Auteur/autrice : AdminWp

  • gesti concreti nell’ultimo mese del Giubileo

    Cattolici in Sri Lanka: gesti concreti nell’ultimo mese del Giubileo
    di Melani Manel Perera

    Circa 1.000 membri dell’Associazione Sacra Famiglia hanno discusso di amore e misericordia. I cattolici hanno formato vari gruppi; da ognuno di essi sono scaturite iniziative: non emarginare i compagni di classe; organizzare messe per gli ammalati; condividere le decisioni in famiglia.
    Colombo (AsiaNews) – Gesti concreti da compiere durante l’ultimo mese del Giubileo della misericordia, in modo da diffondere l’amore e la misericordia di Gesù in Sri Lanka. È la decisione presa da circa 1.000 membri dell’Associazione Sacra Famiglia, che si sono incontrati a Wennappuwa, nella diocesi di Chilaw [sulla costa centrale del Paese] per celebrare la Festa della famiglia.
    Il tema dell’incontro era “Rendiamo vivo il volto della misericordia nella nostra famiglia”. Vari rami della Holy Family hanno partecipato all’evento: quello apostolico, delle suore contemplative, laici, sacerdoti e degli istituti secolari.
    Suor Anna Maria, superiora generale, ha detto che i membri della Sacra Famiglia “hanno la responsabilità di applicare ogni giorno la misericordia di Dio nella nostra vita. ‘Misericordia’ ha uno stretto legame con la nostra Associazione, perciò dobbiamo metterla in pratica sempre”.
    I presenti si sono divisi in vari gruppi. Dai loro lavori sono emerse varie iniziative: i bambini hanno deciso di amare l’ambiente, non ignorare i compagni di classe in difficoltà, utilizzare tra di loro buone parole, mettere al servizio degli altri le proprie capacità.
    I giovani hanno preso l’impegno di distribuire libri di testo, zaini, materiale e uniformi nelle scuole delle aree rurali che presentano maggiori difficoltà; organizzare messe speciali per i malati che non riescono a recarsi in chiesa; distribuire pasti ai mendicanti; piantare alberi per seguire le indicazioni del papa sul rispetto dell’ambiente; infine, devolvere il ricavato del talent show giovanile all’Ospedale nazionale per la cura del cancro.
    Il gruppo dei sacerdoti incoraggerà i fedeli alla confessione e a creare un rapporto di maggiore vicinanza con Dio. Inoltre ascolteranno con più sensibilità le sofferenze delle persone, spingeranno i fedeli a ricercare la salvezza in Dio piuttosto che la sete di vendetta, ad ascoltare i bisogni dell’altro, rispettarlo ed accoglierlo.
    Volendo dare il buon esempio ai figli, i genitori hanno deciso di promuovere l’amore all’interno della famiglia, prendendo le decisioni in maniera condivisa tra padre e madre, sviluppando la fiducia tra i familiari e meditando di continuo sulla Parola di Dio.
     
     

  • Ma participation aux JMJ

    Pour la première fois dans ma vie j’ai participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse. C’était un évènement très spécial qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je suis contente qu’il ait eu lieu en Pologne parce que, grâce à cela, beaucoup de jeunes polonais ont pu y participer.  Autrement, les coûts pour beaucoup d’entre eux auraient été trop élevés pour envisager un voyage à l’étranger.
    Les préparatifs à cet évènement ont duré trois ans dans tous les diocèses de la Pologne. Il y a eu des catéchèses et d’autres rencontres dans les paroisses.  Finalement, le grand jour était arrivé. Les jeunes du monde entier ont d’abord passé une semaine dans diverses villes polonaises. Il y a eu des concerts, rencontres de prière, soirées animées, excursions etc. Chaque sœur a participé dans les rencontres avec les jeunes et nous avons aussi hébergé des pèlerins.
    Le 25 juillet la plupart des pèlerins se sont dirigés vers Cracovie pour prendre part aux célébrations principales des JMJ. Les jeunes du monde entier sont venus pour rencontrer le Pape et leurs pairs des différents pays.  La diversité des langues, cultures et nations n’a pas été un obstacle pour entrer en relation et avoir la sensation d’être une grande Famille de Dieu. Partout dans les rues les jeunes acclamaient le Seigneur. L’atmosphère était très cordiale, tout le monde souriait malgré les fatigues du pèlerinage.
    Quand le Saint-Père est arrivé, la joie a atteint son apogée. Tout le monde l’a applaudi. Quand le Pape a commencé à parler il y a eu un silence complet pourtant; les pèlerins ont écouté ses paroles avec une grande concentration. Ensuite il y a eu la prière, les chants, la danse. Je pense que pour beaucoup de personnes cela a été une occasion pour approfondir la foi, l’espoir et l’amour. Le témoignage de ces jeunes venus du monde entier est le meilleur moyen de la Nouvelle Évangélisation.
    Sœur Aneta

  • Jubilé de 25 ans de vie religieuse de Sœur Iwona

    Saint Paul dans sa lettre aux Romains, écrit « …toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos. » Oui, c’est vrai Dieu ne cesse jamais d’aimer et s’Il a choisi une fois, Il renouvèle toujours son choix avec sa grâce, sa miséricorde et surtout sa fidélité. Et bien que mon amour et ma fidélité soient si souvent maladroits et faibles, Il m’a donné la grâce de me réjouir de mon jubilé de 25 ans de vie consacrée. Ma joie était vraiment énorme, aussi parce que le jubilé a coïncidé avec la fin de ma retraite annuelle le jour de la fête de Notre-Dame du Mont Carmel. Et ce fut la même chose dans la paroisse de Gorzyce où le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie, pendant la messe du soir, j’ai pu remercier Dieu avec les prêtres, les sœurs de la communauté, les enseignants, les jeunes, les enfants et les paroissiens pour la présence du Seigneur dans ma vie au sein de la Sainte Famille. Après des mots chaleureux du Père Doyen et les vœux des présents, j’ai remercié tout le monde en demandant de continuer à prier pour moi. J’ai distribué des images commémoratives, pour lesquelles je remercie notre Provinciale, et des sucreries. Je saisis cette occasion pour remercier toutes les communautés qui se souvenaient de mon anniversaire et m’ont accompagnée avec leurs prières, paroles, gestes et cadeaux. Que Dieu Seul soit votre joie et votre bénédiction.
    Sœur Iwona Debska, SFB

  • Message pour la sauvegarde de la création

    PAPE FRANÇOIS
    Message pour la deuxième Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création
    1er septembre 2016
    Usons de miséricorde envers notre maison commune
     
    En union avec les frères et les sœurs orthodoxes, et avec l’adhésion d’autres Églises et Communautés chrétiennes, l’Église catholique célèbre aujourd’hui l’annuelle « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création ». Cette occasion entend offrir « à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons ».
    Il est très encourageant que la préoccupation pour l’avenir de notre planète soit partagée par les Églises et les Communautés chrétiennes avec d’autres religions. En effet, au cours des dernières années, de nombreuses initiatives ont été prises par des Autorités religieuses et par des organisations pour sensibiliser encore plus l’opinion publique aux dangers de l’exploitation irresponsable de la planète. Je voudrais mentionner ici le Patriarche Bartholomée et son prédécesseur Dimitrios, qui pendant de nombreuses années se sont prononcés constamment contre le péché de provoquer des dommages à la création, attirant l’attention sur la crise morale et spirituelle qui est à la base des problèmes environnementaux et de la dégradation. Répondant à l’attention croissante pour l’intégrité de la création, la Troisième Assemblée Œcuménique Européenne (Sibiu, 2007), proposait de célébrer un « Temps pour la Création » d’une durée de cinq semaines entre le 1er septembre (mémoire orthodoxe de la divine création) et le 4 octobre (mémoire de François d’Assise dans l’Église catholique et dans certaines autres traditions occidentales). A partir de ce moment cette initiative, avec l’appui du Conseil Mondial des Églises, a inspiré de nombreuses activités œcuméniques dans diverses parties du monde. Ce doit être aussi un motif de joie le fait que dans le monde entier des initiatives similaires, qui promeuvent la justice environnementale, la sollicitude envers les pauvres et l’engagement responsable à l’égard de la société, font se rencontrer des personnes, surtout des jeunes, de divers contextes religieux. Chrétiens et non-chrétiens, personnes de foi et de bonne volonté, nous devons être unis pour montrer de la miséricorde envers notre maison commune – la terre – et valoriser pleinement le monde dans lequel nous vivons comme lieu de partage et de communion.
    1. La terre crie…
    Avec ce Message, je renouvelle le dialogue avec chaque personne qui habite cette planète au sujet des souffrances qui affligent les pauvres et la dévastation de l’environnement. Dieu nous a fait don d’un jardin luxuriant, mais nous sommes en train de le transformer en une étendue polluée de « décombres, de déserts et de saletés » (Enc. Laudato si’, n. 161). Nous ne pouvons pas nous résigner ou être indifférents à la perte de la biodiversité et à la destruction des écosystèmes, souvent provoquées par nos comportements irresponsables et égoïstes. « A cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. Nous n’en avons pas le droit » (ibid. n. 33).
    La planète continue à se réchauffer, en partie à cause de l’activité humaine : 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et probablement 2016 le sera encore plus. Cela provoque sécheresse, inondations, incendies et événements météorologiques extrêmes toujours plus graves. Les changements climatiques contribuent aussi à la crise poignante des migrants forcés. Les pauvres du monde, qui sont aussi les moins responsables des changements climatiques, sont les plus vulnérables et en subissent déjà les effets.
    Comme l’écologie intégrale le met en évidence, les êtres humains sont profondément liés les uns aux autres et à la création dans son ensemble. Quand nous maltraitons la nature, nous maltraitons aussi les êtres humains. En même temps, chaque créature a sa valeur propre intrinsèque qui doit être respectée. Écoutons « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (ibid. n. 49), et cherchons à comprendre attentivement comment pouvoir assurer une réponse adéquate et rapide.
    2. …parce que nous avons péché
    Dieu nous a donné la terre pour la cultiver et la garder (cf. Gn 2, 15) avec respect et équilibre. La cultiver « trop » – c’est-à-dire en l’exploitant de manière aveugle et égoïste –, et la garder peu est un péché.
    Avec courage le cher Patriarche Œcuménique Bartholomée a, à maintes reprises et prophétiquement, mis en lumière nos péchés contre la création : « Que les hommes détruisent la diversité biologique dans la création de Dieu ; que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes polluent les eaux, le sol, l’air : tout cela, ce sont des péchés ». En effet, « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ».
    Face à ce qui arrive à notre maison, puisse le Jubilé de la Miséricorde appeler les fidèles chrétiens « à une profonde conversion intérieure » (Enc. Laudato si’, n. 217), soutenue de façon particulière par le Sacrement de la Pénitence. En cette Année jubilaire, apprenons à chercher la miséricorde de Dieu pour les péchés contre la création que jusqu’à maintenant nous n’avons pas su reconnaître et confesser ; et engageons-nous à accomplir des pas concrets sur la route de la conversion écologique, qui demande une claire prise de conscience de notre responsabilité à l’égard de nous-mêmes, du prochain, de la création et du Créateur (cf.ibid. nn. 10 ; 229).
    3. Examen de conscience et repentir
    Le premier pas sur ce chemin est toujours un examen de conscience, qui « implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses […] Cette conversion implique aussi la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l’univers une belle communion universelle. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres » (ibid. n. 220).
    A ce Père plein de miséricorde et de bonté, qui attend le retour de chacun de ses enfants, nous pouvons nous adresser en reconnaissant nos péchés envers la création, les pauvres et les générations futures. « Dans la mesure où tous nous causons de petits préjudices écologiques », nous sommes appelés à reconnaître « notre contribution, petite ou grande, à la défiguration et à la destruction de la création ». C’est le premier pas sur le chemin de la conversion.
    En l’an 2000, qui fut aussi une Année jubilaire, mon prédécesseur saint Jean-Paul II a invité les catholiques à reconnaître leurs torts pour l’intolérance religieuse passée et présente, ainsi que pour les injustices commises envers les Juifs, les femmes, les peuples indigènes, les immigrés, les pauvres et les enfants à naître. En ce Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, j’invite chacun à faire de même. Comme individus, désormais habitués à des styles de vie entrainés soit par une culture mal comprise du bien-être soit par un « désir désordonné de consommer plus qu’il n’est réellement nécessaire » (ibid. n. 123), et comme participants d’un système « qui a imposé la logique du profit à n’importe quel prix, sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature », repentons-nous du mal que nous faisons à notre maison commune.
    Après un sérieux examen de conscience et habités par ce repentir, nous pouvons confesser nos péchés contre le Créateur, contre la création, contre nos frères et nos sœurs. « Le catéchisme de l’Église catholique nous fait voir le confessionnal comme un lieu où la vérité nous rend libres pour une rencontre ». Nous savons que « Dieu est plus grand que notre péché », que tous les péchés, y compris ceux contre la création. Nous les confessons parce que nous sommes repentants et que nous voulons changer. Et la grâce miséricordieuse de Dieu que nous recevons dans le Sacrement nous aidera à le faire.
    4. Changer de route
    L’examen de conscience, le repentir et la confession au Père riche en miséricorde conduisent à un ferme propos de changer de vie.Et cela doit se traduire en attitudes et comportements concrets plus respectueux de la création, comme par exemple de faire un usage raisonnable du plastique et du papier, de ne pas gaspiller l’eau, la nourriture et l’énergie électrique, de trier les déchets, de traiter avec soin les autres êtres vivants, d’utiliser les transports publics et de partager un même véhicule entre plusieurs personnes, et ainsi de suite (cf. Enc. Laudato si’, n. 211). Nous ne devons pas croire que ces efforts sont trop petits pour améliorer le monde. Ces actions « suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible » (ibid., n. 212) et encouragent « un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation » (ibid., n. 222).
    Egalement l’intention de changer de vie doit imprégner notre manière de contribuer à construire la culture et la société dont nous faisons partie : en effet « la préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation et de communion » (ibid., n. 228). L’économie et la politique, la société et la culture ne peuvent pas être dominées par une mentalité du court terme et de la recherche d’un gain financier ou électoral immédiat. Elles doivent au contraire être d’urgence réorientées vers le bien commun, qui comprend la durabilité et la sauvegarde de la création.
    Un cas concret est celui de la “dette écologique” entre le Nord et le Sud du monde (cf. ibid., nn. 51-52). Sa restitution demanderait de prendre soin de l’environnement des pays plus pauvres, leur fournissant des ressources financières et une assistance technique qui les aident à gérer les conséquences des changements climatiques et à promouvoir le développement durable.
    La protection de la maison commune demande un consensus politique croissant. En ce sens, c’est un motif de satisfaction qu’en septembre 2015 les pays du monde aient adopté les Objectifs de Développement durable, et que, en décembre 2015, ils aient approuvé l’Accord de Paris sur les changements climatiques, qui fixe l’objectif exigeant mais fondamental de contenir l’augmentation de la température globale. Maintenant les gouvernements ont le devoir de respecter les engagements qu’ils ont pris, tandis que les entreprises doivent assumer leur part de façon responsable, et il revient aux citoyens d’exiger qu’il en soit ainsi, et qu’on vise même des objectifs toujours plus ambitieux.
    Changer de route consiste donc à « respecter scrupuleusement le commandement originel de préserver la création de tout mal, soit pour notre bien soit pour le bien des autres êtres humains ».[7] Une question peut nous aider à ne pas perdre de vue l’objectif : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent » (Enc. Laudato si’, n. 160).
    5. Une nouvelle œuvre de miséricorde
    « Rien n’unit davantage à Dieu qu’un acte de miséricorde – qu’il s’agisse de la miséricorde avec laquelle le Seigneur nous pardonne nos péchés, ou qu’il s’agisse de la grâce qu’il nous accorde pour pratiquer les œuvres de miséricorde en son nom ».
    Paraphrasant saint Jacques, « la miséricorde sans les œuvres est morte en elle-même. […] A cause des mutations de notre univers mondialisé, certaines pauvretés matérielles et spirituelles se sont multipliées : laissons donc place à l’imagination de la charité pour distinguer de nouvelles modalités d’action. De cette façon, la voie de la miséricorde deviendra toujours plus concrète ».
    La vie chrétienne inclut la pratique des œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles traditionnelles.« Il est vrai que nous pensons d’habitude aux œuvres de miséricorde, séparément, et en tant que liées à une œuvre : hôpitaux pour les malades, cantines pour ceux qui ont faim, maisons d’accueil pour ceux qui sont dans la rue, écoles pour ceux qui ont besoin d’instruction, le confessionnal et la direction spirituelle pour celui qui a besoin de conseil et de pardon… Mais si nous les regardons ensemble, le message est que l’objet de la miséricorde est la vie humaine elle-même et dans sa totalité ».
    Évidemment la vie humaine elle-même et dans sa totalité comprend la sauvegarde de la maison commune. Donc, je me permets de proposer un complément aux deux listes traditionnelles des sept œuvres de miséricorde, ajoutant à chacune la sauvegarde de la maison commune.
    Comme œuvre de miséricorde spirituelle, la sauvegarde de la maison commune demande « la contemplation reconnaissante du monde » (Enc. Laudato si’, n. 214) qui « nous permet de découvrir à travers chaque chose un enseignement que Dieu veut nous transmettre » (ibid., n. 85). Comme œuvre de miséricorde corporelle, la sauvegarde de la maison commune demande les « simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme […] et se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un monde meilleur » (ibid., nn. 230-231).
    6. En conclusion, prions
    Malgré nos péchés et les terribles défis que nous avons face à nous, ne perdons jamais l’espérance : « Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés […] parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins » (ibid., nn. 13 ; 245). En particulier le 1er septembre, et ensuite pour tout le reste de l’année, nous prions :
    « Ô Dieu des pauvres, 
    aide-nous à secourir les abandonnés
    et les oubliés de cette terre
    qui valent tant à tes yeux. […]
    Ô Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde
    comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre (ibid., n. 246).
    Ô Dieu de miséricorde, accorde-nous de recevoir ton pardon
    et de transmettre ta miséricorde dans toute notre maison commune.
    Loué sois-tu.
    Amen.

  • Etre un pont avec les handicapés

    Etre un pont avec les handicapés
    Je partage mon expérience comme éducatrice à l’ESTAT (Etablissement Social Aide par le Travail). J’y ai travaillé 18 ans. Ce service a été interrompu il y a 6 ans pour répondre à la mission demandée comme conseillère du Réseau.
    Comme monitrice d’atelier la formation reçue m’a permis de faire un travail éducatif en vue de conduire des handicapés adultes en difficulté, fragiles émotionnellement, vers une insertion sociale. La responsabilité consistait en une prise en charge quotidienne de ces personnes et la mise en place d’outils éducatifs afin de favoriser leur insertion dans la société et dans le monde du travail.
    Très vite, j’ai découvert que l’exigence primordiale est de créer une relation de confiance. Il faut prendre du temps pour instaurer une telle relation. Il s’agit d’être assez proche de chacun, exercer de la patience pour se connaitre et établir un climat de confiance et de respect. Souvent la première relation est le regard, le sourire.
    Tout au long des activités, ainsi que dans les moments informels il s’agit de créer un climat d’écoute et de dialogue, en se rendant disponible à leurs demandes. Le matin c’est le temps qui permet de dire bonjour en serrant la main de chacun, d’échanger quelques mots pour sentir le climat autour d’un café ou d’un thé pris ensemble. Je porte attention à l’état des personnes, à leur manière de se présenter, à leurs réactions, car pour certains la nuit a peut-être été mauvaise et d’autres facteurs ont pu jouer sur leur comportement. Alors le temps de l’écoute les calme. L’expérience m’a appris la patience et l’importance de l’accompagnement.
    L’objectif du moniteur est aussi de leur apprendre à « se débrouiller » pour favoriser leur indépendance, leur insertion « dans une certaine mesure ». Pour l’adulte limité par un handicap l’accès à un emploi est le passage du statut d’enfant à celui d’adulte. C’est le principal enjeu de notre travail !

    Savoir créer une bonne ambiance, avoir de l’humour et beaucoup
     de respect, semblent indispensables. Il est important d’adapter sa manière de communiquer en fonction de la personne. J’ai expérimenté qu’avec certains l’humour permet de rentrer en contact et de renforcer la relation.
    Le lien doit se faire aussi avec les parents. Un contact suivi, des rencontres, sont essentiels pour bâtir avec eux « le projet personnel » de leur enfant qui l’aidera à grandir dans l’autonomie et la responsabilité.
    Dans notre mission éducative, il est indispensable de se connaître chacun, c’est le seul chemin de leur réussite. C’est, jour après jour écouter, dialoguer, expliquer, conseiller, orienter pour aider à éviter les échecs qui découragent et entrainent le repli sur soi.
    « Je ne soigne jamais des foules mais seulement des personnes »
    . Cette parole de Mère Teresa a été pour moi une ligne de conduite.
    Maristella Arokiam, Apostolique – France

  • Vivre sous plastique

    Vivre (hors de la vue) sous plastique
    La Communauté de Campohermoso
    Au mois de décembre dernier, REVISTA 21 a publié un article, écrit par Silvia Abascal Melero, sur les migrants dans le district de Níjar où nous vivons. Étant donné que nous aurions du mal à améliorer la description de la situation reportée dans l’article, nous avons décidé d’en copier certaines parties. Dans l’article, l’auteur touche à des problèmes tels que les conditions de vie insalubres, l’exploitation des travailleurs, la situation de la femme migrante, le racisme, les problèmes scolaires, la non-intégration etc …
    En Espagne, le travail esclave est autorisé. Il y a des travailleurs qui vivent dans des logements insalubres, sans eau ni électricité. Ils sont presque invisibles. Ils passent leur vie sous plastique. Ils travaillent dans des serres en plastique et vivent dans des huttes en plastique. Ils fournissent le travail pas cher qui sous-tend l’économie agricole de la région.
    Ce sont des travailleurs migrants – hommes et femmes – qui vivent dans diverses colonies à Almería (El Ejido, Roquetas, Níjar). Il est difficile de savoir combien ils sont. A Níjar seul, il y a plus de 60 colonies abritant entre 3000 et 4000 personnes.
     
    Une colonie est un ensemble de logements insalubres constitué de huttes en plastique ou de petits bâtiments. Ces colonies sont construites sur les terres agricoles et accueillent la population migrante qui travaille sous le plastique des serres. On dit qu’une nouvelle colonie apparaît chaque deux ou trois mois, mais personne ne connaît le nombre exact.
    Les gens risquent leur vie en essayant d’obtenir des choses de base comme l’eau et l’électricité. Ils voyagent parfois trois ou quatre kilomètres en vélo pour remplir leurs récipients d’eau d’un robinet public. Parfois, ils prennent de l’eau provenant de la serre. L’année dernière, un garçon a été électrocuté en essayant d’obtenir une connexion à travers un câble électrique.
     
    Certaines personnes travaillent huit heures par jour pour un salaire journalier de 30 euros et parfois ils doivent travailler quatorze heures par jour. D’autres fois, il n’y a pas de travail du tout. En été, ils doivent travailler sous plastique à des températures de plus de 50ºC; on parle de ceux qui parviennent à trouver du travail car il est évident qu’il n’y a pas assez de travail pour beaucoup de gens.
    Lorsque les colonies ont été commencées, elles étaient occupées par les hommes, mais cette situation a changé. Maintenant, les familles avec de jeunes enfants vivent là-dedans, dans des conditions dangereuses. Les personnes proviennent principalement de l’Afrique sub-saharienne et du Maroc mais il y a aussi des Roms de l’Europe de l’Est.
    Les premières femmes se sont établies dans les colonies d’Almería pour travailler dans les champs de fraises. Sans un permis de travail, elles sont condamnées à dépendre de leurs maris et donc elles sont très vulnérables. «Sans les documents, nous ne pouvons pas travailler et sans travail, nous ne pouvons pas obtenir des documents. Alors, comment sommes-nous censées vivre? » 
    Un rapport de l’an 2014 de la Fondation Simetrías a déclaré que «les jeunes gens qui y vivent sont exposés à des risques sociales et sanitaires en raison de conditions précaires ». Ils ont des problèmes avec la santé, l’éducation, la langue et l’intégration et pourraient finir par être une autre «génération perdue». Les enfants doivent marcher pendant 40 minutes pour aller à l’école et s’il pleut ou fait du vent ils ne peuvent pas y aller.
    Dans les années 90 il y avait une grande demande de main-d’œuvre à Almería et le secteur agricole a bénéficié et bénéficie encore de ce travail pas cher. Ce modèle basé sur un rendement élevé de l’agriculture intensive a un niveau de production élevé pour la consommation domestique et pour l’exportation. Tout le monde a toujours su que ce travail dépendait de migrants, dont la majorité sans aucun contrat de travail.
     
    Eva Moreno est la coordinatrice du Centre CEPAIM à Níjar. « Après les attaques de Paris, les migrants musulmans sont devenus victimes de la xénophobie. Le peu de progrès qui a été fait au cours des dernières années a été annulé en une seconde. Quand quelque chose comme cela se passe tous sont mis dans le même panier… L’avenir est interculturalité.  Notre société est mixte ce qui est un enrichissement. Il n’y a rien de mieux que d’être ouvert aux autres et apprendre à les connaître. Ils ne sont pas des ennemis et ils ne sont pas venus pour nous priver de quoi que ce soit. Ils ont fui des problèmes très graves dans leur pays d’origine et font un travail très important ici. Ils ne sont pas du tout agressifs. Ils travaillent dur. Pendant des années, ils ont contribué à l’épanouissement de l’agriculture d’Almería. »
     
    Des organisations comme Cepaim, La Croix-Rouge, Médecins du Monde, Caritas et les Sœurs de la Charité essaient de les aider, mais la situation de nombreuses familles est très complexe.
    Voilà quelques extraits de l’article. Si vous avez l’occasion, nous vous invitons à lire l’article en entier dans REVISTA 21.
    Nous savons que toutes les informations inclues dans l’article sont vraies, mais nous savons aussi qu’il existe un autre aspect de l’histoire. Il y a beaucoup de propriétaires de serres qui traitent les employés comme membres de leur propre famille. Des milliers de migrants – la majorité – vivent dans des maisons ou des appartements, même si parfois huit ou dix personnes vivent dans un seul appartement. Il est également vrai que la plupart des migrants préfèrent vivre dans les colonies où ils ne doivent pas payer le loyer, l’eau ou l’électricité et peuvent économiser de l’argent pour envoyer à leurs familles. Beaucoup de migrants, surtout parmi les Marocains, ont une voiture, une maison et leur propre entreprise.
     
    Comme vous pouvez l’imaginer, la communauté peut faire très peu face à ce grand besoin. Nous aidons Caritas à donner de la nourriture. Nous donnons des cours d’espagnol et nous collaborons dans les ateliers professionnels organisés par les Sœurs de la Charité à San Isidro. Par-dessus tout, nous essayons d’écouter les gens, de les accueillir et être avec eux. On dit souvent – et c’est vrai – qu’ils nous donnent beaucoup plus que nous leur donnons. Leur joie malgré toutes les difficultés, leur espoir, leur désir d’améliorer la situation de leur famille à la maison, la façon dont ils se soutiennent mutuellement nous aide à croire que, malgré tout, «Le règne de Dieu est parmi nous. »

  • Fête de la Sainte Trinité

    En cette fête de la Sainte Trinité, quand le Dieu de Relation nous invite à contempler d’un regard amoureux le mystère de l’Unité, nous rendons grâce à cet Amour pour les nombreuses façons dont nous l’avons rencontré dans notre cheminement individuel et commun avec la Sainte Famille.
    En nous rappelant les commencements de notre histoire, nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Amour de Dieu – Dieu notre Créateur, qui est Amour, qui a pris chair en Jésus et qui continue à vivre avec nous et transformer toute notre vie.
    Le dimanche de la Trinité est pour nous, la Sainte Famille, un jour de joie et de gratitude envers Dieu et notre Fondateur pour le don de la création de la Sainte Famille!
    «Ce fut le 27 mai 1820, la veille du dimanche de la Trinité quand trois jeunes femmes se sont réunies dans un logement choisi pour elles ; un appartement de trois pièces. Elles ont commencé une retraite en l’occasion de la fête de la Trinité et pendant cette retraite elles ont reçu une grâce spéciale, un appel de Dieu qui est toujours près de ceux qui l’écoutent… Elles ne voulaient et ne cherchaient que Dieu Seul et son Amour… Leur héroïsme complètement inconscient de l’avenir et la simplicité de leur foi en suivant l’étoile qui brillait au milieu de l’obscurité et de l’incertitude, les conduisit – sous l’impulsion d’un des ministres du Seigneur, lui-même ne cherchant que la gloire de Dieu – à planter au sein de l’Eglise, l’arbre de la Sainte Famille qui, un jour, aurait porté de nombreuses branches. »

  • Magnifique, Spectacle Son & Lumiere!

    Sœurs de la Congrégation de la Sainte-Famille de Bordeaux, Sœurs de  la Congrégation de Marie Joseph et de la Miséricorde et les Pères de la Société de Marie(Marianistes) ainsi que des membres de leur Famille spirituelle respective, leurs amis et leurs proches se sont retrouvés à  l’église Ste Eulalie de Bordeaux pour la Messe célébrée en action de grâce par le Père Didier Monget, curé de la paroisse.
    Homélie du Père Didier Monget :
    A 20h, à la cathédrale de Bordeaux, a eu lieu le spectacle, de très grande qualité mis en scène par Nicole DENEPOUX, sur la vie des trois fondateurs bordelais Une fresque grandiose, enthousiasmante. Un très beau son et lumière ! Félicitations aux différents acteurs, organisateurs…

  • UISG Plenary: Une grande famille

    UISG Plenary : Une grande famille
    Soeur Carmen Sammut, msola, Présidente de l’UISG dit: Tous les trois ans nous avons l’occasion de nous rencontrer entre nous, membres de l’UISG, toutes ensemble. Le thème de cette année est ’tisser la solidarité mondiale pour la vie’. Notre premier objectif est de nous connaître les unes et les autres et connaître de l’intérieur les contextes et les situations que nous vivons dans tous les coins du monde. C’est pour cela que nous rencontrer est si important, tout en ayant le temps de partager dans les groupes linguistiques. Les intervenantes nous aideront à réfléchir sur notre expérience et, surtout, à voir comment ensemble nous pouvons être plus efficaces dans l’action. Nous réfléchirons sur ce que signifie aujourd’hui être une religieuse qui vit et agit selon le style de Jésus. 
    Nous avons un gros potentiel pour notre nombre et pour le fait d’être plongées en toutes les différentes situations de notre monde actuel. Nous espérons être capables de reconnaître là où l’Esprit Saint est en train de nous mener et de choisir des orientations et des actions à entreprendre ENSEMBLE pour la vie de notre planète, des personnes marginalisées et d’un engagement plus partagé et intercongrégationnel comme religieuses. 
    Nous célébrerons aussi les 50 ans de vie de l’UISG et nous ferons mémoire reconnaissante pour toutes celles qui ont fait de l’UISG cette réalité mûre qu’elle est aujourd’hui. 

    Nous espérons également sortir de cette Assemblée remplies d’enthousiasme pour notre vocation, tout en sachant que nous ne sommes jamais seules partout où nous nous trouvons, car nous faisons partie d’une grande famille qui a le même objectif: tisser une vie meilleure pour tous. Pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance,(Jn 10,10)
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  • LA 50e JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES

    MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
    POUR LA 50e JOURNÉE MONDIALE
    DES COMMUNICATIONS SOCIALES
     
    Communication et miséricorde : une rencontre féconde
     
    Chers frères et sœurs,
    L’Année Sainte de la Miséricorde nous invite à réfléchir sur le rapport entre communication et miséricorde. En effet l’Église, unie au Christ, incarnation vivante de Dieu Miséricordieux, est appelée à vivre la miséricorde comme un trait distinctif de tout son être et de tout son agir. Ce que nous disons et la manière dont nous le disons, chaque parole et chaque geste, devrait pouvoir exprimer la compassion, la tendresse et le pardon de Dieu pour tous. L’amour, par nature, est communication, il conduit à s’ouvrir et non pas à s’isoler. Et si notre cœur et nos gestes sont animés par la charité, par l’amour divin, notre communication sera porteuse de la force de Dieu.
    En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion. En particulier, c’est le propre du langage et des actions de l’Église que de transmettre la miséricorde, en sorte de toucher les cœurs des personnes et de les soutenir sur le chemin vers la plénitude de la vie que Jésus Christ, envoyé par le Père, est venu apporter à tous. Il s’agit d’accueillir en nous et de répandre autour de nous la chaleur de l’Église Mère, pour que Jésus soit connu et aimé ; cette chaleur qui donne consistance aux paroles de la foi et qui allume dans la prédication et dans le témoignage l’ « étincelle » qui les rend vivantes.
    La communication a le pouvoir de créer des ponts, de favoriser la rencontre et l’inclusion, enrichissant ainsi la société. Comme il est beau de voir des personnes engagées à choisir avec soin des paroles et des gestes pour dépasser les incompréhensions, guérir la mémoire blessée et construire la paix et l’harmonie. Les paroles peuvent jeter des ponts entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les peuples ; que ce soit dans le domaine physique ou dans le domaine numérique. Que les paroles et les actions soient donc telles qu’elles nous aident à sortir des cercles vicieux des condamnations et des vengeances, qui continuent à piéger les individus et les nations, et qui conduisent à s’exprimer avec des messages de haine. La parole du chrétien, au contraire, se propose de faire grandir la communion et, même quand il faut condamner le mal avec fermeté, elle cherche à ne jamais briser la relation et la communication.
    Je voudrais donc inviter toutes les personnes de bonne volonté à redécouvrir le pouvoir de la miséricorde de guérir les relations déchirées, et de ramener la paix et l’harmonie entre les familles et dans les communautés. Nous savons tous de quelle manière les vieilles blessures et les ressentiments peuvent piéger les personnes et les empêcher de communiquer et de se réconcilier. Et ceci vaut aussi pour les relations entre les peuples. Dans tous ces cas, la miséricorde est capable de créer une nouvelle manière de parler et de dialoguer, comme l’a ainsi très bien exprimé Shakespeare : « La miséricorde n’est pas une obligation. Elle descend du ciel comme la fraîcheur de la pluie sur la terre. Elle est une double bénédiction : elle bénit celui qui la donne et celui qui la reçoit » (Le Marchand de Venise, Acte 4, Scène 1).
    Il est souhaitable que le langage de la politique et de la diplomatie se laisse aussi inspirer par la miséricorde, qui ne donne jamais rien pour perdu. Je fais appel surtout à tous ceux qui ont des responsabilités institutionnelles, politiques et dans la formation de l’opinion publique, pour qu’ils soient toujours vigilants sur la manière de s’exprimer envers celui qui pense ou agit autrement, et aussi envers celui qui peut s’être trompé. Il est facile de céder à la tentation d’exploiter de semblables situations et d’alimenter ainsi les flammes de la défiance, de la peur, de la haine. Il faut au contraire du courage pour orienter les personnes dans des processus de réconciliation ; et c’est justement cette audace positive et créative qui offre de vraies solutions à de vieux conflits, et l’occasion de réaliser une paix durable. « Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde […] Bienheureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 7.9).
    Comme je voudrais que notre manière de communiquer, et aussi notre service de pasteurs dans l’Église, n’exprime jamais l’orgueil fier du triomphe sur un ennemi, ni n’humilie ceux que la mentalité du monde considère comme perdants et à rejeter ! La miséricorde peut aider à tempérer les adversités de la vie et à offrir de la chaleur à tous ceux qui ont seulement connu la froideur du jugement. Que le style de notre communication soit en mesure de dépasser la logique qui sépare nettement les pécheurs des justes. Nous pouvons et devons juger des situations de péché – violence, corruption, exploitation, etc. – mais nous ne pouvons pas juger les personnes, parce que seul Dieu peut lire en profondeur dans leur cœur. C’est notre devoir d’avertir celui qui se trompe, en dénonçant la méchanceté et l’injustice de certains comportements, afin de libérer les victimes et de soulager celui qui est tombé. L’Évangile de Jean nous rappelle que « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Cette vérité est, en définitive, le Christ lui-même, dont la douce miséricorde est la mesure de notre manière d’annoncer la vérité et de condamner l’injustice. C’est notre principal devoir d’affirmer la vérité avec amour (Cf. Ep 4, 15). Seules les paroles prononcées avec amour et accompagnées de douceur et de miséricorde touchent les cœurs des pécheurs que nous sommes. Des paroles et des gestes durs ou moralisants risquent d’aliéner plus tard ceux que nous voudrions conduire à la conversion et à la liberté, en renforçant leur sens du refus et de la défense.
    Certains pensent qu’une vision de la société enracinée dans la miséricorde serait de façon injustifiée idéaliste ou excessivement indulgente. Mais essayons de repenser à nos premières expériences de relations au sein de la famille. Nos parents nous ont aimés et appréciés pour ce que nous sommes, plus que pour nos capacités et nos succès. Les parents veulent naturellement le meilleur pour leurs enfants, mais leur amour n’est jamais conditionné par le fait d’atteindre des objectifs. La maison paternelle est le lieu où tu es toujours accueilli (Cf. Lc 15, 11-32). Je voudrais vous encourager tous à penser la société humaine non comme un espace où des étrangers rivalisent et cherchent à dominer, mais plutôt comme une maison ou une famille, où la porte est toujours ouverte et où l’on cherche à s’accueillir réciproquement.
    C’est pourquoi il est fondamental d’écouter. Communiquer signifie partager, et le partage exige l’écoute, l’accueil. Écouter est beaucoup plus qu’entendre. Entendre concerne le domaine de l’information ; écouter, en revanche, renvoie à celui de la communication, et exige la proximité. L’écoute nous permet d’avoir l’attitude juste, en sortant de la condition tranquille de spectateurs, d’auditeurs, de consommateurs. Écouter signifie aussi être capable de partager des questions et des doutes, de faire un chemin côte à côte, de s’affranchir de toute présomption de toute-puissance et de mettre humblement ses capacités et ses dons au service du bien commun.
    Écouter n’est jamais facile. Parfois il est plus confortable de faire le sourd. Écouter signifie prêter attention, avoir le désir de comprendre, de valoriser, respecter, garder la parole de l’autre. Dans l’écoute une sorte de martyre se consume, un sacrifice de soi-même dans lequel le geste sacré accompli par Moïse devant le buisson ardent se renouvelle : retirer ses sandales sur la « terre sainte » de la rencontre avec l’autre qui me parle (Cf. Ex 3, 5). Savoir écouter est une grâce immense, c’est un don qu’il faut invoquer pour ensuite s’exercer à le pratiquer.
    Les e-mail, sms, réseaux sociaux, chat peuvent, eux aussi, être des formes de communication pleinement humaines. Ce n’est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non, mais le cœur de l’homme et sa capacité de bien user des moyens mis à sa disposition. Les réseaux sociaux sont capables de favoriser les relations et de promouvoir le bien de la société, mais ils peuvent aussi conduire plus tard à des polarisations et des divisions entre les personnes et les groupes. Le domaine numérique est une place, un lieu de rencontre, où l’on peut caresser ou blesser, avoir une discussion profitable ou faire un  lynchage moral. Je prie pour que l’Année jubilaire vécue dans la miséricorde « nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (Misericordiae vultus, n. 23). Une véritable citoyenneté se construit aussi en réseau. L’accès aux réseaux numériques comporte une responsabilité pour l’autre, que nous ne voyons pas mais qui est réel, il a sa dignité qui doit être respectée. Le réseau peut être bien utilisé pour faire grandir une société saine et ouverte au partage.
    La communication, ses lieux et ses instruments, ont comporté un élargissement des horizons pour beaucoup de personnes. C’est un don de Dieu, et c’est aussi une grande responsabilité. J’aime définir ce pouvoir de la communication comme « proximité ». La rencontre entre la communication et la miséricorde est féconde dans la mesure où elle génère une proximité qui prend soin, réconforte, guérit, accompagne et fait la fête. Dans un monde divisé, fragmenté, polarisé, communiquer avec miséricorde signifie contribuer à la bonne, libre et solide proximité entre les enfants de Dieu et les frères en humanité.
    Du Vatican, le 24 janvier 2016