Auteur/autrice : AdminWp

  • ‘‘ Créer ensemble un chemin nouveau’’

    A la fin du mois de février 2019, nous avons vécu, dans le cadre du Conseil Général 2018 un temps de réflexion sur le thème : ‘‘ Créer ensemble un chemin nouveau’’. Cela a été pour moi, une expérience d’une grande ouverture pour l’avenir. J’ai senti que toutes, nous avons vécu ce moment avec beaucoup de liberté dans nos partages, dans une écoute active et dans la confiance.
    A travers cette démarche, j’ai pu sentir mes limites. Il m’a fallu du temps pour prendre conscience de l’ensemble de la démarche. Le processus d’animation a mis en lumière de nombreux aspects que nous vivons et auxquels nous devons penser pour l’avenir. Notre communauté, l’Institut, la Famille de PBN, notre contexte… Tout est lié.
    Au cours du processus, nous avons eu à faire des sculptures qui représentaient notre réalité. Cet exercice m’a inspiré et aidé à approfondir davantage notre image de la communauté et notre place dans l’Institut. Cela a ouvert au dialogue et à l’écoute mutuelle. Nous avons ressenti quelques inquiétudes, nous nous sommes mises en contact avec nos préoccupations, nous nous sommes posées des questions… En décelant ce qui ne doit plus continuer et en nous engageant à le vivre, nous entrons donc dans un chemin nouveau.
    Mon petit groupe a représenté notre Communauté /équipe — par un tricot en pleine réalisation.
    Le choix des 9 couleurs exprimait le nombre de chacun des membres de la communauté. Les couleurs s’harmonisent les unes avec les autres. Nous sommes de différentes nationalités, nous avons des talents différents, des pensées différentes, de personnalités différentes, chacune est unique etc. mais nous sommes dans la même communauté, poursuivant   le même but et le même esprit. Nourries de la même sève.
    Mais parfois les fils s’entremêlent, il faut de la patience pour les dénouer. On se trompe, il faut défaire et recommencer. Dans la recherche et notre marche ensemble, il y a des couleurs qui réveillent d’autres, nous nous réveillons réciproquement dans notre vécu ensemble. A la fin de notre démarche nous avons offert notre désir de voir toute la Famille de P.B. Noailles allez de toujours de l’avant.​
     
    Christalline OCKERSZ
    Communauté de la Solitude
    Martillac
     

  • Le Conseil Général Elargi 2019

    Presque après un an, les leaders des unités, les membres du conseil du Vicariat et les membres de l’Equipe de Direction Générale se sont à nouveau réunies à Rome.
    Dans la matinée du 20 mars, 28 participantes, y compris les membres de l’EDG, ont entamé ce voyage spécial de 12 jours le long le chemin du CGE 2019, pleines d’espoir et d’enthousiasme.
    Le printemps marque la fin de l’hiver et la période de transition vers l’été. La signification du printemps ou de la nouvelle vie a été exprimée dans la prière d’ouverture, qui comprenait une belle danse en cercle où une représentante de chaque unité a offert une plante fleurissante pour préparer un petit jardin comme coin de prière. C’était aussi un moment de prise de conscience de comment les changements écologiques influencent la réalité et aussi pour évoquer les possibilités/changements dans le voyage commun.  
    Ana Maria dans son mot d’ouverture a expliqué que ce CGE «s’inscrit dans la continuité du précédent; il précède et prépare le Chapitre Général qui aura lieu en 2020 ». Ainsi,  dans le processus, les participantes exploreront où nous sommes en tant que « corps », examineront la réalité vécue jusqu’à présent et discerneront ce qui devra être l’objectif réel du Chapitre Général 2020. 
    Le facilitateur Matthew Daum a ensuite expliqué le programme et a fait avancer la session.

  • L’ouverture du Noviciat en Ouganda, le 3 mars 2019

    L’ouverture du Noviciat, l’installation de Dolcita KALEMA en tant que Maîtresse des Novices et la réception des Pré-Novices ont eu lieu le 3 mars 2019 en Ouganda.
    C’est avec une grande joie et gratitude que nous voulons vous raconter comment s’est déroulée la célébration de l’ouverture du Noviciat, l’installation de Dolcita KALEMA en tant que Maîtresse des Novices et la réception des Pré-Novices. Nous étions heureuses que nos quatre communautés soient représentées par Joaquina de Gikongoro, Weronika de Rushaki et nous-mêmes de Buhara et Kitumba. Il était très regrettable que nos sœurs rwandaises n’aient pas pu franchir les frontières en raison de l’interdiction de se rendre en Ouganda pour tous les Rwandais. Le Président rwandais a déclaré qu’il avait atteint la tolérance zéro en ce qui concerne le harcèlement, la torture, les violences, l’exploitation et l’emprisonnement de ses concitoyens en Ouganda, accusés d’être des espions, sans aucun motif plausible.
    La messe a été célébrée par le chancelier de notre diocèse, délégué par l’évêque. Les deux prêtres de notre paroisse étaient avec nous. Les congrégations religieuses voisines nous ont rejoints. Nous avons eu la messe dans notre chapelle car il n’y avait pas beaucoup de monde. Les novices se sont chargées de faciliter la liturgie avec de beaux chants dans différentes langues, avec des voix incroyablement harmonisées. Après l’Eucharistie, il y a eu un délicieux repas préparé par les sœurs et les novices elles-mêmes. Le chant, la musique et la danse ont suivi avec beaucoup de créativité. Les prêtres, les religieux et les religieuses qui sont venus célébrer avec nous ont exprimé leur étonnement de voir une si belle et simple organisation de la cérémonie, en particulier de la liturgie et de l’installation de la Maîtresse des Novices. Leurs paroles étaient pleines d’encouragement et d’assurance de leur soutien.
    Ce fut une journée très spéciale pour notre Unité. Le rêve d’avoir un noviciat de la Sainte Famille en Ouganda est devenu réalité.
    (Le texte ci-dessous est adressé au Conseil Général)
    Nous sommes reconnaissantes pour le beau message que vous nous avez envoyé via Eithne. Il nous a apporté votre amour, votre soutien, vos encouragements et votre communion. Nous avons trouvé ce message si puissant! Merci de nous avoir accompagnées jusqu’à présent. Nous nous souvenons toujours très bien des réflexions que nous avons eues au début de l’an 2017 lorsque vous nous avez informées que le noviciat serait transféré en Ouganda. Nous avons exprimé nos sentiments différents et vous étiez là pour nous écouter et nous soutenir. Nous vous remercions de nous avoir permis de participer au processus de discernement. Vous nous avez préparées à posséder ce projet et à en assumer l’entière responsabilité. Nous avançons maintenant avec courage, sachant que les défis sont inévitables.
    Avec amour et gratitude pour les prières et le soutien,
    Joaquina, Winie, Vincentia, Julia
    Les noms des novices sont:
    Cecilia Matsooana LIFALAKANE, Julia Masake MAEEANE, Christina Maipato MOSOTHOANE, Pascaline MUKAKANANI, Emerance NIYONAMBAZA, Donatha NYIRANDAYAMBAJE et Marie Claire UWAMARIYA

  • LA VIE APPELLE ET JE VEUX L’ÉCOUTER

    Le 23 et 24 novembre, j’ai eu la chance de pouvoir participer, pour la deuxième ou troisième fois, au congrès du «Réseau de l’Enfance Volée». C’est une ONG fondée il y a une dizaine d’années par une Sœur. Elle s’occupe de différents domaines – la violence subie par les enfants et les adolescents, les abus sexuels sur enfants, les mauvais traitements dans les familles, les grossesses précoces, le travail des enfants, la vente d’organes, etc.
    Tous les intervenants étaient spécialisés dans leur domaine. Ils étaient très instructifs et surtout, ils ont ému les cœurs et ont amené les gens à se demander: «Où est-ce que je suis dans tout cela? » Nous étions déjà engagés dans de nombreux projets dont on avait parlé pendant la conférence, mais maintenant nous avons décidé de faire partie de ce réseau ou bien d’un autre réseau afin d’obtenir davantage de soutien et d’être plus efficaces dans ce que nous faisons.
    J’étais heureuse de voir un grand nombre de prêtres et de religieux/religieuses voués à cette cause. Lorsque l’Église est en train d’être vilipendée de tous les côtés, j’ai été ravie de constater que tant de personnes étaient engagées et disposées à prendre des risques, comme Jésus, pour soutenir ceux qui souffrent le plus.
    Certaines des histoires racontées étaient horribles. Il était impossible de les avaler sans que l’estomac ne se retourne et nous fasse pleurer ou vomir. Voyant tant de mal, j’implorais Jésus en disant: «Tu es au courant. Aide-nous à trouver un moyen de donner vie à cette situation ».
    Mais en voyant autant de gens de toutes les couches de la société, des professionnels pour la plupart, qui consacrent une partie de leur temps à donner consolation et aide à ceux qui souffrent, me pousse à surmonter les petites difficultés quotidiennes et à lutter pour la vie même si c’est difficile et apporte beaucoup de ténèbres et de solitude. Mais les yeux larmoyants de ceux qui souffrent et les beaux sourires de ceux qui se sentent satisfaits sont la meilleure incitation à ne pas abandonner cette petite lumière qui, avec d’autres petites lumières, pourrait allumer un feu de joie.
    Voici quelques déclarations dont je me souviens encore: 
    «Quand les victimes sont capables de parler, fréquemment on ne les croit pas. On s’attend à ce que les victimes soient tristes, impuissantes et vulnérables ».
    « La majorité des auteurs de ces actes odieux sont des hommes, non pas parce qu’ils sont plus pervers, mais à cause d’un modèle culturel ».
    « La tendresse est le grand guérisseur des dégâts causés ».
    «Nous devons semer les graines de nouveaux types de masculinité».
    «Le forum essentiel pour les enfants consiste à écouter les survivants».
    «Nous devons créer un espace pour prendre soin des soignants». Dans cette optique, l’organisation va bientôt créer une école de formation virtuelle.
    Le congrès s’est terminé par un résumé créatif réalisé par un marionnettiste qui nous a exhortés à faire tout ce qui était en notre pouvoir pour aider. Il nous a encouragés en nous disant que nous faisons déjà beaucoup, même s’il reste encore beaucoup à faire.
    Un livre recommandé à ceux qui sont intéressés par le sujet est «LA DOULEUR INVISIBLE DE L’ENFANT» de Jorge Barudy.
    Allons de l’avant avec nos yeux ouverts pour voir la réalité, avec nos pieds prêts à aller vers ceux qui ont besoin de notre aide et avec nos cœurs émus par une telle souffrance et prêts à  nous battre pour la vie.
    « Si ce n’est pas maintenant, alors quand? »
    Tere Beck, Argentine
     

  • Voyage Apostolique du Pape François aux Émirats Arabes Unis

    (3-5 FÉVRIER 2019)
    RENCONTRE INTERRELIGIEUSE
    DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
    Founder’s Memorial (Abou Dabi)
    Lundi 4 février 2019

     
    Al Salamò Alaikum ! La paix soit avec vous !
    Je remercie de tout cœur Son Altesse le Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum et le Docteur Ahmad Al-Tayyib, Grand Imam d’Al-Azhar, pour leurs paroles. Je suis reconnaissant au Conseil des Anciens pour la rencontre que nous venons d’avoir, près de la Mosquée du Sheikh Zayed.
    Je salue par ailleurs cordialement Monsieur Abd Al-Fattah Al-Sisi, Président de la République Arabe d’Égypte, terre d’Al-Azhar. Je salue cordialement les Autorités civiles et religieuses et le Corps diplomatique. Permettez-moi aussi un remerciement sincère pour l’accueil chaleureux que tous m’ont réservé, ainsi qu’à notre délégation.
    Je remercie aussi toutes les personnes qui ont contribué à rendre possible ce voyage et qui ont travaillé avec dévouement, enthousiasme et professionnalité pour cet événement : les organisateurs, le personnel du Protocole, celui de la sécurité et tous ceux qui de diverses manières ont donné leur contribution « dans les coulisses ». Un merci spécial à Monsieur Mohamed Abdel-Salam, ancien conseiller du Grand Imam.
    De votre patrie je me tourne vers tous les pays de cette Péninsule, auxquels je désire adresser mon plus cordial salut, avec amitié et estime.
    Avec un esprit reconnaissant au Seigneur, en ce huitième centenaire de la rencontre entre Saint François d’Assise et le sultan al-Malik al-Kāmil, j’ai accueilli l’opportunité de venir ici comme croyant assoiffé de paix, comme frère qui cherche la paix avec les frères. Vouloir la paix, promouvoir la paix, être instruments de paix : nous sommes ici pour cela.
    Le logo de ce voyage représente une colombe avec un rameau d’olivier. C’est une image qui rappelle le récit du déluge primordial, présent en diverses traditions religieuses. Selon le récit biblique, pour préserver l’humanité de la destruction, Dieu demande à Noé d’entrer dans l’arche avec sa famille. Nous aussi aujourd’hui, au nom de Dieu, pour sauvegarder la paix, nous avons besoin d’entrer ensemble, comme une unique famille, dans une arche qui puisse sillonner les mers en tempête du monde: l’arche de la fraternité.
    Le point de départ est de reconnaître que Dieu est à l’origine de l’unique famille humaine. Lui, qui est le Créateur de tout et de tous, veut que nous vivions en frères et sœurs, habitant la maison commune de la création qu’il nous a donnée. Se fonde ici, aux racines de notre humanité commune, la fraternité, comme « vocation contenue dans le dessein créateur de Dieu ». Elle nous dit que nous avons tous une égale dignité et que personne ne peut être patron ou esclave des autres.
    On ne peut honorer le Créateur sans protéger la sacralité de toute personne humaine et de toute vie humaine : chacun est également précieux aux yeux de Dieu. Parce qu’il ne regarde pas la famille humaine avec un regard de préférence qui exclut mais avec un regard de bienveillance qui inclut. Par conséquent, reconnaître à chaque être humain les mêmes droits c’est glorifier le Nom de Dieu sur la terre. Au nom de Dieu Créateur, donc, est condamnée sans hésitation toute forme de violence, parce que c’est une grave profanation du Nom de Dieu de l’utiliser pour justifier la haine et la violence contre le frère. Il n’existe pas de violence qui puisse être justifiée religieusement.
    Un ennemi de la fraternité est l’individualisme, qui se traduit dans la volonté de s’affirmer soi-même et son propre groupe au-dessus des autres. C’est un piège qui menace tous les aspects de la vie, jusqu’à la plus haute et innée prérogative de l’homme, c’est-à-dire l’ouverture au transcendant et la religiosité. La vraie religiosité consiste dans le fait d’aimer Dieu de tout son cœur et le prochain comme soi-même. La conduite religieuse a donc besoin d’être continuellement purifiée de la tentation récurrente de juger les autres ennemis et adversaires. Chaque croyance est appelée à dépasser le clivage entre amis et ennemis, pour assumer la perspective du Ciel, qui embrasse les hommes sans privilèges ni discriminations.
    Aussi je désire exprimer mon appréciation pour l’engagement de ce pays pour la tolérance et pour garantir la liberté de culte, en faisant face à l’extrémisme et à la haine. En faisant ainsi, alors qu’on promeut la liberté fondamentale de professer sa propre croyance, exigence intrinsèque à la réalisation même de l’homme, on veille aussi à ce que la religion ne soit pas instrumentalisée et risque, en admettant la violence et le terrorisme, de se nier elle-même.
    La fraternité certainement « exprime aussi la multiplicité et la différence qui existent entre les frères, bien que liés par la naissance et ayant la même nature et la même dignité ».La pluralité religieuse en est une expression. Dans ce contexte l’attitude juste n’est ni l’uniformité forcée, ni le syncrétisme conciliant : ce que nous sommes appelés à faire, en tant que croyants, c’est nous engager pour l’égale dignité de tous, au nom du Miséricordieux qui nous a créés et au nom duquel doit être cherché le règlement des oppositions et la fraternité dans la diversité. Je voudrais ici réaffirmer la conviction de l’Eglise catholique : « Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu ».
    Diverses interrogations, cependant, s’imposent : comment nous garder réciproquement dans l’unique famille humaine ? Comment nourrir une amitié non théorique, qui se traduise en authentique fraternité ? Comment faire prévaloir l’inclusion de l’autre sur l’exclusion au nom de sa propre appartenance ? Comment, enfin, les religions peuvent-elles être des canaux de fraternité plutôt que des barrières de séparation ?
    La famille humaine et le courage de l’altérité
    Si nous croyons en l’existence de la famille humaine, il en découle qu’elle doit être protégée en tant que telle. Comme en toute famille, cela arrive d’abord par un dialogue quotidien et effectif. Il suppose sa propre identité, qu’il ne faut pas abdiquer pour plaire à l’autre. Mais en même temps demande le courage de l’altérité, qui comporte la pleine reconnaissance de l’autre et de sa liberté, et l’engagement qui suit à m’employer pour que ses droits fondamentaux soient toujours affirmés, partout et par quiconque. Parce que sans liberté il n’y a plus d’enfants de la famille humaine, mais des esclaves. Parmi les libertés je voudrais souligner la liberté religieuse. Elle ne se limite pas à la seule liberté de culte, mais elle voit dans l’autre vraiment un frère, un fils de ma même humanité que Dieu laisse libre et que par conséquent aucune institution humaine ne peut forcer, pas même en son nom.
    Le dialogue et la prière
    Le courage de l’altérité est l’âme du dialogue, qui se fonde sur la sincérité des intentions. Le dialogue est en effet compromis par la feinte, qui augmente la distance et le soupçon : on ne peut pas proclamer la fraternité et ensuite agir en sens contraire. Selon un écrivain moderne, « celui qui se ment à lui-même et écoute ses propres mensonges, arrive au point de ne plus pouvoir distinguer la vérité, ni en lui-même, ni autour de lui, et ainsi il commence à ne plus avoir d’estime ni de lui-même, ni des autres ».
    En tout cela la prière est incontournable : tandis qu’elle incarne le courage de l’altérité par rapport à Dieu, dans la sincérité de l’intention, elle purifie le cœur du repli sur soi. La prière faite avec le cœur fortifie la fraternité. C’est pourquoi, « pour ce qui est de l’avenir du dialogue interreligieux, la première chose que nous devons faire est de prier. Et prier les uns pour les autres: nous sommes frères! Sans le Seigneur, rien n’est possible; avec Lui, tout le devient! Que notre prière – chacun selon sa propre tradition – puisse adhérer pleinement à la volonté de Dieu, qui désire que tous les hommes se reconnaissent frères et vivent ainsi, en formant la grande famille humaine dans l’harmonie des diversités ».
    Il n’y a pas d’alternative : ou bien nous construirons ensemble l’avenir ou bien il n’y aura pas de futur. Les religions, en particulier, ne peuvent renoncer à la tâche urgente de construire des ponts entre les peuples et les cultures. Le temps est arrivé où les religions doivent se dépenser plus activement, avec courage et audace, sans artifice, pour aider la famille humaine à mûrir la capacité de réconciliation, la vision d’espérance et les itinéraires concrets de paix.
    L’éducation et la justice
    Nous revenons ainsi à l’image initiale de la colombe de la paix. La paix aussi, pour prendre son envol, a besoin d’ailes qui la soutiennent. Les ailes de l’éducation et de la justice.
    L’éducation – en latin indique le fait d’extraire, de tirer au-dehors – c’est porter à la lumière les ressources précieuses de l’esprit. Il est réconfortant de constater comment en ce pays on ne s’investit pas seulement dans l’extraction des ressources de la terre, mais aussi dans celles du cœur, dans l’éducation des jeunes. C’est un engagement et je souhaite qu’il se poursuive et se répande ailleurs. L’éducation arrive aussi dans la relation, dans la réciprocité. A la célèbre maxime ancienne « connais-toi toi-même » nous devons accoler « connais le frère » : son histoire, sa culture et sa foi, parce qu’il n’y a pas de vraie connaissance de soi sans l’autre. En tant qu’hommes, et encore plus en tant que frères, rappelons-nous réciproquement que rien de ce qui est humain ne peut nous demeurer étranger. Il est important pour l’avenir de former des identités ouvertes, capables de vaincre la tentation de se replier sur soi et de se raidir.
    Investir dans la culture favorise une diminution de la haine et une croissance de la civilisation et de la prospérité. Education et violence sont inversement proportionnelles. Les instituts catholiques – bien appréciés aussi en ce pays et dans la région – promeuvent cette éducation à la paix et à la connaissance réciproque pour prévenir la violence.
    Les jeunes, souvent entourés de messages négatifs et de fake news, ont besoin d’apprendre à ne pas céder aux séductions du matérialisme, de la haine et des préjugés ; d’apprendre à réagir à l’injustice et aussi aux douloureuses expériences du passé ; d’apprendre à défendre les droits des autres avec la même vigueur avec laquelle ils défendent leurs propres droits. Ce seront eux, un jour, qui nous jugeront : bien, si nous leur avons donné des bases solides pour créer de nouvelles rencontres de civilisation ; mal, si nous leur avons laissé seulement des mirages et la perspective désolée de néfastes affrontements de barbarie.
    La justice est la seconde aile de la paix, laquelle souvent n’est pas compromise par des épisodes particuliers, mais est lentement dévorée par le cancer de l’injustice.
    Donc, on ne peut croire en Dieu et ne pas chercher à vivre la justice avec tous, selon la règle d’or : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes » (Mt 7, 12).
    Paix et justice sont inséparables ! Le prophète Isaïe dit : « Le fruit de la justice sera la paix » (32, 17). La paix meurt quand elle divorce de la justice, mais la justice se trouve fausse si elle n’est pas universelle. Une justice adressée seulement aux membres de la famille, aux compatriotes, aux croyants de la même foi est une justice boiteuse, c’est une injustice masquée !
    Les religions ont aussi la tâche de rappeler que l’avidité du profit rend le cœur inerte et que les lois du marché actuel, exigeant tout et tout de suite, n’aident pas la rencontre, le dialogue, la famille, dimensions essentielles de la vie qui nécessitent du temps et de la patience. Que les religions soient la voix des derniers, qui ne sont pas des statistiques mais des frères, et qu’elles soient du côté des pauvres ; qu’elles veillent comme des sentinelles de fraternité dans la nuit des conflits, qu’elles soient des rappels vigilants pour que l’humanité ne ferme pas les yeux face aux injustices et ne se résigne jamais aux trop nombreux drames du monde.
    Le désert qui fleurit
    Après avoir parlé de la fraternité comme arche de paix, je voudrais maintenant m’inspirer d’une seconde image, celle du désert, qui nous entoure.
    Ici, en peu d’années, avec clairvoyance et sagesse, le désert a été transformé en un lieu prospère et hospitalier ; le désert est devenu, d’obstacle impraticable et inaccessible, un lieu de rencontre entre les cultures et les religions. Ici le désert est fleuri, non seulement pour quelques jours par an, mais pour de nombreuses années à venir. Ce pays, dans lequel sable et gratte-ciels se rencontrent, continue à être un important carrefour entre Occident et Orient, entre Nord et Sud de la planète, un lieu de développement, où des espaces un temps inhospitaliers, proposent des postes de travail à des personnes de diverses nations.
    Le développement aussi, toutefois, a ses adversaires. Et si un ennemi de la fraternité était l’individualisme, je voudrais citer comme obstacle au développement l’indifférence, qui finit par convertir les réalités fleuries en landes désertes. En effet, un développement purement utilitariste ne donne pas de progrès réel et durable. Seul un développement intégral et qui a de la cohésion prépare un avenir digne de l’homme. L’indifférence empêche de voir la communauté humaine au-delà du profit et le frère au-delà du travail qu’il accomplit. L’indifférence, en effet, ne regarde pas vers demain ; elle ne fait pas attention à l’avenir de la création, elle n’a pas soin de la dignité de l’étranger et de l’avenir des enfants.
    Dans ce contexte je me réjouis que justement ici à Abu Dhabi, en novembre dernier, ait eu lieu le premier Forum de l’Alliance interreligieuse pour des Communautés plus sûres, sur le thème de la dignité de l’enfant à l’ère numérique. Cet événement a recueilli le message lancé, un an auparavant, à Rome au Congrès international sur le même thème, auquel j’avais donné tout mon appui et mon encouragement. Je remercie donc tous les leaders qui s’engagent dans ce domaine et j’assure mon soutien, ma solidarité et ma participation ainsi que ceux de l’Eglise catholique à cette cause très importante de la protection des mineurs en toutes ses expressions.
    Ici, dans le désert, s’est ouvert un chemin fécond de développement qui, à partir du travail, offre une espérance à de nombreuses personnes de divers peuples, cultures et croyances. Parmi elles, de nombreux chrétiens aussi, dont la présence dans la région remonte dans les siècles, ont trouvé une opportunité et apporté une contribution significative à la croissance et au bien-être du pays. Au-delà des capacités professionnelles, ils y apportent la qualité de leur foi. Le respect et la tolérance qu’ils rencontrent, de même que les lieux de culte nécessaires où ils prient, leur permettent cette maturation spirituelle qui bénéficie ensuite à la société tout entière. J’encourage à poursuivre sur ce chemin, afin que tous ceux qui vivent ici ou sont de passage conservent non seulement l’image des grandes œuvres élevées dans le désert, mais d’une nation qui inclut et embrasse quiconque.
    C’est dans cet esprit que, non seulement ici, mais dans toute la bien-aimée et névralgique région moyen-orientale, je souhaite des opportunités concrètes de rencontre : que des sociétés où des personnes de diverses religions aient le même droit de citoyenneté et où soit enlevé ce droit à la seule violence, sous toutes ses formes.
    Une cohabitation fraternelle, fondée sur l’éducation et sur la justice ; un développement humain, édifié sur l’inclusion accueillante et sur les droits de tous : ce sont là des semences de paix, que les religions sont appelées à faire germer. A elles, peut-être comme jamais dans le passé, incombe, dans cette situation historique délicate, une tâche qu’on ne peut renvoyer : contribuer activement à démilitariser le cœur de l’homme. La course aux armements, l’extension des propres zones d’influence, les politiques agressives au détriment des autres n’apporteront jamais la stabilité. La guerre ne sait pas créer autre chose que la misère, les armes rien d’autre que la mort !
    La fraternité humaine exige de nous, représentants des religions, le devoir de bannir toute nuance d’approbation du mot guerre. Rendons-le à sa misérable cruauté. Ses néfastes conséquences sont sous nos yeux. Je pense en particulier au Yémen, à la Syrie, à l’Irak et à la Libye. Ensemble, frères dans l’unique famille humaine voulue par Dieu, engageons-nous contre la logique de la puissance armée, contre la monétisation des relations, l’armement des frontières, l’édification de murs, le bâillonnement des pauvres ; à tout cela opposons la douce force de la prière et l’engagement quotidien dans le dialogue. Que le fait que nous soyons ensemble aujourd’hui soit un message de confiance, un encouragement à tous les hommes de bonne volonté, pour qu’ils ne se rendent pas aux déluges de la violence et à la désertification de l’altruisme. Dieu est avec l’homme qui cherche la paix. Et du ciel il bénit tout pas qui, sur ce chemin, s’accomplit sur la terre.
     

  • Ngoso (R. D. Congo), 50 ans de présence

     « Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie.»(Ps 118,24) En ce jour béni,  la communauté paroissiale de Ngoso, unie à ses sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux, est heureuse de célébrer, dans la joie,  le jubilé d’or de la présence Sainte – Famille en ce milieu. La graine jetée en terre par le labeur a produit beaucoup de fruits. Voilà le motif de notre action de grâce en ce 21 janvier. Nous chantons les prévenances de Dieu et lui disons merci pour sa sollicitude et son Amour  manifestés et renouvelés à toutes les générations qui se sont succédées depuis les premières heures jusqu’aujourd’hui cinquante ans de fidélité entre Dieu et de faibles créatures, ça se fête!
    En effet,  le dixième jour du mois de  Novembre 1967, la mission de Ngoso dans le diocèse d’Idiofa ouvrit ses portes pour accueillir les trois premières missionnaires : Gérarda VIEREENDEELS, Marie-Rose SOUBISE, et Hilda. Cette terre des missions avait été jadis desservie par les sœurs Salésiennes de la Visitation. Celles-ci furent contraintes de décamper le terrain en 1964, suite à l’insécurité consécutive à la rébellion muleliste.
     Heureuse coïncidence ou ironie de l’histoire, c’est dans des circonstances similaires que furent marqués les débuts de l’Association de  la Sainte-Famille au 19ème siècle.
    La  France se réveillait du  cauchemar causé par la révolution française. PB Noailles, fonda l’Association de la Sainte Famille de Bordeaux, une  famille spirituelle ouverte à toutes les vocations et à toute personne sans distinction de race, de langue, de culture etc., dans le but d’étendre et de fortifier la foi des fidèles chrétiens et de « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.»
    C’est dans un contexte assez similaire que la Sainte – Famille posait ses premiers pas ici à Ngoso. Invitées par les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée qui  y œuvraient déjà, les sœurs  foulèrent ce sol de Ngoso, et sans tarder, s’adonnèrent   à la promotion de la femme et à l’éducation de la jeune fille par le truchement de l’école ménagère, devenue aujourd’hui le grand lycée de la contrée, le lycée Ngana- Mbel. Celui-ci compte  trois options, à savoir : la littéraire ( 1954) , la Nutrition ( 1992) et la Pédagogie Générale ( 2005 ). Au total un effectif de plus au moins 300 élèves, filles et garçons confondus.
    Le domaine de la santé primaire retint également l’attention de nos pionnières. Les sœurs s’occupèrent d’un poste de santé doté d’une maternité et d’un centre nutritionnel sur place à Ngoso. Aujourd’hui, cette œuvre modeste s’est transformée en un hôpital secondaire affecté d’un médecin, d’une sœur Administrateur et Gestionnaire, d’un laborantin et d’un corps infirmier expérimenté.
    Le troisième champ apostolique  fut celui de la pastorale ecclésiale. Les sœurs eurent à cœur le ministère de catéchèse pour nourrir la foi des fidèles, préparer les adultes aux sacrements, sans oublier le ministère itinérant à travers les villages de brousse en collaboration avec les pères Oblats. La pastorale familiale permit aux nombreux couples d’adhérer au charisme Sainte- Famille, formant ainsi la branche  des associés laïcs. Nous avons la joie d’honorer en  cette même  fête, deux couples  d’associés qui célèbrent leur jubilé d’argent de mariage. Il s’agit de : couples KASONGO et NGEYEYE.
    Notre présence Sainte – Famille s’inscrit aujourd’hui dans une fidélité créatrice au chemin tracé par nos pionnières.  La Terre Nourricière de Ngoso est devenue pour la Sainte-Famille au Congo «  une Pépinière », un chemin obligé par où passe toute jeune fille désireuse de partager l’aventure personnelle de Pierre Bienvenu NOAILLES. En effet c’est ici à Ngoso que se trouve le pré noviciat des sœurs de la Sainte – Famille de Bordeaux.
    L’encadrement de la jeunesse figure à l’avant plan de nos priorités apostoliques. Dieu Seul peut compter le nombre des jeunes devenus prêtres, religieux et religieuses, cadres et acteurs de la vie de la cité qui sont passés par nos écoles ou que nos sœurs ont
    Parmi les défis à affronter il y a l’influence néfaste mais grandissante des sectes
    Ce jubilé de 50 ans s’inscrit lui- même dans notre marche vers la célébration de deux cents ans de la fondation de notre Association en 2020. La préparation de ce grand événement a commencé depuis le 30 décembre 2016, en la fête de la   Sainte Famille.
    Le Jubile étant par sa nature,  une année d’affranchissement et de libération, de pardon et de réconciliation, de renouvellement intérieur, nous implorons la miséricorde du père céleste et lui demandons de nous affranchir de tout ce qui, depuis 50 ans a alourdit notre cœur et notre marche à sa suite.
    Que notre Dame de Toutes Grâces et Notre vénérable Fondateur à qui ce jubilé a été dédié nous obtiennent toutes les grâces dont chacun de nous a besoin.
     
    Sr Pérpetue MUMPANGA
    Communauté de Ngoso

  • Une nouvelle insertion

    Une nouvelle insertion parmi les personnes âgées du complexe Azalea Gardens, à Pietermaritzburg
    Le seul fait d’être ici est déjà un ministère de la PRESENCE, une nouvelle expérience, non seulement pour nous sœurs, mais pour tous les habitants du complexe. Nous nous sommes installées ici le 23 juillet 2018. Les Azalées étaient en pleine floraison pour nous accueillir ainsi que notre administrateur et les résidents.
    Pourquoi sommes-nous venus ici ? Certains demandaient… En tant que sœurs ici, nous commençons à être perçues comme des personnes parmi les personnes qui partagent la même étape de la vie! La place, la présence et le but des religieuses dans la société sont en expansion pour tous – comme le disait un vieil homme: «Je n’aime pas les nonnes, mais malgré cela, VOUS êtes les bienvenues».
    Il y a 58 cottages dans le complexe, chacun avec un petit jardin devant. Par chance, nous avons aussi un petit espace de jardin à l’arrière de notre cottage. Avec l’aide de nos voisins, nous avons planté plusieurs types de fleurs devant le cottage; et derrière, quelques légumes: laitue, carottes, épinards, oignons, tomates, pois. Le complexe dispose d’une belle unité de soins pour personnes fragiles – ouverte aux résidents du complexe et, en cas de besoin, aux personnes de l’extérieur. Tous les membres du personnel sont extraordinaires ; très attentionnés et amicaux.
    En ce qui concerne le ministère, Isobel a commencé à visiter quelques-uns des cottages et l’unité des soins pour personnes fragiles. Jen continue à offrir une direction spirituelle et un accompagnement de prière et espère pouvoir étendre et renforcer la foi en l’Esprit vivant, présent et à l’œuvre dans TOUTE LA CRÉATION. Nous ne sommes qu’au début du développement d’un ministère possible. C’est maintenant un moment privilégié pour s’installer, écouter et suivre les inspirations de notre Dieu en ce qui concerne le ministère. Une chose est certaine: la communion est vivante et perçue ici de façon particulière. Le ministère est en train d’évoluer.
    Envoyé par Isobel et Jen (l’Afrique du Sud)
     

  • Des neveux de soeur Gerarda témoignent d’un voyage en RDC

    Nous avons visité les missions de Gungu et d’Idiofa où soeur Gerarda (pour nous tante Anna) avait travaillé comme missionnaire.
    Partis à l’aventure pour des vacances, nous avons de suite été confrontés aux conditions de vie poignantes dans lesquelles, en ce 21ième siècle, les Congolais essaient de survivre. Ces deux premières semaines ne furent pas l’expédition aventureuse que nous avions prévue.
    La confrontation à ce pays, malgré toutes les images du ‘tiers monde’ vues à la télé, nous a complètement bouleversés. Ce qui nous a le plus touché était le profond respect pour le travail des Soeurs de la Sainte Famille et la prise de conscience embarrassante de ce que signifiaient l’exploitation, la corruption, l’abus du pouvoir, la faim, la pauvreté …
    Nous avons demandé à tante Anna comment nous pourrions aider la population locale. Elle parlait avec grande fierté de l’école Lakulanza à Idiofa et des talents des filles qui participaient aux cours. Nous avons également visité l’école de filles à Gungu en projet d’agrandissement. Tante Anna nous avait souvent partagé avec insistance combien au Congo chaque goutte d’eau était précieuse. Le nombre invraisemblable de kilomètres que les Congolaises parcourent à pied, tous les jours, pour rapporter de l’eau à leur case ou à l’école défie toute raison.
    Conscients de cette réalité et du rôle déterminant de l’enseignement pour l’avenir du pays, nous nous sommes mis à chercher des projets durables.
    Chaque année, nous organisons dans notre commune un repas et une vente de barres de chocolat à l’école de la commune pour réunir des fonds. Avec ces revenus, les soeurs de la Sainte Famille ont pu acheter des gouttières et des réservoirs d’eau à placer sur les toits des classes pour récupérer l’eau de pluie, que les internes des écoles utilisent pour la lessive, les douches, les toilettes.
    L’année passée nous avons acheté des « stations » de purifi-cation d’eau pour rendre potable cette eau de pluie. Ainsi, à la récréation, les élèves peuvent boire de l’eau filtrée saine.
    Dommage que pour le moment nous ne puissions entreprendre de voyage au Congo à cause de l’instabilité de la situation politique.
    Nous ne nous décourageons pas ! C’est d’ailleurs ce que les Congolais nous ont appris.
    Nous persistons parce que nous les aimons.
    Jos et Christa Vierendeels-Roesem
    « Les hommes deviennent frères …
    Alle mensen worden broeders… »

  • Les Familles Charismatiques

    ‘’Les Familles Charismatiques’’ sont un rassemblement des plusieurs Familles Spirituelles qui partagent leurs Charismes avec différentes vocations dans l’Eglise. Constituées en une Association à Rome pendant des moments, d’abord dans les années 1970… puis 1990… Elle venait de reprendre sa vigueur à partir de 2014 inspirée par la lettre du Pape François en l’année dédiée à la vie Consacrée. Ces Familles Charismatiques se sont proposées une démarche de réflexions ensemble dans le but de promouvoir la communion dans l’Eglise, comme témoignage prophétique aujourd’hui. Ces 17 et 18 novembre 2018 s’est tenue ici à Rome chez les frères des écoles chrétiennes – Via Aurelia, une grande rencontre de 214 personnes : Religieux (ses), Laïcs, prêtres, séculières Consacré(es) et jeunes de 50 Familles spirituelles.  Pour faire le lien avec le récent Synode des Evêques sur les jeunes, les jeunes ont été des principaux animateurs de ces deux jours. Thème : Fidélité créative pour servir prophétiquement ; Organisé en deux pôles :
    1) Comment raconter un charisme à notre époque ?
    2) les jeunes et l’engagement concret – l’incarnation du Charisme. 
    Une très belle expérience vécue par les 5 membres de la Sainte-Famille présentes à cette rencontre.
    Micheline Kenda
    Generalate

  • La semence de la foi

    S’il est vrai que la foi est un don gratuit de Dieu, elle doit avoir une source, une semence de quelque part, sans doute dans nos familles biologiques qui nous la transmettent souvent de manière assez naturelle sans se rendre compte que cette petite semence, si bien entretenue devient grande, porte du fruit selon la grâce de Dieu  et fait d’un enfant un chrétien de demain, engagé, témoignant de sa foi au monde.
    C’était dans un profond émerveillement et grande émotion que j’ai découvert à la fin de la messe du dimanche, une fillette d’environs deux ans dans sa jolie robette de Légion de Marie, exhibant la danse au rythme du Tam-Tam accompagné d’un chant marial. Profondément touchée je me suis approchée pour la photographier et c’est alors que sa mère m’a expliqué que sa grand-mère qui avait fait la 2ème lecture, était une légionnaire. Cette  fillette m’a fait prendre davantage conscience du premier rôle des parents dans notre vie de foi, qui est d’une importance capitale pour notre vie chrétienne future. En grandissant  cette première semence de foi peut croître ou décroître, toutefois il faut la semer. D’autre part, elle m’a interpellée sur mon rôle de tante dans ma famille et je me suis interrogée sur le nombre de  semences de foi que j’ai  mis dans le cœur des miens, les tous petits. Mais de nos jours, dans ce monde en pleine mutation et mondialisation avec les nouvelles technologies de communication, combien sommes-nous à comprendre encore l’importance de cette première semence de foi et de vie chrétienne dans la vie de nos enfants, neveux et nièces ?  Combien de parents viennent- ils encore avec leurs enfants à l’église ou leur parlent de Dieu ?
    Que la grâce du Seigneur éveille nos consciences à ne pas perdre de vue l’importance capitale du premier germe de foi en nos enfants et à encourager les parents dans cette noble mission qu’est l’éveil de la foi pour une Eglise vivante  soutenue par une  foi authentique d’une jeunesse enracinée en Christ.
     Sœur RITA DJIRIKNAN Sfb Cam-Tchad