Auteur/autrice : AdminWp

  • MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LE CARÊME 2025

    « Marchons ensemble dans l’espérance »
    Chers frères et sœurs, avec le signe pénitentiel des cendres sur la tête, nous commençons le pèlerinage annuel du Saint Carême dans la foi et dans l’espérance. L’Église, mère et maîtresse, nous invite à préparer nos cœurs et à nous ouvrir à la grâce de Dieu pour que nous puissions célébrer dans la joie le triomphe pascal du Christ-Seigneur, sur le péché et sur la mort. Saint Paul le proclame : « La mort a été engloutie dans la victoire. Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » ( 1 Co 15, 54-55). En effet, Jésus-Christ, mort et ressuscité, est le centre de notre foi et le garant de la grande promesse du Père qu’est la vie éternelle déjà réalisée en son Fils bien-aimé (cf. Jn 10, 28 ; 17, 3). [1]
    Je voudrais proposer à l’occasion de ce Carême, enrichi par la grâce de l’année jubilaire, quelques réflexions sur ce que signifie marcher ensemble dans l’espérance, et découvrir les appels à la conversion que la miséricorde de Dieu adresse à tous, en tant qu’individus comme en tant que communautés.
    Tout d’abord, marcher. La devise du Jubilé, “pèlerins de l’espérance”, nous rappelle le long voyage du peuple d’Israël vers la Terre promise, raconté dans le livre de l’Exode : une marche difficile de l’esclavage à la liberté, voulue et guidée par le Seigneur qui aime son peuple et lui est toujours fidèle. Et nous ne pouvons pas évoquer l’exode biblique sans penser à tant de frères et sœurs qui, aujourd’hui, fuient des situations de misère et de violence, partant à la recherche d’une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs êtres chers. Un premier appel à la conversion apparaît ici car, dans la vie, nous sommes tous des pèlerins. Chacun peut se demander : comment est-ce que je me laisse interpeller par cette condition ? Suis-je vraiment en chemin ou plutôt paralysé, statique, dans la peur et manquant d’espérance, ou bien encore installé dans ma zone de confort ? Est-ce que je cherche des chemins de libération des situations de péché et de manque de dignité ? Ce serait un bon exercice de Carême que de nous confronter à la réalité concrète d’un migrant ou d’un pèlerin, et de nous laisser toucher de manière à découvrir ce que Dieu nous demande pour être de meilleurs voyageurs vers la maison du Père. Ce serait un bon “test” pour le marcheur.
    En second lieu, faisons ce chemin ensemble. Marcher ensemble, être synodal, telle est la vocation de l’Église. [2] Les chrétiens sont appelés à faire route ensemble, jamais comme des voyageurs solitaires. L’Esprit Saint nous pousse à sortir de nous-mêmes pour aller vers Dieu et vers nos frères et sœurs, et à ne jamais nous refermer sur nous-mêmes. [3] Marcher ensemble c’est être des tisseurs d’unité à partir de notre commune dignité d’enfants de Dieu (cf. Ga 3,26-28) ; c’est avancer côte à côte, sans piétiner ni dominer l’autre, sans nourrir d’envies ni d’hypocrisies, sans laisser quiconque à la traîne ou se sentir exclu. Allons dans la même direction, vers le même but, en nous écoutant les uns les autres avec amour et patience.
    En ce Carême, Dieu nous demande de vérifier si dans notre vie, dans nos familles, dans les lieux où nous travaillons, dans les communautés paroissiales ou religieuses, nous sommes capables de cheminer avec les autres, d’écouter, de dépasser la tentation de nous ancrer dans notre autoréférentialité et de nous préoccuper seulement de nos propres besoins. Demandons-nous devant le Seigneur si nous sommes capables de travailler ensemble, évêques, prêtres, personnes consacrées et laïcs, au service du Royaume de Dieu ; si nous avons une attitude d’accueil, avec des gestes concrets envers ceux qui nous approchent et ceux qui sont loin ; si nous faisons en sorte que les personnes se sentent faire partie intégrante de la communauté ou si nous les maintenons en marge. [4] Ceci est un deuxième appel : la conversion à la synodalité.
    Troisièmement, faisons ce chemin ensemble dans l’espérance d’une promesse. Que l’ espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5), le message central du Jubilé [5], soit pour nous l’horizon du chemin de Carême vers la victoire de Pâques. Comme nous l’a enseigné le Pape Benoît XVI dans l’encyclique Spe salvi : « L’être humain a besoin de l’amour inconditionnel. Il a besoin de la certitude qui lui fait dire : “Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ” ( Rm 8, 38-39) ». [6] Jésus, notre amour et notre espérance, est ressuscité, [7] il vit et règne glorieusement. La mort a été transformée en victoire, et c’est là que réside la foi et la grande espérance des chrétiens : la résurrection du Christ !
    Et voici le troisième appel à la conversion : celui de l’espérance, de la confiance en Dieu et en sa grande promesse, la vie éternelle. Nous devons nous demander : ai-je la conviction que Dieu pardonne mes péchés ? Ou bien est-ce que j’agis comme si je pouvais me sauver moi-même ? Est-ce que j’aspire au salut et est-ce que j’invoque l’aide de Dieu pour l’obtenir ? Est-ce que je vis concrètement l’espérance qui m’aide à lire les événements de l’histoire et qui me pousse à m’engager pour la justice, la fraternité, le soin de la maison commune, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte ?
    Sœurs et frères, grâce à l’amour de Dieu en Jésus-Christ, nous sommes gardés dans l’espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). L’espérance est “l’ancre de l’âme”, sûre et indéfectible. [8] C’est en elle que l’Église prie pour que « tous les hommes soient sauvés » ( 1Tm 2,4) et qu’elle attend d’être dans la gloire du ciel, unie au Christ, son époux. C’est ainsi que s’exprime sainte Thérèse de Jésus : « Espère, ô mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout passe avec rapidité quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain, et long un temps très court » ( Exclamations de l’âme à son Dieu, 15, 3). [9]
    Que la Vierge Marie, Mère de l’Espérance, intercède pour nous et nous accompagne sur le chemin du Carême.
    Rome, Saint-Jean-de-Latran, 6 février 2025, mémoire de Saint Paul Miki et ses compagnons, martyrs.

  • Une bénédiction extraordinaire pour la famille PBN

    Bénir, c’est mettre un peu de soi dans quelque chose. C’est rendre saint, changer quelque chose ou quelqu’un grâce à votre présence.  (Macrina Wiederkehr)
    Le mois de février est toujours spécial et mémorable, car nous attendons avec impatience un événement si proche de la famille PBN qui est célébré chaque année. Il s’agit de la commémoration de la bénédiction miraculeuse – une bénédiction extraordinaire – qui a attesté de l’authenticité de la Fondation de la Sainte-Famille de Bordeaux. En cette occasion spéciale, il convient de se rappeler l’événement du 3 février 1822 et d’examiner attentivement et profondément ce que nous entendons par bénédiction.
    Tout ce qui contribue au bien ou à l’amélioration de notre vie est une bénédiction. Bénir, c’est apporter la touche de Dieu, la touche de l’amour et de la bonté, de la guérison et du pardon à autrui par notre présence et par nos actions authentiques. Les bénédictions sont des salutations, des rappels et des assurances de la part de Dieu, qui dit : « Je prends soin de toi ».
    Les bénédictions ne sont pas toujours immédiates, ou sur le champ – juste pour que nous nous sentions bien. Parfois, elles sont déguisées – dans la douleur, la lutte et les difficultés de la partie non désirée ou inacceptable de notre vie. Dans les Écritures, les bénédictions étaient accordées à des fins diverses : lorsqu’elles étaient invoquées, la miséricorde, la protection et l’attention divines ; la prière pour quelqu’un ; les demandes des grâces en faveur d’une autre personne ; les bénédictions pour accorder le bonheur et l’épanouissement ; pour garder et préserver ; pour assurer la sécurité, et pour approuver et encourager une autre personne. Chaque fois que Dieu bénit, il en résulte une vie généreuse et une abondance de bonté. Dieu a béni Abraham et lui a promis, par une bénédiction sans fin, qu’il aurait une nombreuse descendance, symbole de l’abondance d’une vie nouvelle.
    Dans la vie de Jésus, bien qu’il ait accordé et offert des bénédictions, Jésus lui-même est devenu LA BÉNÉDICTION. Sa présence, sa force, sa guérison, son courage, sa vitalité et sa bonté engendrent la vie, de sorte que sa bénédiction est transformatrice et a le pouvoir de changer, d’inspirer la nouveauté. Faisons la relecture de nos expériences spirituelles personnelles, en nous rappelant les bénédictions dont nous avons été comblées aujourd’hui et tout au long de notre vie, des bénédictions qui ont eu un impact et qui nous ont poussés à rendre grâce.
    Chaque bénédiction, chaque moment agréable est un don de Dieu. Dieu nous permet de regarder les deux côtés et de voir ses mains puissantes et gracieuses à l’œuvre dans nos vies. Nous pouvons nous réjouir des moments heureux, mais aussi réaliser en même temps les occasions où nous avons été libérés de la peur de rencontrer des circonstances difficiles, car c’est  à travers ces moments que nous trouvons souvent la puissance de Dieu tissée de façon merveilleuse. Il y a 202 ans, le Seigneur dans l’Eucharistie a accordé à notre Fondateur et aux Premières Mères une bénédiction très spéciale et significative – la bénédiction de la fondation de la Sainte-Famille comme un signe de Son approbation pour aller de l’avant !
    Dans ce grand événement, Dieu s’est rapproché de nous et s’est présenté comme le « Jésus de la Sainte-Famille », et sa bénédiction est devenue notre source de force, de vitalité et de courage pour que nous puissions aller de l’avant avec espoir.
    En réfléchissant sur la bénédiction, la gratitude est le premier sentiment qui vient du cœur. Cette attitude de reconnaissance est nécessaire pour apprécier les grandes œuvres que Dieu a accomplies en notre Vénérable Fondateur et à travers lui. Ces deux siècles d’existence se sont transformés en une grande histoire d’efforts et de persévérance pour « être et faire famille », en construisant la communion  dans l’esprit de Dieu Seul, ravivant la flamme des premiers chrétiens, qui était proche du cœur de notre Fondateur, sur les traces de Jésus, Marie et Joseph. Lorsque nous réfléchissons sur la vie de notre cher Fondateur Pierre Bienvenu Noailles, nous saisissons l’amour profond qu’il avait pour Jésus dans l’Eucharistie et que c’est de là qu’il a reçu la force, le courage, la lumière et le pouvoir de vivre pour Dieu seul. J’ai été très touchée par les mots qu’il a adressés aux sœurs après la bénédiction miraculeuse :
    « Il nous a bénis…. Il nous a montré son cœur. N’oubliez jamais que Jésus vous a montré son cœur pour que vous alliez à Lui avec toutes vos difficultés, vos tentations et vos moments de découragement. Lui seul est le vrai consolateur ; Lui seul est le conseiller le plus sûr, la source de tout bien ». (PBN)
    Notre Fondateur avait une grande conviction et une grande espérance dans l’avenir de la Fondation de la Sainte-Famille. Le même espoir se poursuit aujourd’hui dans notre voyage – comme nous le faisons dans le cadre de notre Chapitre – en réimaginant et en restructurant notre vie et notre mission avec l’Église synodale, avec l’appel urgent à la transformation pour ouvrir la voie à un renouveau total de l’intérieur. Marchons avec l’Église en remerciant Dieu pour le Jubilé de l’année 2025. Ce jubilé est une invitation spéciale à approfondir notre amour pour Jésus et à élargir nos esprits et nos cœurs afin d’inclure consciemment tous ceux et toutes celles que Jésus a le plus aimés, sans aucune discrimination, en célébrant la diversité qui est présente parmi nous et la richesse de notre interculturalité, qui est une bénédiction au-delà des mots.
    Cette année jubilaire est une période de réconciliation et de rachat de la vie perdue. Réfléchissons dans nos communautés sur le thème : « Jubilé – « Pèlerins de l’espérance ». Nous vivons dans un monde en pleine expansion où les relations sont rompues, l’espérance perdue et les valeurs érodées. L’espoir, l’amour et la foi sont intimement liés dans notre pèlerinage spirituel. Répandons l’Espérance comme nous répandons l’amour autour de nous, car l’Espérance est une valeur et une attitude forte et indispensable qui nous aide à promouvoir la justice, à vivre en paix et à être du côté des pauvres, prouvant que notre « Option pour les pauvres est au cœur de nos choix apostoliques », comme le disent nos Constitutions. Pour vivre et expérimenter ce don précieux de l’espérance, prenons un chemin significatif qui dynamise notre vie et notre mission afin qu’il soit possible de « passer sur l’autre rive ». Soyons pleins d’espoir. Il est temps de devenir une bénédiction et un espoir pour notre peuple !
     
    Sœur Jeya Mary Arockiam
    Responsable de l’unité, Inde

  • Une nouvelle vie, un nouvel espoir…

    Une fois de plus, nous pouvons célébrer la nouvelle année. C’est un moment propice pour regarder en arrière, pour découvrir comment s’est déroulé notre chemin avec Dieu et nos frères et sœurs. Il est certain que nous aurons encore des affaires inachevées, des actions planifiées mais non réalisées, des résolutions saines que nous n’avons pas tenues, des expériences marquées par la douleur et la perte. Mais aussi des situations joyeuses qui ont rempli nos cœurs et qui nous révèlent chaque jour la présence permanente de Dieu dans nos vies. C’est aussi le moment de regarder vers l’avenir, de continuer à rêver et de nous remettre entre les mains de Dieu, notre Père aimant, pour continuer à parier sur la vie, pour continuer à approfondir les valeurs de notre charisme, comme la famille de Pierre Bienvenu Noailles, qui nous fait affronter le lendemain en espérant toujours continuer à construire des communautés, dans lesquelles nous vivons le même esprit de la famille de Nazareth, en cherchant Dieu seul en toutes choses.
    L’année que nous entamons est particulière et, suivant une ancienne tradition de l’Église, le pape François nous invite à célébrer le Jubilé 2025 en lien avec la tradition du peuple juif comme relatée dans le livre du Lévitique (25:10-13), selon lequel tous les 50 ans, aujourd’hui tous les 25 ans, le peuple d’Israël devait célébrer une année jubilaire, au cours de laquelle la liberté des esclaves était proclamée, les terres étaient rendues à leurs propriétaires d’origine et les dettes étaient remises. Cette année devait rétablir la justice sociale et permettre à la communauté de s’engager sur une nouvelle voie.
    Dans notre cas, il s’agit de nous dépouiller de tout ce qui nous empêche d’avancer et de nous souvenir de la mission que, citant le prophète Isaïe, l’Évangile selon Luc décrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé évangéliser les pauvres, proclamer aux captifs la liberté et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4,18 19 ; cf. Is 61,1 2). Ces paroles de Jésus sont également devenues des actions de libération et de conversion dans les rencontres et les relations quotidiennes que nous sommes tous invités à vivre aujourd’hui.
    Un regard sur notre monde nous permet de tracer un scénario de douleur et de besoin de donner un sens à la vie, il y a beaucoup de grandes questions qui nécessitent une réponse, la faim, les guerres « insensées », les personnes déplacées, les migrants, les réfugiés, la violence contre les femmes, l’exploitation des enfants, le monde derrière les barreaux, une myriade de situations qui sont pleines de douleur et de vide, mais qui sont aussi une opportunité de rédemption, de libération et de conversion à condition que nous vivions à la lumière de l’Évangile.
    Vivons donc cet Esprit, partons de la merveilleuse expérience de la réconciliation et de la conversion, renouvelons notre foi et rapprochons-nous à nouveau du Dieu de la vie. Et en tant que famille, entrons dans cette expérience jubilaire centrée sur l’essence de notre charisme, en marchant à partir de notre diversité et de notre complémentarité, ouverts pour  répondre aux défis de notre monde d’aujourd’hui.
    Bonne année 2025
    Joyeuse année jubilaire
    Luis Jesús García-Lomas
    Associé-Laïc, Espagne

  • Fête de la Sainte Famille …

    Cette période de Noël est particulièrement précieuse pour notre Famille ; nous nous réjouissons de célébrer notre Source d’inspiration et d’orientation.
    Dans un de ses sermons de Noël, le Fondateur nous dit : « Approchez-vous de l’Enfant de la crèche, vous y trouverez votre modèle ». Nous savons que la manière de contempler la Sainte Famille qu’il nous propose n’est pas seulement d’être émus par les belles images de la Crèche, mais d’accompagner la Sainte Famille tout au long de son parcours de vie, à Bethléem, en Égypte, à Nazareth et à Jérusalem, et d’essayer de modeler nos vies selon leur modèle. 
    Pour les membres de la Famille PBN, contempler la Sainte Famille, c’est pénétrer son cœur, ses pensées, essayer de voir le monde, la vie, à travers ses yeux.
    Ainsi, lorsque nous célébrons la fête de la Sainte Famille le dernier dimanche de l’année 2024, nous nous rappelons du chemin parcouru au cours de l’année écoulée. Les événements douloureux nous viennent immédiatement à l’esprit, comme les guerres, les catastrophes naturelles, la violence contre la Vie, les mauvaises décisions, les objectifs non atteints, etc. Il y a eu aussi des événements positifs et joyeux : des gestes de solidarité, des résistances, des résiliences, des dépassements, des rencontres, des petits et grands pas nouveaux, etc.
    Prenons quelques minutes pour rendre visite à la Sainte Famille et lui parler de notre vie au cours de cette année : Comment ai-je vécu tout cela ? Quelles attitudes et valeurs de la Sainte Famille m’ont guidé cette année ?  Face aux différents événements, heureux ou malheureux, comment est-ce que je reconnais l’identité de la Sainte Famille dans mes attitudes, ainsi que dans les réponses de mon groupe ou de ma communauté ?
      « O Jésus, Marie et Joseph qui avez daigné m’admettre dans votre Sainte Famille et qui  désirez  que nous vous imitions, remplissez nos cœurs de ferveur pour notre travail, de zèle pour le salut des âmes de charité pour aimer nos frères souffrants, et surtout pour vous aimer a jamais» (Guide spirituel pour aujourd’hui, 173).
    Soeur Geni Dos Santos Camargo
    Conseiller général, Rome

  • La joie de célébrer Noël

    Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous » (Jn. 1, 14)
    Noël : « C’est le jour où Jésus, Marie et Joseph se rencontrent sur terre » PBN
    Noël – en espagnol, « Navidad » vient du latin Nativitas qui signifie naissance. Qu’est-ce qu’une naissance ? De nombreux mouvements externes et internes, avant et après ce grand événement de la vie. En tant que chrétiens, nous commémorons la naissance de Jésus-Christ chaque année à cette date. Nous sommes tous enthousiastes et nous nous préparons à célébrer ce bel événement. Surmonter nos difficultés, telles que les conséquences des guerres ; aussi, « notre mère la Terre semble exiger que nous prenions davantage soin d’elle : dernièrement, nous avons vu des pluies et des inondations dévastatrices dans différentes parties du monde, ailleurs il y a des sécheresses extrêmes, et des incendies de forêt qui détruisent la vie. Dans la mesure du possible, soyons solidaires des victimes de ces situations, tendons la main pour les aider et témoignons que le Sauveur est venu.
    Dieu le Fils est venu au monde dans la famille de Marie et de Joseph de Nazareth, comme l’avaient annoncé les prophètes.  Dieu enfant vient à l’encontre de toute logique humaine : Il choisit de naître dans un lieu inadéquat, il devient pauvre… Marie et Joseph l’accueillent avec un amour et un enthousiasme immenses, soulignant ainsi l’importance de l’unité et du rôle de la famille au début de la vie de chaque personne. La majorité de l’humanité n’a pas attendu sa venue, distraite par ses propres intérêts… Le contexte de la naissance de Jésus-Christ a-t-il changé aujourd’hui ? Je dirais que non, les gens sont toujours distraits, individualistes, excluants, discriminants… recherchant davantage la richesse, le pouvoir et les plaisirs terrestres, indifférents aux besoins des autres. Pourtant, une naissance implique un engagement responsable à prendre soin de la vie elle-même.
    Le Fils de Dieu est venu sur terre pour fonder une sainte famille et il a voulu que les trois premières personnes de cette famille servent de modèles à ceux qui en feraient partie. Il s’est proposé comme modèle pour tous les chrétiens, quelle que soit leur condition. SG # 38
    Le Bon Père nous lance une grande invitation : « Venez, frères et sœurs, vers l’Enfant de la crèche, c’est là que nous trouvons notre modèle. Venez, vous qui cherchez le bonheur dans le monde… Venez à la crèche, qu’y voyez-vous ? Jésus-Christ, le bonheur même, embrassant les souffrances du monde ; Jésus-Christ, la grandeur même – un enfant ; Jésus-Christ qui possède tout – un pauvre… voilà le chemin du salut. G. E. # 86
     Allons de l’avant avec joie, engagement et gratitude pour contempler le Verbe de Dieu fait Homme, la vie elle-même, un enfant fragile, vulnérable, plein de paix, d’espérance, de tendresse, la lumière qui illumine notre vie… ensemble, unis comme une grande Famille, nous pouvons proclamer avec une énergie renouvelée : Gloire à Dieu seul, et nous pouvons souhaiter de tout cœur que Dieu enfant continue à naître chaque jour. JOYEUX NOËL EN FAMILLE !
    Soeur Rubeni Pejerrey Campodónico
    Pérou

  • Message de Noël – Sœur Ana Maria Alcalde, Supérieure générale

    La contemplation du MYSTÈRE DE L’INCARNATION révèle le rêve de Dieu de rencontrer toutes ses créatures.
    En Jésus, il a fait sa demeure parmi nous et a assumé notre condition humaine en tant que « homme parmi les humains ».
    Aux yeux de la foi, tous les signes sont éloquents : la mangeoire, les langes, l’étoile, les gens simples qui s’approchent….
    Allons à Bethléem avec Marie, Joseph et les bergers… captivés par cet Enfant fragile, contemplons et adorons en silence.
    Que sa Présence ravive notre engagement dans son Projet de PAIX et de COMMUNION.
    Je vous souhaite un NOËL plein d’espérance et une BONNE ANNÉE 2025.
    JOYEUSE FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE !
     

  • 18 décembre…

    Les Constitutions,  lignes  directrices : Le chemin n’est pas là, il est à faire en marchant’
    Le 18 décembre est un jour extraordinaire pour les sœurs apostoliques et contemplatives de la Sainte-Famille de Bordeaux. Ce jour-là, nous commémorons l’approbation de nos Constitutions par le Saint-Siège.  C’est en 1851 que le Fondateur a rédigé ses dernières Règles Générales. La première approbation des Constitutions a eu lieu le 18 décembre 1903. Elles ont été révisées et reformulées lors du Chapitre général de 1987 et l’approbation du Saint-Siège a été reçue le 18 décembre 1988. Les Constitutions ne sont  pas seulement des  lignes directrices pour nous permettre d’être des témoins dans le contexte actuel, en suivant les pas de la Sainte Famille de Nazareth et des premiers chrétiens, mais aussi un prototype du rêve et du désir du Fondateur pour toutes ses filles et tous ses fils : cheminer ensemble comme UNE seule famille à cinq vocations. 
    Une relecture des Constitutions montre, non pas simplement comme un ensemble de canons, mais plutôt comment le Fondateur a revu un voyage synodal, un voyage où on marche ensemble dans la foi, l’écoute mutuelle, et le discernement de la volonté de Dieu dans un contexte donné, il y a quelques siècles.  Les Constitutions brossent le tableau d’une expérience de Dieu partagée : bien que tirées du passé, elles ouvrent la voie au voyage futur qui consiste à trouver « Dieu l’autre » parmi « les autres ». L’expérience commune de Dieu crée un sentiment d’appartenance, unissant les membres à travers le monde, indépendamment des différences, tout en respectant l’hétérogénéité culturelle.  Tel est l’appel de l’Église qui a choisi la voie synodale. 
    Aujourd’hui, le pape François, tout en soulignant l’un des aspects les plus importants du concile Vatican II, a fixé le prochain objectif pour l’ensemble de l’Église, un parcours synodal pour elle-même et sa mission dans le monde contemporain.  Il appelle à un retour au modèle du « Peuple de Dieu » cheminant ensemble, avec un nouveau modèle de gouvernance, qui engage le Peuple de Dieu dans l’écoute, le discernement et l’implication dans la prise de décision. Le voyage synodal est continu. Pour une Église synodale : Communion, participation et mission » est le titre d’un voyage commencé en octobre 2021.  Par conséquent, ce « voyage synodal » signifie le discernement de la volonté de Dieu en tant que communauté chrétienne.  François affirme que « le chemin de la synodalité est le chemin que Dieu attend de l’Église pour le troisième millénaire 1».  La dimension missionnaire de la synodalité apparaît de manière particulière dans l’encyclique de François, Fratelli Tutti (2021), dans laquelle il appelle à la fraternité universelle ; une Église synodale est « une Église à l’écoute », et toute praxis synodale commence par l’écoute du peuple dans le but de former un peuple, une communauté fraternelle et missionnaire au service du bien commun et de la prise en charge de la maison commune.
    Par le baptême, nous sommes appelées à participer pleinement à la vie et à la mission de l’Église.  En tant que femmes consacrées, nous nous sommes librement engagées à nous donner totalement à Dieu et au peuple de Dieu, à suivre le Christ et à partager sa mission de salut, en établissant le règne de Dieu. Lire et discerner les « signes des temps », comme l’a fait notre Fondateur en écoutant les gens qui luttaient pour la vie, exige de trouver la vocation dans la vocation.  Alors que nous vivons dans un monde déchiré par les divisions économiques, ethniques, religieuses, sociales et culturelles, nous, membres de la Sainte Famille, sommes invités à construire la communion où que nous soyons et dans tout ce que nous faisons, car nous faisons tous partie du TOUT. C’est aussi un appel à se reconnecter au soi par lequel nous sommes interconnectés à l’Univers tout entier.
    Le désir du Fondateur pour la Famille a été exprimé dans les Constitutions et approuvé par le Saint-Siège. En elles, nous entendons la voix de Dieu, qui nous appelle à travers le cri de notre peuple et de notre mère la Terre pour une vie meilleure. En exprimant notre gratitude à notre Fondateur, dont la vision est pertinente même dans le contexte actuel, puissions-nous entendre l’invitation à cheminer ensemble avec TOUS, en partageant le rêve que la communion est possible.
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    [1] François, Commémoration du 50e anniversaire de l’institution du Synode des évêques, 17 octobre 2015.
    Soeur Rasika Pieris
    Colombo, Sri Lanka
     
     

  • Une goutte de gentillesse, un océan de changement…

    « Un café dans une main, la confiance dans l’autre ». Cette phrase illustre parfaitement l’attrait du café. C’est une boisson qui inspire les gens, leur donne de l’énergie et les rapproche. J’ai décidé d’explorer les raisons pour lesquelles les gens aiment le café en interrogeant quelques amis. Leurs réponses étaient variées, mais toutes axées sur les effets positifs du café.
    Un ami m’a dit que le café l’aidait à surmonter la fatigue et à se sentir plus concentré et plus frais. Un autre a découvert qu’il aimait l’arôme du café et la caféine, qui lui procuraient un sentiment de nouveauté et de bien-être. Pour un autre, le café est un compagnon constant depuis l’enfance et il aime le préparer pour les autres.
    Je reconnais sincèrement que je ne parviens pas à retranscrire leurs expressions exactes avec des mots. Mais je peux certainement les comprendre. En tant qu’amateur de café, je connais le sentiment de manquer une partie essentielle de ma journée lorsque je n’ai pas ma tasse du matin. C’est comme si un compagnon proche me manquait. Parfois, les expériences de la vie nous amènent à remettre en question nos rencontres avec les autres. On peut se demander pourquoi on a rencontré cette personne ou pourquoi on ne l’a pas rencontrée plus tôt. Oui, mes amis, j’ai aussi des phénomènes communs que j’aimerais partager avec vous.
    Au cours de l’année scolaire 2023-2024, deux héros particuliers, Anmol Dahayat et Riyansh Gupta, étaient célèbres pour avoir obtenu des zéros aux examens. Pour les aider à réussir, je les ai nommés moniteurs de classe, j’ai sollicité leur aide, je les ai félicités publiquement, je leur ai offert la possibilité de participer à des événements scolaires, j’ai souligné leurs réussites et j’ai fourni un retour d’information positif à leurs parents. Ils sont devenus le centre de mon attention, recevant mon amour, mes soins, ma sollicitude et mon attention sans faille.
    Le 25 novembre 2023, la Holy Cross Convent Senior Secondary School a organisé une « fête de l’école » afin de collecter des fonds pour les pauvres. Chaque classe devait tenir un stand et, en tant que professeur de la classe, j’ai sélectionné un groupe de dix élèves, dont les deux héros Anmol Dahayat et Riyansh Gupta, pour gérer les expositions de nourriture. L’initiative et le travail acharné des élèves étaient louables, et leurs parents ont exprimé leur satisfaction. Nos efforts ont été récompensés par deux prix de deuxième place : l’un pour la discipline et la propreté, et l’autre pour une collecte de fonds importante au niveau primaire. Cette expérience a eu un impact positif sur tous les élèves, en particulier sur les deux élèves en difficulté. Ils ont gagné en confiance, amélioré leurs résultats scolaires et ont été promus dans la classe supérieure. Je suis reconnaissante d’avoir eu cette opportunité et j’ai remercié Dieu de m’avoir donné la qualité du café pour accompagner ces élèves sur le chemin de la croissance et du développement.
    En août 2024, un nouvel élève nommé Anirudh Kumar Sinha a rejoint ma classe de quatrième année. Bien qu’il soit d’origine indienne, il est né et a grandi en Éthiopie. Anirudh s’est rapidement adapté à mon style d’enseignement et semblait satisfait. Comme il a rejoint la classe tardivement, j’ai pris l’initiative de lui enseigner personnellement l’écriture cursive. Un jour, Anirudh m’a posé une question : « Ma sœur, ne vous méprenez pas, mais pourquoi avez-vous l’air si fâchée lorsque vous entrez dans la classe ? Vous êtes si gentille par ailleurs. »
    Son honnêteté m’a fait réfléchir à mon propre comportement. J’ai expliqué que je portais souvent un masque de colère passagère pour gérer la classe. À ma grande surprise, il s’est montré satisfait de mon explication. Cependant, je me suis demandé pourquoi je ressentais le besoin de porter un masque. Ne pouvais-je pas être souriante et aimante en permanence ?  Sa question perspicace m’a incité à réévaluer mon approche et à entrer dans la salle de classe avec une attitude plus positive et plus aimante.  Ce garçon de neuf ans est devenu un café de la conscience. Je lui suis reconnaissante de m’avoir ouvert les yeux sur une nouvelle perspective.
    La vie nous offre des occasions de développer les qualités du café et d’être une tasse de café pour ceux qui en ont besoin. Soyons une source de chaleur, de réconfort et d’inspiration pour les autres. Apprécions également le café que les autres apportent dans nos vies, car il peut enrichir nos expériences et donner plus de sens à la vie.
    Soeur Prince Elizabeth SAVARIYAR
    Inde
     
     

  • NOTRE DAME DE LORETTE

    Qui est Notre-Dame de Lorette ? S’agit-il d’un de nombreux noms donnés à Marie et quelle est la signification de ce nom ?
    Je dois avouer que, tout ce que je connaissais de ce titre donné à Marie, est qu’il y avait une maison qui  était transportée dans son intégralité par des anges, de Nazareth à la ville de Lorette. Qu’il s’agisse d’un mythe ou d’une réalité, pourquoi cette grande dévotion, avec des milliers de personnes qui se rendent encore chaque année en pèlerinage à Lorette ?
    Pourquoi notre fondateur et un certain nombre de papes au cours des siècles ont-ils voué une grande dévotion à Notre-Dame de Lorette ? Le 24 mars 1920, la veille de la fête de l’Annonciation, le pape Benoît XV a publié un décret déclarant Notre-Dame de Lorette patronne des voyageurs aériens et de l’aéronautique. Que pouvons-nous apprendre de Notre-Dame de Lorette et pourquoi est-il si nécessaire de demander son intercession aujourd’hui ?
    Selon la légende, la maison où Marie a vécu toute sa vie et où l’archange Gabriel lui est apparu à Nazareth est celle-là même qui a été transportée par des anges le 10 décembre 1291, pour finalement reposer dans une ville d’Italie appelée Loreto. On pense que c’est pour protéger cette maison en raison de son importance qu’elle a été miraculeusement placée à Lorette.
    Tout ceci est un mystère à méditer… cela a-t-il une signification pour notre foi ? Contrairement à la plupart des autres fêtes mariales, Notre-Dame de Lorette ne fait pas référence à une apparition ou à un titre marial, mais à un bâtiment. Plus précisément, il s’agit de l’humble maison dans laquelle Marie a grandi et des événements extraordinaires qui s’y sont déroulés.
    Ce qui est important, c’est ce que nous pouvons apprendre de notre Dame de Lorette et pourquoi nous avons si urgemment besoin de son intercession aujourd’hui. Le pape Jean XXIII a souligné que « Lorette indiquait la vie de la Sainte Famille comme un modèle et un renouveau pour les familles et le monde ». (Thèse de doctorat d’Áine Hayde, 2004). Le pape Jean-Paul II a ajouté à la litanie de Notre-Dame la mention « Reine des familles ».
    Au fil des siècles, Notre-Dame de Lorette est devenue un lieu pour ceux et celles qui ont besoin de réconfort, de guérison et de consolation dans les moments de souffrance. Nous connaissons les défis auxquels sont confrontées les familles d’aujourd’hui et en particulier notre famille terrestre, peut-être aujourd’hui plus qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire. Comme notre Fondateur, Pierre Bienvenu Noailles, qui, sous l’inspiration de Notre-Dame de Lorette, a eu l’idée fondamentale de former une nouvelle société en 1818 (Règles générales 1844), nous pouvons nous aussi demander à Notre-Dame de Lorette d’intercéder pour notre monde d’aujourd’hui.
    Selon notre Fondateur, « prier à Lorette, c’était s’approcher du mystère de l’amour de Dieu manifesté au sein d’une famille hautement favorisée » (P. Noailles et l’Association de la Sainte Famille). Dans cette Maison, le simple, l’humble et l’ordinaire deviennent extraordinaires par le Fiat de Marie, l’Incarnation (Luc 1,38). Dieu prend forme humaine (Jean 1:14) afin que l’humanité puisse reconnaître sa divinité et son interconnexion avec toute la vie. Il n’y a jamais eu une plus grande histoire d’amour que celle de l’effusion de l’amour de Dieu, simplement donné avec tant de générosité !
    En ce temps de l’Avent, nous sommes invités, en célébrant la fête de Notre-Dame de Lorette, à contempler ce grand amour et la personne qui l’a rendu possible. Marie nous enseigne à nous ouvrir à la Présence, à l’abandon radical, à montrer que le Christ vit en nous, par la puissance de l’Esprit Saint, qu’il a élu domicile en nous comme il l’a fait dans le sein de Marie et que nous devons, nous aussi, enfanter le Christ là où nous sommes, en particulier dans les situations qui en ont le plus besoin.
     Cet Amour incarné n’est pas à retenir mais à donner, à partager avec générosité et à nous permettre d’être des co-créateurs de communion dans notre communauté terrestre divisée et souffrante. « Nous apprenons à vivre non plus pour nous-mêmes mais pour Dieu seul au service du royaume » (Constitutions, article 9) – une invitation à vivre chaque jour avec une conscience profonde, à s’impliquer pleinement dans la vie, à s’ouvrir à l’unité profonde de toute vie, à rechercher l’essence sacrée au cœur de toute chose, reliant toute vie dans un réseau sacré de communion.  
    Soeur. Cathy Murugan
    Afrique du Sud

  • Pèlerin.e.s d’éspérance : une réflexion pour l’Avent

    Alors que nous entrons dans le temps de l’Avent, nos cœurs sont troublés par les drames de notre époque. En effet, les tragédies des migrants périssant en mer, la montée de l’extrême droite dans nos démocraties, caractérisée par le rejet de la diversité et de l’universalisme, ainsi que les conflits, les catastrophes naturelles et la pauvreté, plongent beaucoup dans l’inquiétude. Par conséquent, ce contexte de peur et de vulnérabilité pousse certains à penser que « Dieu est loin de nous » ou que « la vie n’a plus de sens ». Pourtant, l’Avent nous appelle à espérer. Ainsi, nous sommes invités à nous poser des questions essentielles : quand retrouverons-nous la sécurité ? Qui nous préservera du mal ? Qui nous aidera à renouveler nos forces pour affronter les transformations de ce monde ?
    Un appel à l’espérance
    Face à ces incertitudes, l’Avent nous invite à devenir des pèlerin.e.s d’espérance. En tant que croyant.e.s, nous avons la grâce de discerner des lueurs d’espoir au cœur des ténèbres. À ce sujet, le pape François, dans sa bulle pour l’année jubilaire intitulée Pèlerin.e.s d’espérance, nous exhorte ainsi : « Nous devons garder allumée la flamme de l’espérance et tout faire pour que chacun retrouve la force et la certitude de regarder l’avenir avec un esprit ouvert, un cœur confiant et une intelligence clairvoyante » (Vatican.va). De plus, cette exhortation rejoint l’esprit de foi du père Pierre-Bienvenu Noailles, qui écrivait dans une lettre : « Heureuses les âmes qui profitent des épreuves pour n’aimer et ne craindre que Dieu seul… Qui nous enlèvera notre Dieu ? Et avec Lui, pourquoi craindre ? » (Lettre à Mme Machet, 4 mars 1827). Ainsi, ces mots nous rappellent que même dans l’adversité, l’espérance nous permet de marcher avec Dieu.
    Dans cette dynamique, les textes des dimanches de l’Avent C nous accompagnent dans ce cheminement d’espérance.
    Tout d’abord, le premier dimanche nous invite au courage et à la force face aux doutes et aux échecs, en nous assurant que Dieu ne nous abandonne pas.
    Ensuite, le deuxième dimanche nous exhorte à ne pas céder à l’inquiétude, en nous donnant des remèdes pour traverser les épreuves, comme la prière, l’amour, la droiture et le discernement vécus dans la joie.
    Par ailleurs, le troisième dimanche met en avant la joie, une joie véritable qui naît de la certitude que Dieu agit dans nos vies.
    Enfin, le quatrième dimanche nous appelle à espérer, à l’exemple de Marie et d’Élisabeth, qui croyaient fermement que « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37). En effet, leur confiance totale au Seigneur ouvre les portes du Salut en accueillant le Sauveur, source de lumière et d’espérance.
    Dans cet esprit, notre responsabilité comme porteurs et porteuses d’espérance prend tout son sens. Nous sommes appelés à traduire cette dynamique spirituelle en actions concrètes, au service de la mission de Dieu.
    Notre responsabilité comme porteurs et porteuses d’espérance
    Ainsi, lors du Conseil de Famille à Martillac en août 2023, trois priorités ont été discernées pour avancer en communion ou en synodalité. Premièrement, il s’agit d’approfondir et de vivre la dimension synodale du charisme de la Sainte-Famille. Deuxièmement, nous devons travailler de manière créative avec les jeunes. Enfin, il est crucial de protéger le réseau de la vie en reconnaissant sa valeur sacrée. Ces engagements traduisent notre responsabilité collective dans la mission de Dieu aujourd’hui, en faisant de l’Avent un « temps favorable » pour le renouveau et l’engagement.
    Pour commencer, vivre la dimension synodale de notre charisme suppose une conversion intérieure, passant du « moi » au « nous ». En ce sens, cela implique une prière sincère, une écoute attentive et une attention aux vulnérabilités, tout en favorisant une coresponsabilité grâce à une gouvernance participative. De surcroît, il est impératif d’améliorer la communication interne et externe, notamment via les outils numériques, afin de bâtir une communauté solidaire et active.
    Ensuite, cheminer avec les jeunes demande une sensibilité particulière pour écouter, comprendre leur langage et organiser des initiatives qui les impliquent pleinement. Par ailleurs, les accompagner dans leur vocation, tout en leur offrant un avenir inspirant à travers notre témoignage, renforce cette mission.
    Enfin, protéger le réseau de la vie signifie respecter et préserver chaque être en conformité avec la volonté de Dieu. Cela exige de tous les membres un engagement à adopter un mode de vie responsable, écologique et respectueux de la dignité humaine. À cette fin, il est essentiel d’éduquer et de sensibiliser les communautés, en s’appuyant notamment sur des textes de l’Église tels que Laudato Si’, qui appellent à une conversion écologique profonde. Toutefois, cette démarche requiert un changement de mentalité, en encourageant chacun.e à transformer ses modes de vie dans une relation harmonieuse avec soi-même, les autres et la nature. En effet, dans un contexte rempli de défis, notre délégation peut être confrontée à une diversité d’actions à entreprendre, tout en répondant à la nécessité cruciale de promouvoir cette transformation.
    Bâtir une communion solidaire
    Ainsi, l’Avent nous invite à incarner ces engagements dans nos vies personnelles, communautaires et sociales. Comme le rappelait Pierre-Bienvenu Noailles : « Parlez toujours favorablement de ceux qui nous persécutent, rendons le bien pour le mal… Nous atteindrons bientôt le but » (Lettre à Madame Machet, 13 mars 1827). À travers nos actes de foi, de solidarité et de communion, nous pouvons transformer nos communautés en lieux d’espérance et de lumière, répondant ainsi à l’appel de Dieu pour le monde.
    Père Pascal DJEUMEGUED
    Prêtre associé, Cameroun