La Fondation SAM (Sœur Ann Mary) – nommée d’après Sœur Ann Mary Carolissen – est une organisation d’utilité publique formée par un groupe de ses anciens élèves pour honorer son héritage en poursuivant le travail qu’elle a fait à l’école primaire de Saint-Augustin à Durban. C’est le 111e anniversaire de la fondation de l’école cette année, et le premier anniversaire de la mort de Sr Anne Mary, ancienne directrice.
La fondation a été créée pour permettre aux jeunes garçons et filles de couleur d’avoir une place dans le monde du travail étant donné leur grand potentiel pour devenir des professionnels réussis. Le travail de la Fondation comporte quatre piliers clés: l’Éducation, le Développement des Compétences, l’Entrepreneuriat et le Programme des Bourses.
Outre ses partenariats avec d’autres organisations à but non lucratif, SAM a de nombreux bienfaiteurs parmi les anciens élèves de l’école primaire de Saint-Augustin à Durban qui contribuent aux efforts continus de l’école pour nourrir et faire avancer les générations futures d’enfants.
La Fondation SAM cherche à être le gardien de ces jeunes esprits impressionnables. Sur la base du principe du « paiement anticipé », l’activité de la Fondation ne se limite pas seulement à aider ces jeunes, mais aussi les habilite afin qu’ils puissent un jour, à leur tour, transmettre les connaissances acquises et donner un soutien tangible à la génération suivante. La vision de la Fondation SAM est de devenir des mentors et de créer un réseau d’agents de changement engagés dans la qualification et l’autonomisation des jeunes adultes en les portant à devenir des professionnels de succès et à avoir l’indépendance économique.
Colette Steeneveldt
Auteur/autrice : AdminWp
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La Fondation SAM
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DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
AUX CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DE L’UNION EUROPÉENNE
RÉUNIS EN ITALIE À L’OCCASION DU 60e ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE ROMEVendredi 24 mars 2017
Honorables hôtes,
Je vous remercie de votre présence, ce soir, à la veille du 60ème anniversaire de la signature des Traités fondateurs de la Communauté Economique Européenne et de la Communauté Européenne de l’Energie Atomique. Je désire signifier à chacun l’affection que le Saint Siège nourrit pour vos pays respectifs et pour toute l’Europe, aux destins desquels il est indissolublement lié, par disposition de la Providence divine. J’exprime une gratitude particulière à Monsieur Paolo Gentiloni, Président du Conseil des Ministres de la République italienne, pour les aimables paroles qu’il a adressées au nom de tous et pour l’engagement que l’Italie a prodigué pour préparer cette rencontre ; de même qu’à Monsieur Antonio Tajani, Président du Parlement européen, qui a exprimé les attentes des peuples de l’Union en cette occasion.
Revenir à Rome 60 ans après ne peut être seulement un voyage dans les souvenirs, mais bien plutôt le désir de redécouvrir la mémoire vivante de cet évènement pour en comprendre la portée dans le présent. Il faut se resituer dans les défis de l’époque pour affronter ceux d’aujourd’hui et de demain. Avec ses récits pleins d’évocations, la Bible nous offre une méthode pédagogique fondamentale : on ne peut pas comprendre le temps que nous vivons sans le passé, compris non pas comme un ensemble de faits lointains, mais comme la sève vitale qui irrigue le présent. Sans une telle conscience la réalité perd son unité, l’histoire son fil logique et l’humanité perd le sens de ses actions et la direction de son avenir.
Le 25 mars 1957 fut une journée chargée d’attentes et d’espérances, d’enthousiasme et d’anxiété, et seul un événement exceptionnel, par sa portée et ses conséquences historiques, pouvait la rendre unique dans l’histoire. La mémoire de ce jour s’unit aux espérances d’aujourd’hui et aux attentes des peuples européens qui demandent de discerner le présent afin de poursuivre, avec un élan renouvelé et avec confiance, le chemin commencé.
Les Pères fondateurs et les Responsables étaient bien conscients que, apposant leur signature sur les deux Traités, ils donnaient vie à cette réalité politique, économique, culturelle, mais surtout humaine, que nous appelons aujourd’hui l’Union Européenne. D’autre part, comme le disait le Ministre des Affaires Etrangères belge Spaak, il s’agissait, « c’est vrai, du bien-être matériel de nos peuples, de l’expansion de nos économies, du progrès social, de possibilités industrielles et commerciales totalement nouvelles, mais avant tout […] [d’] une conception de la vie à la mesure de l’homme fraternel et juste »[1].
Après les années sombres et cruelles de la Seconde Guerre Mondiale, les Responsables de l’époque ont eu foi en la possibilité d’un avenir meilleur, ils « n’ont pas manqué d’audace et n’ont pas agi trop tard. Le souvenir de leurs malheurs et peut-être aussi de leurs fautes semble les avoir inspirés, leur a donné le courage nécessaire pour oublier les vieilles querelles, […] penser et agir de manière vraiment nouvelle et pour réaliser la plus grande transformation […] de l’Europe »[2].
Les Pères fondateurs nous rappellent que l’Europe n’est pas un ensemble de règles à observer, elle n’est pas un recueil de protocoles et de procédures à suivre. Elle est une vie, une manière de concevoir l’homme à partir de sa dignité transcendante et inaliénable, et non pas seulement comme un ensemble de droits à défendre, ou de prétentions à revendiquer. A l’origine de l’idée d’Europe il y a « la figure et la responsabilité de la personne humaine avec son ferment de fraternité évangélique, […] avec sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire »[3]. Rome, avec sa vocation à l’universalité[4], est le symbole de cette expérience et pour cette raison fut choisie comme lieu de la signature des Traités, puisque ici – comme le rappela le Ministre des Affaires Etrangères Hollandais Luns – « furent jetées […] les bases politiques, juridiques et sociales de notre civilisation »[5].
S’il fut clair dès le début que le cœur palpitant du projet politique européen ne pouvait qu’être l’homme, le risque que les Traités restent lettre morte fut aussi évident. Ceux-ci devaient être remplis d’esprit vital. Et le premier élément de la vitalité européenne est la solidarité. «La Communauté économique européenne – a affirmé le Premier Ministre luxembourgeois Bech – ne vivra et ne réussira que si, tout au long de son existence, elle reste fidèle à l’esprit de solidarité européenne qui l’a fait naître et si la volonté commune de l’Europe en gestation est plus puissante que les volontés nationales »[6]. Cet esprit est d’autant plus nécessaire aujourd’hui devant les poussées centrifuges comme aussi devant la tentation de réduire les idéaux fondateurs de l’Union aux nécessités productives, économiques et financières.
La capacité de s’ouvrir aux autres naît de la solidarité. « Nos plans ne sont pas égoïstes »[7], a dit le Chancelier allemand Adenauer. Le Ministre des Affaires Etrangères français Pineau lui faisait écho: « Sans doute, les pays en s’unissant […] n’entendent pas s’isoler du reste du monde et dresser autour d’eux des barrières infranchissables »[8]. Dans un monde qui connaissait bien le drame des murs et des divisions, l’importance de travailler pour une Europe unie et ouverte était bien claire, ainsi que la volonté commune d’œuvrer pour supprimer cette barrière artificielle qui, de la Mer Baltique à l’Adriatique divisait le continent. Comme on a peiné pour faire tomber ce mur ! Et cependant aujourd’hui le souvenir de cette peine s’est perdu. S’est perdue aussi la conscience du drame des familles séparées, de la pauvreté et de la misère que cette division avait provoquées. Là où des générations aspiraient à voir tomber les signes d’une inimitié forcée, on se demande maintenant comment laisser au dehors les « dangers » de notre époque : en commençant par la longue file des femmes, hommes et enfants qui fuient la guerre et la pauvreté, qui demandent seulement la possibilité d’un avenir pour soi et pour leurs familles.
Dans l’absence de mémoire qui caractérise notre temps, on oublie souvent une autre grande conquête, fruit de la solidarité ratifiée le 25 mars 1957 : le temps de paix le plus long des derniers siècles. Des « peuples qui si souvent au cours des temps se sont trouvés dans des camps opposés, dressés les uns contre les autres sur le champ de bataille, […] se rejoignent et s’unissent à travers la richesse de leur diversité »[9]. La paix se construit toujours avec la participation libre et consciente de chacun. Cependant, « pour beaucoup aujourd’hui la paix semble [être], de quelque manière, un bien établi »[10] et il est ainsi facile de finir par la considérer superflue. Au contraire, la paix est un bien précieux et essentiel puisque sans elle on ne peut construire un avenir pour personne et on finit par “vivre au jour le jour”.
L’Europe unie naît, en effet, d’un projet clair, bien défini, correctement réfléchi, bien qu’au début seulement embryonnaire. Tout bon projet regarde vers l’avenir et l’avenir ce sont les jeunes, appelés à réaliser les promesses de l’avenir[11]. Il y avait donc chez les Pères fondateurs la claire conscience de faire partie d’une œuvre commune qui ne traverse pas seulement les frontières des Etats mais traverse aussi celles du temps de manière à lier les générations entre elles, toutes également participantes de la construction de la maison commune.
Honorables hôtes,
J’ai consacré cette première partie de mon intervention aux Pères de l’Europe, pour que nous nous laissions provoquer par leurs paroles, par l’actualité de leur pensée, par l’engagement passionné pour le bien commun qui les a caractérisés, par la certitude de faire partie d’une œuvre plus grande que leurs personnes et par la grandeur de l’idéal qui les animait. Leur dénominateur commun était l’esprit de service, uni à la passion politique et à la conscience qu’ « à l’origine de [cette] civilisation européenne se trouve le christianisme »[12], sans lequel les valeurs occidentales de dignité, de liberté, et de justice deviennent complètement incompréhensibles. « Et encore aujourd’hui – a affirmé saint Jean-Paul II – l’âme de l’Europe demeure unie, parce que, au-delà de ses origines communes, elle vit les mêmes valeurs chrétiennes et humaines, comme celles de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de la justice et de la liberté, du travail, de l’esprit d’initiative, de l’amour de la famille, du respect de la vie, de la tolérance, du désir de coopération et de paix, qui sont les notes qui la caractérisent »[13]. Dans notre monde multiculturel ces valeurs continueront à trouver plein droit de cité si elles savent maintenir leur lien vital avec la racine qui les a fait naître. Dans la fécondité d’un tel lien se trouve la possibilité de construire des sociétés authentiquement laïques, exemptes d’oppositions idéologiques, où trouvent également place le natif et l’autochtone, le croyant et le non croyant.
Au cours de ces dernières 60 années le monde a beaucoup changé. Si les Pères fondateurs, qui avaient survécu à un conflit dévastateur, étaient animés par l’espérance d’un avenir meilleur et déterminés par la volonté de le poursuivre, en évitant que surgissent de nouveaux conflits, notre époque est davantage dominée par l’idée de crise. Il y a la crise économique, qui a caractérisé les 10 dernières années, il y a la crise de la famille et des modèles sociaux consolidés, il y a une diffuse “crise des institutions” et la crise des migrants : beaucoup de crises, qui cachent la peur et le désarroi profond de l’homme contemporain, qui demande une nouvelle herméneutique pour l’avenir. Cependant, le terme “crise” n’a pas en soi une connotation négative. Il n’indique pas seulement un mauvais moment à dépasser. Le mot crise a pour origine le verbe grec crino (κρ?νω), qui signifie examiner, évaluer, juger. Notre temps est donc un temps de discernement, qui nous invite à évaluer l’essentiel et à construire sur lui : c’est donc un temps de défis et d’opportunités.
Quelle est alors l’herméneutique, la clef d’interprétation avec laquelle nous pouvons lire les difficultés du présent et trouver des réponses pour l’avenir ? Le rappel de la pensée des Pères serait, en effet, stérile s’il ne servait pas à nous indiquer un chemin, s’il ne se faisait pas stimulation pour l’avenir et source d’espérance. Tout corps qui perd le sens de son chemin, tout corps à qui vient à manquer ce regard en avant, souffre d’abord d’une régression et finalement risque de mourir. Quel est donc l’héritage des Pères fondateurs ? Quelles perspectives nous indiquent-ils pour affronter les défis qui nous attendent? Quelle espérance pour l’Europe d’aujourd’hui et de demain ?
Nous trouvons les réponses précisément dans les piliers sur lesquels ils ont voulu édifier la Communauté économique européenne et que j’ai déjà rappelés : la centralité de l’homme, une solidarité effective, l’ouverture au monde, la poursuite de la paix et du développement, l’ouverture à l’avenir. Il revient à celui qui gouverne de discerner les voies de l’espérance – voilà votre tâche : discerner les voies de l’espérance -, d’identifier les parcours concrets pour faire en sorte que les pas significatifs accomplis jusqu’ici ne se perdent pas, mais soient le gage d’un long et fructueux chemin.
L’Europe retrouve l’espérance lorsque l’homme est le centre et le cœur de ses institutions. J’estime que cela implique l’écoute attentive et confiante des requêtes qui proviennent aussi bien des individus que de la société et des peuples qui composent l’Union. Malheureusement, on a souvent l’impression qu’est en cours un ‘‘décrochage affectif’’ entre les citoyens et les institutions européennes, souvent considérées comme lointaines et pas attentives aux diverses sensibilités qui constituent l’Union. Affirmer la centralité de l’homme signifie aussi retrouver l’esprit de famille, dans lequel chacun contribue librement selon ses propres capacités et talents à [l’édification de] la maison commune. Il est opportun de se souvenir que l’Europe est une famille de peuples[14], que – comme dans chaque famille – il y a des susceptibilités différentes, mais que tous peuvent grandir dans la mesure où on est unis. L’Union Européenne naît comme unité des différences et unité dans les différences. Les particularités ne doivent donc pas effrayer, et on ne peut penser que l’unité soit préservée par l’uniformité. Elle est plutôt l’harmonie d’une communauté. Les Pères fondateurs ont choisi justement ce terme comme le pivot des entités qui naissaient des Traités, en mettant l’accent sur le fait qu’on mettait en commun les ressources et les talents de chacun. Aujourd’hui, l’Union Européenne a besoin de redécouvrir le sens d’être avant tout une ‘‘communauté’’ de personnes et de peuples conscients que « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci »[15] et que donc « il faut toujours élargir le regard pour reconnaître un bien plus grand qui sera bénéfique à tous »[16]. Les Pères fondateurs cherchaient cette harmonie dans laquelle le tout est dans chacune des parties, et les parties sont – chacune avec sa propre originalité – dans le tout.
L’Europe retrouve l’espérance dans la solidarité qui est aussi le plus efficace antidote contre les populismes modernes. La solidarité comporte la conscience de faire partie d’un seul corps et en même temps implique la capacité que chaque membre a de ‘‘sympathiser’’ avec l’autre et avec l’ensemble. Si l’un souffre, tous souffrent (cf. 1 Co 12, 26). Ainsi, nous aussi, aujourd’hui, nous pleurons avec le Royaume-Uni les victimes de l’attentat qui a touché Londres il y a deux jours. La solidarité n’est pas une bonne intention : elle est caractérisée par des faits et des gestes concrets, qui rapprochent du prochain, indépendamment de la condition dans laquelle il se trouve. Au contraire, les populismes prospèrent précisément à partir de l’égoïsme, qui enferme dans un cercle restreint et étouffant et qui ne permet pas de surmonter l’étroitesse de ses propres pensées et de ‘‘regarder au-delà’’. Il faut recommencer à penser de manière européenne, pour conjurer le danger opposé d’une uniformité grise, c’est-à-dire le triomphe des particularismes. C’est à la politique que revient ce leadership d’idéaux qui évite de se servir des émotions pour gagner le consentement, mais qui élabore plutôt, dans un esprit de solidarité et de subsidiarité, des politiques faisant grandir toute l’Union dans un développement harmonieux, en sorte que celui qui réussit à courir plus vite puisse tendre la main à celui qui va plus lentement et qui a plus de difficultés à atteindre celui qui est en tête.
L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle ne s’enferme pas dans la peur et dans de fausses sécurités. Au contraire, son histoire est fortement déterminée par la rencontre avec d’autres peuples et cultures et son identité « est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle »[17]. Le monde nourrit un intérêt pour le projet européen. Cet intérêt existe depuis le premier jour, à travers la foule amassée sur la place du Capitole et à travers les messages de félicitations qui arrivèrent des autres États. Il y en a encore plus aujourd’hui, à partir de ces pays qui demandent à entrer pour faire partie de l’Union, comme de ces États qui reçoivent des aides qui, grâce à une vive générosité, leur sont offertes pour faire face aux conséquences de la pauvreté, des maladies et des guerres. L’ouverture au monde implique la capacité de « dialogue comme forme de rencontre »[18] à tous les niveaux, à commencer par celui des États membres et des Institutions ainsi que des citoyens jusqu’à celui des nombreux immigrés qui abordent les côtes de l’Union. On ne peut pas se contenter de gérer la grave crise migratoire de ces années comme si elle n’était qu’un problème numérique, économique ou de sécurité. La question migratoire pose un problème plus profond, qui est d’abord culturel. Quelle culture propose l’Europe aujourd’hui ? La peur, souvent visible, trouve, en effet, dans la perte d’idéaux sa plus radicale cause. Sans une vraie perspective d’idéaux, on finit par être dominé par la crainte que l’autre nous arrache à nos habitudes consolidées, nous prive des conforts acquis, mette en quelque sorte en cause un style de vie trop souvent fait uniquement de bien-être matériel. Au contraire, la richesse de l’Europe a toujours été son ouverture spirituelle et la capacité à se poser des questions fondamentales sur le sens de l’existence. À l’ouverture envers le sens de l’éternel a correspondu également une ouverture positive, bien que non dénuée de tensions et d’erreurs, envers le monde. Le bien-être acquis semble, par contre, lui avoir rogné les ailes, et fait abaisser le regard. L’Europe a un patrimoine d’idéaux et de spiritualité unique au monde qui mérite d’être proposé à nouveau avec passion et avec une fraîcheur renouvelée et qui est le meilleur antidote contre le vide de valeurs de notre temps, terrain fertile pour toute forme d’extrémisme. Ce sont ces idéaux qui ont rendu Europe, cette ‘‘péninsule de l’Asie’’ qui depuis l’Oural arrive à l’Atlantique.
L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle investit dans le développement et dans la paix. Le développement n’est pas assuré par un ensemble de techniques productives. Il concerne tout l’être humain : la dignité de son travail, des conditions de vie adéquates, la possibilité d’accéder à l’instruction et aux soins médicaux nécessaires. « Le développement est le nouveau nom de la paix »[19], a affirmé Paul VI, puisqu’il n’y a pas de vraie paix lorsqu’il y a des personnes marginalisées et contraintes à vivre dans la misère. Il n’y a pas de paix là où manquent le travail et la perspective d’un salaire digne. Il n’y a pas de paix dans les périphéries de nos villes, où se répandent drogue et violence.
L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle s’ouvre à l’avenir. Lorsqu’elle s’ouvre aux jeunes, en leur offrant de sérieuses perspectives d’éducation, de réelles possibilités d’insertion dans le monde du travail. Lorsqu’elle investit dans la famille, qui est la première et fondamentale cellule de la société. Lorsqu’elle respecte la conscience et les idéaux de ses citoyens. Lorsqu’elle garantit la possibilité d’avoir des enfants, sans la peur de ne pas pouvoir les entretenir. Lorsqu’elle défend la vie dans toute sa sacralité.
Honorables hôtes,
Vu l’allongement général de l’espérance de vie, soixante ans sont aujourd’hui considérés comme le temps de la pleine maturité. Un âge crucial où encore une fois on est appelé à se remettre en cause. L’Union Européenne est aujourd’hui appelée à se remettre en cause, à soigner les inévitables ennuis de santé qui surviennent avec les années et à trouver de nouveaux parcours pour poursuivre son chemin. Cependant, à la différence d’un être humain de soixante ans, l’Union Européenne n’a pas devant elle une vieillesse inévitable, mais la possibilité d’une nouvelle jeunesse. Son succès dépendra de la volonté de travailler une fois encore ensemble et de la volonté de parier sur l’avenir. Il vous reviendra, en tant que dirigeants, de discerner la voie d’un « nouvel humanisme européen »[20], fait d’idéaux et de choses concrètes. Cela signifie ne pas avoir peur de prendre des décisions efficaces, en mesure de répondre aux problèmes réels des personnes et de résister à l’épreuve du temps.
De mon côté, je ne peux qu’assurer de la proximité du Saint-Siège et de l’Église à l’Europe entière, à l’édification de laquelle elle a depuis toujours contribué et contribuera toujours, en invoquant sur elle la bénédiction du Seigneur, afin qu’il la protège et lui donne la paix et le progrès. C’est pourquoi, je fais miennes les paroles que Joseph Bech a prononcées au Capitole : Ceterum censeo Europam esse ædificandam, d’ailleurs je pense que l’Europe mérite d’être construite.
Merci ! -
L’histoire est le lieu où s’enracine la fidélité du présent
Le 20 novembre 2016, la communauté contemplative a fêté les 50 ans de son retour à la Solitude et vous partage cette joie par les témoignages des trois sœurs qui ont vécu cet événement
Sœur Teresa raconte le retour à la Solitude :
Grande joie dans notre communauté de Sainte Hélène lorsque Sœur Claire Julien – Supérieure Générale – nous a fait part de son intention de faire revenir les « Solitaires » à la Solitude, lieu de fondation, première demeure pour la première petite communauté de vie contemplative dans la Sainte-Famille. La date a été fixée. Ce sera pour le 28 octobre 1966, veille de la fête du Christ-Roi.
La Solitude était encore en travaux mais qu’importe. Il y avait beaucoup à voir en ce lieu saint voulu par le Bon Père pour accueillir tous les membres de sa Famille. Petit à petit, la vie ordinaire a commencé… Il a fallu s’initier à la cuisine, à la dépense, à la buanderie, au travail du jardin, à la cueillette et au ramassage des légumes, des fruits, à l’entretien des locaux et assurer le service de la sacristie pour le bon déroulement de notre prière liturgique et d’adoration eucharistique … Beaucoup de changements … Mais nous étions si heureuses !
Première année, nous avons fait les vendanges. Comme de jeunes religieuses « bien formées » nous nous sommes mises au travail avec sérieux et application. Nous avions besoin d’apprendre à travailler avec un autre rythme car le travail en équipe demande de s’ajuster aux capacités des autres ! Une bonne formation à la vie en communauté, n’est-ce pas ? Je me rappelle d’avoir été émerveillée le matin en voyant le soleil qui se levait sur les grappes rouges couvertes de gouttes de rosée … C’était comme des perles nous invitant à travailler dans la joie.
Nous étions plus libres à la cuisine et à la dépense pour faire des conserves de fruits et de légumes avec les produits du jardin, pour confectionner des gâteaux… Les « normes » actuelles n’existaient pas ! Sr Marie-Mélanie se rendait très tôt le matin au marché international de Brienne à Bordeaux… Sr Félicité travaillait avec quelques-unes d’entre nous à la cuisine et nous aidait par son calme et sa patience extraordinaires… Quels que soient les imprévus de dernière heure tels que des groupes arrivant plus nombreux que prévus ou se désistant ! Aujourd’hui, nous nous demandons comment nous avons pu parvenir à faire tout ce travail en assurant les temps de prière. C’était tellement autre – espace, rythme, environnement… !
Nous avions aussi des temps de détente, certes différents de ceux vécus dans notre joli petit jardin de Sainte-Hélène… Promenades, pique-niques dans les bois – à la « vallée des Anges ». Le tour de l’Ile en bateau – « le Bon Ange » était alors possible. Chacune pouvait aussi vivre une journée de solitude à l’Ile, seule avec le Bon Père et Notre Dame de Toutes Grâces. Il n’y avait pas encore de pont. La traversée se faisait seulement en tirant la barque à l’aide d’une chaîne et en l’attachant au ponton intérieur.
Comment ne pas être heureuses et reconnaissantes envers notre Bon Père d’avoir créé ce « lieu saint » qu’est la Solitude avec l’île de Notre Dame de Toutes Grâces ? Nos racines étaient en ce lieu depuis la fondation de la première communauté des Solitaires en 1859.
Nous avons été très heureuses au couvent de Sainte Hélène et nos premières années à la Solitude l’ont été tout autant, même si cela a été pour chacune et pour la communauté une période de grands changements, et d’adaptation, d’abandon et d’espérance !
Sœur Teresita témoigne par ces quelques phrases :
Depuis la communauté de Sainte-Hélène à Talence / France, j’ai toujours senti pleinement l’appel dans la vie contemplative Sainte-Famille. Comme un poisson dans l’eau, je me sentais bien. Venant ici à la Solitude, dans mes humbles prières, il m‘a fallu un temps d’adaptation pour ne pas perdre pied et aller toujours à l’essentiel, à une époque où l’Eglise invitait la vie religieuse à revenir à la source, afin de comprendre que toute notre vie, avec ses exigences propres, ne peut se vivre qu’au niveau du cœur.
Aujourd’hui j’aime beaucoup la messe du Dimanche par la proximité des autres chrétiens du secteur des Graves. En voyant leur manière de s’accueillir les uns les autres avant la célébration, je me dis : c’est une Famille rassemblée au nom du Seigneur.
Lorsque nous étions à Sainte-Hélène, nous vivions notre appartenance et notre communion à la vie et la mission de la Famille de Pierre Bienvenu Noailles, davantage par l’information, par les visites des sœurs de la maison générale. Ici à la Solitude, nous rencontrons les différents membres de la Sainte-Famille venant du monde entier. Les rencontres sont nombreuses et variées. Nous vivons une proximité avec le monde entier dans notre prière par leur présence et ceci appelle et interpelle la dimension missionnaire contemplative.
50 ans de vie à la Solitude ? Je suis toujours comme un poisson dans l’eau, plus heureuse que jamais ! Et je rends grâce au Seigneur, car il a fait son chemin avec chacune de nous qui sommes venues de Sainte-Hélène et avec celles qui nous ont rejointes au fil des années. Aux jeunes, je dirai : vivez dans la confiance car tout est grâce ! Le Seigneur sera toujours avec vous et vous rendra heureuses.
Sœur Elena témoigne avec joie :
Comme Abraham qui partait sans savoir où il allait, nous sommes arrivées ici à la Solitude. Un nouvel espace de vie pour nous toutes. Nous ne savions pas par où commencer notre installation dans la maison ! La Solitude… c’était une toute nouvelle situation pour nous toutes.
J’ai ressenti très fort la présence de notre Bon Père et un appel à vivre plus profondément encore comme sa fille dans la Sainte-Famille, en ce lieu des premiers commencements de notre vie contemplative.
C’était comme un moment de re-naissance, le moment de faire confiance et de nous abandonner au Seigneur. Nos journées étaient remplies par les différentes activités nécessaires à la vie quotidienne de la communauté et de sa vocation : la prière communautaire et personnelle, l’adoration de jour et de nuit, le temps de travail, le temps de recréation, les vivant dans la prière … Chaque moment était différent et riche. J’ai senti que Dieu est Amour et qu’il nous conduisait chacune et ensemble sur le bon chemin. Il avait besoin de nous.
Bientôt 50 ans à la Solitude ! Aujourd’hui, dans ma chambre, à l’infirmerie, entourée par mes sœurs, je m’abandonne au Seigneur. Et je lui rends grâce pour la force et la vie qu’Il m’a données afin de le suivre fidèlement chaque jour, dans la joie et la gratitude.
Je vous offre trois petites paroles :
Vivre de Dieu
Vivre pour Dieu
Vivre avec Dieu
Tel est le chemin de toute la vie.
« Etre héritière d’une histoire, c’est avoir le désir et la volonté de la prolonger avec créativité et fécondité. » -
“NON ABBIATE PAURA”
“NON ABBIATE PAURA”
GIORNATA DI PREGHIERA E DIGIUNO IN MEMORIA DEI MISSIONARI MARTIRI
24 MARZO 2017
“Non abbiate paura” è l’invito che compare ad ogni teofania ed è la frase che più ripete Gesù Risorto tutte le volte che si mostra ai suoi discepoli. Un invito che aiuta ad affrontare momenti bui, difficili, di persecuzione, sapendo che il Signore è sempre accanto ad ognuno di noi.È la stessa frase che dice un padre al proprio figlio che sta imparando a nuotare: “Buttati, non avere paura, ci sono io!” o mentre comincia a pedalare su due ruote.
E dovendo immaginare la vita di un martire nei momenti prima del proprio martirio, ci piace credere che questa frase sia quella che si sentono più spesso dire da Gesù che li accompagna fino all’estremo della loro testimonianza.“Non abbiate paura”Di affrontare ingiustizie a causa del Vangelo;
Di essere perseguitati perché scegliete di stare dalla parte dei poveri;
Di essere umiliati, oltraggiati, calpestati, perché perseguite con tenacia la via del Signore;
Non abbiate paura perché per voi è già grande la ricompensa, non dovrete aspettare chissà quanto tempo.Non abbiate paura anche perché essa, molto spesso, diventa proiettiva, capace di mostrarci ciò che non esiste, nemici che non ci sono, difficoltà inesistenti. È così che fa la paura, prima ti paralizza, quindi blocca il tuo cammino e il tuo percorso di vita e di fede, e poi proietta dei film, raccontandoti per esempio di un padre severo ed esigente che non è il Padre di Gesù; facendoti sospettare di essere in terra nemica quando invece non esiste l’ombra di un pericolo. La paura è capace di farti vedere ciò che non c’è, ecco perché Gesù ci esorta a non temere.
La paura spesso ci fa compiere scelte assurde, capaci poi di minacciare le nostre relazioni.
Significativo può essere l’episodio narrato in Genesi al capitolo 20, quando il re Abimelec, pagano, prese con sé Sara, moglie di Abramo ma presentata da costui come sua sorella.
Interessante in tutta questa storia è la buona fede di Abimelec, l’unico che non aveva commesso nulla di male e che a causa del cattivo comportamento di Abramo stava per rischiare la pelle.
“Tu hai commesso a mio riguardo azioni che non si fanno, perché l’hai fatto?”
Interessante è la risposta di Abramo: “Io mi son detto: certo non vi sarà timor di Dio in questo luogo e mi uccideranno…”Quando domina la paura, l’incontro con l’Altro diventa spaventoso, violento. Gli altri diventano quasi sicuramente dei cattivi di cui diffidare, mentre spesso si rivelano più giusti, più corretti di noi.
Alla stessa maniera, Gesù, invita i suoi ad andare come pecore in mezzo ai lupi ma al contempo di non avere paura per questo. Certo che sapere di essere in mezzo ai lupi mette paura ma le condizioni con le quali Gesù chiede ai suoi discepoli di viaggiare non lasciano l’ultima parola ad essa. Egli chiede ai suoi di non portare con sé nulla e di essere ospitati in casa della gente. Ciò che Gesù vuol dire ai suoi è che non devono temere di trovare solo nemici durante il loro cammino, non devono pre-giudicare l’incontro con l’altro senza osare.
È come se dicesse ad ognuno di noi: “Ti mando come pecora in mezzo ai lupi, però tranquillo che uno buono lo trovi, però tranquillo che anche i lupi possono convertirsi. Non avere paura.”
L’umanità non è così corrotta, c’è ancora margine di speranza per ripartire e fare cose nuove. Papa Francesco ci rammenta quanto sia fondamentale non lasciarci rubare la speranza e oso aggiungere che se non impariamo a sperare non potremo mai evangelizzare!
Il miracolo di un martire, in fondo, è proprio questo: continuare a pensare e a sperare di avere di fronte amici e fratelli e non potenziali carnefici, anche quando questo poi accade. Il martire sceglie di restare perché crede che quell’assassino è un fratello da amare e al quale far conoscere l’Amore infinito del Padre.
“Veramente costui era il Figlio di Dio” professa il centurione dinnanzi al crocifisso e il martire sa che questa cosa può succedere ancora, ecco perché non molla, ecco perché non scappa, ecco perché offre la propria vita ad esempio del suo e nostro maestro Gesù.
a partire dal Commissione Missionaria Regionale -
Une religieuse nommée membre de l’Ordre de l’Empire britannique pour son travail pour la paix !
Des titres tels que « Une religieuse sera nommée membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) pour son engagement pour la paix » sont apparus avec une grande visibilité dans les journaux locaux à Ulster au début de l’année avec la liste des titres honorifiques de la nouvelle année. La religieuse en question est Sœur Rose Devlin de la Sainte Famille, actuellement membre de la communauté de Magherafelt. Ce titre honorifique est attribué par la reine Elizabeth d’Angleterre pour un accomplissement ou un service exceptionnel à la communauté qui a un impact significatif à long terme et peut constituer un exemple pour les autres.
Sr. Rose a reçu la distinction honorifique MBE pour son travail intercommunautaire dans des écoles en Irlande du Nord. Son engagement pour la paix et la réconciliation a commencé il y a plus de 20 ans. Dans le Mouvement de l’Éducation Chrétienne (CEM), elle a travaillé aux côtés des ministres presbytériens pour organiser, faciliter et prononcer des conférences pour les enfants du secondaire issus de milieux religieux différents. L’exploration de la différence et la célébration de la diversité ont été les thèmes centraux de ces conférences alors qu’ils tentaient de briser les tensions communautaires. Pendant les jours sombres du conflit nord-irlandais, appelé aussi « Les Troubles », elle était souvent sur la route dès 6 h 30 du matin pour se rendre dans des écoles différentes de la province. L’accueil que lui ont réservé les directeurs et les responsables de l’éducation religieuse, ainsi que la compréhension mutuelle et les amitiés qui se sont développées, en ont valu la peine. Un autre bonus était l’accueil qui lui a été offert, en tant que femme et religieuse catholique, par un groupe qui, jusqu’à ce jour-là, n’avait que des hommes.
Le prix honorifique a été une surprise inattendue mais agréable pour Rose. Elle l’a accepté au nom de ceux qui l’ont soutenue dans son travail, parmi eux ses propres sœurs de la Sainte Famille, les Associés Laïcs, les gens de Ballinascreen, sa communauté précédente, et les membres de SPRED (une Organisation d’Éducation Religieuse Spéciale).
Bien qu’elle ne participe plus au travail intercommunautaire dans les écoles, Rose croit que ce travail doit continuer. « Je prie tous les jours, dit-elle, pour une plus grande compréhension mutuelle, non seulement chez les jeunes, mais surtout chez les adultes dont l’influence est immense. »
Nous nous réjouissons avec Rose et remercions Dieu pour son talent en attendant la cérémonie de remise des prix qui aura lieu au Palais de Buckingham le 2 mars 2017.
Adapté de « Derry Post » et « Mid Ulster Mail » d’une publication de la Sainte Famille de Bordeaux, Grande-Bretagne & Irlande -
Traite
QU’EST-CE QUE C’EST LA TRAITE?
La définition de la traite est reconnue internationalement dans le Protocole des Nations Unies visant à prévenir, réprimer et combattre la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants, ajoutés à la Convention contre la criminalité transnationale organisée, où il est écrit à l’art. 3:
L’expression “traite des personnes” désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.
IMMENSITE DU PROBLÈME
La «traite des personnes» aujourd’hui touche en fait chaque nation. Les femmes et les enfants sont les principales victimes sont trafiqués principalement pour l’exploitation sexuelle. C’est l’une des activités criminelles en plus forte croissance, après la drogue et les armes. Étant donné la nature clandestine du phénomène, il est difficile de faire des statistiques, mais nous avons des estimations fiables. Les dernières estimations publiées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en 2014 indiquent que dans le monde, il y a environ 21 millions de personnes dans la situation de traite des personnes.
On estime que chaque année 700.000 à 2.000.000 personnes sont victimes de la traite.
La plupart des victimes sont originaires d’Asie
Qui est victime de la traite?
Les femmes et les enfants constituent le groupe principal en raison de leur vulnérabilité, de leurs ressources financières limitées et leur prédominance dans des emplois irréguliers « invisibles ». Les gens qui proviennent des familles pauvres ou à faible revenu, des zones rurales ou des quartiers urbains pauvres, en particulier les femmes engagées en agriculture familiale, dans le petit commerce, dans la vente, comme ouvrières agricoles, nettoyeurs de rue et d’autres types de travail et services faiblement rémunérés. Les minorités ethniques, les personnes indigènes, les tribus des montagnes, les exilés, les immigrants illégaux. Les analphabètes, les personnes ayant un faible niveau d’éducation. Les adolescents ayant échappés de la maison ou les jeunes filles dont les familles attendent une contribution économique. Les gens qui ne connaissent pas leurs droits reconnus par la loi, qui ne réalisent pas qu’ils sont dans des conditions d’exploitation, qui n’ont pas les moyens d’obtenir une indemnisation.
Dans quel but les personnes sont-elles victimes de la traite?
Pour des fins diverses: la plupart des victimes de la traite sont exploitées sexuellement; le reste est victime de la traite aux fins d’exploitation du travail, des adoptions illégales d’enfants, du prélèvement d’organes, des mariages forcés, des mariages par correspondance, des travaux ménagers, ( dans la construction, par exemple) du trafic de la drogue et d’autres pratiques criminelles, mendicité et d’autres formes d’exploitation.
Attentes?
La promesse de gains pour améliorer leur situation économique, aider financièrement leur famille, fuir situations de conflits et la pauvreté, qui n’ont pas de perspectives pour l’avenir.
Conditions de travail:
Conditions déplorables; les conditions physiques sont souvent en deçà des normes acceptables et sont souvent similaires à l’esclavage ou à la captivité: de longues heures de travail, peu de repos et de temps libre, les bas salaires ou inexistants. L’accès aux services sociaux et de santé est presque inexistant. Rarement les travailleurs voient leurs gains, qui sont souvent détenus par les trafiquants pour le paiement de la nourriture, du logement ou d’autres dépenses, soutenant ainsi le soi-disant esclavage pour dettes. Les victimes sont soumises à des travaux dangereux, très commune aussi l’utilisation de la violence physique et sexuelle.
CAUSES
En regardant les facteurs de l’offre et de la demande qui alimentent la propagation de la traite, nous pouvons identifier quelques-unes des causes de ce phénomène en conformité avec les dimensions socio-culturelles, économiques et la politique de la vie.
ASPECTS DE L’OFFRE:
Socio-culturels:
L’analphabétisme et les opportunités d’instruction et de l’emploi inadéquats; le manque de perspectives du genre dans l’éducation. Le patriarcat (système dominé par les hommes), qui est la principale cause de la discrimination des femmes et des filles. L’érosion des valeurs familiales traditionnelles et la poursuite de la consommation encouragent la vente des femmes et des enfants. La discrimination raciale, le racisme et l’intolérance qui lui est lié rendent les femmes dans ces communautés plus vulnérables à la traite. Les nouvelles technologies et les médias, qui, par leur publicité et avec le marketing du sexe présentent le corps féminin seulement comme un objet pour le plaisir sexuel.
Economiques:
Les disparités économiques au sein d’un pays, et entre les nations et les régions, est l’une des principales causes de la traite des femmes. La féminisation de la pauvreté, car 70% des pauvres du monde sont des femmes, et elles maintiennent leurs familles avec des emplois précaires dans le secteur irrégulier en pleine croissance. La mondialisation et son impact différentiel sur les femmes avec la restructuration et la transition économique et avec des coupures dans les dépenses sociales qui touchent les femmes. La libéralisation économique, qui desserre les contrôles et ouvre des frontières, facilitant la mobilité de la population et l’immigration clandestine. Une entreprise très rentable, puisque les femmes sont vendues et revendues plusieurs fois. En outre, il y a moins de risque d’être arrêté et cela attire les organisations criminelles.
Politiques:
La féminisation de la migration internationale avec les femmes qui entrent sur le marché du travail, et le manque de régulation des migrations de la main-d’œuvre qui offre plus de possibilités et de canaux de trafic. Les conflits militaires et civils, qui poussent les gens à fuir leur pays. L’augmentation de la criminalité transnationale et l’expansion du réseau de trafic de drogue source d’autres formes d’exploitation. Les mécanismes d’application des lois et des mesures contre les transgresseurs sont inefficaces. La corruption de la police, des fonctionnaires et des artisans de la paix.
ASPECTS DE LA DEMANDE
Socio-culturels:
L’attitude des hommes et de la perception des femmes dans la société et le statut socio-économique inégal des femmes. La pornographie et son rôle dans l’augmentation de la demande du sexe. A cela est relié la croissante utilisation d’Internet comme son véhicule et comme un moyen utilisé par les trafiquants pour le commerce des personnes. Le patriarcat, qui provoque des relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes et la discrimination. Le comportement consumériste, la marchandisation et à la commercialisation du sexe, qui porte à considérer le corps comme une marchandise et comme un objet.
Economiques:
La demande des employeurs d’une main-d’œuvre non qualifiée et peu coûteuse. Le modèle de développement qui propose des grands projets qui dépendent des travailleurs migrants précaires.
Politiques:
Les bases militaires du passé et ceux d’aujourd’hui créent une énorme infrastructure pour la prostitution. Les relations politiques et économiques basées sur l’exploitation et l’inégalité, imposée par le «Nord» sont à l’origine de la détérioration des conditions de vie du «Sud». Les plans restrictifs d’émigration ont réduit la possibilité de l’émigration régulière. La vente d’armes et l’augmentation des conflits au sein des nations ou entre les nations font croitre le nombre de personnes déplacées et des réfugiés, qui deviennent la proie des trafiquants. Les mécanismes d’application des lois et des mesures contre les transgresseurs sont inefficaces.
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Visite de nos Sœurs à Québec
Je remercie le seigneur pour cette belle occasion qu’il nous a offerte d’aller rencontrer nos sœurs dans leur milieu de vie à Québec, jusqu’à Sillery pour visiter nos sœurs malades. Si malades qu’elles soient le Seigneur les guérit. Nous sommes parties avec sœur Francina, ma consœur de mission (indienne) et moi (congolaise). Ma joie était immense en allant, je contemplais les arbres de multiples couleurs et la montagne qui rayonnait dans mes yeux. Au fond de mon cœur je n’ai cessé de louer le Seigneur en chantant : (que l’univers chante Dieu bénissez le Seigneur…)
J’ai vite senti la présence, la grandeur, la puissance de Dieu Créateur de tout l’univers et la joie profonde d’être moi aussi une partie de cette créature.
Quand nous étions arrivées à Québec, j’étais heureuse de rencontrer mes sœurs. Je me suis sentie membre d’une grande famille centrée sur le Christ en voyant le rayonnement de chacune d’elles, malgré leurs âges.
Après le repas nous sommes allées à Sillery pour visiter nos sœurs âgées et malades. Elles étaient très joyeuses en nous voyant très jeunes et surtout comme missionnaires. Avec elles nous avons visité leur maison et la grotte de Notre Dame de Lourdes suivi d’un petit échange si riche au cours duquel chacune de nous a partagé son expérience personnelle mais alors en deux langues : Francina parlait en anglais, moi en français et la sœur Eveline traduisait l’anglais en français pour une meilleure compréhension. Nous avons souligné l’importance de répondre à l’ appel du Chapitre Général en sortant de nos zones de confort pour aller vers les périphéries existentielles, être et faire famille et offrir notre don de communion.
Les sœurs étaient émerveillées d’écouter nos partages et ensemble nous avons chanté ce chant : « mais oui le Seigneur est bon, mais oui le Seigneur est bon il a fait pour moi des merveilles… » À la fin de ce chant nous avons écouté l’Ave Maria à la radio, et nous avons fini avec la prière du Fondateur. La rencontre a été clôturée par un baiser de paix et d’amour signe de notre fraternité.
Sœur Marcelline WOYO -
Session de formation des jeunes professes temporaires
La communauté de Gounou-Gaya a accueilli du 27 au 29 octobre 2016, les professes temporaires de la Délégation du Cameroun-Tchad pour une session de formation, animée par la sœur Pauline MANZWETO. Le thème de la session était : « NOTRE STYLE DE VIE SAINTE FAMILLE ».
A travers des travaux sous formes de forums, dialogues, échanges, relectures, nous avons approfondi d’avantage notre sens d’appartenance à l’Institut et à la Grande Famille de Pierre Bienvenu Noailles. Nous avons eu plus de lumières pour comprendre et vivre l’Esprit de Dieu Seul et les vœux pour la mission ; aussi plus d’éléments de motivation pour stimuler notre passion pour la Mission pour tout l’ensemble de la grande famille.
Cette session a éclairée davantage notre conscience et notre sens de responsabilité comme « femmes consacrées au Seigneur » dans la Sainte-Famille de Bordeaux d’agir pour l’ensemble et de promouvoir toutes les vocations de la Famille par notre témoignage de vie personnelle, communautaire et aussi notre façon de collaborer avec les autres dans nos différents apostolats et milieux d’insertion.
Nous avons aussi compris que comme Famille, nous sommes unies en Jésus-Christ ; Ce lien est indestructible et doit renforcer et solidifier notre proximité, notre sens d’appartenance et notre Mission Commune.
Comme femmes africaines consacrées, nous avons compris que nous vivons dans un monde qui traverse plusieurs crises et changements rapides qui nous poussent, nous pressent à être des femmes de foi solide, d’espérance, d’amour et de compassion pour relever les défis qui se présentent. Continuer à étendre et fortifier la foi et révéler le visage familial de l’Eglise, comme Jésus, Marie et Joseph à Nazareth qui n’aimaient, ne voulaient et ne cherchaient que Dieu Seul en toutes choses.
Nous disons un grand merci à la Sœur Pauline et à toute l’équipe de formation de base pour les lumières et grâces reçues de cette session.
JEUNES PROFESSES DE LA DELEGATION DU CAMEROUN-TCHAD -
Clôture de l’Année Jubilaire de la Miséricorde
Le 19 novembre 2016, la paroisse co-cathédrale de Mboua dans le diocèse de Maroua-Mokolo a clôturé l’année jubilaire de la miséricorde par une journée de prière.
La porte de la miséricorde était ouverte à 8h00’ du matin et chaque chrétien passait par la porte dans une attitude de recueillement et de prière. Plusieurs prêtres recevaient les chrétiens pour le sacrement de réconciliation.
La messe d’action de grâce a commencé à dix heures du matin. Après avoir écouté l’évangile de l’enfant prodigue, le célébrant a invité les chrétiens à rendre grâce pour les efforts consentis à vivre la miséricorde en famille et en société et les a exhortés à rester toujours des personnes de miséricorde comme le Père Miséricordieux qui n’a pas cessé d’attendre le retour de son fils pour lui accorder le pardon.
Clôturer l’année de la miséricorde se situe dans l’espace et le temps matériel, mais la porte de la miséricorde doit indéfiniment rester ouverte dans le cœur de chaque chrétien. Pratiquer la miséricorde et la recevoir c’est toujours montrer que Dieu est amour et que le bien domine toujours sur le mal.
La miséricorde divine est infinie et reste toujours jeune.
La journée a continué par le repas fraternel partagé.
Nous rendons grâce à Dieu le Père source d’amour et de miséricorde.
Sœur Nadège NGUIKO, Délégation du CAMEROUN-TCHAD -
Journées diocésaines
Journées diocésaines et session de nouveaux arrivants
Dans le diocèse de Maroua –Mokolo (extrême Nord – Cameroun), il y a certaines habitudes qui nous interpellent et nous dynamisent dans notre mission d’évangélisation. Ce diocèse est secoué depuis quelques années par la situation d’insécurité causée par la secte « Boko-Haram ».
En effet, cette situation bouscule les divers secteurs de la vie des habitants de cette contrée de l’extrême-Nord. Chaque année, le diocèse organise des journées diocésaines au cours de laquelle les différentes ouvriers de l’apostolat évaluent, analysent et planifient les activités d’évangélisations sous un thème choisi et approfondi durant l’année au niveau de différentes structures. Pour l’année 2017 le thème retenu est : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Après ces journées diocésaines, le diocèse organise une session d’information sur sa vie et suivi d’une journée de recollection pour marquer l’accueil de nouveaux arrivants.
Au cours de ces assises, nous avons eu de paroles encourageantes et dynamisantes pour nous lancer au champ du Seigneur. Lors de ces journées, le diocèse a voulu nous partager tour à tour les activités et les structures d’évangélisation.
Dans son mot d’ouverture, Monseigneur Bruno Ateba, Evêque de notre diocèse nous a remerciés pour notre disponibilité de venir nous joindre à lui pour la mission du Seigneur. Il a donné un nouveau nom à ces 18 nouveaux arrivants : « Missionnaires de l’Espérance », car notre « oui » est déterminant pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. Il a exprimé aussi sa grande reconnaissance et sa gratitude à nos supérieurs respectifs et spécialement a chacun(e) de nous.
C’était encourageant de voir défiler devant nous les responsables de différentes structures diocésaines nous informer et partager avec espérance et dynamisme la joie d’annoncer l’Evangile malgré l’insécurité grandissante dans la région .
Nous avons bien saisi les grands défis pour lesquels le diocèse se bat :
– Crise de valeurs
– Le faible niveau de vie
– La peur
l’accueil des réfugiés nigérians et la présence de déplacés camerounais.
Il nous a été présenté deux axes qui animent le diocèse, il s’agit de l’évangélisation et l’auto-prise en charge (auto- financement).
L’histoire de quatre bougies nous appelle à vivre notre mission comme missionnaire de l’espérance :
– Bougie de paix : ma lumière brille, mais les lois n’aiment pas la paix et la lumière diminue et s’éteint.
– Bougie de foi : les personnes ne veulent plus de Dieu. Le vent a soufflé et la bougie s’éteinte parce que les gens ont perdu la foi.
– Bougie d’amour : Sans élever la voix, elle n’a plus la force de briller…. Il n’y a pas d’amour.
– Bougie Espérance : un enfant voyant les trois premières bougies éteintes, va les rallumer grâce à la bougie d’Espérance qui était la seule à être allumée. N’ayez pas peur. Tant que je suis allumée, je peux allumer les autres bougies, nous a dit l’évêque.
Vous êtes l’espérance pour les autres. Cette espérance nous aide à traverser ce moment sombre mais elle passera. Soyez les missionnaires de la miséricorde et porteurs d’Espérance, a-t-il ajouté. Il attend que notre présence apporte un souffle nouveau, un souffle de l’esprit au diocèse.
Pour l’évêque, nous sommes la bouche du Seigneur pour annoncer la Bonne Nouvelle, nous sommes les pieds du Seigneur pour aller à la rencontre de notre peuple…
Pour finir, il nous recommande ceci : « Écrivez le cinquième Evangile par vos actes, votre comportement. Le monde a plus besoin de témoins de l’évangile et surtout dans ce diocèse où beaucoup d’ouvriers/ouvrières ont dû quitter à cause de l’insécurité qui les a traumatisé(e)s, secoué(e)s. »
J’ai éprouvé une grande joie et un encouragement dans cette manière de nous accueillir quand nous savons que l’insécurité nous stresse. Cette approche utilisée est motivante pour notre adaptation et notre insertion.
Sr.Marie -Paul
Mokolo-Nazareth