C’étaient des occasions pour rencontrer nos amis, nos connaissances et pour connaître des gens nouveaux.   
    Les Philippins sont très accueillants et s’ils vous font confiance ils ouvrent leurs cours, partagent leurs joies et tristesses. Ils ne vous laisseraient jamais partir !
     
    87% des Philippins se dissent catholiques mais la majorité d’entre eux ne connaissent même pas les bases de la doctrine chrétienne. Le numéro des prêtres et religieux n’est pas proportionné à la population très nombreuse du pays. Il y a donc besoin de personnes laïques bien préparées pour enseigner le catéchisme et évangéliser. J’espère que la communauté ecclésiale répondra à ce besoin avec le temps !  
     
    Les Philippins sont fameux pour leur hospitalité et générosité. Spécialement pendant des célébrations ils accueillent tous dans leurs maisons, même ceux qui n’étaient pas invités. On dit souvent que le ciel est la seule limite à la générosité des Philippins. J’ai connu ici la « spiritualité de l’attente », j’ai appris à célébrer la vie sans avoir aucune possession mais dans un esprit de grande joie et reconnaissance en répétant ‘Salamat sa Dios’ (Dieu soit loué) ‘ Sa awa ng Dios ‘(Par la miséricorde de Dieu). Les Philippins prononcent ces paroles très souvent. Leurs foi est simple, ils ne connaissent peut-être pas très bien le catéchisme mais ils aiment Dieu et sa Sainte Mère comme s’ils étaient encore physiquement sur la terre, devant leurs yeux.  
     
    Il est difficile de décrire en quelques lignes mon expérience de ces 25 ans. Je n’ai rien perdu en partant en mission mais, au contraire, j’ai tout gagné. Il y a un temps pour tout. Maintenant, quand je suis rentrée dans ma province, mes bagages étaient légers mais mon cœur était lourd, plein de mémoires de la mission. Mon voyage continue selon le projet que Dieu a pour moi depuis l’éternité. Il n’importe pas si je suis ici ou dans une mission. La vocation principale est de chercher Dieu Seul en chaque chose et chaque situation.
     
    Salamat sa iyo O Dios, Mabuhay Pilipinas!
    Sr. Aquinas

  • L’EXPÉRIENCE AU-DEHORS A CHANGÉ MA VIE.

    Je m’appelle Jean Marilag.  Je suis une fille très simple, née dans une famille humble de San Isidro.  Mes parents sont fermiers. Ma mère m’a appris à craindre Dieu et à ne pas l’oublier dans ma vie quotidienne mais, à part cela, je n’avais aucune idée de Dieu. Je savais seulement que Jésus s’est sacrifié pour les hommes mais j’en ignorais la raison. Je suis entrée au couvent à l’âge de 17 ans sans avoir aucune connaissance de la Bible ou de la réalité de la vie religieuse. Je me sentais comme si je flottais en l’air. En plus, ma famille avait des problèmes et on m’a demandé de sortir du couvent. J’ai commencé à travailler comme vendeuse pour gagner de l’argent pour soutenir mon frère pendant ses études. Dans mon lieu de travail, j’ai rencontré beaucoup de personnes avec lesquelles je conversais chaque jour. Grâce à cela je suis devenue patiente, humble, attentive, présente, j’ai appris à être vigilante de ce que je disais et faisais, à être loyale et avoir confiance en moi.  J’ai acquis des connaissances et une expérience qui m’ont fait mûrir. J’ai fait face aux défis qui m’ont rendu plus cohérente.  Les personnes que j’ai rencontrées sont devenues mes amis. Pendant ce temps, Dieu m’a donné la possibilité de mieux connaître la réalité de vie.
     
    Je me suis souvent demandé si j’étais appelée à la vie religieuse et j’en parlais avec Dieu. Je lui ai toujours dit que je voulais accepter tout ce que Jésus voulait de moi. Mon expérience de travail m’a appris à être équilibrée dans chaque situation et à parler avant d’agir. Grâce à l’expérience de travail, je suis devenue plus autonome, forte et toujours prête à faire face aux défis. Cependant, tout cela ne m’a pas donné bonheur ou satisfaction. J’ai commencé à noter des signes de Dieu dans ma vie qui m’attiraient à la prière, à l’église, à l’adoration. Ainsi, j’ai commencé à passer des moments précieux avec Lui et à acquérir la paix intérieure.
    Quand le moment de tout quitter est arrivé, après avoir reconnu l’appel de Dieu, j’étais désorientée parce que je ne savais pas comment m’y prendre. Mais Dieu m’a indiqué le chemin et mon anxiété est disparue.  Il m’a montré comment tout était vain et mon cœur a trouvé son bonheur en Lui.
    Dieu a préparé sa fille choisie, Il a levé tous les obstacles et m’ai aidé à prononcer mon « Oui ».  Les trois ans de mon expérience au-dehors ont été une vraie préparation pour m’abandonner complètement à Lui.  Dieu ne m’a jamais laissée seule. Il m’a toujours indiqué le chemin et donné sa protection. J’ai pu constater qu’il est vraiment vivant et travaille sans arrêt à travers chacun et à travers moi-même.  Il est présent. Il est fidèle. Son amour est pour toujours. Ma vie est maintenant pleine de sens. L’amour de Dieu ne peut être comparé à rien dans ce monde. J’ai changé grâce à l’amour de Dieu. Je sens sa présence, Il chemine avec moi. 
     
    J’ai donc décidé résolument de rejoindre la Sainte Famille de Bordeaux. Après ma décision j’ai éprouvé une grande joie dans mon cœur parce que le Seigneur avait vraiment touché ma vie en m’appelant. Je suis très reconnaissante à la Famille de m’accueillir à nouveau dans la vie religieuse.  Dieu a agi à travers les Sœurs de la Sainte Famille qui ont provoqué un changement profond dans ma vie. Sans vous je ne serais pas ce qui je suis aujourd’hui. Vous m’avez appris à connaître Dieu et à avoir une relation intime avec Lui en m’accueillant et m’accompagnant dans mon discernement.
    Je sais que ce n’est qu’un début de mon voyage avec Jésus et la Sainte Famille. Je ferai tout mon possible pour poser les stables fondements de la foi pour pouvoir répéter sans cesse mon « Oui » au Seigneur pour que ma vie devienne fructueuse pour la Sainte Famille aux Philippines – pour la gloire de Dieu Seul ! 
    Jean Marilag (Pré-Novice)

  • La Sainte Famille réveille le Lesotho

     
     

    L’anniversaire des 150 ans de l’arrivée des Sœurs de la Sainte Famille au Lesotho tombe en l’année de la Vie Consacrée ce qui est une heureuse coïncidence. Le Pape François a demandé aux religieux de « réveiller le monde » et l’on peut surement dire que les Sœurs de la Sainte Famille ont réveillé Lesotho pour cette occasion.
    Dès le début de l’année, elles ont entrepris de visiter toutes les missions catholiques du pays et de raconter l’histoire de la Sainte Famille aux gens pendant les messes dominicales.  Elles ont partout reçu un accueil chaleureux et les gens écoutaient avec une grande attention le récit de la fondation de la Sainte Famille, l’explication de son charisme et de son but. C’était aussi une bonne occasion pour les Sœurs pour approfondir leur compréhension de l’héritage immense transmis à la Sainte Famille et à toute l’Eglise par Pierre Bienvenu Noailles.
    Les gens ont offert spontanément des dons en argent et en nature pour contribuer à la célébration de la grande journée de l’Anniversaire – le 25 avril. Il suffisait une seule mention de l’Anniversaire pour entendre le cri « Jubilé !!! » qui résonnait à travers tout le pays. Ce cri de ralliement accompagnait les Sœurs chaque fois qu’elles parlaient et pendant les transmissions télévisées et radiophoniques où les membres de la Sainte Famille – Sœurs et Associés Laïques – étaient interviewés. 
     
    La célébration n’aurait pas été complète sans la présence d’anciennes travailleuses de la vigne du Lesotho. Lil Meagher et moi-même de la Bretagne et Irlande et Sheila Griffiths du Pakistan avons eu la grande joie et le privilège d’être présentes. Nous étions partout accueillies avec des cris de joie assourdissants. Une de nos premiers « engagements » était une interview avec une station de radio catholique Spes Nostra, conduit par une jeune femme très compétente qui a aussi participé aux émissions du 25 avril.  
    La présence des Sœurs da la Province de Grande Bretagne et Irlande remonte aux premiers années du XX siècle avec l’arrivée de la Sœur Damase (Lucille) Gicquel de Jersey. La génération suivante commence en 1952 avec Ellen Butler, connue ici sous le nom de « Me Philipi », suivie en 1957 par Síle McGowan et plus tard par Teresa Edwards et Lil Meagher. Elles sont toutes restées pour longtemps. Martina Devane peut aussi être inclue ici. Après, celles qui sont arrivées étaient des volontaires à court terme (ordre imprécis) : infermières : Catherine McNulty, Marie de Lourdes Phelan, Agnes Davis et enseignantes : Elizabeth Murphy, Frances Darragh, Sheila Griffiths, Louis Marie Scullin et Bernadette Scanlon. Elles ont apporté une grande contribution à l’éducation et à la santé en travaillant dans les lycées et les écoles professionnelles des Sœurs de la Sainte Famille. Elles ont aussi travaillé comme infermières dans l’hôpital missionnaire et dans les cliniques et ont permis aux sœurs du Lesotho d’étudier et de se préparer pour être prêtes à prendre les commandes et assurer la succession dans les ministères qui étaient en évolution constante.
     
    Pendant la semaine que moi et Lil avons passé au Lesotho, avant les célébrations, Sœur Hyacintha, la Supérieure Provinciale, a mis une voiture avec chauffeur à  notre disposition et nous avons pu visiter les missions où nous avions travaillé. C’était merveilleux de constater comme elles s’étaient développées et étaient grandies avec un nombre plus élevé de personnes, constructions, écoles, cliniques en arrivant à obtenir d’excellents résultats. On pouvait sentir l’esprit de la Sainte Famille qui était la force motivante du personnel laïque, grâce à la direction des sœurs.
     
    La Sainte Famille a commencé aussi un nouveau projet en faveur d’enfants avec une déficience auditive ou d’élocution. La première école, appelée Kananelo (ce qui signifie Bienvenu en Sésotho) a été construite graduellement grâce aux donations des associations caritatives, parmi lesquelles la Sainte Famille, et est maintenant reconnue par le Département de l’Education. Les sept écoles de la Sainte Famille (cinq secondaires et deux primaires) ont participé dans la Célébration Eucharistique principale du 25 April. Les enfants de l’école Kananelo ont récité la prière du Notre Père en langue des signes.
      
    L’année précédant le Jubilé a été de grande activité et la semaine finale a été même plus chargée. Heureusement, le calme a prévalu jusqu’au dernier jour des préparatifs.  C’était une fête de deux jours. Le vendredi 24 avril a été un jour spécial pour Roma et St. Mary où tout a commencé. Les étudiants ont chanté à perdre haleine lors de la messe spéciale d’action de grâces pendant laquelle on a donné des certificats  à de nombreuses sœurs et personnes laïques en reconnaissance de leur service et de leur dévouement. C’était une joie sans borne ! Après la messe, nous sommes allés dans le cimetière pour honorer les personnes qui ont jeté les fondements pour les travailleurs et les travailleuses d’aujourd’hui, parmi lesquelles l’illustre Mère Marie-Joseph Angot, chef du groupe des Fondatrices arrivées il y a 150 ans.
     
    Pendant ce temps, les préparations continuaient pour le jubilé du lendemain. On a érigé des tentes, rangé les chaises, prépare la nourriture pour les nombreuses personnes attendues pour la célébration.
     
    Ce qui s’est passé dans les 24 heures suivantes est trop riche de signification et d’action pour pouvoir être décrit en quelques mots. C’est pour un autre moment, il faudra en écrire ou parler surtout pour celles et ceux qui en ont fait l’expérience et qui ont été l’objet de nombreuses enquêtes de la part des anciens élèves,  collaborateurs, amis,  patients…    
     
    Les gens du Lesotho ont une bonne mémoire et des cœurs loyaux.
     
    Khotso! Pula! Nala!
     
    Sile McGowan

  • Renforcer la fraternité et le dialogue avec l’islam

     

    Face au fanatisme et au terrorisme, le cardinal Tauran invité à « renforcer la fraternité et le dialogue » et il indique spécialement le rôle de la qualité des relations en famille et le rôle de l’école.
    Dans une « Déclaration du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux » publiée ce 22 avril, le président de ce dicastère, le cardinal français Jean-Louis Tauran exhorte à ne pas baisser les bras.
     
    Au contraire: « Nous sommes appelés, écrit-il, à renforcer la fraternité et le dialogue. Les croyants constituent un formidable potentiel de paix, si nous croyons que l’homme a été créé par Dieu et que l’humanité est une unique famille et plus encore si nous croyons, comme nous, chrétiens, que Dieu est amour. Continuer à dialoguer, même quand on fait l’expérience de la persécution, peut devenir un signe d’espérance ».
    Il exhorte au respect de la dignité humaine et à la liberté religieuse: « Ce n’est pas que les chrétiens veuillent imposer leur vision de la personne et de l’histoire, mais ils veulent proposer le respect des différences, la liberté de pensée et de religion, la sauvegarde de la dignité humaine et l’amour de la vérité. »
     
    Il souligne notamment la responsabilité des familles et de l’école : « Nous devons avoir le courage de revoir la qualité de la vie en famille, les modalités d’enseignement de la religion et de l’histoire, le contenu des prédications dans nos lieux de culte. Surtout, la famille et l’école sont les clés pour que le monde de demain se base sur le respect réciproque et sur la fraternité. »
     
    Déclaration du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le 22 avril
    Les événements de ces derniers temps font que beaucoup se demandent : « Y a-t-il encore un espace pour dialoguer avec les musulmans ? » La réponse est : oui, plus que jamais.
    Avant tout parce que la grande majorité des musulmans eux-mêmes ne se reconnaissent pas dans la barbarie en acte.
    Malheureusement, aujourd’hui, le mot « religion » est souvent associé au mot « violence », tandis que les croyants doivent démontrer que les religions sont appelées à être porteuses de paix et non de violence.
    Tuer, en invoquant une religion, n’est pas seulement offenser Dieu mais c’est aussi une défaite de l’humanité. Le 9 janvier 2006, le pape Benoît XVI, s’adressant au Corps diplomatique et parlant du danger des affrontements entre civilisations et, en particulier, du terrorisme organisé, affirmait : « Aucune circonstance ne peut justifier cette activité criminelle, qui couvre d’infamie celui qui l’accomplit et qui est d’autant plus blâmable qu’elle se pare du bouclier d’une religion, rabaissant ainsi au niveau de son aveuglement et de sa perversion morale la pure vérité de Dieu. »
    Malheureusement, nous assistons ces derniers jours à une radicalisation du discours communautaire et religieux, avec les risques qui en découlent de voir augmenter la haine, la violence, le terrorisme et la stigmatisation croissante et banalisée des musulmans et de leur religion.
    Dans ce contexte, nous sommes appelés à renforcer la fraternité et le dialogue. Les croyants constituent un formidable potentiel de paix, si nous croyons que l’homme a été créé par Dieu et que l’humanité est une unique famille et plus encore si nous croyons, comme nous, chrétiens, que Dieu est amour. Continuer à dialoguer, même quand on fait l’expérience de la persécution, peut devenir un signe d’espérance. Ce n’est pas que les chrétiens veuillent imposer leur vision de la personne et de l’histoire, mais ils veulent proposer le respect des différences, la liberté de pensée et de religion, la sauvegarde de la dignité humaine et l’amour de la vérité.
    Nous devons avoir le courage de revoir la qualité de la vie en famille, les modalités d’enseignement de la religion et de l’histoire, le contenu des prédications dans nos lieux de culte. Surtout, la famille et l’école sont les clés pour que le monde de demain se base sur le respect réciproque et sur la fraternité.
    Unissant notre voix à celle du pape François, nous disons : « Par conséquent, la violence qui cherche une justification religieuse mérite la plus forte condamnation, parce que le Tout-Puissant est le Dieu de la vie et de la paix. Le monde attend, de la part de tous ceux qui prétendent l’adorer, qu’ils soient des hommes et des femmes de paix, capables de vivre comme des frères et des sœurs, malgré les différences ethniques, religieuses, culturelles ou idéologiques » (Ankara, 28 novembre 2014).

  • RECONNAISSANCE AUX SOEURS DE LA SAINTE- FAMILLE

     

     
    A l’initiative des anciens membres de l’Association « Des pères de familles » qui géraient l’unique école maternelle de Martillac (qui s’est rapprochée de l’école catholique de La Sauque à La Brède) une plaque de reconnaissance a été inaugurée le 11 avril, devant la nouvelle école maternelle de Martillac :
     
     
     
    En souvenir des Sœurs de la Sainte-Famille
    Qui ont œuvré de 1912 à 1998
    Auprès des enfants de Martillac
    A l’Ecole Maternel
     Legs de la Famille Vayssières
     
    Plusieurs martillacais ayant fréquenté l’école « des Sœurs » sont venus se joindre aux sœurs des communautés de la Gironde, retrouvant avec une immense joie Sœur Marie – Thérèse (Béatrice Fontaneda) et Sœur Paulette Coupé. Que de souvenirs ! Lucette, Bethléem et Denise qui n’ont pu se déplacer ont du les entendre partager ces heureuses retrouvailles.
     
    Monsieur le Maire (lui-même, ancien élève de l’école) et son conseil ont souhaité que cette manifestation soit  l’occasion d’une manifestation mêlant le passé et le présent. C’est ainsi qu’après l’inauguration de la plaque de reconnaissance, nous nous sommes dirigés vers les nouveaux équipements adaptés aux besoins des nouvelles générations : les jeux pour le jardin d’enfants, le city – stade (volley, basket) une classe et l’agrandissement du restaurant scolaire.
     
     Cette « déambulation » sous un soleil printanier, à l’allure « bon enfant » permettait de retrouver amis et connaissances et d’apprécier la dynamique d’une commune qui s’agrandit énormément.
    A la suite des discours, les élus se réjouissant de partager ce moment chaleureux et familial, le verre de l’amitié a clôturé cette belle initiative !

     
    Merci, nos Sœurs !  Vous nous permettaient aujourd’hui, de célébrer :
    « Un chant à la vie, à la communion
    A l’accueil de la diversité, à l’inclusion,
    A l’interrelation avec tout ce qui existe,
    Parvenant à l’harmonie,
    Que nous ne pouvons imaginer qu’en Dieu »
                                                    Choisir la Vie (page 9)
     
                                                                                                            La communauté de Martillac

  • MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 52e JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS

     
     

    Thème : L’exode, expérience fondamentale de la vocation
    Chers frères et sœurs,
    Le quatrième dimanche de Pâques nous présente l’icône du Bon Pasteur qui connaît ses brebis, les appelle, les nourrit et les conduit. En ce dimanche, depuis plus de 50 ans, nous vivons la Journée mondiale de prière pour les Vocations. Elle nous rappelle chaque fois l’importance de prier pour que, comme a dit Jésus à ses disciples, « le maître de la moisson envoie des ouvriers pour sa moisson » (cf. Lc 10, 2). Jésus exprime ce commandement dans le contexte d’un envoi missionnaire : il a appelé, outre les douze apôtres, soixante-douze autres disciples et il les envoie deux par deux pour la mission (Lc 10, 1-16). En effet, si l’Église « est par sa nature missionnaire » (Conc. Œcum. Vat. II Décret Ad gentes, n. 2), la vocation chrétienne ne peut que naître à l’intérieur d’une expérience de mission. Aussi, écouter et suivre la voix du Christ Bon Pasteur, en se laissant attirer et conduire par lui et en lui consacrant sa vie, signifie permettre que l’Esprit-Saint nous introduise dans ce dynamisme missionnaire, en suscitant en nous le désir et le courage joyeux d’offrir notre vie et de la dépenser pour la cause du Royaume de Dieu.
    L’offrande de sa vie dans cette attitude missionnaire est possible seulement si nous sommes capables de sortir de nous-mêmes. En cette 52ème Journée mondiale de prière pour les Vocations, je voudrais donc réfléchir sur cet “exode” particulier qu’est la vocation, ou, mieux, notre réponse à la vocation que Dieu nous donne. Quand nous entendons la parole “exode”, notre pensée va immédiatement aux débuts de la merveilleuse histoire d’amour entre Dieu et le peuple de ses enfants, une histoire qui passe à travers les jours dramatiques de l’esclavage en Égypte, l’appel de Moïse, la libération et le chemin vers la Terre promise. Le livre de l’Exode – le second livre de la Bible –, qui raconte cette histoire, représente une parabole de toute l’histoire du salut, et aussi de la dynamique fondamentale de la foi chrétienne. En effet, passer de l’esclavage de l’homme ancien à la vie nouvelle dans le Christ est l’œuvre rédemptrice qui advient en nous par la foi (Ep 4, 22-24). Ce passage est un “exode” véritable et particulier, c’est le chemin de l’âme chrétienne et de l’Église entière, l’orientation décisive de l’existence tournée vers le Père.
    À la racine de chaque vocation chrétienne, il y a ce mouvement fondamental de l’expérience de foi : croire veut dire se laisser soi-même, sortir du confort et de la rigidité du moi pour centrer notre vie en Jésus Christ ; abandonner comme Abraham sa propre terre en se mettant en chemin avec confiance, sachant que Dieu indiquera la route vers la nouvelle terre. Cette “sortie” n’est pas à entendre comme un mépris de sa propre vie, de sa propre sensibilité, de sa propre humanité ; au contraire, celui qui se met en chemin à la suite du Christ trouve la vie en abondance, en se mettant lui-même tout entier à la disposition de Dieu et de son Royaume. Jésus dit : « Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle » (Mt 19, 29). Tout cela a sa racine profonde dans l’amour. En effet, la vocation chrétienne est surtout un appel d’amour qui attire et renvoie au-delà de soi-même, décentre la personne, amorçant « un exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu » (Benoît xvi, Lett. enc. Deus caritas est, n.6).
    L’expérience de l’exode est un paradigme de la vie chrétienne, en particulier de celui qui embrasse une vocation de dévouement particulier au service de l’Évangile. Il consiste en une attitude toujours renouvelée de conversion et de transformation, dans le fait de rester toujours en chemin, de passer de la mort à la vie ainsi que nous le célébrons dans toute la liturgie : c’est le dynamisme pascal. Au fond, depuis l’appel d’Abraham à celui de Moïse, depuis le chemin pérégrinant d’Israël dans le désert à la conversion prêchée par les prophètes, jusqu’au voyage missionnaire de Jésus qui culmine dans sa mort et sa résurrection, la vocation est toujours cette action de Dieu qui nous fait sortir de notre situation initiale, nous libère de toute forme d’esclavage, nous arrache à nos habitudes et à l’indifférence et nous projette vers la joie de la communion avec Dieu et avec les frères. Répondre à l’appel de Dieu, donc, c’est le laisser nous faire sortir de notre fausse stabilité pour nous mettre en chemin vers Jésus Christ, terme premier et dernier de notre vie et de notre bonheur.
    Cette dynamique de l’exode ne concerne pas seulement l’appel particulier, mais l’action missionnaire et évangélisatrice de toute l’Église. L’Église est vraiment fidèle à son Maître dans la mesure où elle est une Église “en sortie”, sans être préoccupée d’elle-même, de ses structures et de ses conquêtes, mais plutôt capable d’aller, de se mouvoir, de rencontrer les enfants de Dieu dans leur situation réelle et de compatir à leurs blessures. Dieu sort de lui-même dans une dynamique trinitaire d’amour, écoute la misère de son peuple et intervient pour le libérer (Ex 3, 7). L’Église est aussi appelée à cette manière d’être et d’agir : l’Église qui évangélise sort à la rencontre de l’homme, annonce la parole libératrice de l’Évangile, prend soin avec la grâce de Dieu des blessures des âmes et des corps, relève les pauvres et ceux qui sont dans le besoin.
    Chers frères et sœurs, cet exode libérateur vers le Christ et vers les frères représente aussi le chemin vers la pleine compréhension de l’homme et pour la croissance humaine et sociale dans l’histoire. Écouter et accueillir l’appel du Seigneur n’est pas une question privée et intimiste qui peut se confondre avec l’émotion du moment ; c’est un engagement concret, réel et total, qui embrasse notre existence et la met au service de la construction du Royaume de Dieu sur la terre. Par conséquent, la vocation chrétienne, enracinée dans la contemplation du cœur du Père, pousse en même temps à l’engagement solidaire en faveur de la libération des frères, surtout des plus pauvres. Le disciple de Jésus a le cœur ouvert à son horizon immense, et son intimité avec le Seigneur n’est jamais une fuite de la vie et du monde mais, au contraire, « se présente essentiellement comme communion missionnaire » (Exhort. Apost. Evangelii gaudium, n. 23).
    Cette dynamique d’exode vers Dieu et vers l’homme remplit la vie de joie et de sens. Je voudrais le dire surtout aux plus jeunes qui, en raison de leur âge et de la vision de l’avenir qui s’ouvre devant leurs yeux, savent être disponibles et généreux. Parfois, les inconnues et les préoccupations pour l’avenir et l’incertitude qui entache le quotidien risquent de paralyser leurs élans, de freiner leurs rêves au point de penser qu’il ne vaut pas la peine de s’engager et que le Dieu de la foi chrétienne limite leur liberté. Au contraire, chers jeunes, n’ayez pas peur de sortir de vous-même et de vous mettre en chemin ! L’Évangile est la Parole qui libère, transforme et rend plus belle notre vie. Comme il est beau de se laisser surprendre par l’appel de Dieu, d’accueillir sa Parole, de mettre les pas de votre existence dans les pas de Jésus, dans l’adoration du mystère divin et du dévouement généreux aux autres ! Votre vie deviendra chaque jour plus riche et plus joyeuse !
    La Vierge Marie, modèle de toute vocation, n’a pas craint de prononcer son “fiat” à l’appel du Seigneur. Qu’elle vous accompagne et qu’elle vous guide. Avec le courage généreux de la foi, Marie a chanté la joie de sortir d’elle-même et de confier à Dieu ses projets de vie. Nous nous adressons à elle pour être pleinement disponibles au dessein que Dieu a sur chacun de nous ; pour que grandisse en nous le désir de sortir et d’aller, avec sollicitude, vers les autres (cf. Lc 1, 39). Que la Vierge Mère nous protège et qu’elle intercède pour nous tous !
    Du Vatican, le 29 mars 2015
    Dimanche des Rameaux

  • Congrès International pour les Formateurs à la Vie Consacrée

     
     

    C’était un évènement unique dans l’histoire de l’Eglise. 1310 religieux et religieuses provenant de 106 pays et 416 instituts religieux se sont réunis à Rome du 7 au 11 avril 2015.  La présence des religieux arrivés des pays où vivre la consécration constitue un défi ou un risque a été très signifiante. 
    Le Congrès a été organisé dans le cadre de l’Année de la Vie Consacrée et avait pour objectif de « réfléchir sur les aspects fondamentaux de la vie consacrée dans l’Eglise et dans le monde, dans un contexte multiculturel, et examiner les exigences de formation que ce contexte implique. » 
    Tout le programme a été focalisé sur la formation en tant que processus d’éducation des jeunes les portant à avoir en eux « les sentiments qui étaient en Jésus Christ » (Phil. 2,5) et à « parcourir les chemins du monde avec le Cœur du Fils ». Le thème de chaque journée était développé sur la base scripturaire en relation avec le monde actuel.  Ainsi la réflexion et le dialogue de chaque jour montraient la formation comme un processus continuel, un voyage sans fin. On a mis l’accent sur l’exemple donné par Jésus – toute sa vie était une école, il n’a jamais cessé de former ses disciples.
    Chaque jour commençait et se terminait avec une prière préparée par les différents continents : l’Asie, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. La diversité culturelle et la créativité ont enrichie la célébration. Le point culminant était la célébration Eucharistique dans la Basilique Saint-Pierre suivie par une audience spéciale avec le Pape François le dernier jour du Congrès.
    La Sainte Famille a été privilégiée de participer à ce Congrès avec Geni Dos Santos et Kumudinie Dassanayake.

  • Le Seigneur est ressuscité!

     
     

    Si j’avais été là pour entendre ce message qui venait d’être proclamé pour la première fois, aurais-je cru ? Je m’en doute fort. Comment aurais-je pu croire une chose pareille ?  Je n’accuse donc pas ceux qui n’ont pas cru. Comment pouvait-on dire qu’Il était ressuscité ? Il peut y avoir d’autres explications pour un tombeau vide. Quelqu’un aurait pu prendre son corps ou bien les femmes auront pu confondre les tombeaux ce matin-là. Le tombeau vide peut être un symbole de la Résurrection mais il ne peut pas être une preuve de la Résurrection de Jésus.
     
    Nous croyons à la résurrection grâce aux témoignages de ceux et celles qui ont fait l’expérience du Seigneur ressuscité. Ils l’ont vu, lui ont parlé et ont rompu le pain avec Lui. Ceux qui avaient suivi Jésus et avaient souffert avec Lui, l’ont rencontré aussi après sa résurrection. Nous croyons à leur témoignage non seulement à cause de leur expérience mais avant tout parce que nous aussi expérimentons Jésus dans notre vie. 
     
    J’ai assisté maintes fois aux conversations de mes amis Bouddhistes parlant de leur religion. Je pense que c’est une belle religion. Il n’y a pas de véritable dogme ou croyance. C’est un beau chemin de vie qui engage le cœur et l’esprit. Je sens que ce qui me fait adhérer à la fois Chrétienne c’est l’expérience personnelle de Dieu dans ma vie. Jésus dont parlent les Evangiles n’est pas un Jésus mort. Il est vivant et présent dans ma vie. Je fais l’expérience de sa présence dans ma vie même s’il est difficile d’expliquer cela aux autres. C’est une expérience qui ne peut être communiquée que par le témoignage de vie. Je ne sais pas si j’ai réussi à la transmettre aux autres mais je sais, sans doute, que beaucoup de personnes l’ont communiquée à moi à travers le témoignage de leur vie. C’est possible. Essayons de le faire. Le plus grand défi pour moi pendant ces fêtes de Pâques est de rester en contact avec le Seigneur Ressuscité et d’être son témoin.
     
     Sœur Winifreda Wasalathanthrige 

  • ALLELUIA! ALLELUIA!

     
     

    Ecoutez l’Ange: « Ne soyez pas effrayées ! »
    « Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » (Marc 16:8)
    Quand j’oublie mon identité de l’enfant bien-aimé de Dieu, je perds mon chemin.  Je commence à avoir peur et, par conséquence, je perds la liberté. Je me préoccupe de plaire aux autres et je perds ma vraie identité. Je fais tout pour éviter le rejet, l’abandon, la solitude. Je m’attache à ce qui est sûr pour moi ; les gens, mon travail et même mes passe-temps. Tout cela peut m’aider à plaire aux gens mais me conduit inévitablement à perdre le contact avec ma bénédiction originelle – l’amour profond et éternel de Dieu. Jésus m’a donné son annonce : « Ne sois pas effrayée, je suis venu afin que tu aies la vie, et que tu sois dans l’abondance. » Quand Jésus a appelé Marie par son nom, lorsqu’elle était assise près du tombeau vide, elle a reconnu sa voix et a été de nouveau comblée d’amour.
     
    En ce jour de Pâques, permet à Jésus de t’appeler par ton nom…et reçois son message de Paix. Puissent les gens de nos pays : l’Afrique du Sud, l’Ouganda et le Rwanda, entendre Jésus qui les appelle par leur nom dans son message Pascal de paix et d’amour que vous proclamez avec tant de force.  Je prie afin que vous ayez le courage de sortir de la saison de Carême et aller vers la joie de la Nouvelle Vie qui s’ouvre devant vous et conduit à la résurrection. Roulez la pierre de l’insécurité, de la sujétion, de l’anxiété, laissez les peurs, écoutez le message de l’ange, permettez à Jésus-Christ de vous appeler par votre nom et expérimentez la gloire de la Nouvelle Vie. Puisse votre cœur être brûlant en vous lorsqu’Il marche avec vous sur les chemins de votre vie, lorsqu’il vous parle et vous ouvre les Écritures. Puissiez-vous le reconnaître toujours quand il rompe le pain de votre vie avec vous.
     Bénédiction Pascale de Sœur Kathleen
    *(Source: Weavings – Holy Family in South Africa) 

  • Année de la vie consacrée : Avec le Pape au temps du Carême – 6

     
     
    Le discernement dans nos décisions 
    En tant que provincial des Jésuites aux temps d’une dictature militaire et en tant que Archevêque de Buenos Aires, le pape François avait à prendre des décisions difficiles. Toutes n’étaient pas correctes, comme il avoue. Dans une interview remarquable avec le rédacteur d’une revue jésuite, il parle de son expérience, comment la voie ignacienne de le « discernement spirituel » ne procure pas une grande sûreté dans les décisions journalières, mais bien la paix intérieure.
     
    Le discernement se réalise toujours en présence du Seigneur, en regardant les signes, en étant attentif à ce quiarrive, au ressenti des personnes, spécialement des pauvres. Mes choix, même ceux de la vie quotidienne, comme l’utilisation d’une voiture modeste, sont liés à un discernement spirituel répondant à une exigence qui naît de ce qui arrive, des personnes, de la lecture des signes des temps. Le discernement dans le Seigneur me guide dans ma manière de gouverner.
     
    Ce discernement requiert du temps. Nombreux sont ceux qui pensent que les changements et les réformes peuvent advenir dans un temps bref. Je crois au contraire qu’il y a toujours besoin de temps pour poser les bases d’un changement vrai et efficace… Je dois attendre, évaluer intérieurement, en prenant le temps nécessaire… Dieu se manifeste dans le temps et il est présent dans les processus de l’histoire. Cela conduit à privilégier les actions qui génèrent des dynamiques nouvelles. Cela requiert patience et attente.
    Cette vertu du grand et du petit, c’est ce que j’appelle la magnanimité. À partir de l’espace où nous sommes, elle nous fait toujours regarder l’horizon. C’est faire les petites choses de tous les jours avec un coeur grand ouvert à Dieu et aux autres. C’est valoriser les petites choses à l’intérieur de grands horizons, ceux du Royaume de Dieu … On peut avoir de grands projets et les réaliser en agissant sur des choses minimes. Ou on peut utiliser de faibles moyens qui s’avèrent plus efficaces que des plus forts.
    Dans ce chercher et trouver Dieu en toutes choses, il reste toujours une zone d’incertitude. Elle doit exister. Si quelqu’un dit qu’il a rencontré Dieu avec une totale certitude et qu’il n’y a aucune marge d’incertitude, c’est que quelque chose ne va pas…Si quelqu’un a la réponse à toutes les questions, c’est la preuve que Dieu n’est pas avec lui, que c’est un faux prophète qui utilise la religion à son profit. Les grands guides du peuple de Dieu, comme Moïse, ont toujours laissé un espace au doute. Si l’on doit laisser de l’espace au Seigneur, et non à nos certitudes, c’est qu’il faut être humble. L’incertitude se rencontre dans tout vrai discernement qui est ouvert à la confirmation de la consolation spirituelle.
    Il faut une attitude contemplative : sentir que l’on va par un bon chemin de compréhension et d’action à l’égard des choses et des situations. Le signe en est celui d’une paix profonde, d’une consolation spirituelle, de l’amour de Dieu et de toutes les choses en Dieu.
     
    Comment prenons-nous des décisions importantes dans nos communautés ou dans des équipes de direction ?
    Comment est-ce que je vis/comment vivons-nous avec le « domaine de l’insécurité » qui fait partie de toutes les décisions ?