Auteur/autrice : AdminWp

  • Célébration de  la fête  de la Sainte-Famille

    Cette  journée du 30/12/2017 était  consacrée à la célébration de la fête de la Sainte- famille, dans la Délégation du Cameroun-Tchad.
    Tous les associés de  la Sainte-Famille de  Bordeaux (Laïcs, Prêtres, Apostoliques) se sont retrouvés dans la  grande salle de  Nazareth pour  un  temps de  réflexion  et  de partage pour revoir et approfondir CE QUI FAIT NOTRE UNITE ET QUI NOUS PORTE A VIVRE.
    Dans ses propos, la sœur Agnès qui a animé  ce temps de partage, souligne que, dans les constitutions des sœurs apostoliques  et contemplatives, dans les règles de vie des séculières,  des associés  laïcs  comme dans  les  statuts  des  prêtres associés,  on retrouve  les 3 premiers articles fondement de notre  existence et notre  unité. Ces trois premiers  articles  montrent que  nous formons un  « Tout » au  même but,  au  même charisme et à la même spiritualité ayant  pour modèle Jésus, Marie et Joseph. Nous ne sommes pas une  congrégation mais une  Association ou  Grande  Famille  de  Pierre Bienvenue  Noailles repartie en cinq (05) vocations qui a pour mission le prolongement de celle  du Christ : « Rassembler tous les enfants de Dieu dispersés en une  Famille » ; c’est une  mission de  Communion. Chaque membre est une  partie  de  cette grande famille,  chacun  réalise  cette mission  là  où  il  se trouve et  porte   par  ses actions l’ensemble de la Famille. Pour finir, Agnès nous a invités à échanger en petits groupes de manière spontanée ce qui bouge en nous et quel témoignage donnons-nous en tant que Famille ici au Cameroun-Tchad aujourd’hui et maintenant ?
     Des partages, il ressort :
     « Dieu aime tellement le monde qu’il a envoyé son Fils nous apprendre à devenir une  seule  Famille.  Tout  part   de  Dieu,  cela   me  touche et  me  donne  d’être reconnaissante envers ce Dieu plein d’amour » Maman Sabine.
     «  Moi, je suis émerveillée de voir que notre  fondateur Pierre Bienvenu  NOAILLES a fondé  une famille dans laquelle  chaque personne trouve  sa place.  Tous, nous sommes dans la Maison Commune …  c’est  émouvant et  touchant… » Maman Sylvie
    «  Je sens la  joie  et  le  courage de  regarder Jésus,  Marie  et  Joseph    pour apprendre à vivre comme eux chez  nous et partout où nous sommes. Cela est une force  de soutien, une force  et nous donne de travailler ensemble… » Maman Colette
     « Je suis très content de m’engager prochainement comme associé de la Sainte-Famille, car  pour  moi, être  associé c’est témoigner partout où je serais. Quand je vends le poisson, je construis la maison, je suis cuisinier, je suis enseignant, je suis gardien, je suis cultivateur, je suis …. Je le suis et  je le fais en  tant  que membre de  la  Sainte-Famille… cela  nous encourage à  donner un  témoignage d’amour et de fidélité… » papa Emile
    Après ces  échanges,  l’Abbé  Paul  MATAKON,  associé  prêtre  engagé et  Christian MOUSSA en formation ont célébré la messe de la Sainte  Famille au cours de laquelle, nous avons prié pour  la Grande  Famille  de  PBN et  pour papa Robert et maman Sabine, qui célèbrent 50 ans de  mariage.  C’était  une  très belle  célébration.  A cette fête  de  famille  étaient invitées des familles amies de  la  Sainte-Famille. A la  fin de  la  messe, nous avons partagé un repas fraternel.
    Témoignage  de  papa Robert et Sabine
    Qu’est-ce qui vous a aidés jour our  jour à rester fidèle dans votre vie de couple ?
    « C’est  Dieu  qui  nous a  unis  et  nous ne  pouvons pas séparer ce  qu’il  a  uni.  Ce      qui  nous a  aidés  à  rester fidèles dans notre  vie, c’est le dialogue, la prière commune, le partage de la Parole  de Dieu.
    Dieu était  et est  au cœur de notre  vie. Il nous a gratifiés de 14 enfants dont  11 vivants et nous avons actuellement 26 petits enfants. Nous sommes heureux de tout  ce que Dieu fait pour nous et nous lui sommes reconnaissants. Nous nous aimons et c’est lui seul qui va nous séparer par la mort… Nous avons eu beaucoup des difficultés mais grâce à notre formation d’associés, nous avons appris à les gérer  et à les dépasser grâce à la présence de Dieu Amour- Communion… »
    Nous rendons grâce à Dieu  pour ce jour de joie et partage qui resserre nos liens de famille et   nous donne la force  d’ALLER  TOUJOURS  DE L’AVANT  pour  offrir à  notre  monde ce beau  cadeau de COMMUNION
    GLOIRE  A DIEU SEUL PAR JESUS, MARIE ET JOSEPH !
     
    Service de l’information – Cameroun Tchad
    Nadège Nguiko
    Fidèle Akamtsa
    Gwladys Mougo

  • En allant vers les périphéries du monde

    La pastorale est un moyen qui nous aide à sortir et à aller vers les autres.
    Nous étions parties à NGUNGA KATUTA, village situé à quinze kilomètres de GUNGU. En marchant, j’ai eu un temps de contemplation car la nature était merveilleusement belle : la rivière, les fleurs, la montée, la descente.
    En arrivant j’étais étonnée par l’accueil des fidèles et leur participation à l’eucharistie.
    Après la messe, nous avons pris un repas offert par la communauté chrétienne accompagné de vin de palme et les noix de cola. J’étais contente de parler en langue avec les gens, de les approcher, les laisser m’approcher.
    Cependant, ce qui m’a inquiétée, c’est l’absence de jeunes de treize à trente ans à la messe. Nous avons prié seulement avec les enfants et les personnes âgées. Après dialogue, nous avons découvert que les jeunes sont dans les églises de réveil.
    En outre, le jour de dimanche est consacré à la vente de leurs produits. Alors la majorité (surtout les jeunes) se déplace vers la cité de GUNGU. Leur choix semble clair d’après leurs besoins familiaux.
    J’ai senti un urgent appel car les périphéries ont besoin de notre présence pour fortifier leur foi et leur redonner espoir. Aussi un élan intérieur pour quitter mon moi pour aller vers les autres et c’était une bonne coïncidence avec les textes du jour : Gn 12, 1-4 « pars de ton pays, de ta famille… vers le pays que je te ferai voir ». Puis Mt 17, 1-9 « Seigneur, il est bon que nous soyons ici. »
    Fernande PEEDI KELO, Noviciat Sfb
    (Pris de la publication du Telama –
     Sœurs de la Sainte-Famille de bordeaux/ Idiofa)

  • Au Revoir

    À Reims…
    Que se passe-t-il donc en l’église Saint Thomas le 25 novembre 2017 ?
    L’église est remplie. Ce n’est pas habituel !!!
    Les paroissiens, le quartier, les amis sont venus exprimer leur affection, leur reconnaissance aux soeurs de la Sainte-Famille qui quittent Reims : soeurs Andrée, Marie-Madeleine, Marie-Gabriel, Kathleen et Marie-Eline.
    L’Evangile de la fête du Christ-Roi donne le ton à cette célébration chaleureuse :
    « J’ai eu faim, tu m’as donné à manger … j’ai eu soif … ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait ».
    N’est-ce pas ces paroles qui ont animé tant et tant de soeurs depuis 1837 ? Tant d’amour donné aux plus petits : aux enfants, aux malades, aux paroissiens, dans les rencontres quotidiennes de quartier, de vie associative.
    L’eucharistie rassemble en action de grâce toute la vie donnée, reçue, tous les liens tissés ; toute l’affection et l’attachement exprimés aux soeurs par les personnes présentes et celles qui n’ont pu être là.
    Présence des soeurs qui laissent des empreintes : « nous ne vous oublierons pas », « vous allez nous manquer ».
    Présence priante : la communauté était un lieu de rassemblement eucharistique : « vous nous laissez un héritage qui est maintenant entre nos mains ! » souligne un membre de l’équipe d’animation pastorale de la paroisse.
    « Cette vie de relation tissée par les soeurs, vous allez la continuer » insiste le père Bruno Feillet, évêque auxiliaire de Reims.
    A la fin de la messe, le père Bruno invite les soeurs à s’avancer pour recevoir la bénédiction solennelle comme envoi vers leur nouvelle mission. … C’est ainsi que le Seigneur envoyait ses disciples.
    Le chant final de la chorale africaine éclate :
    « Rendons grâce au Seigneur, le Seigneur qui a fait des merveilles pour nous ».
    Une surprise !!! Joie des paroissiens !!!
    L’Arche de Jean Vanier va s’installer dans les locaux de la communauté pour un accueil de jour.
    Il fallait bien le pot de l’amitié préparé par les paroissiens pour continuer les échanges, pour évoquer les souvenirs dans la joie.
    … À Saint Savin
    A l’occasion du départ des sœurs de la Sainte Famille, deux hommages leur ont été rendus les 18 et 19 novembre 2017, par les habitants de Saint Savin en Gironde :
    le 18, par la municipalité, à la salle des halles, où l’ancien maire qui les avait accueillies, le maire actuel et une cinquantaine de Saint-Saviniens ont manifesté leur reconnaissance. Il a été remis à chaque sœur entre autres cadeaux : la médaille de la ville et un exemplaire « des Cahiers du Vitrezais », spécial Saint Savin.
    le 19, les paroissiens et amis d’autres secteurs pastoraux ont manifesté leur profonde gratitude pour la présence humaine, spirituelle, fraternelle des soeurs. Au cours d’une célébration eucharistique, concélébrée par 8 prêtres et deux diacres, le Père Gérard Faure vicaire général et prêtre du secteur a rappelé l’importance de la vie consacrée. Il a aussi rappelé aux paroissiens que chacun a vocation à participer à la vie de l’église : « la vie religieuse, ce n’est pas pour que d’autres vivent le baptême à notre place, la vie religieuse est un signe prophétique de ce que nous devons être, des disciples du Christ dans toutes les dimensions de notre vie, disciples du Seigneur, tournés vers son Royaume ».
    Ceci a permis de donner une couleur aux divers engagements vécus par les soeurs, pendant 24 ans, au service des jeunes, des familles, des exclus, des personnes en difficulté et des malades. En un mot, de tout ce qu’implique l’engagement pastoral.
    La Conférence Saint Vincent de Paul, très active dans un secteur marqué par la précarité, a évoqué son inquiétude pour poursuivre sans les soeurs le service de la solidarité.
    Cet événement marque le deuxième départ des soeurs de la Sainte Famille, puisque en 1858, des soeurs de la branche : « Immaculée Conception » avaient ouvert une classe communale à St Savin et étaient reparties après le vote de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905.
    Aujourd’hui, sr Claire, sr Geneviève, sr Simone et sr Thérèse rejoignent d’autres communautés Sainte Famille, laissant à Saint Savin une belle empreinte d’engagement communautaire apostolique.
    … à Bordeaux, rue Camille Godard
    Le départ de sr Cécile et sr Janine à l’EHPAD du Sablonat permet à la communauté protestante d’étendre son action par l’accueil de femmes en difficultés dans l’appartement que les soeurs occupaient.
    Comme le Bon Père le disait à la mère Conception Perille le 20 mai 1825 :
    « Si Dieu veut que d’autres fassent cette oeuvre, nous devons nous en réjouir… »
    Une Famille en Mission – France

  • Pourquoi J’ai choisi La Sainte – Famille de Bordeaux ?

    Angèle témoigne :
    Adolescente, j’aimais beaucoup la Sainte Famille. Lorsque je me promenais sur la route, je ne pouvais pas passer, sans m’arrêter à une statue de la Sainte Famille. J’aimais toujours contempler ces douces images et j’adressais alors cette prière : « Seigneur, comme j’aimerais faire partie de votre famille ».
    Jeune fille de 21 ans, j’étais en congé chez ma nourrice à Yaoundé ; Mbankolo, petit Paris, elle était de la paroisse d’Olga, et à l’est il y avait la communauté des soeurs de la Sainte-Famille.
    Un matin, après la messe matinale, je reste une demi-heure pour prier ; après je sors et, à l’extérieur de la chapelle, une jeune soeur est assise sur un banc. Je passe en lui disant bonjour. La soeur se lève, s’avance en souriant, proche de moi elle me serre la main et me dit : bonjour ma soeur, c’est toi que j’attendais et elle m’invite à venir leur rentre visite.
    Lorsque j’entre pour la première fois chez les soeurs, je suis touchée par l’accueil, la simplicité, la discrétion, le climat de paix. Chacune d’elles, lorsqu’elles parlent on sent une complicité. Elles ont des teintes de peau différentes, sont de différentes nationalités, mais on dirait les soeurs d’une même famille. Dans leur oratoire, je suis séduite par la sobriété de la pièce, la douceur de son silence, je ressens une paix profonde et au fond de moi je murmure : « Oui, c’est ici, c’est dans cette famille que le Seigneur me veut à son Service ». Je deviens aspirante et j’habite le foyer. Je fais le choix de cette congrégation parce qu’elle porte le nom de la Sainte Famille de Nazareth. J’y suis heureuse, les soeurs sont gentilles. Mais je me sens attirée par la vie de prière. Je passe régulièrement une journée de recueillement dans la chapelle du sous-sol chez les bénédictins, les weekends dans d’autres monastères. Mais j’aime la Sainte Famille.
    Un jour, je fais un rêve : la Sainte Famille de Dieu, Jésus, Marie et Joseph se trouvent devant moi. L’Enfant Jésus me sourit et me dit : « Oui, je le veux, viens et fais partie de ma famille aujourd’hui ». L’enfant me présente en souriant un arbre fruitier plein de beaux fruits mûrs et me dit : « prends du fruit de cet arbre, mange et deviens ce que tu reçois ».
    Lorsque nous avons fait la session sur l’histoire du fondateur et du charisme de la Sainte-Famille de Bordeaux, celle de l’Institut à deux vocations, je m’y suis retrouvée : vivre la communion, être et faire famille à l’exemple de la Sainte Famille de Nazareth.
    Voilà comment je me retrouve dans la Sainte-Famille. Depuis la première visite, j’y suis restée pour toujours et je suis contente de faire partie de cette Famille aujourd’hui.
    Sr Angèle TCHANGOUE, novice contemplative
    Chimène témoigne :
    J’ai connu la Sainte-Famille à travers ma cousine, Sr Micheline KENDA. Cependant, j’ai choisi la Sainte-Famille de Bordeaux parce que le mot ‘Famille’ m’attirait, et l’accueil des soeurs au Congo m’a donné la joie de choisir la Sainte-Famille.
    En entrant, j’ai senti la paix d’être en famille, la communion, la complémentarité, la mise en commun. Lors du stage d’expérience, les soeurs m’ont présenté les différentes vocations de la Sainte-Famille.
    Après avoir vécu 5 ans parmi les soeurs apostoliques, j’ai senti l’appel à la vie contemplative pour prier et intercéder pour l’humanité et la grande Famille de Pierre Bienvenu Noailles, dans le silence et la solitude.
    Je vis dans une communauté internationale, interculturelle et intergénérationnelle. Cela me donne la joie de voir comment le rêve du fondateur continue dans la vie cachée que je vis dans la complémentarité.
    Aujourd’hui, le voeu pour la mission m’invite à être compatissante, à être touchée en écoutant les cris de notre monde et à porter ces souffrances au Seigneur dans ma prière. Cela me met aussi en action de grâce pour le bien qui se fait à travers le monde par les soeurs apostoliques qui osent aller aux périphéries du monde pour étendre et fortifier la foi chez les personnes les plus pauvres et par tant d’autres personnes qui font de même et parfois risquent leur vie pour en sauver d’autres, comme les pompiers lors des incendies.
    Dans ma vie ordinaire, c’est une présence concrète que de poser des actes de charité envers mes soeurs dans la communauté et de changer mon regard sur le monde. Je vous remercie.
    Sr Chimène BANGA-BANGA, novice contemplative.
     
    Léonie témoigne :
    Comment j’ai connu et choisi la Sainte-Famille de Bordeaux ?
    Quand j’étais dans ma Famille, mon frère m’a demandé de l’aide pour vendre les choses dans son magasin. Le 15 Février 2013, je suis allée visiter les Soeurs de l’Enfant Jésus à ZAZA. Elles m’ont demandé d’écrire une lettre de demande d’entrée et je l’ai écrite. Après, je suis allée aider une famille, amie de mon frère. Je travaillais dans l’alimentation.
    En Mars, Weronika, Soeur de la Sainte-Famille de Bordeaux à Rushaki, est venue acheter de l’alimentation là où je travaillais. Je lui ai dit que j’avais le désir d’être religieuse. Elle m’a posé la question si je suis une fille mère, je lui ai répondu que je suis une fille seulement. Je lui ai dit que j’ai fait mes études en Anglais, que je ne connais pas le français. Elle m’a dit qu’il n’y a pas de problème et qu’elle vit avec des Soeurs qui parlent ma langue.
    Après, Soeur Verdienne (Rwandaise) est venue me visiter. Elle m’a partagé que dans la Sainte-Famille il y a 5 vocations dont un Institut à deux vocations (Apostolique et Contemplative). Je lui ai demandé quel était le Charisme, elle m’a expliqué : l’Unité de la Famille, et le charisme de communion – la Mission : Être famille, faire la famille et témoigner que la communion est possible. Les Soeurs m’ont invitée à participer à une session. J’ai rencontré une Soeur et j’ai vu trois lettres après son nom. Je lui en ai demandé la signification. Elle m’a répondu que c’est JESUS, MARIE et JOSEPH, la Sainte Famille de Nazareth.
    A partir de ce moment, mon coeur a davantage aimé la Sainte-Famille de Bordeaux. J’avais le désir de la vie contemplative, mais j’avais fait la demande d’entrer chez les Soeurs de l’Enfant Jésus. C’était un problème pour savoir quelle congrégation choisir. J’ai prié et j’ai demandé conseil, j’ai discerné et j’ai choisi la Sainte-Famille.
    J’ai choisi la Famille de Pierre Bienvenu Noailles parce que j’ai été attirée par le Charisme de Communion. Je voyais ce que les Soeurs faisaient, leur diversité, leur amour pour le peuple Rwandais, leur compassion pour les pauvres et, en même temps, j’étais attirée par la vocation contemplative.
    La générosité, la proximité, la collaboration, la discrétion, la tendresse, la simplicité et l’humilité des soeurs apostoliques et contemplatives m’ont aidée à grandir dans la complémentarité, la communion, à aimer davantage notre grande famille.
    Et je dis au Seigneur : « façonne-moi et fais de ma vie ce que tu veux pour répondre à ton appel dans cette famille ».
    Sr Léonie MUSABYEYEZU, novice contemplative.

  • La visite d’animation

    A la suite de la visite d’animation du Conseil Général en Belgique,France,Italie; le Conseil de Réseau a retrouvé le Conseil Général du 27 au 30 novembre à Rome.
    Nous avons pu relire ensemble cette étape pleine de richesses, nos options à soutenir et commencer à entrevoir nos options pour les prochaines années…
    Les soeurs du Conseil Général ont partagé leurs découvertes et leur joie de faire le tour des EHPADS ( Etablissement d’Hébergement d’Accueil pour Personnes Agées Dépendantes) et l’engagement missionnaire qui se poursuit dans nos différents lieux d’insertion. 

  • Marche pour la paix

     

    John Mpaliza est né à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Il est Ingénieur en informatique. Agé de 45 ans, il est en Italie depuis 21 ans.
    Jusqu’en mai 2014, il a travaillé comme programmeur à la municipalité de Reggio Emilia, au nord de l’Italie. Il a décidé de quitter le travail pour un objectif beaucoup plus grand que la satisfaction personnelle de ses besoins et y gagner un salaire à la fin du mois. Il s’est lancé à marcher à pied pour la paix à la RDCongo en particulier et au monde entier, en général – ‘Peace Walking Man’.
    John est un activiste énergique, avec des objectifs très ambitieux. Il est conscient que «marcher pour la paix signifie souffrir physiquement, moralement et psychologiquement; sans tenir compte de la chaleur, du froid, de la pluie ou de la neige. C’est très significatif pour lui de continuer à marcher même s’il ne dispose d’aucun sou ou lorsqu’il est fatigué, parce qu’il doit arriver à sa destination. Dans son parcours, il rencontre de personnes qui aiment entendre ce message de paix ou qui s’associent à lui. John fait 35/45 km par jour.
    Quel est son objectif ?
    John veut sensibiliser les gens pour la paix. Il dira : «j’ai commencé à sensibiliser le public sur le drame que vit le peuple congolais : un pays très riche, mais le peuple meurt de la misère ». Le Congo-Kinshasa est riche en eau douce, terre fertile, biodiversité. C’est un pays qu’on pouvait appeler un « scandale » à cause de la richesse de son sous-sol : l’or, cobalt, diamants, étain, etc.
    Le manque d’attention des médias sur la RD Congo a poussé John à lancer cette voie pour sensibiliser aussi les médias, les investisseurs et les politiciens. Après sa visite au pays en 2009, John s’est exclamé en ces termes : «J’ai été tourmenté parce que j’ai vu et entendu ; alors, j’’ai décidé de ne plus garder silence. J’ai perdu beaucoup de parents pendant les guerres. Il y a 8 millions de Congolais qui sont morts et environ 4 millions de femmes qui subissent des violences, et personne ne pense faire quelque chose pour cette situation. Je ne voulais pas contribuer à ce silence qui tue ». Les problèmes du Congo dans le contexte africain sont aussi les problèmes d’autres pays qui souffrent de la tyrannie et de l’exploitation par les multinationales et les pays industrialisés, souvent avec la complicité des dirigeants locaux qu’ils ont habilement choisis et imposé à ces peuples. Marcher et parler de problèmes quotidiens de ces pays et de mon Congo, je pense que cela peut aider à voir les injustices qui les entourent, avec l’espoir que demain, le Congo, l’Afrique pourra voir se lever le jour.
    John fait des marches pour la paix avec modestie et joie. Avec confiance il dit que malgré la corruption, les guerres, la famine, l’injustice que nous vivons tous les jours, le monde n’est pas condamné. Il est convaincu que grâce à la recherche de la paix, on peut arriver à vivre dans un monde socialement juste».
    Il y a 4 ans que John a commencé à marcher pour la paix en RDCongo et dans le monde entier. Il vit du juste assez en pensant à des milliers des personnes qui souffrent dans le monde et dans son pays d’origine.
    Cette marche part d’une souffrance personnelle et d’un peuple, du manque de démocratie.
    En 2016, pendant un mois, John a marché de l’Italie (Reggio Emilia, où il habite) jusqu’en Belgique (Bruxelles) pour dénoncer à l’Union Européenne le massacre de Beni (à l’Est du Congo) et la situation alarmante à travers toute la RDCongo.
    Cette année, du 1er au 29 octobre 2017, John Mpaliza a marché de Reggio Emilia (Nord de l’Italie) jusqu’à Rome pour dire au monde entier que la situation s’empire en RDCongo. La dernière semaine de cette marche (du 23 au 29 octobre), il a organisé beaucoup d’activités sur le Congo : les conférences, les témoignages et évidemment la continuité de la marche. Selon son esprit, ces activités sont toujours ouvertes à toutes les personnes de bonne volonté.
    Je suis allée me joindre pour deux jours : d’abord à la marche de vendredi 27 octobre. Nous avons marché de 15hoo à 17h00 (de la place du peuple ‘Piazza del Popolo’ jusqu’au Vatican (à l’entrée de la Place Saint Pierre). Nous étions accompagnés de la Police Italienne pour plus de sécurité et d’assurance au groupe. Chemin faisant, nous chantions des cantiques de notre pays en différentes langues nationales pour exprimer notre compassion envers notre peuple. Cela m’a rappelé le psaume 136: « Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion… ».Il jouait également à la guitare pour rythmer nos pas et nos chansons.
    Le dimanche, dernier jour du programme, je suis entrée avec le groupe à la Place Saint Pierre pour l’Angélus du Pape. Avec des drapeaux de la RDCongo et les bandelettes sur lesquelles étaient écrites « Paix – Peace », John a voulu que nous disions au monde entier et à l’Eglise qu’il y a urgence de trouver une solution rapide à la crise congolaise.
    Chers frères et sœurs, merci de prier pour la situation alarmante du Congo.
    Ce 23 novembre 2017, à 17h30, en la basilique Saint Pierre de Rome, le Pape priera pour le Soudan du Sud et pour la RDCongo. Je vais y participer. Merci de se joindre à nous dans vos prières.
     
    Marie-Pierre OTIBA
    Communauté Locale, Maison Générale.

     
     

  • LA JOIE DE LA DECOUVERTE

    MA PREMIERE  EXPERIENCE  A  LAKAS
    « Que Dieu de l’espérance remplisse nos familles, nos sœurs et nos amies de joie et de paix !»
    C’est avec cette joie et paix que je viens  partager avec vous mes découvertes faites durant ce temps vécu dans la formation comme aspirante (jeune regardante) de la Sainte-Famille de Bordeaux à Lakas/Idiofa/R.D. CONGO.
    J’ai découvert beaucoup de choses par rapport à la réalité de la vie et de ma vie personnelle comme jeune en recherche de ma vocation. Progressivement j’ai eu la joie de découvrir que je suis appelée à fournir l’effort pour apprendre et participer à ma propre formation  car au début je n’arrivais pas à me situer et me donner totalement, je me sentais un peu perdue, je ne savais pas comment situer les activités de la journée dans le temps, grâce à la formation reçue auprès des sœurs, j’ai appris à m’organiser dans le temps : les heures de travail à l’hôpital, les cours de formation, d’autres activités à la paroisse auprès des jeunes, la visite des familles au village et quelques services à rendre à la communauté (nourrir les bêtes à la porcherie …)
    Les cours de formation m’ont permis à faire la découverte de la Bible en lisant quelques récits de personnages bibliques (Abraham, Isaac, Jacob…) et de connaître le Jésus de l’Evangile ; à m’ouvrir à la vie Sainte-Famille par le simple témoignage des sœurs au quotidien et connaître un peu le fondateur de cette famille religieuse, connaître les notions de base de la catéchèse, la vie chrétienne, apprendre à prier…
    Aujourd’hui, Je me sens joyeuse et courageuse, j’ai dépassé la peur, je peux lire en public (à l’église) et participer à la prière avec les sœurs (le lundi et le samedi).
    L’expérience du travail comme infirmière à l’Hôpital Secondaire de LAKAS, m’aide à pratiquer la science infirmière et à approfondir mes connaissances dans la manière de soigner les malades, de veiller à leur état de santé, de faire les pansements ou les consultations prénatales, d’assister aux accouchements, de vérifier les médicaments ou encore de prendre la tension artérielle.
    J’apprends ainsi à collaborer avec les deux médecins et les autres infirmier(e)s. Chaque matin je fais le tour des salles pour visiter les malades et leur adresser  tout simplement « une petite parole … comment ça va ? Comment tu as passé la nuit ? Causer avec les malades pour leur apporter la joie, la paix, l’espérance… » Cette attention  et proximité avec les malades et les personnes vulnérables créent plus de liens de famille et de fraternité, c’est ainsi que certains malades commencent à m’appeler à longueur des journées « Ma-Jolie !». Donc je deviens «  une mère qui prend soin de la vie ! ».
    Et dernièrement j’ai découvert que Jésus dans l’Evangile donnait à manger aux gens, il visitait  les malades dans leur maison ou au quartier, il les guérissait etc.
    Ma grande joie est de découvrir  que « suivre le chemin de Jésus c’est sauver les gens, guérir les malades, donner les pains aux affamés … visiter les gens aux quartiers … se faire proche des gens pauvres, malades… »
    Venant d’une grande cité de Mangai I, où les gens font beaucoup d’activités pour le développement de la population : les magasins, la vente des poissons, la construction des maisons en matériaux durables, la prise en charge de l’Eglise par les fidèles chrétiens (les dons en nature, la quête spéciale…), j’étais un peu dépaysée de voir qu’ici il n’y a pas vraiment assez d’activités organisées dans ce sens.
    Par ailleurs ce que j’ai apprécié et trouvé de beau c’est la pleine participation des élèves à la messe matinale ce qui est rare de là où je viens.
    Je remercie le Bon Dieu pour sa protection et ses bienfaits durant cette année et pour les sœurs de la communauté de LAKAS qui m’ont soutenue et aidée à découvrir l’appel de Dieu dans ma vie. Et je le prie de continuer ce qu’il a commencé en moi.
    Chers lecteurs que vos prières m’accompagnent.
     
    Aspirante Jolie Horline NTAMBWELE

  • Témoins du Christ

    Vivre comme témoin du Christ dans le monde agité à la recherche d’une paix, d’une proximité aimante et d’une cohabitation pacifique demande foi et confiance profonde en Jésus Christ qui vient nous rejoindre dans la réalité de nos vies.
    Ainsi depuis mon arrivée dans la communauté de Saint Mandé, je vis l’expérience d’une communauté qui vit une présence cachée au milieu de beaux immeubles. Ils paraissent trop fermés. La chaleur humaine et la vie ne rayonnent pas.
    Au fil du jour, je me rends compte que quelque chose de beau, de plus profond habite les soeurs. C’est une communauté ouverte à toute personne qui peut venir partager la prière, une communauté accueillante à tous ceux qui frappent à la porte. Une communauté disponible, prête à rendre service et participer aux activités paroissiales : animation liturgique, visite aux malades, accueil d’un groupe de chrétiens pour approfondir les Evangiles. Un groupe d’amis de la Famille se réunit pour approfondir la vie du fondateur et notre charisme.
    En vivant tout cela, je me suis émerveillée. « Oui » je peux dire que pour être témoin du Christ il n’est pas nécessaire de faire des choses extraordinaires, mais comme Jésus, Marie et Joseph à Nazareth, c’est être là, proche des gens par la présence parlante d’un esprit qui nous pousse à aller vers nos frères en humanité, les écouter et partager leurs attentes, leurs espoirs et tout ce qui fait leur vie.
    C’est donner du temps aux autres, rendre service là où c’est possible, poser un regard positif, celui de l’espérance, avoir un geste d’attention, un sourire à ceux que l’on croise en chemin, oser aller à la rencontre de l’inconnu, tendre la main pour dire « bonjour », « coucou ».
    Par cette façon très simple et significative, les gens peuvent lire dans nos vies la manière d’être des femmes habitées d’une présence cachée qui témoigne et apporte de l’Espérance à la vie.
    Sœur Aline, apostolique du Cameroun, de passage à Saint Mandé.

  • La joie de la consécration au Seigneur dans la Sainte-Famille de Bordeaux

    Le 9 aout 2017, à Mokolo Nazareth, a été pour toute la grande famille de Pierre Bienvenu Noailles et spécialement pour l’Unité de Cameroun-Tchad. En effet,  ce jour de fête et de joie  est marqué par la réponse de Peedi Fernande à l’appel de Dieu, de Lui consacrer toute sa vie au service de ses frères et sœurs selon les constitutions de l’institut religieux apostolique de Sainte-Famille de Bordeaux. En même temps, les sœurs Nadège, Violette, Tabitha et Gwladys ont redit leur oui à la suite de Jésus Obéissant, Chaste et Pauvre pour n’aimer et ne servir que Dieu Seul comme Jésus, Marie et Joseph à Nazareth.
    Dans son homélie tirée de l’Evangile selon Saint Jean15, 1-9, le père Paul Matakon,  prêtre associé de la Sainte-Famille de Bordeaux , célébrant de l’Eucharistie , a insisté sur le fait d’être des sarments accrochés à la vigne qui est le Christ afin de porter de bons fruits ; un arbre fruitier peut porter de très belles branches et feuilles, mais s’il ne donne pas de bons fruits, il ne sert à rien. Le secret pour parvenir à témoigner de notre mission de communion dans notre monde en mutation, c’est de nous accrocher et  de rester fidèle à notre vie de prière et aux constitutions qui sont le chemin et  le style de vie de l’Institut pour le salut de notre âme et des âmes.
    Avant d’inviter Peedi Fernande à prononcer ses vœux dans la foi et la confiance totale en Dieu, et lui remettre la croix, signe d’appartenance à l’Institut, la sœur Solange Graka, déléguée rappelle que nous sommes appelées à suivre le Christ sur le chemin des conseils évangéliques et à participer à sa mission de salut.
     Le Don de Fernande et de toutes les Sœurs est le fruit de l’amour inconditionnel et unique du Père pour nous.
    Avec toutes les émotions d’une grande grâce reçue et dans un abandon total, Fernande prononça ses vœux entre les mains de sr Solange, et en présence de sept prêtres dont un prêtre associé, quatre qui sont en cheminement pour être prêtres associés de la Sainte-Famille, les curés de Loubam-Touroum et de  Gounou Gaya (Tchad).
    « En ce jour béni, je suis contente et je rends grâce à Dieu qui a voulu que je le serve dans la grande famille de Pierre Bienvenu Noailles. Entourée de mes sœurs et des personnes venues participer à cette célébration, comment ne pas rendre grâce à Dieu et chanter mon magnificat ! Je sentais remonter en moi cette parole du Bon Père : « Que rien n’arrête votre course… ». Désormais sœur de la Sainte-Famille, je m’appuie sur l’amour et la fidélité du Seigneur pour grandir chaque jour dans mon oui totalement donné à Lui et je compte sur le soutien de mes Sœurs et de personnes que le Seigneur mettra sur ma route afin de marcher sur les pas de Jésus, Marie et Joseph pour Dieu Seul» Peedi Fernande.
    Cette belle journée s’acheva par un repas fraternel dans la joie et réjouissance des enfants de Dieu.
    GLOIRE A DIEU SEUL ET TOUT PAR MARIE ET SAINT JOSEPH.
    Pour le service  d’information :
    Sœur Nadège  Nguiko, SFB

  • Message du Saint – Père

    MESSAGE DU SAINT-PÈRE
    POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES
    33ème Dimanche du Temps Ordinaire
    19 novembre 2017
    N’aimons pas en paroles, mais par des actes
     
    1. « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Ces paroles de l’apôtre Jean expriment un impératif dont aucun chrétien ne peut faire abstraction. La gravité avec laquelle le ‘‘disciple bien-aimé’’ transmet, jusqu’à nos jours, le commandement de Jésus s’accentue encore davantage par l’opposition qu’elle révèle entre les paroles vides qui sont souvent sur nos lèvres et les actes concrets auxquels nous sommes au contraire appelés à nous mesurer. L’amour n’admet pas d’alibi : celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple ; surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. La façon d’aimer du Fils de Dieu, par ailleurs, est bien connue, et Jean le rappelle clairement. Elle se fonde sur deux pierres angulaires : Dieu a aimé le premier (cf. 1 Jn 4, 10.19) ; et il a aimé en se donnant tout entier, y compris sa propre vie (cf. 1 Jn 3, 16).
    Un tel amour ne peut rester sans réponse. Même donné de manière unilatérale, c’est-à-dire sans rien demander en échange, il enflamme cependant tellement le cœur que n’importe qui se sent porté à y répondre malgré ses propres limites et péchés. Et cela est possible si la grâce de Dieu, sa charité miséricordieuse sont accueillies, autant que possible, dans notre cœur, de façon à stimuler notre volonté ainsi que nos affections à l’amour envers Dieu lui-même et envers le prochain. De cette façon, la miséricorde qui jaillit, pour ainsi dire, du cœur de la Trinité peut arriver à mettre en mouvement notre vie et créer de la compassion et des œuvres de miséricorde en faveur des frères et des sœurs qui sont dans le besoin.
    2. « Un pauvre crie ; le Seigneur l’entend » (Ps 33, 7). Depuis toujours, l’Église a compris l’importance de ce cri. Nous avons un grand témoignage dès les premières pages des Actes des Apôtres, où Pierre demande de choisir sept hommes « remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (6, 3), afin qu’ils assument le service de l’assistance aux pauvres. C’est certainement l’un des premiers signes par lesquels la communauté chrétienne s’est présentée sur la scène du monde : le service des plus pauvres. Tout cela lui était possible parce qu’elle avait compris que la vie des disciples de Jésus devait s’exprimer dans une fraternité et une solidarité telles qu’elles doivent correspondre à l’enseignement principal du Maître qui avait proclamé heureux et héritiers du Royaume des cieux les pauvres (cf. Mt 5, 3).
    « Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 45). Cette expression montre clairement la vive préoccupation des premiers chrétiens. L’évangéliste Luc, l’auteur sacré qui, plus que tout autre, a réservé une large place à la miséricorde, ne fait pas de rhétorique lorsqu’il décrit la pratique de partage de la première communauté. Au contraire, en la recommandant, il entend s’adresser aux croyants de toute génération, et donc à nous aussi, pour nous soutenir dans le témoignage et susciter notre action en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. Le même enseignement est donné avec autant de conviction par l’apôtre Jacques, qui, dans sa Lettre, utilise des expressions fortes et incisives : « Écoutez, donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Or n’est-ce pas les riches qui vous oppriment, et vous traînent devant les tribunaux ? […] Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : ‘‘Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !’’ sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (2, 5-6.14-17).
    3. Il y a eu, cependant, des moments où les chrétiens n’ont pas écouté jusqu’au bout cet appel, en se laissant contaminer par la mentalité mondaine. Mais l’Esprit Saint n’a pas manqué de leur rappeler de maintenir le regard fixé sur l’essentiel. Il a fait surgir, en effet, des hommes et des femmes qui, de diverses manières, ont offert leur vie au service des pauvres. Que de pages d’histoire, en ces deux mille ans, ont été écrites par des chrétiens qui en toute simplicité et humilité, et par la généreuse imagination de la charité, ont servi leurs frères plus pauvres !
    Parmi ceux-ci, se détache l’exemple de François d’Assise, qui a été suivi par de nombreux hommes et femmes saints au cours des siècles. Il ne s’est pas contenté d’embrasser et de faire l’aumône aux lépreux, mais il a décidé d’aller à Gubbio pour rester avec eux. Lui-même a vu dans cette rencontre le tournant de sa conversion : « Comme j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’esprit et du corps » (Test. 1-3 : SF 308). Ce témoignage manifeste la force transformante de la charité et le style de vie des chrétiens.
    Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58).
    Nous sommes appelés, par conséquent, à tendre la main aux pauvres, à les rencontrer, à les regarder dans les yeux, à les embrasser, pour leur faire sentir la chaleur de l’amour qui rompt le cercle de la solitude. Leur main tendue vers nous est aussi une invitation à sortir de nos certitudes et de notre confort, et à reconnaître la valeur que constitue en soi la pauvreté.
    4. N’oublions pas que pour les disciples du Christ, la pauvreté est avant tout une vocation à suivre Jésus pauvre. C’est un chemin derrière lui et avec lui, un chemin qui conduit à la béatitude du Royaume des cieux (cf. Mt 5, 3 ; Lc 6, 20). Pauvreté signifie un cœur humble qui sait accueillir sa propre condition de créature limitée et pécheresse pour surmonter la tentation de toute-puissance, qui fait croire qu’on est immortel. La pauvreté est une attitude du cœur qui empêche de penser à l’argent, à la carrière, au luxe comme objectif de vie et condition pour le bonheur. C’est la pauvreté, plutôt, qui crée les conditions pour assumer librement les responsabilités personnelles et sociales, malgré les limites de chacun, comptant sur la proximité de Dieu et soutenu par sa grâce. La pauvreté, ainsi entendue, est la mesure qui permet de juger de l’utilisation correcte des biens matériels, et également de vivre de manière non égoïste et possessive les liens et affections (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 25-45).
    Faisons nôtre, par conséquent, l’exemple de saint François, témoin de l’authentique pauvreté. Précisément parce qu’il avait les yeux fixés sur le Christ, il a su le reconnaître et le servir dans les pauvres. Si, par conséquent, nous voulons offrir une contribution efficace pour le changement de l’histoire, en promouvant un vrai développement, il est nécessaire d’écouter le cri des pauvres et de nous engager à les faire sortir de leur condition de marginalisation. En même temps, je rappelle aux pauvres qui vivent dans nos villes et dans nos communautés de ne pas perdre le sens de la pauvreté évangélique qu’ils portent imprimé dans leur vie.
    5. Nous savons la grande difficulté qui émerge dans le monde contemporain de pouvoir identifier clairement la pauvreté. Cependant, elle nous interpelle chaque jour par ses mille visages marqués par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme, par l’urgence sanitaire et par le manque de travail, par les traites et par les esclavages, par l’exil et par la misère, par la migration forcée. La pauvreté a le visage de femmes, d’hommes et d’enfants exploités pour de vils intérêts, piétinés par des logiques perverses du pouvoir et de l’argent. Quelle liste impitoyable et jamais complète se trouve-t-on obligé d’établir face à la pauvreté fruit de l’injustice sociale, de la misère morale, de l’avidité d’une minorité et de l’indifférence généralisée !
    De nos jours, malheureusement, tandis qu’émerge toujours davantage la richesse insolente qui s’accumule dans les mains de quelques privilégiés et souvent est accompagnée de l’inégalité et de l’exploitation offensant la dignité humaine, l’expansion de la pauvreté à de grands secteurs de la société dans le monde entier fait scandale. Face à cette situation, on ne peut demeurer inerte et encore moins résigné. À la pauvreté qui inhibe l’esprit d’initiative de nombreux jeunes, en les empêchant de trouver un travail ; à la pauvreté qui anesthésie le sens de responsabilité conduisant à préférer la procuration et la recherche de favoritismes ; à la pauvreté qui empoisonne les puits de la participation et restreint les espaces du professionnalisme en humiliant ainsi le mérite de celui qui travaille et produit ; à tout cela, il faut répondre par une nouvelle vision de la vie et de la société.
    Tous ces pauvres – comme aimait le dire le Pape Paul VI – appartiennent à l’Église par « droit évangélique » (Discours d’ouverture de la 2ème session du Concile Œcuménique Vatican II, 29 septembre 1963) et exigent l’option fondamentale pour eux. Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’: ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu.
    6. Au terme du Jubilé de la Miséricorde, j’ai voulu offrir à l’Église la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. Aux autres Journées mondiales instituées par mes Prédécesseurs, qui sont désormais une tradition dans la vie de nos communautés, je voudrais que s’ajoute celle-ci, qui apporte à leur ensemble un complément typiquement évangélique, c’est-à-dire la prédilection de Jésus pour les pauvres.
    J’invite l’Église tout entière ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté à avoir le regard fixé, en cette journée, sur tous ceux qui tendent les mains en criant au secours et en sollicitant notre solidarité. Ce sont nos frères et sœurs, créés et aimés par l’unique Père céleste. Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. Dieu a créé le ciel et la terre pour tous ; ce sont les hommes, malheureusement, qui ont créé les frontières, les murs et les clôtures, en trahissant le don originel destiné à l’humanité sans aucune exclusion.
    7. Je souhaite que les communautés chrétiennes, au cours de la semaine qui précède la Journée Mondiale des Pauvres, qui cette année sera le 19 novembre, 33ème dimanche du Temps Ordinaire, œuvrent pour créer de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète. Ils pourront, ensuite, inviter les pauvres et les volontaires à participer ensemble à l’Eucharistie de ce dimanche, en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique, le dimanche suivant. La royauté du Christ, en effet, émerge dans toute sa signification précisément sur le Golgotha, lorsque l’Innocent cloué sur la croix, pauvre, nu et privé de tout, incarne et révèle la plénitude de l’amour de Dieu. Son abandon complet au Père, tandis qu’il exprime sa pauvreté totale, rend évident la puissance de cet Amour, qui le ressuscite à une vie nouvelle le jour de Pâques.
    En ce dimanche, si dans notre quartier vivent des pauvres qui cherchent protection et aide, approchons-nous d’eux : ce sera un moment propice pour rencontrer le Dieu que nous cherchons. Selon l’enseignement des Écritures (cf. Gn 18, 3-5 ; He 13, 2), accueillons-les comme des hôtes privilégiés à notre table ; ils pourront être des maîtres qui nous aident à vivre la foi de manière plus cohérente. Par leur confiance et leur disponibilité à accepter de l’aide, ils nous montrent de manière sobre, et souvent joyeuse, combien il est important de vivre de l’essentiel et de nous abandonner à la providence du Père.
    8. À la base des nombreuses initiatives qui peuvent se réaliser lors de cette Journée, qu’il y ait toujours la prière. N’oublions pas que le Notre Père est la prière des pauvres. La demande du pain, en effet, exprime la confiance en Dieu pour les besoins primaires de notre vie. Ce que Jésus nous a enseigné par cette prière exprime et recueille le cri de celui qui souffre de la précarité de l’existence et du manque du nécessaire. Aux disciples qui demandaient à Jésus de leur apprendre à prier, il a répondu par les paroles des pauvres qui s’adressent au Père unique dans lequel tous se reconnaissent comme frères. Le Notre Père est une prière qui s’exprime au pluriel : le pain demandé est ‘‘notre’’, et cela comporte partage, participation et responsabilité commune. Dans cette prière, nous reconnaissons tous l’exigence de surmonter toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque.
    9. Je demande aux confrères évêques, aux prêtres, aux diacres – qui par vocation ont la mission du soutien aux pauvres -, aux personnes consacrées, aux associations, aux mouvements et au vaste monde du volontariat d’œuvrer afin que par cette Journée Mondiale des Pauvres s’instaure une tradition qui soit une contribution concrète à l’évangélisation dans le monde contemporain.
    Que cette nouvelle Journée Mondiale, par conséquent, devienne un appel fort à notre conscience de croyants pour que nous soyons plus convaincus que partager avec les pauvres nous permet de comprendre l’Évangile dans sa vérité la plus profonde. Les pauvres ne sont un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile.
    Du Vatican, le 13 juin 2017
    Mémoire de saint Antoine de Padoue
    Franciscus